Jacques Chardonne

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Jacques Chardonne
Nom de naissance Jacques Boutelleau
Naissance
Barbezieux en Charente
Décès (à 84 ans)
La Frette-sur-Seine, Val-d'Oise
Activité principale
Écrivain français
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture français
Genres
Roman, essai, fragment

Œuvres principales

Jacques Chardonne, de son vrai nom Jacques Boutelleau, né à Barbezieux le et mort à La Frette-sur-Seine, le (où il vivait depuis 1926 dans la Villa Jacques Chardonne[n 1] construite sur ordonnance par Henri Pacon), est un écrivain français.

Aîné charentais de l'écrivain Pierre-Henri Simon, il fait partie du Groupe de Barbezieux avec Geneviève Fauconnier, Henri Fauconnier, Maurice Delamain, Jacques Delamain, Germaine Boutelleau, sans que ce groupe « géographique » partage les mêmes vues.

Collaborationniste pendant la guerre, considéré comme un auteur d'extrême droite, il est avec Paul Morand un des pères spirituels de ceux qu'on a appelés « Les Hussards », les écrivains Roger Nimier, Jacques Laurent, Antoine Blondin et Michel Déon.

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Jacques Boutelleau est né en 1884 du mariage de Georges Boutelleau et Mary Ann Haviland, fille de Théodore Haviland. Il a une sœur aînée, Germaine Boutelleau, née en 1876.

Son père, Georges Boutelleau, issu d'une famille de négociants de cognac, était lui-même écrivain. Poète amateur, il fut encouragé par François Coppée et par le célèbre écrivain rochefortais Julien Viaud, dit Pierre Loti, qu'il reçut dans sa grande maison patricienne de Barbezieux. Georges dira un jour à son fils : « La littérature, ce n'est pas un métier, c'est un secret »[réf. nécessaire].

Sa mère, quaker d'ascendance américaine, appartenait à la célèbre « tribu porcelainière » des Haviland de Limoges.

Il passe son enfance à Barbézieux [1] où il est éduqué selon la religion protestante jusqu'en 1898 où il est envoyé en Allemagne puis en 1899 en Angleterre afin de diversifier ses connaissances et d'apprendre le commerce. À la fin de cette même année, il retourne à Barbézieux pour reprendre l'école et il obtiendra son baccalauréat en 1902. Il commence alors des études de Droit à l’École des Sciences politiques de Paris pour avoir sa licence en 1906[2].

En 1907, il commence son service militaire mais est réformé pour des raisons de santé ce qui le conduit à prendre un temps de repos à Grasse où il écrira son premier ouvrage, Catherine, puis à aller en Suisse. Il découvrira alors la ville de Chardonne-sur-Vevey, nom dont il s'inspirera pour son nom d'auteur.

« Enfant j'aimais Jaurès, et je lisais ce qu'il écrivait. Vers 1910, je l'ai connu et l'ai vu souvent jusqu'à sa mort [...] il a prophétisé des sombres choses qui n'ont pas manqué d'arriver. Ces idées m'ont marqué à jamais[3]. »

Avant la Seconde Guerre[modifier | modifier le code]

À la suite de cela, il retourne à Paris en 1909 pour devenir secrétaire chez l'éditeur Pierre Victor Stock[4], après avoir épousé Marthe Schyler-Schröder (1886-1967). De cette union naîtra un fils, Gérard, en 1911. De 1912 à 1913, il renflouera successivement la maison d'édition puis intentera un procès[5] contre P.V Stock après avoir découvert ses dettes de jeu et leurs conséquences sur la stabilité financière de l'entreprise.

En 1914, avec le début de la Première Guerre mondiale, il est mobilisé puis réformé et quitte alors le pays pour retourner à Chardonne-sur-Vevey où sa femme le rejoint. Son second enfant voit le jour en 1917, une fille nommée France. Il rentre en France en 1919 pour s'associer avec Maurice Delamain en 1921 et prendre la codirection de la « Librairie Stock, Delamain et Boutelleau », librairie devenue plus tard propriété du groupe Gallimard.

