Paul Poiret

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Paul Poiret vers 1912.

Paul Poiret, né à Paris le et mort à Paris le , de son vrai nom Paul-Henri Poiret est un grand couturier français, connu pour ses audaces.

Il est considéré comme un précurseur du style Art déco. Sa marque commerciale est un turban très enveloppant orné d'une aigrette que sa femme, Denise, rend célèbre.

Biographie[modifier | modifier le code]

La villa Kermaria à l'Île-Tudy.

Il est embauché comme dessinateur de mode chez Doucet en 1898, puis travaille chez Worth de 1901 à 1903.

Il ouvre sa maison de couture en septembre 1903 et habille Réjane, ce qui le lance. Il est le premier couturier, avec Madeleine Vionnet[1], à supprimer le corset en 1906, en créant des robes taille haute. Il devient ainsi un pionnier de l'émancipation féminine.

En 1908 il demande à Paul Iribe de dessiner son catalogue : Les Robes de Paul Poiret racontées par Paul Iribe. Le caractère novateur de l'ouvrage lui confère un grand succès. En 1910, l'orientalisme est à la mode. Les ballets russes et Léon Bakst triomphent à Paris. Poiret suit la tendance. Il achète les tissus colorés du Wiener Werkstätte à Vienne avec qui il débute une longue collaboration.

En 1911, il lance Les Parfums de Rosine (du prénom de sa première fille), et devient le premier à imaginer le « parfum de couturier » qu'il conçoit en harmonie avec ses créations. Il ouvre un laboratoire au 39 rue du Colisée et une usine à Courbevoie incluant un atelier de verrerie et de cartonnerie pour le conditionnement. Les premières compositions sont imaginées par Maurice Schaller puis par Henri Alméras, mais Poiret s'implique personnellement. Jusqu'en 1929, ce sont 35 parfums qui sortiront des usines, dont certains adoptent des noms singuliers comme Shakhyamuni (1913) ou Hahna l’Étrange Fleur (1919)[2].

Cette même année 1911, il se diversifie dans les broderies et les imprimés) avec les Ateliers de Martine (du prénom de sa deuxième fille). Georges Lepape collabore à un superbe album, Les Choses de Paul Poiret, pour présenter ses robes. Il fait aussi appel à d'autres artistes peintres comme Raoul Dufy, Mario Simon, André Marty...

Entre 1911 et 1917, il loue et restaure le pavillon du Butard à La Celle-Saint-Cloud et l'utilise comme résidence estivale et écrin de grandes fêtes, dont celle restée célèbre en date du 20 juin 1912 - la fête de Bacchus. Isadora Duncan dansa sur les tables au milieu de 300 invités et 900 bouteilles de champagne furent consommées jusqu'aux premières lueurs du jour. Antérieurement, il avait fait construire à l'Île-Tudy la villa Kermaria où il organisa aussi des fêtes somptueuses ; les peintres Bernard Naudin et Raoul Dufy par exemple y séjournèrent[3], ainsi que le poète Max Jacob[4].

« Poiret le magnifique » achète un hôtel particulier avenue d'Antin où il organise des fêtes somptueuses dont la fameuse Mille et deuxième nuit, qui marquera les nuits parisiennes.

Poiret connaît le triomphe : il habille les comédiennes les plus en vue et le tout-Paris, aidé par sa femme Denise qui se fait ambassadrice de la marque. Il s'inspire de ses nombreux voyages pour créer des vêtements marqués par l'Orient, la Russie, l'Afrique du Nord.

En collaboration avec le peintre Raoul Dufy, il lance des imprimés audacieux. Plus tard, il crée la jupe-culotte et la jupe entravée, qui font scandale.

Après la Première Guerre mondiale, son étoile commence à pâlir. La clientèle le délaisse pour un style plus épuré. La Maison Paul Poiret connaît ses premières difficultés financières en 1923, mais poursuit ses activités grâce au soutien financier de Georges Aubert. Sa participation à l'Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes en 1925 est très remarquée : il présente ses collections sur trois péniches baptisées Délices, Amours et Orgues.

En 1924-1925, il fait construire à Mézy-sur-Seine (Yvelines) la villa Paul Poiret, dessinée par Robert Mallet-Stevens. En 1927, il joue avec Colette dans sa pièce La Vagabonde.

En 1928, Paul Poiret publie Pan, Annuaire du luxe à Paris, aux Éditions Devambez, très bel annuaire qui réunit presque tous les grands noms du commerce de luxe de l'époque. Publié et conçu par lui, il est illustré de 116 planches en noir et en couleurs par les plus grands artistes contemporains dont Bellaigue, L. Boucher, Cocteau, Mlle Colin, Crozet, La Jarrige, Deluermoz, Dufy, Dupas, Yan B. Dyl, Fau, Foujita, Gus Bofa, Édy Legrand, Libiszewski, Charles Martin, Mourgue, Sem, Touchagues, Valerio, Van Moppès, etc. Cet album offre un panorama important sur la publicité des années vingt : tailleurs, chapeliers, cannes, bottiers, couturiers, lingerie, fourrures, bijoux, la table, orfèvrerie, primeurs, vins, fleurs, galeries d'exposition, photographes, pharmaciens, restaurants, hôtels, cabarets, voyages, sports, bagages, plages, chevaux, chasse, pêche, etc.

À l'automne 1929, la maison Paul Poiret ferme, du fait de la crise économique. Les Parfums de Rosine sont rachetés par Oriza L. Legrand.

En 1930, il publie En habillant l'époque (chez Bernard Grasset) et invente la gaine[réf. nécessaire], souple et confortable

Il publie trois livres de mémoires et meurt en partie ruiné et oublié en 1944.

Une vente aux enchères en mai 2005, des effets personnels de Denise Poiret, entraine des montants records dont plus de 110 000 euros pour un manteau d'automobile créé par Poiret en 1914.

Famille[modifier | modifier le code]

Fils d'Auguste Poiret et de Louise Heinrich, sa sœur Nicole épouse le styliste de meubles André Groult d'où Benoîte Groult et Flora Groult.

Sa sœur Jeanne (1871-1959) épousera le célèbre bijoutier René Boivin.

Enfin sa sœur Germaine Bongard (1885-1971), peintre, tint de 1911 à 1925 au 5, rue de Penthièvre à Paris une maison de couture connue sous le nom de Jove, où elle exposa des artistes de l'École de Paris.

Il épouse le 5 octobre 1905 à Paris Denise Boulet (1886-1982) et ont 5 enfants : Rosine, Martine, Colin, Perrine et Gaspard.

Créations[modifier | modifier le code]

Planches extraites de la Gazette du Bon Ton :

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Françoise Thibaut, « Le temps des couturières : Madeleine Vionnet et Jeanne Lanvin », Canal Académie, 17 février 2013.
  2. [PDF]Naissance et évolution du parfum de couturier par Isabelle Chazot, L'Osmothèque, en ligne.
  3. Erwan Mordelet, Île-Tudy, éditions Alain Bargain, Quimper, 2004
  4. http://books.google.fr/books?id=0_CZM2lmmfQC&pg=PT150&lpg=PT150&dq=Villa+Kermaria+ile-Tudy&source=bl&ots=QPh9p7iFO2&sig=ldmiKNoF9gbl9u9cacXgFF_4wd0&hl=fr&sa=X&ei=ElWhUvqjMrG20QW_vIDoCA&ved=0CDEQ6AEwAA#v=onepage&q=Villa%20Kermaria%20ile-Tudy&f=false