Épigénétique

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Les mécanismes épigénétiques peuvent être perturbés ou influencés in utero et dans l'enfance. La pollution chimique, les médicaments et les drogues, le vieillissement et l'alimentation sont des facteurs qui peuvent agir sur l'épigénome. Les histones sont des protéines autour desquelles l'ADN peut s'enrouler, ce qui le rend plus compact et en régule l'expression génique. Le cancer, l'autoimmunité, les troubles psychiatriques et le diabète peuvent résulter de dérangements épigénétiques. Les modifications d'histones consistent en la liaison de facteurs épigénétiques aux « queues » des histones, qui modifie l'enroulement de l'ADN autour des histones et, par conséquent, la disponibilité de certains gènes pour la transcription.
Le patrimoine génétique de ces deux souris transgéniques est identique, mais l'une a une queue malformée. E. Whitelaw[1] étudie ces phénomènes aussi observés chez des jumeaux humains monozygotes (quand l'un des deux est conformé ou se comporte très différemment). « nous avons remarqué que dans une portée de souris qui avaient toutes hérité d'un transgène stable à un locus spécifique, certaines souris exprimaient le transgène et d'autres non, ce qui suggère un phénomène épigénétique ». De même, les souris modifiées pour avoir un pelage "agouti" (jaunâtre chiné), bien que génétiquement identiques et portant le gène viable codant pour de pelage, ont parfois un pelage anormal (jaune à brun tacheté selon que le gène est exprimé ou non). Et la mutation d'un gène produisant une queue tordue se manifeste à des degrés divers selon les clones. Le caractère épigénétique responsable de ces variations dans l'expressivité de certains gènes est transmis à la descendance. Il pourrait donc être un moyen d'évoluer face aux changements environnementaux, plus vite que par le jeu des mutations de l'ADN selon Whitelaw.

L'épigénétique est l'ensemble des mécanismes moléculaires ayant lieu au niveau du génome et de la régulation de l'expression des gènes qui peuvent être influencés par l'environnement et l'histoire individuelle ainsi qu'être potentiellement transmissibles d'une génération à l'autre, sans altération des séquences nucléotidiques (ADN), et avec un caractère réversible.

L'existence de phénomènes agissant sur l'expression des gènes se résume dans l'interrogation de Thomas Morgan « Si les caractères de l'individu sont déterminés par les gènes, pourquoi toutes les cellules d'un organisme ne sont-elles pas identiques ? ».

Les différences qui existent entre chaque cellule d'un même organisme ayant le même patrimoine génétique - mis à part quelques rares mutations somatiques - montrent une expression différentielle des gènes. Des phénomènes épigénétiques peuvent donc être définis dans un sens restreint comme les phénomènes de modification du patron d'expression des gènes sans modification de la séquence nucléotidique : par exemple méthylation des cytosines ou des protéines histones liées à l’ADN. Ces changements peuvent se produire spontanément, en réponse à l'environnement, ou du fait de la présence d'un allèle particulier. Elles ont la particularité d'être héritables d'une génération de cellule à l'autre au cours de la mitose voire sur plusieurs générations d'organismes au cours de la méiose, même si leur cause a disparu.

Un autre élément montrant l'existence de phénomènes épigénétiques est l'ensemble des différences physiques et biologiques constatées chez de vrais jumeaux (monozygotes) vivant et se nourrissant dans des environnements différents[2] ou chez des animaux de laboratoires clonés[3].

Au cours du développement pourrait donc s’ajouter à l’héritage génétique une programmation par des processus épigénétiques, elle-même sous l’influence d’une multitude de facteurs environnementaux.

« On peut sans doute comparer la distinction entre la génétique et l’épigénétique à la différence entre l’écriture d’un livre et sa lecture. Une fois que le livre est écrit, le texte (les gènes ou l’information stockée sous forme d’ADN) sera le même dans tous les exemplaires distribués au public. Cependant, chaque lecteur d’un livre donné aura une interprétation légèrement différente de l’histoire, qui suscitera en lui des émotions et des projections personnelles au fil des chapitres. D’une manière très comparable, l’épigénétique permettrait plusieurs lectures d’une matrice fixe (le livre ou le code génétique), donnant lieu à diverses interprétations, selon les conditions dans lesquelles on interroge cette matrice. »[4].