L'entreprise Stock a connu une forte augmentation de son activité à partir de 1900, lorsqu'elle a acquis un important fonds étranger[6], qui lui permet alors de commencer à publier des auteurs étrangers, ce que Delamain et Boutelleau vont dynamiser fortement au point de faire de la maison une sommité dans le domaine. Ainsi, les deux partenaires développent une cohésion très fructueuse dans l'entreprise où Delamain a le rôle de l'administrateur tandis que Boutelleau fait figure d'homme de lettres[4]. Sa conception du métier d'éditeur est la suivante : « Je pense que dans l'édition comme dans toutes les entreprises, la qualité principale, et qui est bien rare, c'est le jugement ; il ne faut pas se tromper sur les gens ni sur les choses ; et puis la suite dans les idées : il faut savoir achever ce qu'on a commencé. En général, on reste à mi-chemin. Tout dépend des cadres ; au choix des cadres, on reconnaît la valeur du principal responsable [7]».

En apparence, il se tient à l'écart de la politique. En privé, il cultive un certain conservatisme et se montre même ouvert aux idées monarchistes : « ll faut dire au comte de Paris qu'un éloge royal est, entre tous, délicieux. Viendrait-il du diable, l'éloge serait encore bon. S'il veut me séduire tout à fait, il doit exterminer son aile gauche, cette bande de jeunes chenapans bolcheviks-royalistes : Brasillach, Thierry Maulnier, Claude Roy ; et même les vieux : Gaxotte, Varillon, etc[8]. »

En 1929, sa réussite le conduit à être nommé chevalier de la Légion d'honneur. À partir de l'année suivante, de nombreux évènements atteignent la famille de Boutelleau car sa mère, Mary Ann Haviland, meurt en 1930[9].

Il parle peu de sa femme et de ses enfants. Lorsqu'il évoque sa femme, c'est avec lassitude, et toujours pour évoquer sa fragilité : « une femme trop frêle, c’est lourd ». Dans ses écrits transparaît une certaine attirance pour les jeunes hommes « en tout bien tout honneur, naturellement ».

En 1934, il divorce donc de son épouse Marthe Schyler-Schröder pour épouser l'année suivante Camille Belguise (1894-1980), une femme écrivain qui publiera son premier ouvrage en 1952 chez Plon titré Échos du silence. Son second mariage se fera donc avec la mère d'André Bay, et favorise ainsi son amour de la lecture[réf. nécessaire].

En 1938, la fille de Jacques Boutelleau, France Boutelleau, devient l'épouse de Henry Muller, un auteur français publié chez Grasset comme c'est le cas pour Jacques Chardonne[10], qu'il considère comme un ami.

Sous l'Occupation[modifier | modifier le code]

En 1939, alors que la Seconde Guerre mondiale débute, Boutelleau continue de diriger la maison d'édition mais il commence très vite à faire publier des écrits collaborationnistes.

Il écrit aux premiers jours de l'Occupation : « Ici occupation correcte, douce, très douce. Mais j'espère que nous souffrirons. J'accepte tout du fond du cœur. Je sens le bienfait de l'« épreuve », la toute-puissance de l'événement. Une immense folie est dissipée [...] j'ai l'horreur de ce que nous étions. Je ne déteste pas l'Allemand mais le Français d'hier, moi, l'Anglais (l'Anglais surtout qui me devient odieux, avec son Churchill dément), frivole et vantard. La censure elle-même me sera bonne. Nous ne voulons pas être nazis, et personne, je crois, n'attend cela de nous. Mais je peux comprendre leur leçon. Derrière cette force matérielle, il y a des forces morales très grandes. La débâcle anglo-française est une débâcle morale[11]. »

Culturellement germanophile, il répond à l'invitation de Joseph Goebbels, ministre de la Propagande du Reich, en octobre 1941, avec sept autres écrivains français, tels Pierre Drieu la Rochelle, Marcel Jouhandeau et Robert Brasillach, et séjourne en Allemagne pour le Congrès des écrivains européens de Weimar, dont il revient enthousiasmé, voire favorable à Hitler.

