Rois et Reine
Rois et Reine
Léda et le Cygne par Le Corrège, 1532
| Réalisation | Arnaud Desplechin |
|---|---|
| Scénario | Arnaud Desplechin Roger Bohbot |
| Acteurs principaux | Emmanuelle Devos Mathieu Amalric Catherine Deneuve Maurice Garrel |
| Sociétés de production | Why Not Productions |
| Pays d’origine | |
| Genre | Comédie dramatique |
| Sortie | 2004 |
| Durée | 150 minutes |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution
Rois et Reine est un film français réalisé par Arnaud Desplechin et sorti en France sur grand écran le 22 décembre 2004. Sixième long-métrage du réalisateur, Rois et Reine est une comédie dramatique, composée sous la forme d'un diptyque dépeignant deux personnages principaux, Nora et Ismaël, et ayant pour sujet le couple, le deuil, la question de la filiation et des liens de parenté. Ce film, appartenant au genre du cinéma d'auteur, constitue la pièce centrale d'une trilogie informelle du réalisateur constituée de Léo, en jouant « Dans la compagnie des hommes » (2004) et d'Un conte de Noël (2008).
Rois et Reine a été présenté en compétition officielle lors de la 61e Mostra de Venise. Il a reçu au total neuf récompenses majeures dont le prix Louis-Delluc 2004 du meilleur film, quatre Étoiles d'or du cinéma français dans différentes catégories et le César du meilleur acteur 2005 pour Mathieu Amalric. Il constitue, à ce jour, l'un des plus grands succès du cinéaste auprès du public avec plus de 700 000 entrées au total en Europe.
Sommaire |
[modifier] Synopsis
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Mathieu Amalric (Ismaël) et Emmanuelle Devos (Nora), l'un des rois et la reine du film.
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Deux histoires parallèles, la vie de Nora Cotterelle, qui s'apprête à se marier avec un homme riche et lointain, Jean-Jacques, et l'internement dans un hôpital psychiatrique d'Ismaël Vuillard, se rejoignent lorsque Nora propose à Ismaël d'adopter son fils unique d'une dizaine d'années, Élias. Celui-ci est né après le suicide de son père, Pierre Cotterelle, un soir de dispute avec Nora. Pour permettre la reconnaissance paternelle de l'enfant, Nora s'est battue contre l'administration pour célébrer par dérogation présidentielle un mariage posthume avec Pierre.
Ismaël, un musicien altiste fantasque et déprimé, est le deuxième compagnon de Nora. Ensemble, ils ont élevé pendant sept ans Élias, jusqu'à la séparation du couple à l'initiative de Nora. La proposition d'adoption vient au moment de l'annonce de la mort prochaine du père de Nora auquel elle était très attachée. Ismaël, alors criblé de dettes et hospitalisé sur injonction d'un tiers, hésite sur la proposition de Nora. Aidé de son ami avocat, maître Mamanne, et de son médecin-psychiatre, le docteur Vasset, il réussit à se faire passer pour irresponsable pénal des dettes qu'il a contractées et finit par sortir de l'hôpital où toutefois il passait des jours agréables au contact de plus « fous » que lui. Sur les conseils de sa psychanalyste, le docteur Devereux, Ismaël décide de ne pas adopter Élias et s'en expliquera directement avec de lui. Encore instable mais aidé de sa famille qui vit à Roubaix, Ismaël, bien qu'évincé de son quatuor par son proche ami, réussit à reprendre pied dans sa vie grâce à Arielle, une jeune étudiante en chinois rencontrée à l'hôpital. Nora accompagne son père dans ses derniers instants et enfin en paix avec elle-même épouse Jean-Jacques.
