René Gimpel

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

René Gimpel (1881 - Neuengamme, Allemagne, ) est un collectionneur, galeriste et marchand d'art français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Un marchand d'art parisien[modifier | modifier le code]

René Gimpel est issu d'une famille alsacienne juive athée. Son père Ernest Gimpel (1858-1907), fils d'un directeur d'école de Mulhouse, a épousé Adèle Vuitton (nièce du malletier Louis Vuitton). Malletier lui aussi, son père a fait de mauvaises affaires pendant la guerre de 1870[1].

René a pour ami, entre autres, Marcel Proust ; son épouse, Florence, est la sœur cadette de Joseph Duveen, dit « Joe » (1869-1939), titré baron Duveen of Millbank, qualifié de « plus célèbre et plus spectaculaire marchand de tableaux du siècle ».

La guerre[modifier | modifier le code]

Dès la défaite en 1940, René Gimpel et ses fils entrent dans la Résistance. Admirateur de Paul Éluard en qui il voit, dans une lettre à son amie Rose Adler du 3 août 1940, « le sauveur du pays », il monte avec Gabrielle Picabia un réseau "Gloria". Gimpel devient suspect aux yeux du régime de Vichy, qui l'interne puis le relâche fin 1942 faute de preuves. Il rejoint l'Angleterre où il intègre les S.O.I, revient en France.

Dénoncé par un confrère Jean-François Lefranc, [2], emprisonné par les Allemands à la prison Montluc, le 2 juillet 1944, un convoi le déporte au camp de Neuengamme, dans le nord de l'Allemagne, où il meurt d'épuisement et de mauvais traitements le [3].

Descendance[modifier | modifier le code]

Enfants[modifier | modifier le code]

René Gimpel et son épouse eurent trois garçons : Ernest, Pierre et Jean.

Ernest Gimpel (5 août 1913 - 26 janvier 1973) - alias « Charles Beauchamp » pendant la clandestinité, compagnon de la Libération[4], fonda avec Pierre/Peter (26 octobre 1915 - 12 juin 2005) la galerie londonienne Gimpel fils[5] en 1946. L'ajout du mot « fils » est un hommage à leur père René.

Jean Gimpel ( - ), historien médiéviste et essayiste, auteur de nombreux ouvrages, avait un salon à Londres où se pressait tout ce que Londres comptait de savants et d'intellectuels. Il publia, en 1963, chez Calmann-Lévy, les précieux Carnets (1918-1939) de son père sous le titre Journal d'un collectionneur, marchand de tableaux, mine de renseignements sur le marché de l'art au début du XXe siècle et sur la vie intellectuelle et culturelle de l'époque.

Petit-fils[modifier | modifier le code]

En 2007, René Gimpel « junior », fils d'Ernest, petit-fils de René Gimpel, directeur de la galerie Gimpel fils de Londres, s'associe avec Berthold Müller pour créer la galerie Gimpel & Müller à Paris, 12 rue Guénégaud, spécialisée dans les abstractions géométriques, lyriques et l'art cinétique.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • René Gimpel, Journal d'un collectionneur marchand de tableaux, préface de Jean Guéhenno, Calmann Lévy, Paris, 1963
  • Nouvelle édition, enrichie d'éléments inédits, 750 pages. Éditions Hermann, Paris, 2011
  • Diana J. Kostyrko, 'René Gimpel's Diary of an Art Dealer', The Burlington Magazine, septembre 2015, no. 1350, vol. 157, pp. 615-619.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. René Gimpel, Journal d'un collectionneur… p. 465.
  2. communication de Paul Gimpel, sur René Gimpel in les carnets de Recherche du CIERA, colloque 19 mai 2015 - https://ciera.hypotheses.org/801
  3. Dans le même camp se trouve Roland Malraux, demi-frère d'André Malraux, qui meurt le 3 mai 1945 sur le Cap Arcona, sous les bombes de la Royal Air Force.
  4. Voir sur le site de l'ordre de la Libération.
  5. Gimpel fils a promu le travail d'artistes tels que Nicolas de Staël, Pierre Soulages, Marcel Duchamp, Yves Klein, Lynn Chadwick, Anthony Caro, Niki de Saint Phalle et, pour les contemporains, Alan Davie, Albert Irvin, etc.

Liens externes[modifier | modifier le code]