Alphabet araméen

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Alphabet araméen
Image illustrative de l'article Alphabet araméen
Inscription bilingue en grec et araméen à Kandahar, Afghanistan, sous le règne de l'empereur maurya Ashoka (IIIe siècle av. J.-C.).
Caractéristiques
Type Abjad
Langue(s) Araméen, hébreu, syriaque, mandéen
Direction Caractères de droite à gauche, lignes de haut en bas
Historique
Époque IXe siècle av. J.-C. au VIIe siècle
Système(s) parent(s) Hiéroglyphes égyptiens

 Protosinaïtique ?
  Phénicien
   Alphabet araméen

Système(s) dérivé(s)
Codage
Unicode U+10840 à U+1085F
ISO 15924 Armi

L'alphabet araméen est un ancien alphabet consonantique.

Cet alphabet est historiquement important car quasiment tous les alphabets moyen-orientaux modernes en descendent, ainsi que de nombreuses écritures non-chinoises d'Asie du centre et de l'Est, du fait de l'usage répandu de l'araméen comme lingua franca et langue officielle de l'Empire neo-assyrien et son successeur, l'Empire achéménide. Parmi les écritures contemporaines, l'Alphabet hébreu est le plus proche de l'alphabet araméen impérial du Ve siècle av. J.-C., comportant les mêmes lettres et, pour la majeure partie, des formes identiques.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Propriétés[modifier | modifier le code]

L'alphabet araméen est un alphabet consonantique: ses graphèmes ne servent à noter que les consonnes, les voyelles n'étant pas indiquées. Il est écrit de droite à gauche.

Graphèmes[modifier | modifier le code]

Le tableau suivant donne les formes des graphèmes de l'alphabet araméen impérial, utilisé au Ve siècle av. J.-C.[1].

Lettre Unicode Nom Valeur Correspondances
Hébreu arabe Syriaque Brahmi Nabatéen Kharosthi
Aleph.svg U+010840 Ālaph [ʔ], [], [] א ا ܐ Brahmi a.svg 01 aleph.svg Kharosthi a.svg
Beth.svg U+010841 Bēth [b], [v] ב ܒ Brahmi b.svg 02 bet.svg Kharosthi b.svg
Gimel.svg U+010842 Gāmal [ɡ], [ɣ] ג ܓ Brahmi g.svg 03 gimel.svg Kharosthi g.svg
Daleth.svg U+010843 Dālath [d], [ð] ד د, ذ ܕ Brahmi dh.svg 04 dal.svg Kharosthi dh.svg
He0.svg U+010844 [h] ה ܗ 05 ha.svg
Waw.svg U+010845 Waw [w], [], [] ו و ܘ Brahmi v.svg 06 waw.svg Kharosthi v.svg
Zayin.svg U+010846 Zain [z] ז ز ܙ 07 zayn.svg
Heth.svg U+010847 Ḥēth [ħ] ח , ܚ 08 ha.svg
Teth.svg U+010848 Ṭēth [] ט ط ܛ Brahmi th.svg 09 taa.svg Kharosthi th.svg
Yod.svg U+010849 Yudh [j], [], [] י ܝ Brahmi y.svg 10 yaa.svg Kharosthi y.svg
Kaph.svg U+01084A Kāph [k], [x] כ, ך ك ܟ, ܟ Brahmi k.svg 11 kaf.svg Kharosthi k.svg
Lamed.svg U+01084B Lāmadh [l] ל ܠ Brahmi l.svg 12 lam.svg Kharosthi l.svg
Mem.svg U+01084C Mim [m] מ, ם ܡ, ܡ Brahmi m.svg 13 meem.svg Kharosthi m.svg
Nun.svg U+01084D Nun [n] נ, ן ن ܢ Brahmi n.svg 14 noon.svg Kharosthi n.svg
Samekh.svg U+01084E Semkath [s] ס ܣ Brahmi sh.svg 15 sin.svg Kharosthi sh.svg
Ayin.svg U+01084F ʿĒ [ʕ] ע , ܥ 16 ein.svg
Pe0.svg U+010850 [p], [f] פ, ף ܦ Brahmi p.svg 17 fa.svg Kharosthi p.svg
Sade 1.svg, Sade 2.svg U+010851 Ṣādhē [] צ, ץ ܨ Brahmi s.svg 18 sad.svg Kharosthi s.svg
Qoph.svg U+010852 Qof (lettre) [q] ק ܩ Brahmi kh.svg 19 qaf.svg Kharosthi kh.svg
Resh.svg U+010853 Rēsh [r] ר ر ܪ Brahmi r.svg 20 ra.svg Kharosthi r.svg
Shin.svg U+010854 Shin [ʃ] ש , ܫ Brahmi ss.svg 21 shin.svg Kharosthi ss.svg
Taw.svg U+010855 Tau [t], [θ] ת , ܬ Brahmi t.svg 22 ta.svg Kharosthi t.svg

Matres lectionis[modifier | modifier le code]

Les lettres waw, 𐡅, et yudh, 𐡉, placées derrière des consonnes suivies des voyelles « u » et « i » (et souvent « o » et « e ») sont utilisées pour indiquer les voyelles longues « û » et « î » (ainsi que, s ouvent, « ô » et « ê »). Ces lettres, qui indiquent à la fois un son consonne et un son voyelle, sont nommées matres lectionis. De même, la lettre ālaph, 𐡀, a certaines caractéristiques d'une mater lectionis : en position initiale, elle indique une consonne suivie d'une voyelle, le coup de glotte ; au milieu et en fin de mot, elle indique souvent la voyelle longue « â » ou « ê ». Parmi les Juifs, l'influence de l'hébreu a souvent conduit à utiliser à la place d'ālaph en position finale.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Les premières inscriptions en araméen font usage de l'alphabet phénicien. L'alphabet araméen se développe à partir de celui-ci au cours du temps. L'araméen devient lingua franca du Moyen-Orient, son écriture complémentant tout d'abord le cunéiforme, puis le remplaçant comme système prédominant.