[modifier] Distribution
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[modifier] Fiche technique
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[modifier] Projet et réalisation du film
[modifier] Genèse du film
Après Léo, en jouant « Dans la compagnie des hommes », film sur les luttes de pouvoir entre hommes, sorti en tout début d'année 2004 et conçu dans la même période[3], Arnaud Desplechin souhaite avec Rois et Reine réaliser une œuvre sur un personnage de femme tourmentée — une héroïne hitchcockienne[4] — thématique qui l'intéresse depuis longtemps et traitée à de multiples reprises par un réalisateur qu'il connait et admire tout particulièrement[5]. Pour cela, il écrit une œuvre en deux parties distinctes, deux histoires incarnées par deux personnages de natures opposées se faisant contrepoint, reliées entre elles par un enfant[6]. Pour la forme qu'il veut donner à son film-double, il explique s'être inspiré tout à la fois des mélodrames d'Alfred Hitchcock, en particulier pour le rôle féminin des rôles d'Ingrid Bergman dans Les Enchaînés (1946) et Les Amants du Capricorne (1949), de Joan Fontaine dans Rebecca (1940), ou de Tipi Hedren dans Pas de printemps pour Marnie (1964), et des comédies burlesques américaines de Mel Brooks ou Harold Lloyd pour le rôle masculin d'Ismaël[7],[6]. Une dernière source d'inspiration essentielle pour la composition du rôle Nora est le personnage homonyme de Nora Helmer de la pièce Une maison de poupée (1878) du dramaturge norvégien Henrik Ibsen[4] dont la « légèreté comme position morale » l'intéresse[6]. Le titre du film lui est inspiré par une poésie de l'ethnologue et écrivain Michel Leiris[4] :
« Rois sans arroi,
Reine sans arène,
Tour trouée,
Fou à lier,
Cavalier seul »
— Michel Leiris[8], Le Ruban autour du cou d'Olympia
À partir des premières notes d'intention centrées exclusivement sur les personnages de Nora et d'Élias, Arnaud Desplechin met deux ans pour écrire, en collaboration avec Roger Bohbot, le scénario du film[9]. Ensemble, ils appliquent à leur travail d'écriture la phrase de François Truffaut : « ne pas développer une idée dans une scène de quatre minutes, mais quatre idées dans une scène d'une minute », en décidant d'intriquer non pas une « histoire mélancolique mais un mélodrame pur » à une histoire ne développant pas « un sens de l'humour subtil mais des gags burlesques[10] ». Le scénario fini, il décide de retrouver une partie de « sa famille d'acteurs » pour tenir les rôles des principaux personnages. Mathieu Amalric constitue depuis ses premiers films une sorte alter ego cinématographique qu'il choisit ici pour la troisième fois. Il propose, par lettre, le rôle de Nora à Emmanuelle Devos qui le refuse dans un premier temps, en raison du décès récent de sa sœur et de son incapacité émotionnelle à jouer alors ce type de personnage confronté à la mort familiale. Valeria Bruni-Tedeschi est alors pressentie pour tenir le rôle[notes 1]. Ce n'est qu'un an plus tard, à quinze jours du début du tournage, qu'il la rappelle et réussit à lui faire accepter d'incarner Nora[11]. Pour la préparer au rôle, outre les lectures que Desplechin aime habituellement fournir à ses acteurs, il lui demande de visionner et de s'inspirer particulièrement du rôle et de la diction de Mary Burke tenu par Patricia Arquette dans À tombeau ouvert (1999) de Martin Scorcese ainsi que de celui de Gloria Swenson tenu Gena Rowlands dans Gloria (1980) de John Cassavetes[12]. Il retrouve également Hippolyte Girardot et Jean-Paul Roussillon qui avaient tourné dans son précédent film Léo, en jouant « Dans la compagnie des hommes » et propose un rôle secondaire à Catherine Deneuve, qui devient une nouvelle venue de marque dans l'univers de Desplechin.
[modifier] Tournage et montage
Le budget total de Rois et Reine est de 3 820 000 euros principalement financé par Why Not Productions dirigé par Pascal Caucheteux, l'un des principaux producteurs de films d'auteurs français, et la société Rhône-Alpes Cinéma qui promeut les tournages dans sa région ; Grenoble étant choisi comme seconde ville principale de déroulement de l'action. Arnaud Desplechin est un réalisateur qui ne tourne pratiquement pas en plateau — afin de se laisser la liberté de pouvoir changer radicalement de cadre et expérimenter plus largement ses scènes dans différents contextes grâce à de très nombreuses prises — permettant ainsi d'abaisser significativement le coût de ses films[13]. Parmi les lieux de tournage de Rois et Reine peuvent être cités[14] : à Paris et sa banlieue, le boulevard Saint-Germain où se trouve la galerie[notes 2] dont Nora est responsable et sur lequel commence le film dans une scène en hommage direct à celle d'ouverture de Diamants sur canapé, la gare de Lyon et la gare du Nord d'où partent les différents protagonistes[15], la rue de Paradis qui est le lieu de rencontre entre Ismaël et sa sœur, la station de métro Jaurès d'où Ismaël téléphone à Arielle[16], le musée de l'Homme au palais de Chaillot et ses abords où se tient l'ultime rencontre entre Ismaël et Élias[17], au pavillon « Île-de-France » de l'hôpital psychiatrique de Ville-Évrard à Neuilly-sur-Marne[18],[19] où est interné Ismaël ; à Grenoble l'hôpital Albert-Michallon où est hospitalisé le père de Nora, la gare et l'aéroport de la ville d'où Nora tente de regagner Paris, le temple protestant de la rue Hébert qui accueille la messe d'enterrement du père de Nora ; à Roubaix, la gare qui constitue un lieu de transit d'Ismaël et de sa famille[20]. Généralement Arnaud Desplechin ne donne sur le script du scénario aucune indication de jeu à ses acteurs, préférant les « saturer » d'informations et de conseils sur le plateau, afin de « désorienter les acteurs », lors de nombreuses prises où les dialogues sont joués sur différents tons et émotions parmi lesquels le réalisateur piochera ultérieurement au montage pour composer son film[21].
Arnaud Desplechin, avec son directeur de la photographie Éric Gautier, a filmé l'ensemble de Rois et Reine, à l'exception d'une scène, en format 35 mm - 2,35:1 c'est-à-dire en CinemaScope afin de se rapprocher un peu plus de l'apparence des films américains ayant servi de source d'inspiration. Seule la scène de lecture de la lettre posthume du père à sa fille fut tournée en vidéo format 4/3 afin de créer un grain particulier renforçant l'effet dramatique de la déclaration venue d'outre-tombe[10].
