60 millions de consommateurs

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60 millions de consommateurs
Image illustrative de l’article 60 millions de consommateurs

Pays Drapeau de la France France
Zone de diffusion France
Langue Français
Périodicité Mensuel
Genre Presse de défense des consommateurs
Prix au numéro 4,80 euros
Fondateur Henry Estingoy, Maurice Laval
Date de fondation 1970
Éditeur Institut national de la consommation

Directeur de publication en cours de renouvellement
Rédacteur en chef Sylvie Metzelard
ISSN 1267-8066
Site web Site officiel

Le magazine 60 millions de consommateurs (anciennement 50 millions de consommateurs) et son site 60millions-mag.com sont édités par l'Institut national de la consommation (INC), dont l'une des principales missions est de « regrouper, produire, analyser et diffuser des informations, études, enquêtes et essais »[1]. L'INC a le statut d'établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC), placé sous la tutelle du ministre chargé de la consommation[2]. 60 millions de consommateurs est réalisé par des journalistes professionnels qui travaillent en étroite collaboration avec les ingénieurs, juristes, économistes et documentalistes de l'INC. 11 mensuels et 8 hors-séries sont publiés chaque année.

Présentation[modifier | modifier le code]

Le magazine est né en décembre 1970[3].

C'est un journal sans publicité commerciale, afin de garantir son indépendance vis-à-vis des fabricants et des distributeurs. Son site web 60millions-mag.com propose des articles d'actualité sur la consommation, des dossiers d'experts, l'achat des versions numériques du magazine et différents outils.

Historique[modifier | modifier le code]

50 Millions de consommateurs[modifier | modifier le code]

Décembre 1970. Le premier numéro de 50 millions de consommateurs compte 42 pages en noir et blanc. En couverture, une enquête sur les jouets et un entretien exclusif avec le « champion » américain de la défense des consommateurs, Ralph Nader[4].

Février 1971. 50 millions de consommateurs publie son premier essai comparatif consacré aux autocuiseurs.

Octobre 1975. Sur 28 casques de moto testés, 15 ne sont pas conformes aux normes de sécurité. 50 Millions lance l'alerte.

Juin 1976. Le magazine dénonce le scandale des sièges auto pour bébés car sur 15 testés, seuls 2 sont jugés satisfaisants pour la sécurité de l’enfant.

Juin 1982. Des pharmaciens n'ont pas décelé des interactions dangereuses de médicaments sur des ordonnances.

Décembre 1988. Sur 41 marques de préservatifs testées, 23 offrent une résistance ou une porosité insuffisante. Pourtant, plusieurs bénéficient de la marque NF. Le test de 50 Millions de consommateurs va entraîner un retrait du marché des modèles déficients, une amélioration de la norme NF et un contrôle plus rigoureux des fabricants.

Décembre 1994. 50 Millions de consommateurs révèle que 800 établissements scolaires n'offrent pas une garantie suffisante en cas d'incendie. Plus de 300 auraient dû être fermés si la loi avait été respectée. Les lycées de type Pailleron construits dans les années soixante-dix sont particulièrement visés.

60 Millions de consommateurs[modifier | modifier le code]

Décembre 1995. 50 Millions de consommateurs devient 60 Millions de consommateurs.

Septembre 1999. 60 Millions de consommateurs fait état d'une différence, dans les cigarettes, entre la teneur en goudrons et en nicotine telle qu'elle est calculée (selon la norme internationale ISO 3308 sur la méthode de fumage) et celle qui est affichée sur les paquets.

Février 2001. 60 Millions de consommateurs mesure le rayonnement de 24 téléphones portables et demande aux fabricants d'indiquer ce paramètre dans les notices.

Septembre 2001. À la veille du passage à la monnaie unique, le magazine publie une « liste noire des prix qui flambent » issue de son observatoire des prix : les « profiteurs de l'euro » ont dopé leurs prix avant le grand basculement.

En 2002, 60 Millions de consommateurs publie une liste de 36 produits alimentaires courants contaminés aux OGM, sur 103 analysés.

En 2004, le magazine consacre un dossier sur les maisons de retraite qui révèle que les directions départementales des affaires sanitaires et sociales (DDASS) ont abandonné, ou presque, les inspections, ouvrant la voie à des pratiques indignes. Des maisons épinglées par le magazine seront fermées par décision de justice ou de l’administration.

Avril 2006. À l'issue d'un test avec une machine à fumer, le magazine conclut que la fumée d'un joint de cannabis contient 7 fois plus de goudrons et de monoxyde de carbone que celle d'une cigarette[5].

Novembre 2007. Sur 100 contrats de syndics décryptés, 96 comportent des irrégularités.

Mars 2008. Une enquête révèle des hausses de produits alimentaires allant jusqu'à 48 %, que la hausse des matières premières ne peut justifier[6]. Suite à cette publication, le gouvernement lance s’engage à traquer les « abus » dans les prix en grandes surfaces[7].