On le voit également ardent pétainiste : « Il n'y pas de « pauvre » gouvernement de Vichy. Il n'y a que des pauvres français. Pétain est le seul grand. Je le trouve sublime. Il est toute la France. Je vomis les juifs, Benda, et les Anglais — et la Révolution française. C'est une grande date que 1940. Et qui doit beaucoup à 1918. Je suis sûr que vous verrez un jour dans quelle erreur nous étions[12]. »

En 1942, alors que d'autres déclinent prudemment une nouvelle invitation, il accepte de présider un second voyage outre-Rhin, toujours avec Pierre Drieu la Rochelle. Il écrit alors Chronique privée de l'an 40 (1940) — dont il regrettera la parution — et dans diverses revues qui soutiennent la collaboration, comme Deutschland Frankreich.

En juin 1943, il fait imprimer Le Ciel de Nieflheim, ouvrage centré sur son admiration pour l'Allemagne et le nazisme : "Le national-socialisme a créé un monde neuf autour de la personne humaine". Ses amis le découragent de le mettre en vente. Les exemplaires survivants sont aujourd'hui des curiosités recherchées par les bibliophiles.

Son fils unique Gérard (Paris, 27 mai 1911 - 2 novembre 1962), également romancier, résistant, est déporté en mars 1943 au camp d'Oranienburg-Sachsenhausen et libéré grâce à l'intervention du lieutenant Gerhard Heller[13]. Son père dira de cet épisode : « [Il] est resté six mois à Oranienburg [...] Ce n'était pas rose. Mais ils sont revenus, je dois le dire, avec fort bonne mine[14]. » En 1944 Gérard Boutelleau deviendra rédacteur en chef de l'hebdomadaire Carrefour, créé par une équipe proche des démocrates-chrétiens, puis vers 1950 orienté plus à droite, pour cesser de paraître en 1977 ; à ce titre, il sera en relation avec l'écrivain Jean Paulhan, qui correspondit avec son père de 1928 à 1962.

À propos de la Collaboration, il dira plus tard : « Vous avez lu La Paix de Jünger, j'espère. c'est là ce que j'ai toujours cru, ma « politique » et mes « alliés ». Seulement j'ai mal choisi mon moment pour le dire[15]. »

Le sculpteur allemand Arno Breker, venu exposer ses œuvres à Paris en 1942, dit de lui qu'il « fut toujours ouvert à l'esprit allemand » et qu'il eut le courage « de voir, derrière le soldat qui entrait à Paris, le partenaire de demain »[réf. nécessaire].

Après la Guerre[modifier | modifier le code]

À la Libération, il craint d'être fusillé à cause de son engagement collaborationniste.

Jacques Boutelleau doit alors assumer sa collaboration car il est signalé comme étant un des douze auteurs de la première liste noire formulée par le Comité national des écrivains[16]. Ces auteurs ne peuvent alors plus être publiés sans que tous les autres auteurs refusent d'apporter des manuscrits aux maisons d'édition qui les ont acceptés[17].

Arrêté à Jarnac, comme son éditeur Bernard Grasset, qui est jugé par le Conseil national des écrivains (CNE), commission d'épuration de l'édition, et le suspend en 1946 de sa profession pour entente avec l'occupant, il est conduit le à la prison de Cognac, où il reste pendant quelques semaines et côtoie quelques notables compromis dans la Collaboration, avant d'être placé en résidence surveillée.

En effet, Il est libéré en novembre de la même année grâce à ses proches qui lui construisent une lourde défense et aux activités de résistance de son fils. Cependant, il a été obligé de démissionner de la maison Stock et ne participera à ses activités à venir qu'en tant que conseiller technique.