Le montage s'est effectué avec Laurence Briaud, ancienne assistante de François Gédigier, pour qui il s'agissait seulement du deuxième film de sa carrière en tant que chef-monteuse mais qui avait toutefois travaillé auparavant sur pratiquement tous les films de Desplechin[22]. Son approche du travail, qui a débuté seulement après la fin du tournage, dont elle n'avait pas vu les rushes auparavant, a consisté à appliquer la méthode du « best of », c'est-à-dire d'un montage bout à bout[notes 3] des meilleures prises de chaque scène (quitte à créer des faux-raccords), technique que seul Desplechin utilise dans le cinéma français[22]. Le travail a ensuite consisté à sélectionner les versions finales retenues, et, par la technique du « jump cut », à remodeler les habituels longs plans-séquences du style Desplechin par d'éventuels champs/contre-champs. Un exemple caractéristique de cette approche de montage est celui de la scène de téléphone entre Nora et sa sœur qui est composée de cinq prises composites, condensées à l'essentiel afin de créer un « effet de dilatation du temps » pour annoncer la mort du père[10]. Paradoxalement, le premier montage abouti de Rois et Reine était d'une durée plus courte que la version finale et, selon Laurence Briaud, « ne marchait pas » ; avec Desplechin, qui est toujours présent durant toute la durée du montage de ses films, ils décidèrent alors de rallonger le film à deux heures trente pour pleinement développer les personnages et équilibrer l'œuvre. Enfin, au mixage les intensités de voix de Mathieu Amalric ont été volontairement modulées au lieu d'être homogénéisées, ce qui est plutôt inhabituel, afin d'encore plus accentuer le caractère burlesque du personnage d'Ismaël[22].
[modifier] Musique du film et bande originale
| Rois et Reine | |
| Bande originale par des artistes variés | |
| Sortie | 30 août 2005 |
|---|---|
| Genre | Compilation |
| Label | Naïve Records |
Arnaud Desplechin, qui souhaitait initialement travailler avec Krishna Levy, fait appel à un jeune compositeur, Grégoire Hetzel[notes 4], pour composer la musique originale de son film[23]. Celui-ci étant déjà en grande partie monté et un certain nombre de musiques additionnelles très variées préalablement choisies, Grégoire Hetzel doit écrire dans l'urgence, en une douzaine de jours et un mois seulement avant la sortie du film, un canevas musical basé sur les notes d'intention du réalisateur, qui souhaitait un univers musical inspiré des œuvres de Georges Delerue, Bernard Herrmann, ou Maurice Ravel, pour illustrer principalement la dramaturgie de certaines scènes clés et fournir une homogénéité sonore de l'œuvre[23]. De surcroit, Hetzel crée à la demande de Desplechin une variation de style jazzy de Moon River d'Henry Mancini qui illustre spécifiquement le personnage de Nora, en rappel à celui joué par Audrey Hepburn dans Diamants sur canapé de Blake Edwards.
De plus, la bande musicale du film emprunte alternativement au répertoire de la musique classique, avec la Pavane pour une infante défunte de Maurice Ravel, Les Quatre Saisons de Vivaldi, ou la Passion selon saint Matthieu de Johann Sebastian Bach et à celui du hip-hop et de la musique electro avec l'utilisation de quatre titres de l'album Des friandises pour ta bouche de DJ Mehdi, Do U Remember ? de l'album Re-Entry de Marley Marl (musique sur laquelle Mathieu Amalric s'essaie au breakdance[24]), et That's My People du Suprême NTM[25]. Les chansons de hip-hop sont utilisées soit de manière totalement intégrée à l'histoire même du film, principalement dans les scènes où le personnage d'Ismaël écoute et danse cette musique, soit en tant que fonds sonores ajoutés à certains plans. Enfin, la troisième composante musicale appartient au domaine de la musique Klezmer, illustrant exclusivement les scènes où apparaît le personnage de l'avocat maître Mamanne, avec l'utilisation de morceaux du clarinettiste David Krakauer.
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Liste des titres de la bande originale du film
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[modifier] Analyse
[modifier] Personnages
- Ismaël. Fils d'Abel et Monique Vuillard, petits commerçants de Roubaix, et second d'une fratrie de quatre enfants, il devient altiste et joue dans un quatuor à cordes dont il est le leader. Ismaël a vécu durant sept ans avec Nora Cotterelle et son fils Élias, avant que le couple ne se sépare à l'initiative de cette dernière qui semblait insatisfaite par son côté exubérant. En apparence en détresse, suivant depuis des années une psychanalyse intense et infructueuse, Ismaël est interné sur l'injonction de sa sœur et d'un ami qui ont vu dans son comportement récent un risque pour lui-même. Criblé de dettes, il est défendu par son avocat, Me Mamanne, pour tenter de recouvrer les biens qui lui ont été confisqués par les services des impôts.