Des phénomènes épigénétiques ont été mis en évidence chez des eucaryotes et des procaryotes. Ils sont fréquents chez les plantes où un caractère peut apparaître brusquement sur une partie d'un individu. Ce caractère peut être intéressant et conservé par les sélectionneurs par simple bouturage. (Attention, il peut s'agir aussi d'une vraie mutation de l'ADN, le sélectionneur ne connait que le phénotype en général, pas la séquence de l'ADN...)
Les épimutations sont bien plus fréquentes que les mutations classiques de l’ADN. L'épigénome a une stabilité dynamique.

Les phénomènes épigénétiques couvrent les paramutations, le bookmarking (en), le phénomème d'empreinte, l'extinction de gène, l'Inactivation du chromosome X, l' effet de position, la reprogrammation, la transvection, l'effet maternel (l'effet paternel est plus rare car le sperme est un vecteur moins important de matériel non nucléotidique), la régulation des modifications d'histone et de l'hétérochromatine. Ils sont entre autres impliqués dans l'évolution des cancers, la tératogenèse, certaines maladies génétiques (disomie uniparentale ou maladie lié à l'empreinte génomique) ainsi que dans les limitations de la parthénogenèse ou du clonage.

Rappels historiques[modifier | modifier le code]

Le mot « épigenèse » remonte à Aristote qui nommait ainsi le développement d'un œuf informe de façon graduelle aboutissant à un organisme aux tissus différenciés. Cette théorie s'opposa au préformationnisme dont les tenants qui se réclamaient d'Hippocrate postulaient que l'être vivant préexistait en miniature dans le germe[5]. La théorie de l'épigenèse fut soutenue par l'embryologiste William Harvey qui postulait en 1651 dans son ouvrage intitulé Exercitationes de generatione animalium que « tout ce qui vit vient initialement d'un œuf[6]». À la même époque, la théorie préformationniste (ou préformiste) avait l'appui de Marcello Malpighi tandis que Nicolas Hartsoeker n’était pas préformiste, mais disséminationniste (hypothèse selon laquelle les germes des animaux sont incréés et dispersés à travers le monde)[7]. Le débat entre épigénisme et préformationnisme fut une controverse majeure de la biologie les siècles suivants, à travers notamment l'ovisme et l'animalculisme. Elle prendra fin au milieu du XIXe siècle avec le développement de la théorie cellulaire et du rôle la cellule, déjà envisagée par Buffon dans son Histoire naturelle générale et particulière[8].

On attribue la paternité de l'épigénétique dans son sens moderne au biologiste Conrad Hal Waddington qui la définit en 1942 comme une branche de la biologie étudiant les implications entre les systèmes gènes + environnement et leurs produits donnant naissance au phénotype d'un individu.

Il apparut d'abord que le « modèle génétique » postulant une équivalence unique entre phénotype et génotype, ne pouvait expliquer tous les phénomènes liés à la différenciation cellulaire (cf. citation de Morgan en introduction). Par exemple : le noyau d'une cellule de peau d'amphibien transféré dans un œuf énucléé donne des animaux entiers (clones) ; un même génome peut donc avoir plusieurs destinées et sa détermination est réversible. Il fut alors élaboré une théorie dans laquelle chaque cellule indifférenciée passait par un état critique qui serait responsable de son développement futur non uniquement lié à ses gènes (et pour cette raison qualifié d'épigénétique). Avec la découverte de la double-hélice, cette théorie a été mise à l'écart.

Puis dans les années 90, le séquençage complet de plusieurs génomes et l'incapacité de les déchiffrer concrètement remirent sur le devant de la scène l'épigénétique[9]. L'épigénétique, ainsi redéfinie, se veut un prolongement et un complément de la génétique classique, notamment dans le domaine de la nutrition[10], de la reproduction[11], et comme « aspect de la post-génomique » accompagnant la recherche dans son passage de l'étude du génome à celui de l'épigénome[12].

Épigénome[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : épigénome et épigénomique.

L’épigénome est l'état épigénétique de la cellule. À l'image des cellules embryonnaires qui peuvent avoir plusieurs fonctions finales, un unique génome peut être modifié de multiples manières pour donner des épigénomes différents. Il est actuellement conjecturé par un grand nombre de chercheurs en épigénétique qu'un code épigénétique existe dans chaque cellule eucaryote - par analogie au code génétique. À l'extrême, ce code épigénétique représente le type et la position de chaque molécule de la cellule.

