Limore Yagil

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Limore Yagil
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Naissance
Haïfa
Profession

Limore Yagil (née en 1961 à Haïfa en Israël)[1], professeur à l'université de Tel Aviv et chercheur associée Habilitée à diriger des recherches (HDR) à l'Université Paris-Sorbonne, est une historienne israélienne d'expression française et naturalisée française, spécialisée dans l'histoire culturelle et politique de la France durant la Seconde Guerre mondiale. Titulaire d'un doctorat en Histoire de l'Institut d'Études Politiques de Paris (1992), elle a soutenu une thèse concernant l'utopie de l'Homme nouveau et la révolution nationale de Vichy, sous la direction du professeur Jean-Pierre Azéma. C'est bien la première fois qu'un historien affirme qu'il faut prendre au sérieux l'utopie et pas seulement la pratique et la réalisation des projets sous Vichy. À lire son ouvrage publié en 1997.

Depuis 1998, elle étudie en particulier les différentes modalités du sauvetage de 75% des Juifs en France et la désobéissance civile. Elle a étudié la contribution importante de nombreuses personnes non reconnues comme Justes parmi les nations au sauvetage des Juifs comme: les préfets, les gendarmes, les policiers, les maires, et secrétaires de mairies, les enseignants , les universitaires, les étudiants, les médecins, les assistantes sociales, les paysans, les artistes, les scientifiques et surtout les protestants et les catholiques religieux. Elle est parmi les rares historiens à mettre an avant l'importante contribution des réseaux catholiques: prêtres, congrégations religieuses et évêques, en étudiant 45 diocèses en France au sauvetage des Juifs. Elle est la seule historienne a démontré que les préfets pouvaient aussi secourir des Juifs dans leur département et pas seulement appliquer les lois de Vichy. C'est pour cela qu'elle revendique le terme de " désobéissance civile" et non de résistance. C'est toute l'ambiguïté et la complexité d'une période qui sont mises en relief dans ses ouvrages. Elle démontre également que les "villages refuge", à l'exemple du Chambon sur lignon, ne se limitent pas aux zones majoritairement protestantes, et que des villages refuge, existent notamment dans la Sarthe, la Mayenne, la Creuse, la Vendée, le Loire-et-Cher, le Tarn-et-Garonne, le Gers, l'Indre, le Vaucluse, l'Aveyron etc. Elle propose un tour de France de ces villages: plus de 200 villages refuge/ localités refuge ou toute la population aide les Juifs à se cacher et à survivre. De même elle démontre dans son ouvrage sur la région d'Angers, (2014), tout le courage de la population et des réseaux religieux catholiques, ainsi que les fonctionnaires, qui ont contribué au sauvetage de nombreux Juifs dans cette région "blanche et réactionnaire".

Dans son ouvrage consacré aux artistes Juifs et non Juifs: Au nom de l'Art 1933-1945: exils, solidarités et engagements, elle propose un panorama riche et fondé sur des archives inédites, comme toujours dans ses ouvrages, concernant des artistes qui ont sauvé et aidé les artistes Juifs. C'est l'exemple de Maurice Chevalier, Edith Piaf, Arletty, Serge Lifar, Sacha Guitry, Jean Cocteau, Jacques Prévert, Alfred Cortot, Picasso, Henri Matisse, Louis Jouvet, le sculpteur Maillol, et bien d'autres. C'est le seul ouvrage qui met en avant les localités de refuge d'artistes dans le sud de la France: Marseille, Castres, Gordes, Nice, Cannes, Sanary-sur-Mer, Villeneuve-sur-Lot, Arques, des localités dans le Limousin et ailleurs. Elle étudie également la situation des artistes: musiciens, peintres, chanteurs, cinéastes, acteurs, directeurs de théâtres, et mécènes d'art en France, Suisse et États-Unis. C'est l'un des rares ouvrages qui est consacré entièrement aux artistes et non aux Intellectuels.

Elle a publié également en 2015, une biographie unique concernant Jean Bichelonne, un polytechnicien, technocrate qui sera ministre de l'économie à Vichy. Ce livre démontre pour la première fois, en se basant sur des archives inédites, comment l'historiographie actuelle déforme le rôle de Bichelonne sous Vichy, oubliant ses services rendus à la France et son héritage en matière d'organisation de l'économie française.

Elle prépare une nouvelle publication sur la Résistance en France et les oubliés de la mémoire collective: les "Anonymes", qui paraîtra prochainement.

Limore Yagil est également spécialiste du Terrorisme et Internet, sujet qu'elle a enseigné pendant plusieurs années en Israël et sur lequel elle a publié deux ouvrages, toujours d'actualité.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle a enseigné à l'université de Haïfa et à l'université de Tel-Aviv pendant plusieurs années. Elle poursuit ses recherches, notamment sur les différentes modalités de sauvetage des Juifs en France et en Europe au temps de la Shoah[1], à l'université de Paris-IV Sorbonne[2] et au collège des Bernardins.

Publications[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Site internet des Éditions du Cerf
  2. Limore Yagil : « De nombreux Français ont aidé des juifs entre 1940 et 1944 », La Croix
  3. Yves Chevalier, « Limore Yagil, Chrétiens et Juifs sous Vichy (1940-1944). Sauvetage et désobéissance civile. Préface de Yehuda Bauer. Paris,Éditions du Cerf, coll. « Histoire », 2005, 765 p. », Archives de sciences sociales des religions, Éditions de l'École des hautes études en sciences sociales, no 131-132,‎ , p. 215-311 (ISSN 0335-5985, lire en ligne)
  4. Jean-Jacques Becker, « Yagil Limore, « L'homme nouveau » et la Révolution nationale de Vichy (1940-1944) ~~ », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, Persée, vol. 58, no 1,‎ , p. 187-188 (lire en ligne)
  5. Pierre Vallin, « La France terre de refuge et de désobéissance civile (1936-1944) - E-revue de culture contemporaine » (consulté le 25 mars 2014)
  6. Antoine Fouchet, « Limore Yagil : « De nombreux Français ont aidé des Juifs entre 1940 et 1944 » », sur La-Croix.com, (consulté le 25 mars 2014)