Balthus

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Balthus

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Balthus par Damian Pettigrew (1996)

Nom de naissance Balthasar Klossowski
Naissance
Paris
Décès (à 92 ans)
Rossinière, Suisse
Nationalité Française Drapeau de la France
Activités Artiste peintre
Élèves François Rouan
Influencé par Masaccio, Piero della Francesca
Récompenses Praemium Imperiale

Œuvres réputées

La Rue, La Montagne, La Leçon de guitare

Balthus, pseudonyme de Balthasar Kłossowski (de Rola), né à Paris le , mort à Rossinière (Suisse) le , est un peintre figuratif français d'origine polonaise.

Il est le frère de l'écrivain et dessinateur Pierre Klossowski.

Biographie[modifier | modifier le code]

« La meilleure façon de commencer est de dire, Balthus est un peintre dont on ne sait rien. Et maintenant, regardons les peintures », telle est la réponse laconique que le peintre adresse à la Tate Gallery, qui, organisant une exposition de ses œuvres, souhaitait également agrémenter le catalogue de quelques éléments biographiques.
Le Roi des chats — titre d’un de ses autoportraits — a en effet toujours souhaité s’entourer d’une aura de mystère, ce qui a sans aucun doute contribué à occulter sa personnalité et son œuvre aux yeux du grand public.

Rare et discret, il l'est dès sa naissance, un 29 février ; un anniversaire qui fait aussi partie de la « légende Balthus » et que son « grand ami » Rilke (amant de sa mère, Baladine) ne manquait jamais de souhaiter avec une lettre. D'ascendance polonaise par son père, Erich Klossowski, historien d’art, peintre et décorateur de théâtre, et russe par sa mère Baladine Klossowska (mais tous deux ressortissants prussiens), Balthus naît à Paris, mais sa famille, du fait de ses origines, se réfugie en Suisse lors de la Première Guerre mondiale. Ses parents se séparent peu après et Balthus passe son enfance avec son frère Pierre dans la région de Genève, près de leur mère et bientôt de Rainer Maria Rilke.

Baladine rencontre le poète Rilke en 1919 : le jeune Balthasar Klossowski a 11 ans. Le garçon publie son premier livre de dessins, Mitsou, sous l'impulsion de ce mentor, lorsqu'il a quatorze ans. Il signe le recueil du surnom de « Baltusz » qu'on lui donnait à l'époque et qu'il transformera en « Baltus », puis en « Balthus » par la suite. Durant son adolescence, il rencontre les nombreuses relations de sa mère et de Rilke qui viennent lui rendre visite : André Gide, Maurice Denis, Pierre Bonnard.

Balthus part pour Paris avec sa mère et son frère en 1924. Il y suit l'enseignement de Pierre Bonnard et de Maurice de Vlaminck. Il peint ses premiers tableaux, copie des œuvres au musée du Louvre. En 1926, il va en Italie étudier les peintres de la Renaissance, en particulier les fresques de la Légende de la Vraie Croix de Piero della Francesca à Arezzo, ainsi que celles de Masaccio à Florence.
En 1929, il expose pour la première fois à Zurich, sans grand succès.

L'atelier de Balthus, Cour de Rohan à Paris.

Balthus s'installe à Paris en 1933, dans un premier temps rue de Furstemberg puis, à partir de 1936, Cour de Rohan (quartier de Saint-Germain-des-Prés) où il résidera plusieurs années. Il entre en contact avec le mouvement surréaliste par l'intermédiaire de Pierre Lœb mais il ne se sent guère de point commun avec la mouvance d'André Breton.
Il expose en 1934 une série de tableaux mettant en avant des jeunes filles à la pose équivoque, thème qui fera sa célébrité.
Il se marie en 1937 avec Antoinette de Watteville (1912-1997). Cette dernière lui sert de modèle dans plusieurs toiles, dont La Toilette (1933, Centre Pompidou, Paris) et Jeune fille en costume d'amazone (1932, collection Stanislas Klossowski). L'un de ses fils, Thadée épouse Loulou de la Falaise (1948-2011), dont une fille Anna.

