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Michel Charzat

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Michel Charzat
Illustration.
Fonctions
Maire du 20e arrondissement de Paris

(12 ans, 8 mois et 20 jours)
Prédécesseur Didier Bariani
Successeur Frédérique Calandra
Sénateur français

(4 ans, 4 mois et 3 jours)
Élection 24 septembre 1995
Circonscription Paris
Groupe politique SOC
Député français

(7 ans, 6 mois et 13 jours)
Élection 5 décembre 1999
Réélection 16 juin 2002
Circonscription 21e de Paris
Législature XIe et XIIe (Cinquième République)
Groupe politique SOC
Prédécesseur Véronique Carrion-Bastok
Successeur George Pau-Langevin

(4 ans, 9 mois et 9 jours)
Élection 12 juin 1988
Circonscription 21e de Paris
Législature IXe (Cinquième République)
Groupe politique SOC
Prédécesseur Proportionnelle par département
Successeur Didier Bariani

(2 ans, 1 mois et 12 jours)
Élection 16 mars 1986
Circonscription Paris
Législature VIIIe (Cinquième République)
Groupe politique SOC

(4 ans, 8 mois et 30 jours)
Élection 21 juin 1981
Circonscription 30e de Paris
Législature VIIe (Cinquième République)
Groupe politique SOC
Prédécesseur Didier Bariani
Successeur Circonscription supprimée
Biographie
Date de naissance (83 ans)
Lieu de naissance Paris
Nationalité Française
Parti politique SFIO (1968-1969)
PS (1969-2007)
Diplômé de Faculté de droit de Paris
IEP de Paris
École des hautes études en sciences sociales
Profession Maître de conférence
Députés de Paris
Sénateurs de Paris

Michel Charzat, né le à Paris, est un homme politique français. Ancien proche de Jean-Pierre Chevènement et longtemps animateur du Centre d'études, de recherches et d'éducation socialiste (CERES), il a rompu avec le PS en 2008.

Économiste et universitaire, diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris[1], docteur en sociologie politique de l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS), diplômé d'études supérieures de Sciences Politiques de la Faculté de Droit de Paris, il adhère au Parti socialiste (PS) en 1968 et devient rapidement l'un des théoriciens du Centre d'études, de recherches et d'éducation socialiste (CERES).

Entré au comité directeur du PS en 1973, au bureau exécutif en 1975 et au secrétariat national en 1979, il est directeur adjoint de la campagne présidentielle de François Mitterrand en 1981. Il est élu député la même année ; il devient rapporteur de la commission spéciale chargée des nationalisations.

Longtemps membre du CERES puis de Socialisme et République, il se range, en 1991, parmi les partisans de l'engagement de la France dans la guerre du Golfe. Il quitte alors le courant de Jean-Pierre Chevènement.

Congrès de l'Arche

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En 1991 a lieu le Congrès de l'Arche (de La Défense). Le congrès est entièrement consacré au Projet socialiste qui sera intitulé Un nouvel horizon. Il a pour objectif d'effacer les divisions nées du congrès de Rennes, de rassembler les militants autour d'une remise à jour idéologique qui tienne compte de l'expérience du pouvoir, des mutations de la société française, des bouleversements du monde après l'effondrement du communisme et la guerre du Golfe. La démarche proposée par le rapporteur, Michel Charzat, est originale et fructueuse. Après avoir auditionné des dizaines d'intellectuels, journalistes, artistes, acteurs de la « société civile » … une consultation associant militants et sympathisants débouche sur un texte qui est voté à la quasi-unanimité. Un droit d'option permet un débat très ouvert alors que des amendements alternatifs donnent l'occasion à une opposition de se compter (Jean-Pierre Chevènement : 11 %, Julien Dray et Marie-Noëlle Lienemann : 6 %). Dans les semaines qui suivent, Pierre Mauroy, estimant sa mission accomplie après la réussite du congrès de l'Arche, décide de quitter la direction du parti. Il propose, au comité directeur, Laurent Fabius au poste de premier secrétaire. Pierre Mauroy étant devenu Président de l'Internationale socialiste, Michel Charzat se rapproche de Laurent Fabius. En , il appelle à rejeter le traité de Constitution pour l'Europe. Il prend progressivement ses distances avec la direction du PS et claque la porte en 2007. Il se consacre alors à l'histoire de l'art et devient un spécialiste de la peinture française moderne.

Il a été élu conseiller du 20e arrondissement de Paris en 1977. Élu maire du 20e en 1995, les électeurs lui ont renouvelé leur confiance en 2001 aux côtés de Bertrand Delanoë. Il s'est fait remarquer par la promotion depuis 1995 de dispositifs de démocratie participative : conseils de quartier, droit de pétition, urbanisme concerté, etc.

Le , il annonce à l'AFP sa candidature aux législatives dans la 21e circonscription de Paris bien que l'investiture du parti socialiste ait été donnée à une femme, George Pau-Langevin ; celle-ci le devance au premier tour.

Poursuivant sa dissidence, il se présente aux élections municipales de mars 2008 dans le 20e arrondissement, en tant que maire sortant. Il obtient 16,03 % des suffrages au premier tour, puis 30,50 % au second face à Frédérique Calandra, candidate officielle du PS. Il siège jusqu'en 2014 au Conseil de Paris comme non inscrit.