Période achéménide[modifier | modifier le code]

Vers 500 av. J.-C., à la suite des conquêtes achéménides de la Mésopotamie sous Darius Ier, le vieil araméen (en) est adopté par les conquérants comme véhicule de communication écrite entre les différentes régions de l'empire[2]. L'araméen impérial est très standardisé ; son orthographe est basée plus sur des racines historiques que sur un quelconque dialecte et il est inévitablement influencé par le vieux-perse.

Pendant des siècles après la chute de l'empire achéménide en 331 av. J.-C., l'araméen impérial — ou une version suffisamment proche pour rester reconnaissable — exerce une influence sur les différentes langues iraniennes indigènes. l'alphabet araméen donne ses caractéristiques essentielles à l'écriture pehlevi[3].

Un ensemble de trente documents araméens de Bactriane sur cuir, récemment découverts et dont l'analyse est publiée en 2006, rendent compte de l'usage de l'araméen dans l'administration achéménide de Bactriane et de Sogdiane au IVe siècle av. J.-C.[4].

L'usage répandu de l'alphabet araméen conduit à son adoption progressive pour écrire l'hébreu. Avant cette adoption, l'hébreu est écrit en alphabet paléo-hébraïque, un système d'écriture plus proche de l'alphabet phénicien.

Écritures dérivées[modifier | modifier le code]

L'évolution de l'alphabet araméen à partir du phénicien étant un processus graduel, la division des alphabets entre ceux qui dérivent directement du phénicien et ceux qui en dérivent via l'araméen est un peu artificielle. En général, les alphabets de la région méditerranéenne (Anatolie, Grèce, Italie) sont considérés comme dérivant du phénicien, adaptés vers le VIIIe siècle av. J.-C. ; ceux de l'Est (Levant, Perse, Asie centrale, Inde) sont considérés comme dérivant de l'araméen, adaptés vers le VIe siècle av. J.-C. à partir de l'alphabet araméen impérial de l'empire achéménide. Après la chute de celui-ci, l'unité de l'alphabet est perdue et il se diversifie en un certain nombre de cursives.

Les alphabets hébreu et nabatéen, tel qu'ils sont écrits lors de la Rome antique, ont peu changé stylistiquement par rapport à l'alphabet araméen impérial.

Une écriture Hébreu cursif (en) se développe dans les premiers siècles du Ier millénaire, mais elle reste restreinte à un statut de variante utilisée à côté de l'écriture non-cursive. Par contraste, la cursive se développant à partir de l'alphabet nabatéen à la même période devient le standard pour écrire l'arabe, donnant à terme l'alphabet arabe tel qu'écrit au début de l'expansion de l'islam.

Le développement de versions cursives de l'araméen conduit également à la création des alphabets syriaque, palmyrénien (en) et mandéen. Ces écritures forment la bases des alphabets d'Asie centrale, tels que les alphabets sogdien et Alphabet mongal (en).

Il a été suggéré que l'alphabet de l'Orkhon dériverait de l'alphabet araméen.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

À l'époque contemporaine, l'araméen biblique (en), les dialectes néo-araméens juifs et la langue araméenne du Talmud sont écrits avec l'alphabet hébreu. Le syriaque et les dialectes néo-araméens chrétiens font usage de l'alphabet syriaque. Le mandéen utilise l'alphabet mandéen.

Codage informatique[modifier | modifier le code]

L'alphabet araméen est ajouté au standard Unicode en octobre 2009, avec la publication de la version 5.2. Il occupe le bloc U+10840 à U+1085F, intitulé « Araméen impérial »[5]. Les 22 premiers caractères, de U+10840 à U+10855, concernent les lettres de l'alphabet ; U+10857 est le signe de section ; U+10858 à U+1085F sont des nombres (1, 2, 3, 10, 20, 100, 1 000 et 10 000. Le caractère U+10856 n'est pas utilisé.


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𐡟

Annexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Ryan Byrne, Encyclopaedia of Language and Linguistics, Elsevier,‎ 2006, « Middle Aramaic Scripts »
  • (en) Florian Coulmas, The Writing Systems of the World, Oxford, Wiley-Blackwell,‎ 1989 (ISBN 978-0631180289)
  • (en) Peter T. Daniels et William Bright, The World's Writing Systems, Oxford, OUP USA,‎ 1996 (ISBN 978-0195079937)
  • (en) Joshua Rudder, Learn to Write Aramaic: A Step-by-Step Approach to the Historical & Modern Scripts, CreateSpace Independent Publishing Platform,‎ 2011 (ISBN 978-1461021421)

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Franz Rosenthal, A Grammar of Biblical Aramaic, Oxford, Otto Harrassowitz Verlag,‎ 2006 (ISBN 978-3447052511)
  2. (en) Shaul Shaked, Encyclopedia Iranica, vol. 2, New York, Routledge & Kegan Paul,‎ 1987, « Aramaic », p. 251-252
  3. (de) Wilhelm Geiger et Ernst Kuhn, Grundriss der iranischen Philologie: Band I. Abteilung 1, Boston, Adamant,‎ 2002, p. 249ff
  4. (en) Joseph Naveh et Shaul Shaked, Ancient Aramaic Documents from Bactria, Oxford, Khalili Collections,‎ 2006 (ISBN 1-874780-74-9)
  5. (en) « Imperial Aramaic », Unicode