Carl Einstein

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Carl Einstein
Karl Einstein.jpg

Karl Einstein.

Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 55 ans)
PauVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonyme
Savine Ree UrianVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Famille
Famille Einstein (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Arme
Conflits
Condamné pour
Site web
Gedenktafel Zeltinger Str 54 (Froh) Carl Einstein.JPG

plaque commémorative

Carl Einstein, ou Karl Einstein, est un historien de l'art et un écrivain allemand, né le dans une famille juive à Neuwied (Rhénanie-Palatinat) et mort le (à 55 ans) à la frontière franco-espagnole. Il appartient au courant de l'expressionnisme, et fut, par ailleurs, un collaborateur de Jean Renoir.

Anarchiste, il est volontaire pendant la révolution sociale espagnole de 1936 et rejoint Barcelone pour combattre dans les rangs de la Confédération nationale du travail. Il intègre le Groupe international de la Colonne Durruti et, le 22 novembre 1936, prononce l'oraison funèbre de Buenaventura Durruti[1].

Afin d’éviter de tomber aux mains des nazis, il se suicide en 1940.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enterrement de Buenaventura Durruti le 23 novembre 1936 à Barcelone.
Le Groupe International de la Colonne Durruti à l’enterrement de Buenaventura Durruti (Barcelone, le 23 novembre 1936).

Ami de George Grosz, Georges Braque et Picasso, sympathisant communiste et militant anarchiste, Carl Einstein a mêlé dans ses écrits des considérations à la fois esthétiques et politiques, s'intéressant tant au développement de l'art moderne qu'à la situation politique de l'Europe. Il a traversé les guerres et révolutions qui ont secoué l'Europe dans la première moitié du XXe siècle : sensible aux implications sociales et politiques qui en découlèrent, il s'impliqua activement dans le Conseil révolutionnaire des soldats à Bruxelles et, dans une moindre mesure, dans la révolte spartakiste à Berlin, ainsi que, plus tard, dans la colonne Durruti de combattants anarchistes engagés dans la guerre d'Espagne. C'est lui qui a prononcé l'éloge funèbre de Buenaventura Durruti en novembre 1936 à Barcelone. Einstein, du fait de sa confession juive, fut en outre directement concerné par la violente vague d'antisémitisme qui balaya l'Europe tout au long de son existence.

Carl Einstein fut en son temps un auteur et critique d'art connu, notamment avec son premier roman, Bébuquin ou les dilettantes du miracle, paru en 1912, son ouvrage La Sculpture nègre, paru en 1915, qui fit de lui le véritable découvreur de l'art africain en Europe et lui valut une invitation à enseigner au Bauhaus, invitation qu'il déclina, ou sa célèbre pièce de théâtre Die Schlimme Botschaft, en 1921. Einstein collabora en outre à nombre de revues et de projets collectifs, parmi lesquels la revue Die Aktion de Franz Pfemfert et la célèbre revue Documents : Doctrines, Archéologie, Beaux-arts, Ethnographie, en collaboration avec Georges Bataille.