En 2010, en raison de la baisse de ses ventes, 60 Millions de consommateurs enregistre un déficit de 150 000  [8]. En 2011, l'audit réalisé par le cabinet MBV & Associés suggère d’adosser le magazine au secteur privé[9]. Un comité de soutien a été mis en place par des lecteurs et des salariés de l'INC. Il vise à s'opposer au démantèlement de l'INC et à défendre le caractère public du journal, notamment au moyen d'une pétition[10].

Mars 2012. Le magazine dénonce des dépassements d'honoraires « indécents » à l'hôpital public : quelque 4500 praticiens hospitaliers sont autorisés à exercer, une partie de leur temps, une activité libérale au sein de l'hôpital public, et certains en profitent pour imposer des tarifs jusqu'à 12 fois supérieurs à ceux de l'Assurance maladie.

Avril 2013. « Difficile d'échapper aux polluants », titre 60 Millions de consommateurs, qui affirme avoir trouvé des traces de médicaments dans certaines eaux du robinet, mais aussi dans des eaux en bouteille.

Février 2016. Des tests révèlent la présence de résidus indésirables (dioxines…) dans des produits d’hygiène féminine (tampons et serviettes hygiéniques)[11]. Le gouvernement convoque les professionnels et saisit l’agence sanitaire (Anses)[12].

Janvier 2017. 60 millions de consommateurs révèle la présence de résidus de molécules toxiques (dioxines, glyphosate…) dans la majorité des marques de couches jetables pour bébé. L’agence de sécurité sanitaire (Anses) est saisie[13].

Août 2017. Des tests révèlent la présence de nanoparticules de dioxyde de titane dans de nombreux gâteaux ou confiseries[14].

Septembre 2018. Le magazine révèle un système de décompte des frais bancaires jugé « illégal » dans plusieurs grandes banques[15]. Il touche les clients dépassant leur découvert autorisé. Les révélations provoquent la réaction du ministre de l’Economie et le recul des banques concernées[16],[17].

Avril 2019. 60 millions de consommateurs alerte sur la présence persistante de nombreuses substances toxiques pour la santé et l’environnement dans les produits d’entretien de la maison[18]. Le magazine réclame la création d’un étiquetage simplifié sur le sujet, le Ménag’Score, sur le modèle du Nutri-Score existant pour les produits alimentaires[19].

Description[modifier | modifier le code]

Mensuels et Hors-séries[modifier | modifier le code]

60 Millions de consommateurs publie chaque année 11 mensuels et 8 hors-séries. Ces magazines traitent l’ensemble des secteurs de la consommation. Les mensuels comportent diverses rubriques comme l’alimentation et la santé, l’équipement et les loisirs, l’argent et le logement. Les hors-séries permettent quant à eux de traiter à chaque numéro un sujet précis. Par exemple, Le meilleur du bio (n° 199 - juillet 2019) permettait de comparer un panel de produits bio suivant des critères qualitatifs. Maison saine, (n° 128s - mai 2019) donne quant à lui des conseils pour entretenir sa maison en évitant d’utiliser des produits nocifs.

Produits d'édition[modifier | modifier le code]

Hormis la publication de magazines, 60 Millions de consommateurs édite ou co-édite également des ouvrages pour accompagner le consommateur comme Vos droits au quotidien, guide pratique ou encore 160 lettres pour régler vos litiges.

Outils[modifier | modifier le code]

« DébiTest 60 »[modifier | modifier le code]

Cet outil, développé par 60 Millions de consommateurs, permet de tester la qualité du réseau Internet aussi bien avec une connexion Wifi, ADSL, fibre optique ou 4G. Il peut ainsi être utilisé avec un ordinateur ou un smartphone. La géolocalisation permet de comparer les résultats avec les données de la communauté d’utilisateurs.

« Nutri-Score »[modifier | modifier le code]

Sur le site de 60 Millions de consommateurs, il est également possible, grâce à un module interactif, de calculer en ligne le Nutri-Score[20]. Cette notation s’applique à la plupart des aliments et permet de connaître rapidement la qualité nutritionnelle du produit. Bien qu’il soit déjà affiché sur certains emballages, des erreurs ont déjà été repérées, d’où l’utilisation de cet outil garantissant des données fiables.

« Rappel de produits »[modifier | modifier le code]

Afin que les consommateurs puissent être le plus informés possible quant aux risques pouvant être encourus après l’achats de certains produits, le magazine a créé sur son site une rubrique « Rappel de de produits »[21]. Elle répertorie donc les rappels de produits, aussi bien alimentaires, électroménagers ou encore électroniques. Face au manque de communication sur ce sujet, il existe également un compte Twitter dédié permettant d’être alerté en temps réel[22].