Ses livres sont interdits de vente et de fabrication, mais il bénéficie en mai 1946 d'un non-lieu à la suite des déclarations de son fils et de Paulhan[18]. Il écrira à ce sujet : « Le tribunal de Versailles, pendant deux ans, a examiné mon cas. Il était présidé par un communiste et le juge d'instruction était un juif. Ils ont jugé qu'il n'y avait rien à retenir contre moi ; et je crois bien avoir été le seul (dans ces circonstances) qui a été proclamé sans reproche[19]. »

Il prend ses distances vis-à-vis de la politique : « Les « gens de gauche » reprennent pour leur compte le jeu des gens de droite. La patrie n'a jamais servi qu'aux passions et aux intérêts privés. Elle est toujours trahie[20]. » Il exprime aussi quelques regrets au sujet de la Collaboration : « Je me suis rapproché du Rhin, que je ne traverserai plus jamais. Au-delà se passent des choses qui me soulèvent le cœur[21]. »

Très proche de Paul Morand, avec qui il entretient une longue correspondance, il parraine avec lui une nouvelle génération d'écrivains, composé d'Antoine Blondin, Michel Déon, Félicien Marceau, Jacques Laurent, Kléber Haedens et François Nourissier, qu'on appellera les Hussards[22], un groupe littéraire reconnu comme étant principalement d’extrême droite et opposé au général de Gaulle[23]. Chardonne correspond énormément avec Roger Nimier, rencontré en 1950, qui fait figure de chef de file du mouvement, et collabore à la revue de La Table ronde, où se retrouvent des écrivains de droite appartenant à l'ancienne comme à la nouvelle génération.

De 1951 à 1959, il entreprend de nombreux voyages principalement en Italie et au Portugal. Toutefois, sa santé décline entre temps et il subit une forte opération en 1952. La même année, il devient très proche de Paul Morand et commence alors une longue correspondance qui mènera à une publication en 2013 d'un premier volume de ces échanges épistolaires par la maison Gallimard[24]. Très proche de cet homme et de ses idées, ils parrainent ensemble la nouvelle génération d'écrivains venus des Hussards.

Bien que vivant retiré, il accepte de prononcer, le 30 juin 1956, un discours pour la distribution des Prix du collège de Barbezieux.

Il poursuit son activité d'écrivain tout en affectant de mépriser les honneurs : « Je continue d'écrire. Je refuse l'Académie. Et on me couvre de fleurs, comme une tombe[25]. »

En 1961, la maison d'édition Stock est rachetée pour devenir membre du groupe Hachette[26].

L'année suivante, Jacques Boutelleau est endeuillé par deux pertes, celle de Roger Nimier puis de son fils.

En 1966, après l'envoi d'un livre au Président de la République, Charles de Gaulle, celui-ci, « remettant la politique à sa juste place » selon Ginette Guitard-Auviste, le remercie ainsi dans une lettre du 9 avril[27] : « Cher maître, vos Propos comme ça m'enchantent. J'admire l'ampleur et la désinvolture de votre pensée. Je goûte votre style pur et sans accessoire[28] », dont Chardonne est ému et assez fier pour la montrer à son entourage.

Cependant, le chef de l'État reste pour lui une « cible » de choix dans la longue correspondance qu'il entretient avec Paul Morand de 1952 à 1968 (publiée fin 2013 et consultable depuis 2000 à la bibliothèque de Lausanne), « tout en se montrant (plus) vulnérable aux côtés monarchistes et droitiers du grand homme[29] », et où, face à l'antisémitisme de Morand, « il joue, selon François Dufay, les philosémites avec des arguments sentant leur antisémitisme, vantant Léon Blum, Raymond Aron, tout en pestant contre les métèques qui envahissent sa banlieue[30]. » Mais, questionnée sur le sens d'un passage de Demi-Jour (1964) parlant d'une « sorte de pourriture » pour qualifier des bidonvilles, Ginette Guitard-Auviste affirme que Chardonne n'a jamais manifesté « de racisme d'aucune sorte, ni racial [sic] ni social[31] ».

Refusant les honneurs post mortem, il fait part à ses proches de ses dispositions testamentaires : « pas de rue, pas de plaque[32] ».

Œuvre[modifier | modifier le code]

Dès son premier livre, L'Épithalame (1921), il se révèle comme un romancier du couple, « ce curieux assemblage de deux êtres, qui ne laisse personne en repos ». Le roman est jusqu'au bout en lice pour le prix Goncourt (cinq voix à cinq) finalement obtenu par Batouala de René Maran grâce à la double voix du président de l'Académie[33]. Viennent ensuite Les Varais (1929), puis Eva (1930) et Claire (1931) qui reçoit le Grand prix du roman de l'Académie française en 1932. Puis dans L'Amour du Prochain (1932), il offre avec finesse, en romancier et moraliste, des descriptions mélancoliques.

