Post-it

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Un Post-it est une petite feuille de papier autoadhésive amovible, rassemblée en petit bloc.

Inventé en deux temps, en 1968 et en 1974 par deux chimistes de la 3M, Spencer Silver et Arthur Fry, mais commercialisé seulement en 1980[1], le Post-it est conçu pour pouvoir y inscrire des notes et les coller et décoller à volonté sur toutes sortes de supports sans les endommager.

1980. Le Post-it. Une innovation atypique fruit d'une double sérendipité[2]

Post-it est un nom de marque utilisé comme synonyme de pense-bête, papillon adhésif, papillon autocollant ou becquet[3].

Description[modifier | modifier le code]

Les Post-it se présentent sous forme de petits blocs carrés ou rectangulaires de feuilles détachables, de tailles variables (76 x 76 mm puis 38 x 51 mm, 76 x 127 mm, 152 x 102 mm, 210 x 152 mmetc.) et de couleurs vives et claires (traditionnellement le jaune, mais aussi le rose, le vert, l'orange, etc.), ayant une petite bande autoadhésive au dos. Il en existe 320 variétés.
Ils sont fabriqués à Cynthiana, dans le Kentucky, ainsi qu'à Beauchamp, en France, pour le marché européen.

Post-it est une marque déposée appartenant à la 3M, aussi utilisée comme nom. Le brevet de base est en revanche tombé dans le domaine public depuis 2000.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'invention du Post-it est souvent prise comme exemple de sérendipité[4],[5]parce qu'elle résulte de la rencontre fortuite entre une situation banale et une préoccupation apparemment sans rapport avec elle mais qui débouche sur une combinaison créative et favorable.

Découverte accidentelle d’une colle qui ne colle pas[modifier | modifier le code]

Dans le cadre d'un programme de recherche commencé en 1964, Spencer Silver[6], un chimiste de 3M, invente par hasard en 1968 un adhésif poisseux en mélangeant en proportions diverses des monomères envoyés par un fournisseur. Ce nouveau polymère adhésif acrylique, plus un cohésif qu’un adhésif, ne colle qu’à lui-même. Silver cherche alors à le faire commercialiser sous forme de _spray_ (comme il l’est aujourd’hui pour les arts graphiques) et sous forme de tableau de conférencier auto-collant (comme il l’est depuis peu), mais sans succès.

Malgré la suppression du programme des polymères adhésifs, Silver parvient à obtenir de son directeur de département, Geoffrey Nicholson, le financement nécessaire au brevet de sa formule mais pour les États-Unis seulement en 1972 (brevet n° 3 691 140).

Une utilisation imprévue[modifier | modifier le code]

Un des hymnaires (recueil de psaumes) d'Art Fry.

En 1974, Art Fry[7], collègue de Silver et chef de chœur de l’église presbytérienne de North St-Paul, a l’idée d’empêcher les signets de son hymnaire de glisser en les enduisant de la colle anti-dérapante de Silver.

Un problème de fabrication persiste : l’adhésif poisseux reste n’adhère pas au papillon. Deux membres de l’équipe de Nicholson, Henry Courtney et Roger Merrill parviennent à coucher en continu le cohésif sur du papier et qu’il y reste en continu de façon industrielle.

Malgré des débuts commerciaux hésitants après des tests à Tulsa, Denver, Richmond et Tampa en 1978 sous le nom « Press'n'Peel », la réussite commerciale coïncide avec l’arrivée d’un nouveau directeur marketing, Bill Schonenberg, qui a l’idée de distribuer le produit gratuitement à Boise, dans l’Idaho au cours de l’opération « Boise Blitz » ; 90 % des utilisateurs ré-achètent[réf. nécessaire]. Le nom « Post-it » est adopté en 1980, et les ventes, d’abord limitées à 11 états américains, s’étendent au Canada et en Europe.

Brainstorming avec Post-it[modifier | modifier le code]

Les Post-it sont très utilisés dans une forme particulière de brainstorming, le brainstorming avec Post-It. Les participants notent leurs idées sur des Post-it puis vont les coller sur un mur, un panneau ou un paper-board. Il est alors possible de les regrouper par thème[8].

Post-it électronique[modifier | modifier le code]

Le principe du Post-it est transposé aux interfaces graphiques informatiques grâce à de nombreuses applications logicielles : le bureau de l'ordinateur peut ainsi se voir « coller » des notes (virtuelles) de couleur vive. C'est le cas notamment avec les systèmes MacOS et Linux (bureaux KDE, Gnome…) dont le « Post-it » est une fonction de base. Une volonté de réalisme fait qu’il y a différentes écritures (dont Lucida Handwriting, qui comme son nom l'indique, imite l'écriture manuscrite) et qu'il y a possibilité de choisir la taille et la couleur du Post-it, ainsi que la taille de l'écriture. En dépit de cela, le Post-it électronique ne parvient pas à s'imposer face au Post-it papier[9].

Détournements artistiques[modifier | modifier le code]

« Bataille des Post-it » à Issy-les-Moulineaux en 2011

Le Post-it peut être détourné de son usage initial à des fins artistiques. Des représentations et des fresques graphiques peuvent être réalisées en juxtaposant des Post-it de différentes couleurs sur une large surface plane, comme une vitre ou un mur. L'artiste canadien Immony Men a réalisé une fresque murale à partir de 10 000 post-it, fresque réalisée et exposée à la galerie Grunt à Vancouver dans le cadre de l'exposition « Taking Care of Business » en 2011[10].