- Nora. Fille de Louis, veuve de Pierre, mère d'Élias, ex-compagne d'Ismaël et future femme du riche Jean-Jacques, Nora est une reine douce et exigeante envers les hommes qui l'entoure. En apparence équilibrée dans sa vie, elle fuit cependant les malheurs qui l'ont frappés et fait face à l'adversité en adoptant une position légère. À la mort soudaine de son père, elle se retrouve désemparée et angoissée pour son fils Élias. Elle propose à Ismaël de l'adopter car il est le seul que son enfant considère comme une figure tutélaire.
- Louis Jennsens. Père de deux filles, Nora et Chloé, qu'il a élevées seul après la mort de sa femme, c'est un professeur de littérature et un écrivain grenoblois. Louis semble avoir développé un amour excessif vis-à-vis de Nora qui fut sa fille préférée. Le vieil homme est frappé d'un cancer fulgurant et meurt en quelques jours, réussissant cependant à finir de corriger les épreuves de son dernier journal intime avant publication, intitulé « Cavalier seul ».
- Monique et Abel. Couple d'épiciers à Roubaix, ils sont les patriarches d'une famille complexe. Abel a été adopté enfant par sa mère et lui-même et sa femme se proposent d'adopter, en plus de leurs quatre enfants naturels (Élizabeth, Ismaël, et les jumeaux Delphine et Fidèle), un neveu, Simon, qui a grandi au sein de la famille. Abel semble par ailleurs cultiver des jardins secrets et vivre une vie littéraire intense, citant au débotté Apollinaire.
- Élizabeth. Sœur aînée d'Ismaël, envers lequel elle semble avoir développée une relation conflictuelle, c'est elle qui participe à son hospitalisation forcée. Peintre sur porcelaine et dessinatrice, elle vit seule avec Nicolas.
- Élias. Fils de Nora et de Pierre Cotterelle, Élias n'a jamais connu son père qui s'est suicidé avant sa naissance. Il a grandit auprès d'Ismaël qui lui fut une figure paternelle, tout comme son grand-père Louis duquel il est très proche. Élias a été perturbé par la séparation de Nora et d'Ismaël et refuse de se lier au nouveau compagnon de sa mère. La mort de son grand-père va un peu plus déstabiliser son équilibre et pousser Nora à demander à Ismaël d'officiellement l'adopter. Ce dernier, hésitant, finira par expliquer à l'enfant les raisons de son refus et la nature du lien qui désormais les unit.
- Arielle. Étudiante en chinois peu motivée, elle est internée à de multiples reprises pour tentatives de suicides. C'est lors de l'une de ces hospitalisations qu'elle fait connaissance d'Ismaël et tombe amoureuse de lui.
[modifier] Thèmes
Le scénario alterne scènes tragiques et scènes burlesques. Certaines scènes sont volontairement oniriques, comme la visitation fantomatique en rêve de Pierre Coterelle, l'ex-mari de Nora, ou la lettre de son père de Nora. Ainsi, l'inconscient n'est pas refoulé, la potentialité se retrouve au centre de la construction du scénario.
L'attitude toujours retenue et à la limite de la perfection de Nora aboutit à un emportement de haine post-mortem de la part de son père, qu'elle ne peut supporter même physiquement. Toutefois, on pressent que sous cette attitude se cache une envie de vivre autre chose, le choix de ses deux premiers compagnons, marginaux, montre qu'elle aurait pu vivre une autre vie. Nora est une Léda mythique, visitée par un dieu qui lui a donné un Élie. Toutefois, contrairement aux apparences, Nora est le personnage du film le plus en souffrance[26].
Le film est une sorte de suite à Léo, en jouant « Dans la compagnie des hommes » (2003), dont il est le pendant, et Un conte de Noël (2008), dont il pourrait constituer un prélude. Ces trois films de Desplechin forment une trilogie informelle.
[modifier] Réception du film
[modifier] Présentations festivalières et sorties nationales
Rois et Reine est présenté lors de la 61e Mostra de Venise en septembre 2004 mais ne remporte aucun prix. Le film entame une série de présentations lors de festivals internationaux, notamment le 10 septembre au Festival international du film de Toronto et les 6 et 7 octobre 2004 au New York Film Festival[27]. Le film effectue sa sortie nationale française le 22 décembre 2004 puis des sorties dans les pays francophones au cours du premier trimestre 2005 avant de réaliser sa carrière européenne tout au long de l'année 2005 et 2006. La visibilité du film lors de la cérémonie des César, où il fut en compétition dans sept catégories et remporta le César du meilleur acteur, a permis au film de prolonger sa présence à l'affiche et d'augmenter un peu le nombre de copies (passant à 115), mais restant principalement dans le circuit des salles indépendantes[28].
