Carrelage

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Image montrant des tomettes de terre cuite.
Tomettes de terre cuite
Carreaux de faïence hollandais XVIIe siècle, Hospice Comtesse, Lille
Carreau de grès-cérame coloré dans l'épaisseur, Manufacture Paul Charnoz, Paray-le-Monial, France, XIXe siècle.
Les motifs colorés étaient réalisés en remplissant un moule cloisonné en laiton à l'aide de poudres de couleur.[1].
Image montrant des carreaux en ciment du XIXe siècle.
Carreaux en ciment du XIXe siècle

Le terme de carrelage désigne à l'origine l'action de poser des carreaux, puis, par métonymie, le résultat de cette action. Il désigne alors un revêtement de sol ou de murs formé de carreaux de céramique - terre cuite, carreaux de faïence, carreaux de grès (souvent appelés grès-cérame) - ou bien encore carreaux de marbre ou de ciment. Ces différents types de carreaux sont juxtaposés puis collés ou scellés. Un carrelage est couramment utilisé pour la finition et la décoration des sols et des murs pour les habitations et autres locaux, aussi bien à l'intérieur qu'en extérieur.

Dans la construction, le carrelage est réalisé par le carreleur

En Suisse, les carreaux muraux sont appelés catelles (cf. le Robert) ; on utilise aussi le mot planelles pour les carreaux destinés au sol.

Composition[modifier | modifier le code]

Argile ou terre, quartz, feldspath qui se vitrifie sous la chaleur, kaolin qui est un adjuvant et les émaux.

Fabrication[modifier | modifier le code]

Les matières premières sont mélangées et broyées de manière à former une pâte fine et homogène appelée barbotine. Cette barbotine est ensuite séchée via un atomiseur qui permet d'en extraire l'eau pour n'en retenir que la poudre. Cette poudre est ensuite injectée dans un moule de la taille et de la forme du carrelage recherché, puis est enfin pressée. Après pressage, le carreau est nettoyé puis soumis à plusieurs étapes de séchage pour faire tomber son taux d'humidité de 5-6 % à environ 0,5 %.

Le carreau sera ensuite émaillé. Afin de lui donner l'aspect recherché, il existe trois types d’émaillage : l’émaillage à sec, l’émaillage humide et la sérigraphie. Le zircon (ou silicate de zirconium ZrSiO4) est utilisé pour l'opacification des émaux[1]. Cet usage représente 53 % de la consommation mondiale de zirconium[2].

Le carrelage subit une dernière étape de cuisson au four avant d'être conditionné pour la vente[3].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Articles connexes : Pavé, Dalle (architecture) et Mosaïque.

Un carrelage a toujours une forme géométrique convexe, généralement des carrés ou parfois des rectangles, mais les hexagones sont aussi historiquement assez fréquents. Les carreaux sont fins, autour d'un centimètre d'épaisseur. Plus les carreaux sont de grande dimension, plus leur surface est cassante. Les carrelages s'utilisent aussi bien en intérieur qu'en extérieur, mais il est vrai qu'à l'extérieur la pose de carrelage rencontre de nombreuses contraintes (intempéries, gel, amplitude thermique). En théorie le grès cérame qui est ingélif est plus adapté aux extérieurs qu'un grès classique. Il existe des mortiers et des solutions de drainage spécifiques pour l'extérieur.

Sur le plan industriel, plusieurs procédés de décoration sont utilisés. Un premier procédé vise à l'utilisation de sels migrants sur la surface du biscuit avant la cuisson. Cela a pour effet une répartition aléatoire des couleurs et effets sur les carrelages. Un second procédé utilise un "rouleau décor" : une sorte de cylindre vient appliquer un motif sur la surface du biscuit. La forme cylindrique de cette presse de production permet de faire en sorte que le motif ne se répète pas à l'identique sur les carreaux. D'autres procédés utilisent des applications d'émail par projection (pistolet applicateur) ou sous forme de film uniforme (émaillage à la cloche). Certains de ces procédés peuvent se combiner, et permettent la création d'un grand nombre de gammes de couleurs et d'effets sur les carrelages. On trouve les classiques unis, marbrés, et nuagés. Depuis 2003 on note l'apparition de très fidèles reproductions de matériaux bruts avec notamment des imitations de parquet, du béton, de tôles rouillées, du cuir... Depuis 2006 environ, on voit parfois un apport de matière dans les carreaux avec un nouveau système d'insertion de billes de métal à l'intérieur du produit, et qui, après polissage en usine, donne une très fidèle imitation de l'inox, l'acier ou l'aluminium.

Il existe plusieurs types de cuisson, on distingue mono-cuisson et bi-cuisson. La mono-cuisson est utilisée principalement pour le carrelage de sol, cette opération consiste à cuire le biscuit décoré en une seule étape à une température avoisinant les 1300 degrés. Cette cuisson à forte température permet d'obtenir un biscuit plus résistant. La bi-cuisson est le procédé utilisé pour la cuisson des faïences, et comme son nom l'indique, s'effectue en deux cuissons à 800 degrés chacune, cela donne des produits moins résistants, mais diminue considérablement les coûts de fabrication, la consommation de gaz étant moindre à 800 degrés qu'à 1300. Certains carreaux décorés avec des motifs particuliers (motifs métallisés, ajouts de verre...) peuvent faire l'objet d'une troisième, voire d'une quatrième cuisson.

Histoire[modifier | modifier le code]

Principe connu depuis l'Antiquité.

Parmi les plus connus, on peut citer les Azulejos, carreaux bleus d'Espagne, Portugal, Mexique.