Balthus est mobilisé en Alsace au début de la Seconde Guerre mondiale mais est rapidement démobilisé pour des raisons mystérieuses. Il s'installe alors à Champrovent en Savoie, puis à Fribourg en Suisse, où naissent deux de ses fils, et Cologny près de Genève. Il y achève Les Beaux Jours (Washington, Smithsonian Institute) en 1946. Cette même année, il se sépare de sa femme et retourne à Paris.
Il y réalise les décors et les costumes d'une pièce d'Albert Camus, L'État de siège et peint La Chambre (Washington, Smithsonian Institute) en 1947-1948).
En 1950 il effectue les décors de l'opéra Cosi fan tutte de Mozart au festival d'Aix-en-Provence.

En 1953, Balthus quitte Paris pour le château de Chassy[1], à Montreuillon, Nièvre, dans le Morvan, en Bourgogne, où il reste jusqu'en 1961, après l'avoir loué puis acheté[2]. Il y achève La Chambre et Le Passage du Commerce-Saint-André (1952-1954, collection particulière). Il y fait plusieurs paysages, vus de ses fenêtres. Il se crée un personnage de dandy et d’aristocrate « féodal », ainsi qu’il se décrivait, son appartenance à la noblesse restant non établie[3].

En 1961, Balthus est nommé directeur de l'Académie de France à Rome, à la Villa Médicis, par André Malraux. Setsuko Ideta, jeune étudiante japonaise dont il est amoureux, l'y rejoint. Elle lui sert de modèle dans plusieurs tableaux dont La Chambre turque (1963-1966, Paris, Centre Georges-Pompidou). Il l'épouse en 1967 au cours d'un voyage au Japon.

En 1977, à la fin de son mandat romain, le peintre prend le thé au Grand Chalet de Rossinière, en Suisse, s'en éprend et l'achète. Il y vivra jusqu'à sa mort avec son épouse et sa fille Harumi. Il présente ses toiles à de nombreuses expositions de par le monde et il est encensé par la presse et les critiques.

Autour du peintre
  • Balthus a été président des « Amis de Courbet » de 1992 à 1998.
  • L'auteure chinoise Shan Sa a écrit son premier roman, Porte de la paix céleste, alors qu'elle faisait office de secrétaire du peintre, chez lui en Suisse.

L'œuvre[modifier | modifier le code]

L'œuvre peint de Balthus est relativement peu abondant puisqu'on ne compte qu'environ 300 peintures, dont beaucoup ne sont pas datées[4]. Artiste méticuleux — certains tableaux nécessitant plusieurs années pour être achevés et après de nombreuses études préparatoires —, Balthus est resté célèbre pour ses tableaux de jeunes filles nubiles, souvent peintes dans des poses ambiguës, jouant sur l'idée de l'innocence perdue à l'adolescence.

« Je vois les adolescentes comme un symbole. Je ne pourrai jamais peindre une femme. La beauté de l’adolescente est plus intéressante. L’adolescente incarne l’avenir, l’être avant qu’il ne se transforme en beauté parfaite. Une femme a déjà trouvé sa place dans le monde, une adolescente, non. Le corps d’une femme est déjà complet. Le mystère a disparu. »

Il reste un artiste figuratif à une époque où l'abstraction est reine.

Peintures[modifier | modifier le code]

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Références à Balthus dans des œuvres artistiques[modifier | modifier le code]

Au cinéma

Dans le film de François Truffaut Domicile conjugal (1970 ; scène reprise in extenso dans L'Amour en fuite, 1979), les deux personnages principaux, Antoine Doinel (interprété par Jean-Pierre Léaud) et sa femme Christine (Claude Jade), se sont disputés et vivent séparément. À un moment donné, Christine décroche du mur un petit dessin d'environ 25 × 25 cm et le tend à son mari qui est venu voir leur enfant Alphonse :

« Christine : – Tiens, prends le petit Balthus.
Antoine : – Ah, le petit Balthus, je te l'ai offert, il est à toi, garde-le. »

Ce dessin présente au premier plan un personnage sombre (peut-être de dos), dans une allée avec des arbres sur la gauche. Il ne ressemble à rien de ce que Balthus aurait dessiné et ne figure pas dans le catalogue raisonné, mais les recherches continuent pour l'identifier.

En littérature

Dans le roman Hannibal de Thomas Harris, il est sous-entendu que Balthus serait le cousin du Dr Hannibal Lecter : « son cousin qui vivait en France, le célèbre peintre Balthus » (chapitre 54).