Rois et Reine réalise 89 901 entrées et se situe à la douzième place durant sa première semaine d'exploitation dans 89 salles[29], avec un ratio de 1 010 entrées par écran, ce qui constitue un très bon démarrage pour ce type de film puisque à titre comparatif Ocean's Twelve sorti la semaine précédente se situe à la seconde place du classement de la semaine avec 700 309 entrées pour 789 écrans[29] soit un ratio de seulement 887 entrées/écran. 332 057 entrées cumulées seront atteintes le premier mois[30], avec un maximum de 125 copies utilisées en deuxième semaine, et 494 000 entrées atteintes à la fin du premier trimestre[28]. En définitive, le film a réalisé 646 962 entrées en France sur l'ensemble de sa période d'exploitation en salles et un total de 708 414 spectateurs en Europe, dont 22 793 entrées en Grande-Bretagne, 9 498 entrées en Suisse, et 7 075 entrées en Belgique[31]. Ces chiffres ont constitué un très bon résultat pour un film d'auteur et, à ce jour, le plus grand succès public en termes d'entrées cumulées pour Arnaud Desplechin, dépassant très légèrement les entrées d'Un conte de Noël sorti quatre ans plus tard[32].
Les résultats d'exploitation du film aux États-Unis, qui fut projeté initialement sur cinq écrans au niveau national (avec un pic fin juin d'une semaine sur neuf écrans), durant la période allant de mai à décembre 2005, sont d'un total de recettes de 289 592 $[33],[notes 5].
[modifier] Réception critique
La presse française dans son ensemble accueille Rois et Reine à sa sortie de manière très favorable et en fait une analyse précise. Pierre Murat, critique à Télérama, note l'utilisation de la « caméra comme une plume, légère mais incisive » soulignant « la grâce » du film de Desplechin, dont il précise qu'il « est le seul cinéaste français réellement romanesque depuis la mort de François Truffaut », un « cinéaste en pleine possession de son talent, dont la cérébralité même aboutit constamment à l'émotion[34]». Pour lui l'« originalité de Rois et reine, c'est d'avoir fait coexister à part égale la gravité et la loufoquerie » considérant que cet opus est alors le meilleur film du réalisateur. Cette spécificité du film alliant ces deux caractéristiques à priori opposées est également notée par de nombreux autres critiques[3],[35],[36],[37], comme Jean Roy de L'Humanité qui écrit « croit-on être dans le tragique avec lui que soudain les situations comiques abondent. Croit-on nager dans le bonheur avec elle que le refoulé surgit comme un retour de manivelle » qualifiant le film d'« intangible [...], brillant, touche-à-tout, complexe, un diamant aux facettes multiples » ou Jean-Marc Lalanne des Inrocks pour qui Rois et Reine est un film « libérateur » où se mêlent « la souffrance et la joie ». Gérard Lefort dans Libération note également les « deux films » qui composent Rois et Reine — qu'il résume comme « une histoire drôle, sinistre comme toutes les bonnes blagues [et] une histoire triste, qui fait sourire quand elle devient trop cafardeuse » — mais souligne tout particulièrement « l'inconscient » du film, et non celui du réalisateur, qu'il qualifie d' « "infilmé" captivant » donnant accès par le mode du jeu à un univers symbolique où « il y a des rois et des reines au pays des merveilles[38] ». Emmanuel Burdeau dans Les Cahiers du cinéma constate que « cette ligne de démarcation qui clive le film en deux » est une nouveauté dans le travail du réalisateur avec non plus des « éléments qui avancent sur eux-mêmes, mais sont présentés en pleine lumière d'une antinomie[3] ». Son jugement sur les acteurs et aussi extrêmement positif avec, selon lui, un Mathieu Amalric « que nul ne vit jamais aussi bon » et l'arrivée dans l'univers de Desplechin de Catherine Deneuve qui agit comme « le magnifique et troublant foyer féminin du film[3] ». Jean-Michel Frodon, également dans Les Cahiers du cinéma, considère que Rois et Reine est l'« évènement sans doute le plus heureux de l'année cinématographique 2004, [...] avec une reconnaissance au-delà des seuls cercles cinéphiles de la beauté de ce film et du talent d'Arnaud Desplechin[39] ».