Essais comparatifs[modifier | modifier le code]

Tous les tests de produits réalisés par le centre d’essais comparatifs répondent à des cahiers des charges complets, définis par les ingénieurs de l’INC, qui s’appuient sur la norme des essais comparatifs NF X 50-005. Ces essais ont pour but de comparer objectivement les produits et, le cas échéant, de révéler les risques pour la santé ou la sécurité. Ces produits sont tous achetés anonymement.

Polémique[modifier | modifier le code]

À l'été 2013, une polémique éclate à la suite de la publication d'une étude sur la cigarette électronique. Le manque de fondement scientifique de celle-ci est dénoncé par des utilisateurs (par la voix[23] de l'Aiduce) et par des spécialistes. Ceux-ci remettent en cause le protocole utilisé[24] et l'exploitation statistique des données, allant jusqu'à parler d' « invention de nouvelles lois mathématiques »[25]. Pour d'autres, cette polémique révèle également des liens d'intérêts entre 60 Millions de consommateurs et le Ministère des Finances, qui perçoit les taxes sur les ventes de tabac[26].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Article R. 531-2 du code de la consommation.
  2. http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006069565&idArticle=LEGIARTI000006293207&dateTexte=&categorieLien=cid
  3. « « 50 Millions » : la naissance d’un journal pas comme les autres », sur www.60millions-mag.com, (consulté le 12 août 2019)
  4. « Les grandes dates de la consommation… et de « 60 Millions » », sur www.60millions-mag.com, (consulté le 12 août 2019)
  5. « Fumer trois joints équivaut à un paquet de cigarettes en termes de toxicité, selon des tests de 60 millions de consommateurs », sur www.apmnews.com, (consulté le 12 août 2019)
  6. « La hausse des prix des matières premières n'en finit pas...de faire débat », sur www.lsa-conso.fr, (consulté le 12 août 2019)
  7. « François Fillon contre la flambée des prix », sur www1.rfi.fr, (consulté le 12 août 2019)
  8. « « 60 Millions de consommateurs, émoi émoi émoi » (article de Catherine Maussion) », Libération (journal), (consulté le 19 septembre 2012)
  9. « Qui veut faire flamber 60 Millions ? », L'Humanité, (consulté le 19 septembre 2012)
  10. « Comité de soutien à « 60 Millions de consommateurs » », (consulté le 19 septembre 2012)
  11. « Tampons et protections féminines : une réglementation s’impose ! », sur www.60millions-mag.com, (consulté le 12 août 2019)
  12. « Martine PINVILLE réunit les fabricants et distributeurs de produits de protection féminine afin de renforcer l’information des consommatrices et répondre aux interrogations sur la sécurité de ces produits », (consulté le 12 août 2019)
  13. « La ministre de l’environnement saisit l’Anses sur les substances toxiques dans des couches pour bébés », sur www.lemonde.fr, (consulté le 12 août 2019)
  14. « Les nanoparticules dans les sucreries et les gâteaux inquiètent « 60 Millions de consommateurs » », sur www.lemonde.fr, (consulté le 12 août 2019)
  15. « Découverts bancaires : et maintenant, des frais illégaux ! », sur www.60millions-mag.com, (consulté le 12 août 2019)
  16. « Réaction de Bruno Le Maire au dossier de 60 millions de consommateurs sur les frais de découvert bancaire », (consulté le 8 août 2019)
  17. « Frais d'incidents bancaires : la Caisse d'Epargne fait machine arrière », (consulté le 12 août 2019)
  18. « Produits ménagers nocifs : un nouvel étiquetage s’impose », sur www.60millions-mag.com, (consulté le 9 août 2019)
  19. « "60 Millions de consommateurs" réclame un "Menag'score" pour aider les consommateurs à choisir des produits ménagers moins nocifs », sur www.francetvinfo.fr, (consulté le 12 août 2019)
  20. « Vos aliments préférés sont-ils sains ? Calculez leur Nutri-Score », sur www.60millions-mag.com, (consulté le 12 août 2019)
  21. « Rappel », sur www.60millions-mag.com (consulté le 12 août 2019)
  22. « Rappels de produits : un pas vers plus de transparence ? », sur www.60millions-mag.com, (consulté le 12 août 2019)
  23. « AIDUCE demande des comptes à 60 millions de consommateurs • AIDUCE », sur AIDUCE (consulté le 12 septembre 2015)
  24. « Le protocole de 60 millions de consommateurs », Mod in France, 27 août 2013 (consulté le 16 mai 2014).
  25. « 60 Millions de consommateurs: inventing new laws in mathematics, having no idea about e-cigarettes », Dr Farsalinos, 13 septembre 2013 (consulté le 16 mai 2014).
  26. « La cigarette électronique est utile et n'est pas dangereuse », Dr Dominique Dupagne, 27 août 2013 (consulté le 16 mai 2014).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]