À la suite d'une campagne de diffamation menée par des extrémistes de droite contre sa pièce Die Schlimme Botschaft, qui le fit condamner pour blasphème en 1922, Einstein quitta volontairement l'Allemagne (alors sous le régime de la république de Weimar) pour s'installer principalement en France, faisant toutefois des incursions régulières dans son pays, jusqu'à l'arrivée de Hitler au pouvoir en 1933, qui marqua son exil définitif. Proche de Jean Renoir, il coécrit avec lui en 1935 le film Toni. De 1936 à 1938, Einstein s'engagea comme combattant dans la guerre d'Espagne, au sein des milices ouvrières de la centrale anarcho-syndicaliste CNT (il fera l'éloge funèbre de Durruti, lors de ses obsèques à Barcelone, en 1936), après quoi il retourna en France où il fut arrêté et emprisonné au printemps 1940 près de Bordeaux, en même temps que d'autres émigrés allemands. Il fut finalement libéré en juin 1940 en raison du chaos qui régnait en France face à la rapidité de l'invasion allemande. Pris au piège à la frontière franco-espagnole, il se suicida le 3 juillet 1940 pour échapper aux persécutions nazies, en se jetant du pont surplombant le gave de Pau, à la hauteur du sanctuaire de Betharram, après qu'il eut été recueilli quelques jours auparavant par les moines. Il est enterré dans le vieux cimetière situé au pied de l'église de Boeil-Bezing, village entre Lestelle-Betharram et Pau. Arthur Koestler écrit cependant, dans La Lie de la terre le 15 juillet 1940, « il s'est jeté dans le gave d'Oloron », près de Navarrenx.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Bebuquin oder die Dilettanten des Wunders. Ein Roman, Berlin, Verlag der Wochenschrift, Die Aktion, 1912
  • Neue Blätter, Berlin, Baron, 1912
  • Wilhelm Lehmbrucks graphisches Werk, Berlin, Cassirer, 1913
  • Negerplastik, Leipzig, Verlag der weißen Bücher, 1915
  • Der Unentwegte Platoniker, Leipzig, Wolff, 1918
  • Afrikanische Plastik, Berlin, Wasmuth, 1921 (Orbis pictus, Weltkunst-Bücherei, 7)
  • Die Schlimme Botschaft, Berlin, Rowohlt, 1921
  • Der Frühere Japanische Holzschnitt, Berlin, Wasmuth, 1922 (Orbis pictus, Weltkunst-Bücherei, 16)
  • Afrikanische Märchen und Legenden, Herausgegeben von Carl Einstein, Rowohlt, 1925, Neuausgabe (1980) MEDUSA Verlag Wölk + Schmid, Berlin
  • Die Kunst des 20. Jahrhunderts, Berlin, Propyläen, 1926 (Propyläen-Kunstgeschichte, 16)
  • Entwurf einer Landschaft, Paris, Kahnweiler/Galerie Simon, 1930, avec 5 lithographies de Gaston Louis-Roux
  • Giorgio di Chirico, Berlin, Galerie Flechtheim, 1930
  • Die Kunst des XX. Jahrhunderts, Berlin, Propyläen, 1931
  • Georges Braque, Paris : Éditions des chroniques du jour, Londres : Zwemmer, New York : E. Weyhe, 1934

Traductions françaises[modifier | modifier le code]

  • Carl Einstein, Bébuquin ou les dilettantes du miracle, traduit de l'allemand par Sabine Wolf, EST-Samuel Tastet Éditeur, 1986.
  • Repris et réédité sans autorisation par Les presses du réel, 2000 (ISBN 978-2-84066-048-4)
  • Carl Einstein, Georges Braque, traduction Jean-Louis Korzilius, introduction de Liliane Meffre, Bruxelles, éd. La Part de l’Œil, 2003 (ISBN 2-930174-31-5)
  • Carl Einstein & Daniel-Henry Kahnweiler, Correspondance 1921-1939, présentée et annotée par Liliane Meffre, Marseille, éd. André Dimanche, 1993, éd. traduite (ISBN 2-86916-055-0).
  • Carl Einstein, Ethnologie de l'art moderne, éd. Liliane Meffre, Marseille, éd. André Dimanche, 1993.
  • Carl Einstein, La Sculpture nègre, traduction et introduction de Liliane Meffre, éd. L'Harmattan, 1998.
  • Carl Einstein, Les arts de l’Afrique, présentation et traduction de Liliane Meffre, éd. Jacqueline Chambon, 2015.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Carl Einstein, « Hommage posthume à Buenaventura Durruti », Radio CNT-FAI ECN1,‎ (lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Maurice Monnoyer, Walter Benjamin, Carl Einstein et les arts primitifs, Publications de l'Université de Pau, 1999 (ISBN 2908930595)
  • Liliane Meffre, Carl Einstein, 1885-1940 : itinéraires d'une pensée moderne, collection Monde germanique, Presses de l'université de Paris-Sorbonne, 2002 (ISBN 2840502291)
  • Pyrénées 1940, ultime frontière : pour Carl Einstein, Walter Benjamin, Wilhelm Friedmann, actes du colloque international du 14 avril 2003, Université de Pau et des Pays de l'Adour et « Association Carl Einstein-François Mazou, combattants de la liberté », l'Harmattan, 2006 (ISBN 2296007031)

Film[modifier | modifier le code]

  • 2000 : Bebuquin - Rendezvous mit Carl Einstein de Lilo Mangelsdorff avec Hanns Zischler, variation entre le roman Bebuquin et la vie de l'auteur.

Notices[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]