Lors de la sortie du film aux États-Unis, tous les critiques ont particulièrement remarqué et apprécié la construction complexe des personnages[27],[40],[41],[42],[43],[44]. Le New York Times revient sur cet aspect avec le triple point de vue utilisé par les narrations successives de Nora, de son père Louis, et de son ex-compagnon Ismaël, mais également avec l'introduction d'éléments mythologiques et la nécessité de ne pas s'arrêter aux évidences immédiates pour saisir les déséquilibres personnels de chaque personnage soulignant que « le monde extérieur peut penser qu'Ismaël est fou, mais dans la logique de l'histoire c'est Nora qui semble perdue[notes 6],[27] ». Roger Ebert, l'un des critiques nord-américains les plus influents, souligne tout particulièrement l'attachement du scénario à « décortiquer couche après couche la réalité » des personnages qui se « dévoile comme une affaire judiciaire dans laquelle tous les témoignages apparaissent comme la simple vérité, bien qu'aucun d'entre eux ne concordent[notes 7],[42] ». L'accueil le plus chaleureux est celui du journal new-yorkais The Village Voice, qui s'enthousiasme pour l'originalité, l'excentricité, la richesse et la générosité du film et des acteurs considérant Arnaud Desplechin comme « le moins prévisible et le plus intéressant des jeunes réalisateurs français[44] ». Le Washington Post dans deux articles distincts salue la « stimulante inventivité[41] » du film et la San Francisco Chronicle souligne l'« abondante imagination de Desplechin[43] » puis qualifie l'œuvre de « délicieuse, gardant le spectateur impatient de voir ce qui va advenir, mais extrêmement riche, trop longue et difficile à digérer. Pourtant c'est une fête que nul ne voudrait manquer[notes 8],[43] ». Effectivement, la presse américaine, à une seule exception[44], critique Rois et Reine sur sa longueur et son rythme parfois trop lent au regard des critères américains[40],[43],[45]. L'accueil du film en Grande-Bretagne est également très positif, le jugeant particulièrement original et sans équivalent anglo-saxon, « superbement joué, tentaculaire, et très drôle, surprenant constamment le spectateur tant par ses révélations émotionnelles que des scènes assez inattendues[notes 9],[46] » notamment par son « délicieux dénouement[47] ». Par ailleurs, fin 2009, Tim Robey du Daily Telegraph, classe Rois et Reine à la 46e position des meilleurs films de la décennie 2000-2010[48].
Globalement le film obtient dans les agrégateurs de critiques cinématographiques anglophones, 88 % de jugement favorables, avec un score moyen de 7,5⁄10 sur la base de 56 critiques collectées, sur le site Rotten Tomatoes[49]. Sur le site Metacritic, il obtient un score de 84⁄100, sur la base de 26 critiques collectées[50]. Enfin, sur l'Internet Movie Database, dont les appréciations sont basées sur le vote du public, il obtient une note de 7,1⁄10[51].
[modifier] Controverse Denicourt / Desplechin
Marianne Denicourt fut l'une des actrices des trois premiers films et la compagne d'Arnaud Desplechin au début des années 1990. Alors que le scénario de Rois et Reine était soumis à diverses personnes pour constituer la distribution, elle fut informée par Juliette Binoche des thèmes et contenus du film en préparation[52], et a cru se reconnaître dans le personnage de Nora. Elle a reproché au cinéaste l'utilisation d'éléments douloureux de sa vie privée et de leur vie commune[53], qu'elle expose dans le livre virulent Mauvais génie, co-signé avec la journaliste Judith Perrignon (travaillant alors à Libération), et paru aux éditions Stock le 5 janvier 2005[54]. Dans la préface du livre du scénario de Rois et Reine publié en 2005, Arnaud Desplechin tient à préciser, en réponse au livre Mauvais génie, qu'il ne « s'apprêtait pas ici à dire une vérité, enfin, sur l'origine du scénario [dès lors] qu'une fiction n'a pas plus d'origine que de vérité[55]. »
Malgré cela, Marianne Denicourt l'attaqua en justice, en 2006 devant le tribunal de grande instance de Paris, lui réclamant 200 000 euros de dommages-intérêts. Elle fut cependant déboutée le 3 avril 2006 par le tribunal[56]. Cette polémique et l'issue du procès sont par ailleurs devenues un cas d'école, fréquemment cité, concernant l'exercice pratique de la création artistique liée à l'utilisation de la vie privée d'une personne et de l'atteinte ou non à celle-ci[57].
[modifier] Distribution en DVD et publications
Le DVD de Rois et Reine sort en zone 2 le 25 août 2005 et en zone 1 le 22 novembre 2005 en édition simple. La société Why Not Production a la volonté de ne pas publier un disque conventionnel, notamment en n'incluant pas de commentaires audio ou de making-of[58]. Les bonus sont constitués de deux entretiens du réalisateur avec sa comédienne fétiche, Emmanuelle Devos, et le critique de Télérama, Pierre Murat. Par ailleurs, une séquence présente Mathieu Amalric et Hippolyte Girardot qui discutent du travail de Desplechin. Deux experts, l'avocate Sylvie Welsch et le psychiatre Vincent Gaulin, donnent également leur avis sur les scènes du film traitant de questions légales (mariage posthume, adoption, internement), de psychanalyse et d'hospitalisation psychiatrique[59]. Certains critiques ont toutefois regretté que Pierre Murat n'interroge pas le réalisateur sur la controverse qui l'opposa à Marianne Denicourt, dès la sortie du film, à la suite de la publication par cette dernière d'un livre à charge[58] (voir section dédiée). Le 1er février 2007 paraît en Europe une édition de collection du film.
D'autre part, le scénario commenté par Arnaud Desplechin et Roger Bohbot de Rois et Reines est publié dans un livre aux éditions Denoël le 22 août 2005[60] comme pratiquement tous ceux du réalisateur.
