Arris

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Arris
Vue sur l'un des ponts de la ville d'Arris
Vue sur l'un des ponts de la ville d'Arris
Noms
Nom algérien أريس
Nom amazigh ⴰⵔⵔⵉⵙ
Administration
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Région Aurès
Wilaya Batna
Daïra Arris
Président de l'APC Abdelhamid Benboulaid[réf. nécessaire]
2007-2012
Code postal 05200
Code ONS 0516
Indicatif 033
Démographie
Gentilé Arrissois
Population 30 207 hab. (2008[1])
Densité 199 hab./km2
Géographie
Coordonnées 35° 33′ N 6° 10′ E / 35.55, 6.1735° 33′ Nord 6° 10′ Est / 35.55, 6.17  
Altitude Min. 900 m – Max. 1 100 m
Superficie 152 km2
Divers
Saint patron Fatma Tazoughert
Localisation
Localisation de la commune dans la wilaya de Batna.
Localisation de la commune dans la wilaya de Batna.

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Arris

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Arris

Arris est une commune de la wilaya de Batna en Algérie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Le territoire de la commune d'Arris est situé au sud-est de la wilaya de Batna.

Communes limitrophes d’Arris
Oued Taga Oued Taga Foum Toub
Teniet El Abed Arris Ichmoul
Teniet El Abed Tighanimine Ichmoul

Localités de la commune[modifier | modifier le code]

La commune d'Arris est composée de 15 localités[2] :

  • Afra
  • Ahmed
  • Anza
  • Aourdaddim
  • Arris
  • Bouyeghiel
  • El Hamra
  • Khenguet Zerouala
  • Khenguet Zidane
  • Laraddam
  • Merj Hamed
  • Ras Draa
  • T'Zaouket
  • Tamayoult
  • Tibhirine[3]

Géographie physique[modifier | modifier le code]

La ville d'Arris se trouve à une altitude de 1100 m dans la haute vallée de l'oued El Abiod, entre le Djebel Zellatou à l'est, le Djebel Ichmoul au nord (col d'Aïn Tinn[4] à 1800 m) et le Djebel El Azreg à l'ouest.

Géographie humaine[modifier | modifier le code]

Arris est reliée à Biskra et Batna par la route nationale 31, qui passe par le col d'Aïn Tinn ; une route secondaire[5] relie Arris à Baali dans la vallée de l'oued Abdi.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Arris signifie « terres blanches » ou « lionceau » en berbère des Aurès (dialecte chaoui).

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

La ville est très ancienne. Arris était un chef-lieu des Gétules (Zénète)s Berbères[6] qui se sont soulevés contre Rome. À l'époque, les historiens les appelaient les Maures. Il s'agit d'une population qui était établie dans la région depuis longtemps[7]. On sait maintenant que les Gétules, au départ, étaient concentrés dans l'ancienne Libye et après ils se sont multipliés[évasif]. On trouve deux catégories de populations, les romanisés (citoyens romains) et les non romanisés (rebelle ou maures[8] ou peuple barbares). Les recherches nous révèlent l'importance des inscriptions trouvées à Arris[9]. Ces inscriptions datent d'entre le dernier quart du Ve siècle et le début du deuxième tiers du VIe siècle.

Masties était le chef des Aurès. Dans l'inscription découverte à Arris, il mentionne sa foi chrétienne et se proclame « empereur » des maures et des romains de la région[10].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

L'apparition des Vandales dans la région a été attestée par les historiens, mais Masties s'était libéré de leur domination et le monument érigé par Vartaia rend hommage à la mémoire de feu Masties, « inflexiblement fidèle à l'idée romaine et aux formes du gouvernement impérial », selon Jérôme Carcopino[11].

Parmi les autres princes et chefs des Aurès, Tacfarinas était une chef rebelle. Cousina était un chef rebelle, il avait une mère romaine au VIe siècle, vers 533 à 563, d'après Corripus[12]. Les deux figures historiques de la région des Aurès au début de la conquête de l'Afrique du Nord par l'islam sont Koceila des Aurébas et la reine des Djerawas Dihiya, dite la Kahina[13].

Période de la colonisation française[modifier | modifier le code]

Le 18 décembre 1886[14], est créée la commune mixte de l'Aurès (arrondissement de Batna, département de Constantine), qui a pour chef-lieu Arris.

Arris est donc la résidence de l'administrateur principal, assisté de deux adjoints, d'un secrétaire et de commis (notamment des messagers). Cette commune mixte est divisée en douars, chacun sous la responsabilité d'un « adjoint indigène » (« caïd » à partir de 1919). En 1936, la commune mixte de l'Aurès comporte quatorze douars et un « centre de colonisation » (Foum Toub).