Il a écrit quelque 20 000 lettres ; celles écrites sur papier quadrillé sont sincères, tandis que dans celles sur papier blanc, il mentait. Ses amis connaissaient cette convention.

Il a choisi son nom de plume à partir du nom de la commune suisse de Chardonne, où il a séjourné et écrit un certain temps.

Postérité[modifier | modifier le code]

Plaque commémorative à Barbezieux

François Mitterrand, né à Jarnac, a exprimé son admiration pour l'écrivain, « autre gloire charentaise et styliste-hobereau[34] ».

Le 7 avril 1984, une cérémonie pour le centenaire de sa naissance fut organisée à Barbezieux, une rue à son nom inaugurée, et une plaque posée sur la façade de sa maison natale.

En 2004, les deux salles de l'Hôtel de région auxquelles son nom avait été donné en 1986 furent débaptisées « en raison de cette attitude condamnable sous l'Occupation[35] ».

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Œuvres de Jacques Chardonne[modifier | modifier le code]

Les bibliographies de Chardonne et de sa seconde épouse, Camille Belguise (1894-1980), dues à la libraire Caroline Tachon, ont été publiées dans le 19e et dernier cahier annuel de l'Association des amis de Jacques Chardonne (AAJC), dissoute le 25/05/1998, jour du trentième anniversaire de sa mort.

Lors d'une vente publique à Paris (Drouot-Richelieu) les 16 et 17 mai 2013, 343 lettres écrites par Chardonne de 1950 à 1968 - année de sa mort - à sa biographe furent cédées pour 20 000 euros.