Processus de transmission épigénétique[modifier | modifier le code]

Plusieurs processus de transmission épigénétique peuvent jouer un rôle dans ce qu'on appelle quelquefois la mémoire de la cellule.

Transcription d'ARN[modifier | modifier le code]

Ce mécanisme est en quelque sorte une autoactivation du gène. En effet, après transcription du gène en ARN, on observe un entretien de l'activation de ce même gène ou d'autres afférents. Par exemple, chez l'homme HNF4 et MyoD augmentent leur propre transcription. Même si le stimulus à l'origine de l'activation d'un gène est absent, les cellules filles peuvent hériter de cette activation chez la cellule mère. Le plus souvent l'activation d'un gène se produit par transduction, mais il est possible que l'ARN se transmette aux autres cellules par simple diffusion.

Système de transmission structurelle[modifier | modifier le code]

La transmission structurelle est un mécanisme encore très mystérieux. Il implique la transmission entre cellules (voire entre cellules de générations différentes) de structures particulières (par exemple de protéines). Ces structures modifiées semblent jouer le rôle de "patron" pour l'organisation structurelle de génération suivante. Ce mécanisme de transmission a été mis en évidence dans les organismes unicellulaires ciliés comme la tetrahymena ou la paramécie. En effet, pour des cellules semblables au niveau génétique, on peut observer des différences dans l'organisation des cils de surface. Cette organisation est transmissible à la génération suivante. On soupçonne une telle transmission d'être possible pour les organismes multicellulaires.

Modifications de la chromatine[modifier | modifier le code]

Puisque le phénotype d'une cellule ou d'un individu est affecté par l'expression de ses gènes, les états issus de ces transcriptions peuvent donner lieux à des traces épigénétiques. Une des manières dont l'expression d'un gène peut être régulée est l'état de la chromatine. Celle-ci est, soit décondensée ou "ouverte" (euchromatine), permettant ainsi l'accès à la machinerie transcriptionnelle et à l'expression génique, soit condensée ou "fermée" (hétérochromatine), empêchant ainsi l'expression d'un gène. L'état de la chromatine est dicté par les modifications post-traductionnelles des protéines histones liées à l'ADN. La méthylation de ces protéines au niveau de résidus lysines entraîne une fermeture de la chromatine. Au contraire, l'acétylation également de lysines entraîne une ouverture de la chromatine permettant ainsi la transcription. Certaines régions du génome sont déjà dans un état chromatique fermé. C'est le cas des centromères et des télomères. Puisque l'ADN n'est pas entièrement entouré de nucléosomes au cours de la réplication, les histones modifiées (méthylées ou acétylées) restantes sont supposées guider les modifications des nouvelles histones après la formation des nucléosomes. On peut noter cependant que les modifications d'histones ne sont pas toutes transmises d'une génération à l'autre.

Modification chimique de l'ADN[modifier | modifier le code]

L'expression d'un gène peut également être guidée par une modification chimique de l'ADN : la méthylation de cytosine en 5-méthylcytosine dans les dimères C-G de l'ADN. Le nombre et la façon dont sont méthylées ces bases influencent souvent l'expression des gènes composés de ces bases : une faible méthylation se traduit le plus souvent par une forte expression du gène alors qu'un haut niveau de méthylation inactive le gène. Cependant il existe des exemples où une forte méthylation n'a pas de répercussions sur le niveau d'expression. La méthylation de l'ADN est l'acteur majeur de la mise en place de l'empreinte parentale, mécanisme par lequel l'expression d'un gène va dépendre de l'origine parentale. Par exemple, dans le cas d'un gène à expression maternelle, l'allèle paternel est méthylé et entièrement éteint alors que l'allèle maternel est non-méthylé et entièrement exprimé. L'empreinte parentale dépend également des modifications de la chromatine. La méthylation de l'ADN est souvent observée dans les gènes répétés et pourrait être un mécanisme naturel pour l'inactivation des gènes inutiles. Les méthylations de l'ADN peuvent soit être héritées soit créées ou modifiées en réponse à un facteur environnemental. Dans ce dernier cas, la modification créée par l'environnement sera transmise aux descendants au même titre qu'une marque héritée.

Chez l’Homme, la méthylation de l’ADN s’effectue au niveau des résidus cytosines des îlots CpG (en), site CpG (en) qui se trouvent essentiellement dans les régions proximales des promoteurs de 60 % des gènes. Dans les cellules normales, ces îlots sont non méthylés, une petite portion devient méthylée pendant le développement rendant ainsi quelques gènes silencieux de manière stable.