[modifier] Prix et distinctions
Rois et Reine est des films d'Arnaud Depleschin celui qui est à ce jour le plus récompensé par la profession[61]. Il a notamment reçut le prix Louis-Delluc (qui lui fut décerné le 18 décembre 2004 sous l'impulsion de Gilles Jacob, soit quelques jours avant la sortie du film en salles[54]), les Étoiles d'or du cinéma français et le prix Méliès du meilleur film. De plus, pour son interprétation du personnage d'Ismaël, Mathieu Amalric remporte son premier César du meilleur acteur lors de la cérémonie des César 2005 et le couple Amalric-Devos remporte tout deux le Prix Lumières des meilleurs acteur et actrice en 2005. Au total, le film reçoit neuf récompenses majeures et fut également nommé aux César dans sept catégories différentes en 2005.
[modifier] Récompenses
| Année | Récompense | Prix | Catégorie / Lauréat(es) |
|---|---|---|---|
| 2004 | Prix Louis-Delluc | Prix Louis-Delluc du meilleur film | |
| 2005 | César du cinéma | Meilleur acteur | Mathieu Amalric |
| 2005 | Prix Lumières | Meilleur acteur | Mathieu Amalric |
| 2005 | Prix Lumières | Meilleure actrice | Emmanuelle Devos |
| 2005 | Étoiles d'or du cinéma français | Meilleur film | |
| 2005 | Étoiles d'or du cinéma français | Meilleur réalisateur | Arnaud Desplechin |
| 2005 | Étoiles d'or du cinéma français | Meilleur acteur | Mathieu Amalric |
| 2005 | Étoiles d'or du cinéma français | Meilleure actrice | Emmanuelle Devos |
| 2005 | Prix du syndicat français de la critique | Prix Méliès du meilleur film | |
| 2005 | New York Film Critics Circle Awards | Seconde meilleure actrice | Emmanuelle Devos |
[modifier] Nominations
| Année | Cérémonie ou récompense | Prix | Nommé(es) |
|---|---|---|---|
| 2004 | Mostra de Venise | Compétition pour le Lion d'or | |
| 2005 | César du cinéma | Meilleur film | |
| 2005 | César du cinéma | Meilleur réalisateur | Arnaud Desplechin |
| 2005 | César du cinéma | Meilleure actrice | Emmanuelle Devos |
| 2005 | César du cinéma | Meilleur acteur dans un second rôle | Maurice Garrel |
| 2005 | César du cinéma | Meilleur scénario | Arnaud Desplechin et Roger Bohbot |
| 2005 | César du cinéma | Meilleur espoir féminin | Magali Woch |
| 2005 | Chlotrudis Award | Meilleur acteur | Mathieu Amalric |
| 2005 | Chlotrudis Award | Meilleure actrice | Emmanuelle Devos |
[modifier] Notes et références
[modifier] Notes
- Contrairement à certaines affirmations publiées dans la presse, Arnaud Desplechin n'a pas selon lui proposé le rôle de Nora à Juliette Binoche ainsi que précisé par le réalisateur dans un rectificatif publié dans Libération du 29 décembre 2004.
- Dans la réalité, cette galerie est le lieu de la librairie Elbé.
- Avec l'avènement des méthodes numériques, la pellicule est transférée sur support vidéo pour réaliser un montage virtuel, la table de montage artisanale étant abandonnée.
- Grégoire Hetzel avait précédemment composé sa première musique de film pour Le Stade de Wimbledon (2002) de Mathieu Amalric, qui le rapprocha de Desplechin.
- Ce résultat et les critiques très positives du film reçues aux États-Unis permettront à Un conte de Noël de faire, en 2008, une sortie beaucoup plus remarquée et large dans ce pays (jusqu'à 48 salles), avec d'excellents résultats d'exploitation pour un film d'auteur français en dépassant le million de dollars US de recettes et près de deux millions de dollars canadiens (voir sur IMDb).
- En anglais : « The outside world may think that Ismaël is mad, but in the logic of the story it's Nora who seems lost » — Manohla Dargis dans le New York Times.
- En anglais : « A film that unfolds like a court case in which all of the testimony sounds like the simple truth, and none of it agrees » — Roger Ebert dans le Chicago Sun-Times.
- En anglais : « The film is delectable and keeps you eager to see what's served next, but also is ridiculously rich, overly long and difficult to digest. Still, it's a feast you won't want to miss » — Ruthe Stein dans le San Francisco Chronicle.
- En anglais : « Superbly acted, sprawling and very funny, Kings and Queen constantly surprises us both by its emotional revelations and quite unexpected scenes » — Philip French dans The Guardian.
[modifier] Références
- Rois et Reine, fiche du film sur le site de Why Not Productions
- Fiche Rois et Reine sur AlloCiné
- Dossier Rois et Reine, par Emmanuel Burdeau dans Les Cahiers du cinéma, no 596 de décembre 2004, p.12-16.
- Desplechin : le rire, la mort et la polémique, Le Figaro du 22 décembre 2004.
- Hitchcock en 6 leçons dans Télérama no 3184 du 23 janvier 2011.
- [PDF] (en) Dossier de presse du film Rois et Reine, 2004.
- Interview Arnaud Desplechin, bonus de l'édition DVD, 2005.
- Desplechin et Bohbot (2005), p.4.