  • 1921 : L'Épithalame (Paris, librairie Stock et Vienne, Larousse, 1921 ; Grasset, 1929 ; Ferenczi, 1933 ; Albin-Michel, 1951 ; S. C. Edit. Rencontre, Lausanne, 1961 ; L.G.F., 1972 ; Albin-Michel, 1987) ;
  • 1927 : Le Chant du Bienheureux (Librairie Stock, 1927 ; Albin-Michel, 1951) ;
  • 1929 : Les Varais, dédié à Maurice Delamain (Grasset, 1929 ; Ferenczi et fils, 1932 ; Albin-Michel, 1951 ; Grasset, 1989) ;
  • 1930 : Eva ou le journal interrompu, dédié à Camille Belguise, sa seconde épouse (Grasset, 1930 ; Ferenczi et fils, 1935 ; Albin-Michel, 1951 ; Gallimard, 1983) ;
  • 1931 : Claire, dédié à Henri Fauconnier (Grasset, 1931 ; Ferenczi et fils, 1936 ; Piazza, 1938 ; Albin-Michel, 1952 ; club du Livre du Mois, 1957 ; Rombaldi, 1975 ; Grasset, 1983) ;
  • 1932 : L'Amour du Prochain, dédié « à mon fils Gérard » (Grasset, 1932 ; La Jeune Parque, 1947 ; Albin-Michel, 1955) ;
  • 1934 : Les Destinées sentimentales (Grasset, 1934-1936), trilogie : La Femme de Jean Barnery, dédié à Jacques Delamain (id., 1934) ; Pauline (id., 1934) ; Porcelaine de Limoges (id., 1936 ; Grasset, 1947 ; Albin-Michel, 1951 ; L.G.F., 1984) — En 1999, ce roman a été adapté par le cinéaste Olivier Assayas, avec Charles Berling, Isabelle Huppert et Emmanuelle Béart.
  • 1937 : Romanesques, dédié à Paul Géraldy (Stock, 1937 ; édit. Colbert et Stock, 1943 ; Albin-Michel, 1954 ; La Table Ronde, 1996) ;
  • 1938 : Le Bonheur de Barbezieux, dédié à Marcel Arland (Stock, 1938, 1943 ; Monaco, édit. du Rocher, 1947 ; Albin-Michel, 1955, Stock, 1980) ;
  • 1940 : Chronique privée, dédié « à ma fille France » (Stock, 1940) ;
  • Chronique privée de l'an 40, dédié à Maurice Delamain (id.) ;
  • 1941 : Voir la Figure - Réflexions sur ce temps, dédié « à mon ami André Thérive (...) souvenirs de l'année 1941 à Paris » (Grasset, 1941) ;
  • 1941 : L'Amour, c'est beaucoup plus que l'amour, dédié « à Jean Rostand son ami » (Stock, 1937, 1941 ; Albin-Michel, 1957, puis 1992) ;
  • 1941 : Attachements - Chronique privée (Stock, 1941 ; Albin-Michel, 1955) ;
  • 1943 : Le Ciel de Nieflheim, 1943. « qu'il détruit sur le point d'être publié. Il en interdit à jamais toute publication » (Caroline Hoctan — présentation de la correspondance Chardonne/Paulhan, op. cit., p. 22). Extraits publiés dans les Cahiers Jacques-Chardonne n°2 et 3 ;
  • 1948 : Chimériques' (Monaco, édit. du Rocher, 1948 et 1992 ; Albin-Michel, 1954) ;
  • 1953 : Vivre à Madère (Grasset, 1953 ; Albin-Michel, 1954) ;
  • 1954 : Lettres à Roger Nimier et quelques réponses de Roger Nimier (Grasset, 1954 ; Albin Michel, 1955, rééd. Albin Michel, 1986)
  • 1956 : Matinales, dédié à André Sabatier (Albin-Michel) ;
  • 1959 : Le Ciel dans la fenêtre, dédié à Roger Nimier (Albin-Michel, 1959 ; La Table Ronde, 1998) ;
  • 1961 : Femmes - contes choisis et quelques images, dédié à Camille Belguise (Albin-Michel) ;
  • 1962 : Détachements, Paris, édit. td - Jean-Paul Caracalla (1962 ; Albin-Michel, 1969) ;
  • 1964 : Demi-jour - suite et fin du Ciel dans la fenêtre (Albin-Michel) ;
  • 1964 : Catherine (Albin-Michel) ;
  • 1966 : Propos comme ça (Grasset).
Voyages 
  • 1963 : Le Portugal que j'aime, préface, légendes de Paul Morand (éditions Sun).
Correspondance 
  • 1969 : Ce que je voulais vous dire aujourd'hui, avant-propos de Paul Morand (Grasset) ;
  • 1984 : Correspondance Chardonne/Roger Nimier, 1950-1962 (Gallimard) ;
  • 1999 : Correspondance Chardonne/Paulhan, 1928-1962, préfacée par François Sureau (Stock) ; la plupart des lettres de Paulhan n'ont pas été conservées par Chardonne ;
  • 2013 : Correspondance Morand/Chardonne, volume I (1949-1960), préfacée par Michel Déon (Gallimard).
  • 2015 : Correspondance Morand/Chardonne, volume II (1961-1963)

Sur celle échangée avec Morand, cf. François Dufay, « Chardonne-Morand, Conversation entre deux crocodiles » (Le Point, n°1446, 2/06/2000) ; ils en interdirent la publication de leur vivant et déposèrent en 1967 à Lausanne plusieurs milliers de lettres, « monument d'abandon et de style sec », et « Dialogue de deux crocodiles nostalgiques », propos de François Dufay recueillis par Patrick Kéchichian (Le Monde du 23/02/2001) : « un délice d'esprit et de mordant, un des sommets du genre épistolaire ».

Biographies et textes sur Jacques Chardonne[modifier | modifier le code]