Il existe une interdépendance entre la méthylation de l’ADN et celle des histones : on a montré une interaction entre certaines protéines à activité de méthylation de l’ADN et un système de méthylation des histones. Nous sommes donc en présence d’un lien direct entre les activités enzymatiques responsables de deux mécanismes épigénétiques distincts. L’épigénétique est donc un système régulateur fondamental au-delà de l’information contenue dans la séquence d'ADN. Le gène défini par Mendel doit maintenant être considéré avec la chromatine qui l’entoure puisqu’elle joue un rôle primordial dans la régulation transcriptionnelle et que, de plus, elle est héréditaire tout comme les gènes Mendéliens.

Prions[modifier | modifier le code]

Les maladies infectieuses ne sont pas habituellement décrites comme des régulateurs épigénétiques, mais l'infection et la transmission verticale de virus fonctionnent de manière identique. De plus, certains prions ont montré des effets[13] bénéfiques et, comme ils décrivent la nature adaptative des protéines, ils ont été décrits comme des mécanismes de transmission épigénétique.

Codage épigénétique et évolution[modifier | modifier le code]

L'épigénétique peut être interprétée comme une réminiscence de la transmission des caractères acquis admise depuis Aristote jusqu'à Weismann qui y mit un terme, en passant par Darwin, qui, contrairement à Lamarck et à l'opposé de ce que l'on croit généralement, en fit la théorie avec son "hypothèse de la pangénèse"[14], et dont l'admission s'est poursuivie en Union Soviétique avec Mitchourine et Lyssenko. Mais contrairement à ces anciennes théories, l'épigénétique admet la prééminence de la sélection naturelle et de l'altération aléatoire du génome[réf. nécessaire].

Effets épigénétiques possibles sur l'être humain[modifier | modifier le code]

Sans avoir identifié les porteurs de ces modifications transmissibles, des études sur les humains (étude du poids des nouveau-nés lors de la famine aux Pays-Bas en 1947[15], ainsi que chez leurs descendants), les drosophiles (larves soumises à des températures élevées)[16] ont montré l'influence de l'environnement sur la diversité du vivant.

Une étude faite sur une population dont étaient référencés tous les individus ainsi que leur alimentation en fonction des récoltes a montré qu'une grand-mère ayant vécu une famine transmet cette information à sa descendance et par conséquent modifie l'ADN de son petit-fils, qui peut développer des maladies alors qu'il n'a jamais connu de famine[17].

De même, les femmes enceintes durant les événements du 11 septembre 2001 ont montré que l'enfant possédait un taux de cortisol plus élevé[18].

Ce phénomène impliquerait que certaines maladies ne sont pas dues à une variation de la séquence d’ADN mais peut-être à des « épimutations ». Par exemple, une anomalie épigénétique serait impliquée dans plus de la moitié des cas de Syndrome de Silver-Russel[19]. Les mécanismes épigénétiques constitueraient de nouvelles cibles pour la mise au point de médicaments spécifiques. En attendant cette confirmation, nous pouvons déjà reconsidérer notre hérédité et défendre l’idée que nous ne sommes pas que le pur produit de nos gènes.

Épigénétique et cancer[modifier | modifier le code]

Le cancer est clairement une maladie des gènes. Chez l’Homme, l’incidence des cancers augmente exponentiellement dans les dernières décennies de la vie, avec un développement prédominant de carcinomes. Les cellules humaines en culture présentent un taux de mutations spontanées de 2.10-7 mutations par gène par division cellulaire. Étant donné la faible incidence spontanée de ces mutations, d’autres mécanismes doivent être mis en place pour entraîner l’apparition des cancers.
Plusieurs types de cancers sont associés à une réduction globale du taux de méthyl-cytosines dans le génome par rapport au tissu normal, alors que plusieurs gènes suppresseurs de tumeurs sont rendus silencieux par méthylation de novo de leur promoteur.
Des tumeurs peuvent maintenir stablement une mutation sur un allèle de gène alors que l'autre est hyperméthylé, et ainsi inactivé.
De plus, les gènes suppresseurs de tumeurs résident souvent au sein de régions caractérisées par des délétions fréquentes, aboutissant à une perte d’hétérozygotie (LOH).
Enfin, dans certaines de ces régions sont observés des événements épigénétiques au lieu d’une altération génétique.
Ces altérations épigénétiques, telles que méthylation de l’ADN et modifications des histones, semblent initier des processus qui résultent en une perte ou une activation de la transcription des gènes. Même une mutation peut être initialement due à un mécanisme épigénétique puisque, par exemple, une 5-méthyl-cytosine peut se désaminer (perte de la fonction amine) spontanément en thymine (autre base de l’ADN). Dans ce cas la cause primaire est un phénomène épigénétique. On espère donc un jour pouvoir traiter certains cancers par des médicaments ciblant les modifications épigénétiques (moins fixes que les modifications génétiques, et parfois réversibles).

