Paul Guillaume (marchand d'art)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Paul Guillaume et Guillaume.
Paul Guillaume
Amedeo Modigliani - Paul Guillaume, Novo Pilota - Google Art Project.jpg
Amedeo Modigliani, Paul Guillaume, Novo Pilota[1] (1915),
Paris, musée de l'Orangerie[2].
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 42 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Marchand d'art, collectionneur d'artVoir et modifier les données sur Wikidata

Paul Guillaume, né à Paris le et mort dans la même ville le , est un marchand et collectionneur français d’art moderne.

La majeure partie de sa collection est conservée à Paris, au musée de l'Orangerie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Paul Guillaume découvre et est l'un des premiers à organiser des expositions d'art africain qu'il présente d'abord dans son garage à Montmartre puis dans sa galerie à Paris. Son ami Guillaume Apollinaire, rencontré en 1911, lui fait connaître le Tout-Paris artistique. Ainsi dans sa galerie parisienne, il présente et vend les œuvres des peintres Chaïm Soutine et surtout Amedeo Modigliani qui peint plusieurs portraits de lui.

Pendant la Première Guerre mondiale, il expose les œuvres de la période dite « métaphysique » de Giorgio De Chirico sur la scène du théâtre du Vieux-Colombier, tout en exposant André Derain, Pablo Picasso, Henri Matisse et Kees van Dongen dans sa galerie rue de Miromesnil.

Il épouse en octobre 1920 à Paris l'aventurière Juliette Lacaze (1898-1977)[3] qu'il surnomme « Domenica ». En 1922, il conseille et fournit en tableaux Albert Barnes, ce richissime Américain qui crée près de Philadelphie la fondation qui porte son nom.

Paul GUILLAUME est enterré à Buffignécourt (Haute Saône).

L'affaire Lacaze[modifier | modifier le code]

Après la mort de Paul Guillaume, sa collection d’œuvres d’art est modifiée par sa veuve, remariée en 1941 avec l'architecte Jean Walter dont elle a été la maîtresse pendant la maladie de Paul Guillaume. La collection est achetée par l’État, sous réserve d’usufruit, avec la participation de la Société des amis du Louvre. La succession de cette collection est à l'origine de l'« affaire Lacaze » : les dispositions testamentaires de Paul Guillaume ayant prévu que si son épouse n’avait pas d’enfant de lui, une fondation en serait héritière, Domenica Guillaume simule alors une grossesse, obtient un certificat de grossesse et finalise son stratagème en adoptant un enfant, nommé Jean-Pierre Guillaume, grâce à Marcelle Riembault[4].

En 1959, Jean-Pierre Guillaume accuse le Dr Maurice Lacour, amant de Domenica Walter, et son frère Jean Lacaze de complot visant à l'assassiner. Lacour est condamné à la prison. L'entregent et la fortune de Domenica Walter lui évitent l'inculpation, mais une partie de la collection Walter-Guillaume (16 Cézanne, 23 Renoir, 5 Modigliani, 12 Picasso, 10 Matisse, 27 Derain et 22 Soutine, estimée à plus d'un milliard de dollars) est finalement cédée à l'État en 1959 et 1963. La collection n’intégrera définitivement les murs du musée de l'Orangerie qu’après la mort de Domenica Walter en 1977[5]. Elle y est conservée depuis 1984 en compagnie des Nymphéas de Claude Monet.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Novo Pilota » : « nouveau pilote ».
  2. « Paul Guillaume, Novo Pilota », notice sur musee-orangerie.fr.
  3. liberation.fr.
  4. « L'affaire Lacaze », sur ina.fr.
  5. (en) John Richardson, « Crimes of the art », sur Vanity Fair, .

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Guillaume, La Sculpture nègre et l'Art moderne, Toulouse, Toguna, 1999.
    Texte lu en anglais lors d'une conférence à la Fondation Barnes, le 4 avril 1926.
  • Florence Trystram, La Dame au grand chapeau, l’histoire vraie de Domenica Walter Guillaume, Paris, Flammarion, 1996.

Liens externes[modifier | modifier le code]