Écritures mongoles

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différentes écritures mongoles sur le chapitre d'un temple.

Le terme écriture mongole peut faire référence à plusieurs types d'écriture utilisés au cours des siècles pour transcrire les langues mongoles, dont le Khalkha, langue vernaculaire.

Actuellement coexistent plusieurs types d'écriture dans les régions de langue mongole[1] :

  • L'écriture mongole ancienne, appelée en Mongol ; « Mongol bitchig » utilisée principalement en Mongolie-intérieure et plus modestement en Mongolie, inspiré par l'alphabet syriaque, et qui a le statut d'écriture officielle en Mongolie depuis 1990 ;
  • l'écriture mongole plus récente, utilisée pour l'oïrate littéraire, dite « todo bichig » ;
  • l'alphabet mongol cyrillique en usage depuis la fin des années 1930, en Mongolie et qui est une forme modifiée de l'alphabet cyrillique. Même s'il n'est plus officiel, cet alphabet reste le plus utilisé de nos jours en Mongolie.
  • D'autres écritures qui furent utilisées dans l'histoire des peuples mongols puis abandonnés, comme le « ’Phags pa » ou le « Soyombo »

Cyrillique[modifier | modifier le code]

Le mot « Mongolie » en écriture cyrillique

L'alphabet mongol le plus récent est une forme légèrement modifiée de l'alphabet cyrillique. L'alphabet est phonémique : il possède un haut niveau de cohérence dans la représentation des sons individuels. Il fut introduit dès 1937 à la suite de la révolution communiste en Mongolie (sous la pression des soviétiques) et fut en usage officiel de 1941 à 1990. Même après la chute du régime marxiste, est encore très utilisé de nos jours (selon le linguiste Jacques Leclerc, l'alphabet cyrillique risque même de supplanter définitivement l'écriture traditionnelle)[1].

Cyrillique API Cyrillique API Cyrillique API Cyrillique API
А а a И и i П п , pʰʲ Ч ч t͡ʃʰ
Б б p, Й й j Р р r, Ш ш ʃ
В в w, К к k, С с s Щ щ st͡ʃ
Г г ɡ, ɡʲ, ɢ Л л ɮ, ɮʲ Т т , tʰʲ Ы ы i
Д д t, М м m, У у ʊ Ь ь ʲ
Е е je Н н n, Ү ү y Э э e
Ё ё О о ɔ Ф ф f Ю ю
Ж ж t͡ʃ Ө ө œ Х х x, Я я ja
З з t͡s Ц ц t͡sʰ

Ү et Ө sont parfois écrits V et Є, principalement sur des claviers et des logiciels russes qui ne les possèdent pas.

Mongol bitchig[modifier | modifier le code]

mongol bitchig
Article détaillé : mongol bitchig.

Le « Mongol bichig » (en mongol : ᠮᠣᠩᠭᠣᠯ ᠪᠢᠴᠢᠭ, en Mongol cyrillique : Монгол бичиг ; en Mongol en latin : Mongol bitchig) est l'écriture mongole traditionnelle. Vers 1204, Gengis Khan bat les Naimans et capture Tata Tonga (chinois : 塔塔統阿 ; pinyin : tǎtǎtǒng'ā), un scribe ouïghour, qui adapte l'abjad ouïghour, un descendant de l'alphabet syriaque via l'alphabet sogdien. Elle est également nommé en Oïrate, « Hudum bitchig », hudum signifiant traditionnel par opposition à « todo bitchig », todo signifiant exact. Elle est également nommé en Oïrate, « Hudum bitchig », hudum signifiant traditionnel par opposition à « todo bitchig », todo signifiant exact.

La caractéristique principale de cette écriture est sa direction verticale ; il s'agit d'ailleurs de la seule écriture verticale à être écrite de gauche à droite. L'alphabet comporte 35 lettres, 8 voyelles et 27 consonnes. Tout comme l'alphabet syriaque, les lettres de l'alphabet mongol possèdent au plus trois formes suivant leur position dans un mot :

  • initiale ou isolée, en début de mot ou citée individuellement ;
  • médiane, à l'intérieur d'un mot ;
  • finale, en fin de mot.

Mis à part quelques modifications mineures, de nos jours, il est surtout utilisé en Mongolie-Intérieure, où elle est utilisée par 6 millions de personnes, et depuis 1991 est une écriture officielle en Mongolie, où elle est encore utilisée par 3 millions de personnes[2].

Cette écriture fut officiellement remplacée en 1941 par un dérivé de l'alphabet cyrillique en Mongolie, cette nouvelle écriture mit une dizaine d'années avant de s'imposer. En 1990, la graphie ancienne fit l'objet d'incitations du gouvernement pour en faire la graphie officielle. Son enseignement est depuis rendu, et reste obligatoire dans les écoles, mais la tentative ne fut pas suivie d'effets. Aujourd'hui le cyrillique est la graphie majoritairement utilisé, bien que certaines enseignes utilisent l'ancienne écriture à des fins artistiques ou publicitaires[3]. En Chine, la langue evenki utilise également cette écriture.

  • Note : pour un affichage correct du mongol dans Firefox, allez à l'URL about:config, modifier la valeur gfx.font_rendering.harfbuzz.scripts de -1 à 87.

’Phags pa[modifier | modifier le code]

Écriture 'phags pa et traduction en hanzi
Article détaillé : ’phags pa.

L'alphabet mongol traditionnel n'est pas totalement adapté à la langue mongole[réf. nécessaire] et il ne peut pas être étendu simplement à une langue possédant une phonologie radicalement différente[Quoi ?] comme le chinois. En conséquence, pendant la dynastie Yuan, Kubilai Khan demanda à un moine tibétain, Drogön Chögyal Phagpa, de créer un nouvel alphabet pour tout l'empire. Il étendit l'alphasyllabaire tibétain afin de prendre en compte le mongol et le chinois.

L'écriture résultante fut principalement utilisée pour l'imprimerie, elle était sur les billets de banque par exemple, et tomba en désuétude à la fin de la dynastie Yuan en 1368.

L'alphasyllabaire coréenne hangeul est dérivée de cet écriture.

Todo bitchig[modifier | modifier le code]

Manuscrit Oïrat du XIXe siècle en écriture claire
Article détaillé : todo bitchig.

L'écriture claire, également appelée écriture claire Oïrate, Todo bitchig (Тодо бичиг, todo bitchig) ou plus simplement Todo est une écriture crée par le moine bouddhiste Oïrat Dalaï Zaya Pandita Oktorguin pour l'Oïrate littéraire. Il est basé sur le écriture mongole traditionnelle Hudum, avec l'objectif de distinguer tous les son de la langue orale et de rendre plus facile la transcription du Tibétain et du Sanskrit.

Soyombo[modifier | modifier le code]

ensemble des caractères de l'alphasyllabaire Soyombo
Article détaillé : Écriture soyombo.

L'écriture soyombo (en mongol cyrillique : Соёмбо бичиг ; mongol en latin : soyombo bichig) est un alphasyllabaire développé par Öndör Gegeen Zanabazar (alors Jebtsundamba Khutuktu, chef spirituel du bouddhisme tantrique des Khalkhas en Mongolie extérieure) en 1686 pour écrire le mongol, dérivé de l'écriture népalaise Lanydza. Il peut aussi être utilisé pour écrire le tibétain et le sanskrit.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Le mongol sur le L'aménagement linguistique dans le monde
  2. (en) « Mongol Bichig, or why Microsoft Internet Explorer is better than Firefox, Chrome and Opera » (consulté le 1er juin 1014)
  3. Mongol Bichig


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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