Le terme d'épigénétique en psychologie[modifier | modifier le code]

Le psychologue Erik Erikson développa une « théorie épigénétique du développement humain » traitant des crises psycho-sociales vécues par l'individu, servant ainsi à décrire différentes étapes développementales entrecoupées par ces crises. Selon lui, même si ces crises ont le plus souvent une origine génétique, la manière dont elles se vivent ne peut être expliquée par la génétique et donc, en écho à la théorie en biologie, sont qualifiées d'épigénétiques.

Thérapeutique[modifier | modifier le code]

Thérapies épigénétiques[modifier | modifier le code]

Il existe aujourd’hui peu de thérapeutiques agissant directement sur l'épigénome. Plusieurs sont en cours d’études dans des essais cliniques ou ont été approuvées pour des types spécifiques de cancer.

Les analogues nucléosides comme la 5-azacytidine sont incorporés dans l’ADN en réplication. Ils inhibent ainsi la méthylation de l'ADN et réactivent des gènes silencieux. La 5-azacitidine a montré une efficacité dans des essais cliniques de phase 1 dans le traitement de syndromes myélodysplasiques et de leucémies, sièges d’une hyperméthylation génique.

Thérapies indirectement épigénétiques[modifier | modifier le code]

Une intervention indirecte sur l'épigénome consiste à moduler la disponibilité des groupements méthyles. Pour ce faire, il est possible :

Il a été proposé que la vitamine B12, l'acide folique, l'ADH, ainsi que le stress oxydatif avaient un rôle à jouer, via des modifications épigénétiques, dans les altérations de la neurogenèse observées chez les enfants prématurés[23].

Médicaments et drogues ayant des effets épigénétiques non-thérapeutiques[modifier | modifier le code]