  • 1955 : Claude Elsen, Pour un portrait de Jacques Chardonne suivi de Mon Jardin, par Jacques Chardonne, avec photographies de Ottoni et de Catherine du Vivier (Plaisir de France, no 204, octobre 1955, p. 39 à 43) ;
  • 1980 : Catalogue de l'exposition Écrivains et terre natale, Jacques Chardonne de la Bibliothèque centrale de prêt de la Charente (Confolens, imp. BCP, 4e trim. 1980) ;
  • 1983 : Ginette Guitard-Auviste, Jacques Chardonne ou l'incandescence sous le givre (Olivier Orban);
  • 1984 : Catalogue de l'exposition Jacques Chardonne à la Bibliothèque nationale, Paris, 17/05/-8/06/1984 avec inventaire de la donation André-Bay ;
  • 2000 : Didier Dantal, Réfractions sur Jacques Chardonne, Les Dossiers d'Aquitaine (ISBN 2-905212-96-9)
  • 2003 : Pol Vandromme, Chardonne, c'est beaucoup plus que Chardonne (Éditions du Rocher) (ISBN 2-268-04613-3);
  • 2006 : François Dufay, Le soufre et le moisi. La droite littéraire après 1945. Chardonne, Morand et les hussards, Paris, Perrin, 2006 (ISBN 2-262-01907-X) ;
  • 2007 : Marie-Dominique Montel, Une jeunesse charentaise, les photos retrouvées de Jacques Chardonne (Le Croit Vif) (ISBN 978-2916104362);
  • 2008 : Roman 20-50, no 45, juin 2008, "Jacques Chardonne : Les Destinées sentimentales et Vivre à Madère", Presses Universitaires du Septentrion.
  • 2011 : Didier Dantal, Evidence de Chardonne, Éditions Scripta.
  • 2011 : Simon Epstein, Les Dreyfusards sous l'Occupation, éd. Albin Michel, 2001.
  • 2012 : Barbara Berzel, Die französische Literatur im Zeichen von Kollaboration und Faschismus. Alphonse de Chateaubriant, Robert Brasillach und Jacques Chardonne, Gunter Narr Verlag, ISBN 9783823367468. Chap. 7: La littérature française sous le signe de la collaboration et du fascisme - Alphonse de Châteaubriant, Robert Brasillach et Jacques Chardonne[36].
  • 2013 : Alexandre Le Dinh, Chardonne, collection "Qui suis-je?", Éditions Pardès, 2013.
  • 2015 : Nicolas Champ, « Jacques Chardonne », in Patrick Cabanel et André Encrevé (dir.), Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours, tome 1 : A-C, Les Éditions de Paris Max Chaleil, Paris, 2015, p. 644-646 (ISBN 978-2846211901)

Archives[modifier | modifier le code]

Le fonds Jacques-Chardonne, comprenant les manuscrits (autographes et dactylographies) de ses ouvrages et les lettres reçues de lui, a été déposé en 1994 par son beau-fils André Bay à la B.N.F., le « reste des archives » étant (en 1999) conservé à l'AAJC à La Frette-sur-Seine (95), commune où il vécut jusqu'à sa mort.

Cette association a pu publier de nombreux inédits dans ses 19 cahiers annuels, dont celui du centenaire de sa naissance (1984).

Ventes :

  • une importante « collection » privée sur Chardonne, comprenant 75 lettres datées de 1948 à 1967, dont 73 à son ami d'enfance Robert Boisnier, auteur de critiques et de chroniques littéraires dans des revues régionales, qui défendit sa place et sa mémoire dans sa ville natale dont il fut le maire (1945-1953), les manuscrit et tapuscrit du court hommage écrit le 25 juin 1955 pour le centenaire de sa nourrice, Louise Lagarde, 65 autres lettres, 4 photographies prises à La Frette en août 1965 par Henri de Chatillon, des lettres de Camille Belguise, ont été vendues aux enchères publiques à Saintes (Charente-Maritime) le 25 octobre 2003 (no 228 et 229 du cat. - archives personnelles).
  • un exemplaire de la 49e édition de Romanesques (1937) porte un — rare ? — envoi manuscrit « à Mme de Prin » (archives personnelles) qui fait penser à ces mots : « Je n'aimerais pas avoir pour lecteurs des gens dont je ne voudrais pas pour amis ».

En 2013 est publiée chez Gallimard (préfacé par Michel Déon) sa correspondance avec l'écrivain Paul Morand[37]. Il s'agit d'un premier tome couvrant leurs échanges de 1949 à 1960. Deux autres sont prévus (l'un allant de 1961 à 1964 et le troisième de 1964 à 1968, date de la mort de Chardonne). L'ensemble des lettres compte 5000 pages[38].