La technique a été popularisée et médiatisée en France en par certains employés de Ubisoft et BNP Paribas à Montreuil[11], dont les locaux se font face, ceux-ci se livrant à un concours de mosaïques de notes autocollantes représentant des personnages de jeux vidéo, de jeux d'arcade et de dessins animés[12]. Surnommée « Guerre des Post-it », « Bataille des Post-it » ou « Post-it War » par certains médias, celle-ci s'est rapidement étendue à Paris, La Défense, à la région lyonnaise[13], à Lille ainsi qu'à Bruxelles[14].

À Liège, à l'occasion du départ du Tour de France 2012, une fresque de 190 000 Post-it a été réalisée, établissant ainsi un nouveau record du monde[15]. Pour sa réalisation, il a fallu presque 400 heures de travail à quatre équipes de colleurs pour répartir les Post-it sur un espace de 600 m2[15].

Autour du Post-it[modifier | modifier le code]

  • Il a été calculé qu'il faudrait 506 880 000 Post-it pour faire le tour du monde[réf. souhaitée].
  • Les Français sont les premiers consommateurs au monde de blocs par an[réf. souhaitée].
  • En 1996, un technicien de l’aéroport de Las Vegas déposa un Post-it sur le nez de l’avion, lequel reste scotché jusqu'à sa destination, à Minneapolis, malgré la vitesse de 800 km/h et la température de -15°C[16].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « The History of Post-it », sur post-it.com (consulté le 9 juillet 2012)
  2. Ranganath Nayak & John Ketteringham, « Les petits papillons jaunes de 3M », dans : 12 idées de génie auxquelles personne ne croyait, First, 1987, p. 84-111.
  3. ou béquet, en imprimerie, le Petit Larousse 1998 (ISBN 2-03-301-198-4)
  4. http://lecercle.lesechos.fr/entrepreneur/creation-dentreprise/221166975/est-serendipite-et-quel-role-a-t-elle-joue-naissance-you
  5. http://www.jeanjacquesurvoy.com/entreprise-economie/nutella-post-it-et-la-serendipite/
  6. http://solutions.3mbelgique.be/wps/portal/3M/fr_BE/Post-Its/Post-It/Solutions/History/
  7. http://en.wikipedia.org/wiki/Arthur_Fry
  8. Scott Isaksen, Brian Dorval & Donald Treffinger, « Brainstorming avec Post-it », dans : Résoudre les problèmes par la créativité : la méthode CPS, Éditions d'Organisation, Paris, 2003, p. 108-110. Traduction de : (en) « Brainstorming with Post-it » in : Creative approaches to problem solving: a framework for change, Kendall/Hunt Publishing Co., 2000, p. 106-108.
  9. Hubert Guillaud, Pourquoi les ordinateurs n’arrivent-ils pas à concurrencer les Post-it ?, Le Monde, 20 mars 2009.
  10. (en) Marsha Lederman, « In Vancouver, 10,000 Post-its add up to a notable art exhibit », The Globe and Mail,‎ 25 juillet 2011 (lire en ligne)
  11. Pierre Baudis, « «Guerre des post-it» : les entreprises jouent le jeu », Le Figaro,‎ 10 août 2011 (lire en ligne)
  12. Charlotte Cheynard, « Bataille de post-its dans des grandes entreprises parisiennes », Paris Match,‎ 4 août 2011 (lire en ligne)
  13. Jennifer Delrieux, « Des entreprises lyonnaises se lancent dans la «bataille des Post-it» », Le Progrès,‎ 6 août 2011 (lire en ligne)
  14. Sébastien Bergès, « Guerre des Post-it : après les fenêtres qui parlent, Lille a les fenêtres qui collent », La Voix éco,‎ 2011 (consulté le 20 août 2011)
  15. a et b S.Lo., « Record battu à Liège : 190 000 Post-it collés », lavenir.net,‎ 2012 (consulté le 28 juin 2012)
  16. Laurence Lacontre, « Carrément scotachant ! », in Le Figaro Magazine, semaine du 10 mai 2013, page 91.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Ranganath Nayak & John Ketteringham, « Les petits papillons jaunes de 3M », dans : 12 idées de génie auxquelles personne ne croyait, First, 1987, p.84-111. Traduit de :(en) Breakthroughs! , Rawson Associates, 1986.
  • Scott Isaksen, Brian Dorval & Donald Treffinger, « Brainstorming avec Post-it », dans : Résoudre les problèmes par la créativité: la méthode CPS, Éditions d'Organisation, Paris, 2003, p. 108-110. Traduction de : (en) « Brainstorming with Post-it » in : Creative approaches to problem solving: a framework for change,Kendall/Hunt Publishing Co., 2000, p. 106-108.
  • Jean-Louis Swiners, Le conundrum de l'innovation, Le cercle des Entrepreneurs, Nancy, 2009, p. 15-18.
  • Pierre Mongin, Mieux s'organiser, la stratégie du Post-it et du Kanban personnel, Intereditions, 2013, ISBN 978-2-7296-1317-4

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]