Des médicaments et des drogues peuvent avoir des effets épigénétiques. Selon les évaluations les plus récentes, ces effets seraient fréquents. Par exemple, 5 % des médicaments connus interagissent avec l'histone désacétylase, qui n'est qu'un facteur de régulation épigénétique parmi d'autres. Parmi les médicaments et drogues ayant des effets épigénétiques indésirables, on peut mentionner certains des plus connus : le célécoxib, un anti-inflammatoire non stéroïdien, le citalopram et la fluoxétine, deux antidépresseurs sérotoninergiques, la tamoxifène, un régulateur des récepteurs de l’estrogène utilisé dans le traitement du cancer du sein, l'acide valproïque, une médicament indiqué dans de nombreuses pathologies neurologiques, et, parmi les drogues, la cocaïne et les opiacés. La liste est encore incomplète[24].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Emma Whitelaw est généticienne à l'Université de Sydney en Australie
  2. Fraga, M. F., Ballestar, E., Paz, M. F., Ropero, S., Setien, F., Ballestar, M. L., ... & Esteller, M. (2005) Epigenetic differences arise during the lifetime of monozygotic twins. Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America, 102(30), 10604-10609.
  3. Humpherys, D., Eggan, K., Akutsu, H., Hochedlinger, K., Rideout, W. M., Biniszkiewicz, D., ... & Jaenisch, R. (2001) http://mcdb.colorado.edu/courses/4790/Papers/Humpherys%20D2001Science29395-7.pdf Epigenetic instability in ES cells and cloned mice]. Science, 293(5527), 95-97.
  4. Thomas Jenuwein (Research institute of molecular pathology, Vienne, Autriche)
  5. Roger Arnaldez, René Taton, La science antique et médiévale. Des origines à 1450, Presses Universitaires de France,‎ 1994, p. 277
  6. Antoine Danchin, L'œuf et la poule. Histoires du code génétique, Fayard,‎ 1983, p. 11
  7. Scott F. Gilbert, Biologie du développement, De Boeck Supérieur,‎ 2004, p. 6
  8. Michel Gaudichon, L'homme, témoin de la créativité du vivant, L'Harmattan,‎ 2011, p. 34
  9. Morange M (2002), The relations between genetics and epigenetics: a historical point of view. Ann NY Acad Sci 2002; 981: 50-60.
  10. Claudine Junien et al. (2005), Epigénomique nutritionnelle du syndrome métabolique, Médecine/Sciences 2005, 21, 396/404
  11. (Michel Morange (2005), Quelle place pour l’épigénétique ? Médecine/Sciences 2005 ; 21 : 367-9 (PDF, 3 pages, 82,5 ko) M/S 2005, 21, 367-69
  12. François Képès (2005), L’épigénétique comme aspect de la post-génomique (222,5 ko) M/S 2005, 21, 371-76
  13. Exemple : Inhibition épigénétique relative de la réplication du prion par la biosynthèse in situ de l'hypodermine du Hypoderme (insecte)
  14. Darwin a exposé son hypothèse de la pangénèse en 1868 dans "De la variation des animaux et des plantes sous l'action de la domestication", cette hypothèse n'a pas été confirmée par l'observation. Voir (en) Pangenesis, voir De la variation des animaux et des plantes sous l'action de la domestication
  15. Épigénétique Arte, 09/04/2009 à 18:15 (Allemagne, Canada, Japon, 2008, 43 min) ZDF Réalisateur : Frank Papenbroock, Peter Moers
  16. Rapport d'activité de l'unité Biologie Cellulaire du Noyau, [PDF] « Yves Combarnous, Les HORMONES » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-04-08
  17. Il s'agit des travaux menés par Le généticien clinique Marcus Pembrey (institut de la santé infantile, University college de Londres) et Lars Olov Bygren (Université d'Umea, Suède). Voir l'article d'Hervé Morin paru dans le Monde « Une étude suédoise questionne le darwinisme » 28/12/2002
  18. Selon des recherches de Gerard Essed et Rachel Yehuda, voir respectivement Le stress rend les nouveau-nés plus petits et Après le choc
  19. Inserm (2005), Syndrome de Silver-Russel : une anomalie épigénétique en cause dans plus de 50% des cas (2 septembre 2005) (31,8 ko)
  20. (en) Ciappio ED, Liu Z, Brooks RS, Mason JB, Bronson RT, Crott JW, « Maternal B vitamin supplementation from preconception through weaning suppresses intestinal tumorigenesis in Apc1638N mouse offspring. », Gut,‎ 2011 (PMID 21659408, DOI 10.1136/gut.2011.240291, lire en ligne)
  21. (en) McKay JA, Wong YK, Relton CL, Ford D, Mathers JC, « Maternal folate supply and sex influence gene-specific DNA methylation in the fetal gut. », Mol Nutr Food Res,‎ 2011 (PMID 21770049, DOI 10.1002/mnfr.201100150)
  22. La disponibilité de l'acide gras oméga-3 ADH conditionne à son tour les concentrations des divers phospholipides
  23. a et b (en) Dhobale M, Joshi S, « Altered maternal micronutrients (folic acid, vitamin B(12)) and omega 3 fatty acids through oxidative stress may reduce neurotrophic factors in preterm pregnancy. », J Matern Fetal Neonatal Med,‎ 2011 (PMID 21609203, DOI 10.3109/14767058.2011.579209)
  24. J. Lötsch, G. Schneider, D. Reker, MJ. Parnham, P. Schneider, G. Geisslinger et A. Doehring, « Common non-epigenetic drugs as epigenetic modulators. », Trends Mol Med, vol. 19, no 12,‎ décembre 2013, p. 742-53 (PMID 24054876, DOI 10.1016/j.molmed.2013.08.006)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Andras Paldi, L’épigénétique est-elle lamarckienne ?, conférence à l’École normale supérieure du 29 juin 2009.
  • Edith Heard (en), Épigénétique et mémoire cellulaire, Fayard, 2013
  • (en) Jörg Tost, Epigenetics, Horizon Scientific Press,‎ 2008
  • (en) Richard C. Francis, Epigenetics. How Environment Shapes Our Genes, W. W. Norton & Company,‎ 2011
  • (en) Trygve Tollefsbol, Handbook of Epigenetics. The New Molecular and Medical Genetics, Academic Press,‎ 2010

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]