Adaptations cinématographiques[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Photos de la Villa Jacques Chardonne en 2013

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Chardonne, Le Bonheur de Barbezieux, Paris, Stock,
  2. Guitard-Auviste, Chardonne, Paris,
  3. Lettre à Jean Paulhan, 6 février 1947 (Correspondance Chardonne/Paulhan, 1928-1962, préfacée par François Sureau (Stock, 1999), p. 129.
  4. a et b Chartier et Martin, Histoire de l'édition française, le livre concurrencé 1900-1950, Paris, Fayard,
  5. Bartillat, Stock 1708-1981, Paris, Bertillat,
  6. PV. Stock, Memorandum d'un éditeur, Paris, Stock, 1935-1938
  7. Christian de Bartillat, Stock 1708-1981, Paris, Bartillat,
  8. Lettre à Jean Paulhan, 26 avril 1940, op. cit., p. 110.
  9. Guitard - Auviste, Chardonne, Paris,
  10. Chartier Martin, Histoire de l'édition française, le livre concurrencé 1900 1950, Paris, Fayard,
  11. Lettre à Jean Paulhan, 6 juillet 1940, de La Maurie (op. cit., p. 114), où les Boutelleau vécurent jusqu'à fin août ; d'où L'été à La Maurie, tiré de Chronique privée de l'an 40, qui sera publié par la NRF en décembre.
  12. Lettre à Jean Paulhan, novembre 1940, op. cit., p. 116.
  13. Chargé des rapports avec les éditeurs français, il publia ses souvenirs sous le titre Un Allemand à Paris, Seuil, 1981.
  14. Lettre à Jean Paulhan, 17 janvier 1949, op. cit., p. 167.
  15. Lettre à Jean Paulhan, 13 mai 1948, op. cit., p. 147.
  16. Pierre Assouline, L'Epuration des intellectuels, Bruxelles,
  17. Dufay (F.), Le Soufre et le moisi : la droite littéraire après 1945, Paris, Perrin,
  18. Cf. sa lettre du 5 décembre 1945 ; archives de l'Association des amis de Jacques Chardonne.
  19. Lettre à Robert Boisnier du 1er septembre 1965 ; no 228 du catalogue de la vente du 25 octobre 2003.
  20. Lettre à Jean Paulhan, 11 mai 1947, op. cit., p. 131.
  21. Lettre à Jean Paulhan, 22 août 1948, op. cit., p. 153.
  22. Millau (C.), Au galop des Hussards, dans le tourbillon littéraire des années 50, Fallois,
  23. Dambre (M.), Les hussards, une génération littéraire, Paris, Presse Sorbonne,
  24. Chardonne et Morand, Correspondance 1949 - 1960, Paris, Gallimard,
  25. Lettre à Robert Boisnier, 15 janvier 1960.
  26. Christian de Bartillat, Stock 1708 - 1981, Paris, Bartillat,
  27. Citée entièrement dans le livre de François Dufay, p. 157 (cf. Biographies et textes sur Jacques Chardonne).
  28. Archives de l'Association des amis de Jacques Chardonne.
  29. François Dufay, op. cit., p. 128.
  30. Ibid., p. 140.
  31. Lettre du 11 janvier 1987.
  32. Lettre à Robert Boisnier du 1er septembre 1965.
  33. Du côté de chez Drouant : Le Goncourt de 1903 à 1921 émission de Pierre Assouline sur France Culture le 27 juillet 2013.
  34. Michel Boujut, Le jeune homme en colère, 1998, p. 88.
  35. Vincent Buche, « La seconde mort de Jacques Chardonne », La Nouvelle République, 31 juillet et 1er août 2004.
  36. p. 383 - 390. extrait à Google books
  37. Jean d'Ormesson, « Après eux, le déluge… », in Le Figaro littéraire, jeudi 21 novembre 2013, page 2.
  38. Bertrand Lacarelle interviewé par Thierry Clermont, « La complicité de deux réprouvés » in Le Figaro littéraire, jeudi 21 novembre 2013, pages 3.

Annexes[modifier | modifier le code]

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