L'ethnologue Germaine Tillion, qui a longuement séjourné dans l'Aurès de 1934 à 1940, évoque Arris dans les années 1930 dans ses livres sur l'Aurès[15] : reliée à Batna par une route où circule un autobus régulier, la ville dispose d'un dispensaire et d'une école primaire, mais d'aucun commerce. Elle est reliée à Biskra par une piste carrossable[16]. La brigade de gendarmerie d'Arris est forte de six hommes, pour une population de 60 000 habitants dans l'Aurès.

La guerre d'Algérie[modifier | modifier le code]

Un des neuf fondateurs du Front de libération nationale (octobre 1954), Mostefa Ben Boulaïd, est issu d'une famille notable d'Arris. Militant du PPA, puis du MTLD, il est responsable de la zone de l'Aurès[17] d'octobre 1954 à sa mort en mars 1956 ; son successeur immédiat est son frère, Omar Ben Boulaïd.

Le 1° novembre 1954, jour de la Toussaint rouge, les insurgés réussissent à isoler Arris pendant plusieurs heures[18].

Le 28 juin 1956, lors de la réorganisation administrative de l'Algérie par le gouvernement français, Batna devient une préfecture et Arris une sous-préfecture ; plusieurs douars deviennent des communes : Bouzina, Chir, Kimmel, M'chouneche, Menaa, Oulach, Tadjemout et Tighanimine[19].

La période de l'indépendance[modifier | modifier le code]

Les communes d'Arris et de Tighanimine forment la daïra d'Arris, une des 21 daïras de la wilaya de Batna.

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution démographique depuis 1966[modifier | modifier le code]

Population de la commune de Arris de 1966 à 2008[20].
1966 1977 1984 1998 2008
10 699 14 996 18 000 24 607 30 207

Vie quotidienne[modifier | modifier le code]

Sports[modifier | modifier le code]

Chaque année, le semi marathon Chahid Mostefa Benboulaïd se déroule dans la ville. Il est à sa 7e édition en 2009[21].

Personnalités[modifier | modifier le code]

  • Mostefa Ben Boulaïd (1917-1956), un des fondateurs du Front de libération nationale, est né à Arris

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Wilaya de Batna : répartition de la population résidente des ménages ordinaires et collectifs, selon la commune de résidence et la dispersion ». Données du recensement général de la population et de l'habitat de 2008 sur le site de l'ONS.
  2. Journal officiel de la République Algérienne, 19 décembre 1984. Décret n° 84-365, fixant la composition, la consistance et les limites territoriale des communes. Wilaya de Batna, p. 1479.
  3. Sans relation avec les « moines de Tibhirine ».
  4. Cf. Le col d'Aïn Tinne.
  5. Nommée « route de Bali » par Google Maps.
  6. Recueil des notices et mémoires de la Société archéologique de la province de Constantine - Google Livres. La Capsa anciennela Gafsa moderne, de Pierre Bodereau
  7. Anne-Marie Flambard Hérich, Les Lieux de pouvoir au Moyen Âge en Normandie et sur ses marges.
  8. Identité et ethnicité : concepts, débats historiographiques, exemples, disponible sur Google Livres
  9. Cf. [1]
  10. Jérôme Carcopino et Louis Leschi, « Inscription d'Arris (Aurès) en l'honneur de Masties », Comptes-rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 88e année, n° 1, 1944, pp. 13-14, disponible en ligne sur Persée.
  11. « Inscription d'Arris... »
  12. Cf. Identité et ethnicité: concepts ... et Anne-Marie Flambard Hérich, Les Lieux de pouvoir ....
  13. Ibn Khaldoun, Histoire des Berbères.
  14. Cf. Fonds Arris (ANOM)
  15. Il était une fois l'ethnographie et L'Algérie aurésienne.
  16. « L'Aurès en 1934 », carte, dans L'Algérie aurésienne, p. 5
  17. Intégrée dans la « Wilaya I » à partir d'août 1956.
  18. Droz, 1982, p. 60.
  19. Cf. Fonds Arris (ANOM).
  20. Philippe Thiriez, en flanant dans les Aures, chap. 3 (« Batna »), p. 47
  21. . 7e Semi-marathon « Mostefa Benboulaïd » d’Arris

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Fonds Arris aux Archives nationales d'Outre-Mer (ANOM), Aix-en-Provence

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bernard Droz et Evelyne Lever, Histoire de la guerre d'Algérie 1954-1962, Paris, Le Seuil, coll. « Points »
  • Germaine Tillion, Il était une fois l'ethnographie, Paris, Seuil, 2000, pp. 20 à 30
  • Germaine Tillion, L'Algérie aurésienne, Paris, La Martinière, 2005 (carte de l'Aurès en 1934 ; photographies)

Articles connexes[modifier | modifier le code]