Expositions[modifier | modifier le code]

  • « Balthus ou le temps du sablier » au musée Rolin d'Autun, du 26 mars au 20 juin 2011, exposition d'une soixantaine de dessins, croquis, études et esquisses du peintre.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sélection bibliographique[modifier | modifier le code]

  • 2008: Jean Clair et Dominique Radrizzani, Balthus. Exposition du Centenaire, Martigny, Fondation Pierre Gianadda
  • 2008 : Balthus. Portraits privés, Ed. Noir sur Blanc. Témoignages de sa famille, de sa femme Setsuko, de sa fille Harumi, d'amis.
  • 2005: Raphaël Aubert, Le Paradoxe Balthus, Paris, La Différence.
  • 2003 : Nicholas Fox Weber, Balthus, une biographie, Paris, Fayard.
  • 2001 :
    • Balthus. Catalogue de l'exposition au Palazzo Grassi à Venise du 9 septembre 2001 au 6 janvier 2002 (dates non mentionnées dans le catalogue), sous la direction de Jean Clair, Paris, Flammarion.
    • Balthus, Correspondance amoureuse avec Antoinette de Watteville, Paris, Buchet-Chastel.
  • 1999 :
    • Jean Clair et Virginie Monnier, Balthus, catalogue raisonné de l'œuvre complet, Paris, Gallimard.
    • Balthus, un atelier dans le Morvan. Catalogue de l'exposition au Musée des Beaux-Arts de Dijon du 12 juin au 21 septembre.
    • Lequime, Jérôme, L'Imprenable (Balthus et le paysage), Nièvre, éd. du Pas.
  • 1998 : Rainer Maria Rilke, Lettres à un jeune peintre, suivi de Mitsou, Paris, Somogy-Archimbaud. Édition poche, Paris, Rivages, 2002. Préface Marc de Launay.
  • 1996 :
  • 1995 : Balthus et Semir Zeki, Balthus ou la quête de l'essentiel, Paris, Les Belles Lettres-Archimbaud.
  • 1993 : Balthus. Catalogue de l'exposition au musée des beaux-arts de Lausanne du 29 mai au 29 août, sous la direction de Jörg Zutter, Genève, Skira.
  • 1992 : Balthus dans la maison de Courbet. Catalogue de l'exposition du musée Maison natale de Gustave Courbet à Ornans, été 1992.
  • 1990 : Jean Leymarie, Balthus, Genève, Skira.
  • 1989 : (en) Guy Davenport, A Balthus Notebook, New York, Ecco Press.
  • 1988 : Mitsou, préface de Rainer Maria Rilke, Paris, Librairie Séguier. Fac-similé de l'édition originale, Zurich, Rotapfel-Verlag, 1921. Édition reliée accompagnée d'un CD, Paris, Les Belles-Lettres-Archimbaud, 2010.
  • 1983 :
    • Stanislas Klossowski de Rola, Balthus, peintures, Paris, Éditions Hermann.
    • Balthus. Catalogue[5] de l'exposition au musée national d'art moderne, commissaires : Dominique Bozo et Gérard Régnier (Jean Clair),
  • 1980 : Balthus à la Biennale de Venise 1980, textes de Jean Leymarie et Federico Fellini, Venise, éd. La Biennale di Venezia.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il semblerait qu'il y a deux châteaux de Chassy, l'un à Chassy, l'autre à Montreuillon, et les deux communes revendiquent d'y avoir vu passer Balthus…
  2. Le château de Chassy dans WP ne semble pas avoir Balthus comme propriétaire (en tout cas, non mentionné).
  3. Yacob A., « Balthus, un exil volontaire au château de Chassy », Dossier de l'art no 153, p. 50-57.
  4. Entretien avec Jean Clair, « L'exposition anniversaire à la Fondation Gianadda », Dossier de l'art no 153, p. 2-16.
  5. Préface de D. Bozo; textes : Antonin Artaud, Pierre Jean Jouve, Jean Starobinski, René Char, Paul Éluard, Albert Camus, Pierre Klossowski, Yves Bonnefoy, Jean Cassou, Gaëtan Picon, Jean Clair, Federico Fellini, Paris, Centre Georges-Pompidou.
  6. Tourné à Rossinière, Chassy, Rome (Villa Medicis) et Montecalvello, dans une démarche biographique.
  7. Tourné en Super 16 pendant quatre saisons en Suisse, en Italie, en France, et en Angleterre (dans les landes désolées du Yorkshire), le film, plusieurs fois primé, éclaire surtout la démarche artistique du peintre.