Il est élu député le , pour la XIIe législature (2002-2007), dans la 21e circonscription de Paris. Élu député pour la première fois en 1981, réélu en 1986 et en 1988, il est battu en 1993 mais devient sénateur de Paris en 1995. Après la démission en 1999 de la députée socialiste, élue en 1997, Véronique Carrion-Bastok, Michel Charzat se fait réélire au cours d'une élection partielle le (avec une prise de fonction le lendemain).

En , il remet au Premier ministre de l'époque, Lionel Jospin, un rapport sur l'attractivité du territoire français qui a un certain retentissement.

En , il est le seul député sortant à voir sa circonscription « réservée » à une femme. Michel Charzat décide alors de se consacrer à son mandat de maire, en échange de la promesse — accordée — de François Hollande que soient respectés les statuts du parti, qui veulent que les candidats socialistes soient désignés par les militants. Il soutient alors pour sa succession Sophia Chikirou, membre du Conseil national du PS. Mais le , le bureau national du PS, sous la pression du député Victorin Lurel, et malgré l'opposition des fabiusiens, investit George Pau-Langevin[2], sans vote des militants. La candidature de George Pau-Langevin est souhaitée par Bertrand Delanoë, au nom de la représentation de la communauté antillaise, dont le poids électoral est jugé décisif pour les municipales de 2008 à Paris. S'estimant trahi par cette décision, Michel Charzat annonce qu'il soutient le maintien de la candidature de Sophia Chikirou, son assistante parlementaire. Cette dernière renonce à se présenter au profit de Michel Charzat et participe à sa dissidence, en tant que candidate suppléante. Le PS exclut alors le député maire sortant.

Synthèse des résultats électoraux

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Élections législatives

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Année Parti Circonscription 1er tour 2d tour Issue
Voix % Rang Voix % Rang
1978[3] PS 30e de Paris 7 484 22,93 3e Retrait
1981[3] 7 484 35,25 2e 9 290 54,36 1er Élu
1986[3] Paris 293 861 32,00 2e Scrutin proportionnel Élu
1988[3] 21e de Paris 15 902 39,44 1er 22 325 51,40 1er Élu
1993[3] 9 005 21,64 2e 18 520 46,41 2e Battu
1999[3] 5 335 25,61 1er 11 177 54,28 1er Élu
2002[3] 16 157 38,21 1er 22 218 57,50 1er Élu
2007[3] PS diss. 6 322 14,14 3e Battu

Élections municipales

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Les résultats ci-dessous concernent uniquement les élections où il est tête de liste.

Année Liste Commune 1er tour 2d tour Sièges obtenus
Voix % Rang Voix % Rang CA CP
1983[4] PS Paris 20e 21 428 35,09 2e 26 451 41,02 2e NC
3  /  13
1989[5] 15 522 28,39 2e 25 966 44,04 2e NC
3  /  13
1995 19 702 40,31 1er 28 055 50,66 1er NC
10  /  13
2001[6] 17 209 35,99 1er 30 193 61,58 1er
32  /  39
11  /  13
2008[7] PS diss. 9 022 16,03 2e 14 034 30,50 2e
4  /  26
2  /  13
2014[8] MRC 4 350 7,91 5e
0  /  28
0  /  14

Mandats locaux

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  • 20 mars 1977 -  : conseiller de Paris
  • -  : maire d'arrondissement de Paris (20e arrondissement)


Publications

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  • Le CERES, un combat pour le socialisme (en collaboration avec Ghislaine Toutain), Calmann-Lévy, Paris, 1975
  • Georges Sorel et la révolution au XXe siècle, Hachette « Essais », Paris, 1977
  • Otto Bauer et l’austro-marxisme, Martinsart, Paris, 1978
  • Le syndrome de la gauche, Grasset, Paris, 1979
  • Georges Sorel (direction), Cahiers de l'Herne, Paris, 1986
  • La France et le déclin, PUF, Paris, 1988
  • Un nouvel horizon (direction), Gallimard, coll. « Le Débat », Paris, 1992
  • Le Paris citoyen, Stock, Paris, 1998
  • Politiquement libre, démocratie ou libéralisme : le pari de la Cité (entretiens avec Claude Neuschwander), La Découverte, Paris, 1999
  • La Jeune Peinture française, Hazan, Paris, 2010
  • André Derain, le titan foudroyé, Hazan, Paris, 2015
  • Roger de la Fresnaye. Une peinture libre comme l'air, Hazan, Paris, 2017

Notes et références

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  1. « Sciences Po Alumni », sur Sciences Po Alumni (consulté le ).
  2. AFP, 11 juillet, dépêche de 20 h 23 citée par Le Monde.fr https://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-27662785@7-37,0.html
  3. a b c d e f g et h « Élections législatives 1958-2012 - data.gouv.fr », sur www.data.gouv.fr (consulté le )
  4. « Élections municipales - Paris : résultats du scrutin du 6 mars 1983 (premier tour) et du 13 mars 1983 (deuxième tour) », sur bibliotheques-specialisees.paris.fr (consulté le )
  5. « Élections municipales - Paris : résultats du scrutin du 12 mars 1989 (premier tour) et du 19 mars 1989 (deuxième tour) », sur bibliotheques-specialisees.paris.fr (consulté le )
  6. Ministère de l'Intérieur, « Résultats des élections municipales 2001 » [archive du ], sur http://www.interieur.gouv.fr/Elections/Les-resultats/Municipales/elecresult__Resultats-des-elections-municipales-2001 (consulté le )
  7. Ministère de l'Intérieur et des Outre-mer, « Les archives des élections en France »
  8. Ministère de l'Intérieur et des Outre-mer, « Les archives des élections en France »

Liens externes

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