Les carrelages sont depuis l'origine très utilisés dans la civilisation musulmane, en particulier les lieux de culte, en utilisant essentiellement les formes et les effets géométriques, les représentations humaines ou animales étant interdites par la religion.

Les premières dalles de carrelage apparaissent en France dans les édifices religieux au VIIIe siècle et se développe dans les maisons de notables au XVIIIe siècle, l'application de faïence peinte sur les carreaux datant du XVIe siècle[4] tandis que leur usage se démocratise à partir du XIXe siècle. Concurrencé par les parquets de bois, il se destine alors aux lieux moins nobles (passages, pièces de service) des bâtiments[5].

Types de carrelages[modifier | modifier le code]

Les carrelages peuvent être en grès émaillé, grès brut, grès cérame, grès cérame pleine masse, grès cérame rectifié, grès cérame poli (lalmatto), émaux, pâte de verre, ciment ou encore terre cuite.

Pose[modifier | modifier le code]

Pose d'un carrelage industriel

Il existe plusieurs types de pose, les principaux sont les suivants :

  • la pose droite (au carrement) qui comme son nom l'indique vise à poser le carrelage de manière rectiligne les joints formant un quadrillage parfait en parallèle au mur, comme sur la photo ;
  • la pose au plafond. À réaliser avec la carrelette adéquate pour les découpes.

La pose diagonale qui vise à poser le carrelage de manière rectiligne les joints formant un quadrillage parfait avec un angle à 45 degrés par rapport au mur ;

  • la pose décalée (pose en joint de pierre ou quinconce) qui est comparable à une pose de brique en croisant les carreaux, celle-ci peut être effectuée en droit ou en diagonal ;
  • la pose en pipe composée de deux formats de carreaux, se compose d'un petit format autour duquel viennent tourner quatre gros formats, la ligne de joint formant ainsi un dessin de pipe entre chaque petit carreau et gros carreau ;
  • le multiformat ou opus qui comme son nom l'indique est composé de plusieurs formats de carreaux (jusqu'à sept formats) il existe une multitude de multi-formats prévus en fonction des dimensions des carreaux choisis ;
  • la pose à bâton rompus qui, comme un parquet, s'utilise avec des formats rectangulaires posés en équerre ;
  • la pose en chevrons qui nécessite des carreaux spécifiquement créés à cette effet, ce sont des carreaux rectangulaires biseautés sur les largeurs afin de leur permettre de former un chevron ;
  • l'opus insertum qui vise à poser des carreaux cassés, donc informes, afin de créer un motif.

Il existe plusieurs techniques de pose :

  • La pose traditionnelle ou pose scellée. Il s'agit d'une pose directement sur chape (sans attendre qu'elle sèche), les carreaux sont ainsi scellés au support qui a été préalablement poudré avec un mortier ciment ou un mortier spécial puis réglé à la batte. Le carrelage étant directement scellé au support, il est donc soumis directement à la dilatation de celui-ci et de ce fait il éclate plus facilement sur les supports soumis aux fortes dilatations comme les chauffages au sol. Le DTU autorise la pose scellée en extérieur uniquement sur un support ayant préalablement été préparé avec une désolidarisation et une natte (natte de désolidarisation) drainante sous chape.
  • La pose collée. C'est la pose la plus courante de nos jours, un mortier collé est préalablement posé sur le support (puis tartiné sur le carreau quand il s'agit d'un carreau de 30x30 et supérieure « double encollage »). Elle permet une meilleure désolidarisation des supports et offre une capacité d'adhérence durable sur tous les éléments intérieurs et extérieurs ou presque.

Ex: chape traditionnelle, chape anidrith, ancien carrelage, plancher bois (avec natte ou panneau de désolidarisation), chauffage au sol, etc. Il existe autant de colles que de types de supports. De plus des mises en œuvres sont différentes en fonctions des types de colles ainsi il est bon de différencier les colles « normales » des colles « fluides » et des colles « en pâte ».

Préparation des supports : le carrelage nécessite dans la plupart des cas une préparation du support afin d'améliorer l'adhérence de la colle ou d'améliorer les niveaux du sol, pour cela on utilise des primaires d'accrochages et des ragréages.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Étude de l'opacification d'émaux pour carreaux céramiques par le silicate de zirconium
  2. Philippe Bihouix et Benoît de Guillebon, Quel avenir pour les métaux ? Raréfaction des métaux : un nouveau défi pour la société, EDP Sciences, p. 203
  3. http://www.lietti.ch/guide/fabrication.cfm?&L=1000000000
  4. Les faïences stannifères
  5. L'histoire de la terre cuite à travers les âges

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Carreaux de France : céramiques pour sols et murs : classification, domaines d'emploi, mise en œuvre, réhabilitation, sols spéciaux, entretien et nettoyage, Société française de céramique, sous l'égide de la Chambre syndicale du carreau céramique de France, Éd. de la Nouvelle librairie, Natha, Paris, 1985, 155 p. (ISBN 2-86479-970-7)
  • Claude Hervochon, Le Carrelage dans l'habitat, Foucher, Paris, 2002, 127 p. (ISBN 2-216-08863-3)
  • Michel Matana (dir.), Carrelage : pose des carrelages sur sol, carrelage mural, moquette, Éd. Alternatives, Paris, 1996, 125 p. (ISBN 2-86738-713-2)
  • Marie-Pierre Dubois Petroff, Le carrelage, Massin, Paris, 2007, 96 p. (ISBN 978-2-7072-0571-1)