Ton et teinte

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En peinture, le terme couleur est ambigu ; il signifie à la fois, comme dans le langage courant, la perception visuelle colorée, et, comme dans l'expression « marchand de couleurs », le mélange de pigment ou de teinture et de liant qui sert pour peindre[1]. Le ton ou la teinte désignent sans ambiguïté la couleur perçue.

En peinture une teinte est un mélange de couleurs, par opposition à une couleur pure, telle qu'elle sort du tube, du pot ou du godet[2]. Jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, la teinte désignait l'aquarelle[3].

Une demi-teinte est une couleur intermédiaire entre le noir et le blanc[4] et un procédé de gravure où des hachures ou des points simulent les couleurs intermédiaires entre celle ou celles de l'encre d'impression et celle du fond (blanc, le plus souvent)[5]. La demi-teinte s'oppose ici à l'aplat et la gravure en demi-teintes à la gravure au trait.

Le Vocabulaire typologique et technique considère ton et teinte comme synonymes[6]. On emploie quelquefois ton et teinte avec un sens plus restreint, où teinte désigne la couleur indépendamment des effets de dégradé, de clarté ou d'obscurité, tandis que le ton désigne les autres caractères, valeur et intensité. Une teinte peut ainsi avoir plusieurs tons, qui constituent une gamme[7] ; mais d'autres auteurs inversent ces précisions[8].

Dans les systèmes de description de couleur informatique, la teinte est la forme pure d'une couleur, c'est-à-dire sans adjonction de blanc. Les teintes sont visualisées sur le pourtour d'un cercle chromatique.

Ton[modifier | modifier le code]

Synonyme de couleur et teinte, ton peut les remplacer dans tous leurs usages ; il est plus précis quand on parle de mélange ; puisqu'un mélange de couleurs est le mélange, sur la palette ou sur la toile, de pâtes colorées, alors qu'un mélange de tons est l'effet visuel de la juxtaposition de surfaces colorées[9].

Tons clairs et tons obscurs 
opposent les tons par l'impression de luminosité qu'ils dégagent.
Valeur tonale 
La valeur tonale est le degré de luminosité, du foncé au clair, indépendamment de la couleur. Il faut cependant noter que certains tons, comme les jaunes, ont toujours des hautes valeurs, tandis que d'autres, comme les violets, ont toujours des valeurs basses.
Tons chauds et tons froids 
Les tons sont d'autant plus chauds que, sur le disque chromatique, ils sont proche de l'orangé.
Tons neutres 
Tons proches des gris.
Tons purs 
tons vivaces, de la périphérie du disque chromatique.
Tons dégradés 
Tons dont la luminosité est augmentée, mais la vivacité diminuée, par l'ajout de blanc.
Tons rompus 
Tons dont la luminosité est atténuée par l'ajout d'une pointe du ton complémentaire.
Tons rabattus 
Tons dont la luminosité est atténuée par l'ajout de noir.
Tons pastels 
Tons dont la vivacité est atténuée par du blanc, comme celle des dessins au pastel.
Ton sur ton 
Assemblage de tons ne différant que par une petite nuance. Utilisé surtout en couture.
Ton général 
Le ton général d'un tableau est la dominante colorée. Par exemple, le ton général de Impression soleil levant de Claude Monet est dans les tons froids.
Ton local 
Le ton d'un objet dans le tableau, avec son système de clair-obscur, par exemple, le ton local d'un drapé. Le ton local des manches de la Joconde est dans les ocres.
Ton plat ou aplat 
Surface colorée dans laquelle le ton ne varie pas.

Teinte des couleurs informatiques[modifier | modifier le code]

Teintes du cercle chromatique

Les couleurs décrites par l'informatiques sont les nuances possibles, relativement à un système de synthèse des couleurs à partir de trois couleurs primaires, un rouge, un vert et un bleu, dont la colorimétrie exacte dépend de la fabrication et du réglage des écrans et imprimantes sur lesquels on les voit.

Pour effectuer plus facilement des opérations sur les couleurs, de nombreux systèmes informatiques offrent la possibilité de régler, au lieu des trois couleurs primaires, trois paramètres plus liés à la perception, la luminosité, la teinte et la saturation.

Dans cette présentation, la teinte ((en) hue) est représentée par une direction repérée sur un cercle chromatique où sont disposées les couleurs sous la forme la plus pure possible[10].

Une couleur a trois composantes (r, v, b). On suppose que le système des couleurs est linéaire (Lois de Grassmann) ; cette couleur peut donc se décomposer en une somme de composantes égales à la plus petite des trois (un gris neutre) plus une teinte avec les deux composantes les plus grandes.

On repère ordinairement les teintes en considérant que les couleurs primaires sont également espacées, avec le rouge primaire à 0°, le vert primaire à 120°, le bleu primaire à 240°, et les mélanges, à des angles intermédiaires, en proportion des deux primaires qui les composent. Ce repérage nécessite peu de calculs, mais on ne peut lui faire correspondre une longueur d'onde dominante, faute de connaître la position exacte des primaires et du blanc.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Ségolène Bergeon-Langle et Pierre Curie, Peinture et dessin, Vocabulaire typologique et technique, Paris, Editions du patrimoine,‎ 2009 (ISBN 978-2-7577-0065-5), p. 45.
  • André Chatel (Préface), Dictionnaire de la connaissance de la peinture : tous les courants, tous les genres, tous les mouvements picturaux, Paris, Larouse,‎ 2012.
  • Jean Petit, Jacques Roire et Henri Valot, Encyclopédie de la peinture : formuler, fabriquer, appliquer, t. 2, Puteaux, EREC,‎ 2001, p. 145-176 (chapitre « Couleur et colorimétrie »).
  • Louis Réau, Dictionnaire illustré d'art et d'archéologie, Paris, Larouse,‎ 1930.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Petit, Roire et Valot 2001, p. 145.
  2. Trésor de la langue française « teinte ».
  3. Chatel 2012.
  4. Réau 1930.
  5. Trésor de la langue française : « demi-teinte » ; Commission électrotechnique internationale : Electropedia 721-14-49 « image en demi-teinte ».
  6. Bergeon-Langle et Curie 2009 ; également Réau 1930 « Ton », p. 456.
  7. M.T.B. dans Chatel 2012.
  8. Bergeon-Langle et Curie 2009 indiquent « une couleur est caractérisée par trois grandeurs, son ton, sa valeur et sa pureté » et citent Le Blon ; pour Petit, Roire et Valot 2001, p. 149 « ces trois paramètres sont appelés : tonalité, clarté, saturation ».
  9. Trésor de la langue française, « ton ».
  10. La Commission électrotechnique internationale a adopté cette définition : Electropedia 845-02-35 « teinte ».