- Desplechin et Bohbot (2005), p.10-12.
- Entretien avec Arnaud Desplechin : bien sûr qu'on est des rois, des reines, et des princes, par Stéphane Gourdet et Claire Vassé dans Positif no 526 de décembre 2004, p.23-27.
- Emanuelle Devos : les rôles de sa vie interview d'Emmanuelle Devos dans ELLE du 13 mai 2009.
- «J'avais peur qu'entre nous, ce soit la fois de trop» interview d'Arnaud Desplechin et Emmanuelle Devos dans Libération du 12 décembre 2004.
- Interview Arnaud Desplechin, Télérama, 22 décembre 2004.
- Lieux de tournage du film sur IMDb.
- Desplechin et Bohbot (2005), p.136.
- Desplechin et Bohbot (2005), p.156.
- Desplechin et Bohbot (2005), p.164 et 171.
- Desplechin et Bohbot (2005), p.71.
- Location décors, espaces et bâtiments sur le site du centre médico-psychologique de Ville-Évrard.
- Desplechin et Bohbot (2005), p.155.
- Interview de Mathieu Amalric et Hippolyte Girardot, bonus du film dans l'édition DVD, 2005.
- La petite reine qui monte dans Libération du 2 février 2005.
- Interview de Grégoire Hetzel sur le site cinezik.org
- Desplechin et Bohbot (2005), p.83.
- Desplechin et Bohbot (2005), p.148.
- Analyse du psychiatre Vincent Gaulin, bonus du film dans l'édition DVD, 2005.
- (en) A Woman, Her Men and Finding Out Who's Really Crazy par Manohla Dargis dans The New York Times du 6 octobre 2004.
- Césars sans sésame pour «Quand la mer monte» dans Libération du 3 mars 2005.
- Box-office de la semaine du 22-29 décembre 2004 sur le site allocine.com
- Box-office de Rois et Reine sur le site allocine.com
- Rois et Reine sur la base de données Lumière.
- Un conte de Noël sur la base de données Lumière.
- (en) Kings and Queen sur le site IMDb.
- Rois et reine par Pierre Murat dans Télérama du 22 décembre 2004.
- Rois et Reine par Jean-Marc Lalanne dans Les Inrocks du 21 décembre 2004.
- « Rois et reine » : du très grand art dans Le Parisien du 22 décembre 2004.
- Arnaud Desplechin au carrefour des genres dans L'Humanité du 22 décembre 2004.
- Royal ! par Gérard Lefort dans Libération du 22 décembre 2004.
- Corée-Jeunet-Desplechin édito de Jean-Michel Frodon dans Les Cahiers du cinéma no 597 de janvier 2005, p.5.
- (en) Surrender Yourself To France's Charms par Stephen Hunter dans The Washington Post du 24 juin 2005.
- (en) Kings and Queen': Uncommonly Good par Desson Thomson dans The Washington Post du 24 juin 2005.
- (en) Kings and Queen par Roger Ebert dans le Chicago Sun-Times le 26 mai 2005.
- (en) Tale of ex-lovers a rich French feast par Ruthe Stein dans San Francisco Chronicle du 3 juin 2005.
- (en) Signs and Wonders par John Hoberman dans The Village Voice du 3 mai 2005.
- (en) Kings and Queen par Deborah Young dans Variety du 10 septembre 2004.
- (en) Swans and lovers par Philip French dans The Guardian du 12 juin 2005.
- (en) Grand illusionist par Tim Robey dans The Daily Telegraph du 10 juin 2005.
- (en) Tim Robey's top 100 films of the decade dans The Daily Telegraph du 18 décembre 2009.
- (en) Rois et Reine sur le site Rotten Tomatoes.
- (en) Rois et Reine sur le site Metacritic.
- Rois et Reine sur l’Internet Movie Database - Version plus complète en anglais.
- "Rois et reine" : Desplechin au tribunal sur le site Allociné le 28 février 2006.
- Marianne Denicourt « Faire du cinéma, c'est toujours un acte d'amour » dans L'Express du 20 juin 2005.
- « Rois et reine » primé avant sa sortie dans Le Parisien du 18 décembre 2004.
- Desplechin et Bohbot (2005), p.9.
- « Rois et reine », d'Arnaud Depleschin, devant la justice, Le Monde du 5 avril 2006
- Guide pratique du droit d'auteur, Anne-Laure Stérin, éditions Maxima, 2007, (ISBN 9782840014058), p.448.
- Desplechin n'est pas le roi du bonus dans Libération du 2 septembre 2005.
- La brutale intrigue de "Rois et reine" par Jean-Luc Douin dans Le Monde du 1er septembre 2005.
- Rois et Reine, Arnaud Desplechin et Roger Bohbot, éditions Denoël, Paris, 2005, (ISBN 2207257665).
- (en) Awards for Rois et reine sur le site d'IMDb.
[modifier] Annexes
[modifier] Bibliographie
- Arnaud Desplechin et Roger Bohbot, Rois et Reine, Paris, éditions Denoël, 2005 (ISBN 2207257665).