Glucocorticoïde

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Les glucocorticoïdes sont des corticostéroïdes qui ont une action sur le métabolisme protidique et glucidique. Les glucocorticoïdes naturels sont la cortisone et l'hydrocortisone (ou cortisol). Les glucocorticoïdes de synthèse sont soit à effets courts (le prednisone), soit à effets intermédiaires (paraméthasone), soit à effets prolongés (bétaméthasone).

Classification[modifier | modifier le code]

  • Les glucocorticoïdes naturels sont sécrétés par l'organisme humain à faibles doses et à un rythme circadien (70 % étant sécrétés entre 2 et 8 heures du matin[1]). La cortisone et le cortisol (ou hydrocortisone) - sont utilisés essentiellement dans l’hormonothérapie de substitution des insuffisances surrénales.
    L’hémisuccinate d’hydrocortisone a un effet très rapide et doit donc être réservé aux problèmes d’urgence.
  • Les glucocorticoïdes de synthèse ont une activité majorée pour permettre une meilleure action anti-inflammatoire et leurs effets minéralocorticoïdes sont très réduits. Ils sont utilisés dans les autres indications thérapeutiques (anti-inflammatoires, immunosuppressives, anti-allergiques) et sont définis en :
    • corticoïdes à effets courts (prednisone, prednisolone, méthylprednisolone) : de pouvoir anti-inflammatoire à 4-5 (mesuré par référence à celui du cortisol côté à 1) ;
    • corticoïdes à effets intermédiaires (triamcinolone, paraméthasone) : de pouvoir anti-inflammatoire à 5-10 ;
    • corticoïdes à effets prolongés (bétaméthasone, dexaméthasone, cortivazol) : de pouvoir anti-inflammatoire de 25-30 (jusqu’à 60 pour le cortivazol).

Historique[modifier | modifier le code]

Les glucocorticoïdes de synthèse sont des anti-inflammatoires connus depuis les années 1950, au cours desquelles ils ont pour la première fois été utilisés avec succès dans les maladies inflammatoires, et en particulier les affections rhumatismales[2].

Structure[modifier | modifier le code]

La structure des glucocorticoïdes est basée sur le noyau prégnane, sur lequel s'ajoutent des fonctions indispensables à l'activité biologique et des fonctions modulant cette activité.

Fonctions nécessaires à l'activité glucocorticoïde :

  • cétone (C=O) en 3 et en 20
  • double liaison en 4-5
  • alcool (OH) en 11

Quelques molécules (ajouter au prégnane les fonctions précédentes plus ...) :

  • cortisol (= hydrocortisone) : OH en 17α et 21
  • prednisolone : id cortisol + double liaison en 1-2
  • prednisone : id prednisolone sauf cétone en 11 (à la place de OH)
  • méthylprednisolone : id prednisolone + méthyl (CH3) en 6α
  • fludrocortisone (minéralocorticoïde, action comparable à l'aldostérone) : id cortisol + fluor (F) en 9α (9-alpha-fluorocortisol)

Action des glucocorticoïdes[modifier | modifier le code]

  • Augmentation du métabolisme glucidique et protidique
  • anti-inflammatoire
  • antipyrétique (font baisser la fièvre)
  • analgésique (lutte contre la douleur)
  • anti-allergique (action non immédiate contre les effets du contact avec un allergène chez un sujet allergique)
  • baisse des défenses immunitaires (utilité dans la lutte contre le rejet des greffes).

Mécanisme d'action[modifier | modifier le code]

Les glucocorticoïdes se fixent aux récepteurs des glucocorticoïdes (GR) du cytoplasme de la cellule. Ce type de récepteur est activé par une fixation du type ligand. Après qu'une hormone se fixe à son récepteur correspondant, le complexe récepteur-ligand formé pénètre dans le noyau cellulaire où il se fixe à de nombreux éléments de réponse aux glucocorticoïdes dans la région du promoteur des gènes-cibles. Le récepteur, ainsi fixé à la molécule d'ADN interagit avec les facteurs de transcription basiques, provoquant une augmentation de l'expression génique de gènes-cibles spécifiques. Ce processus est appelé transactivation et conditionne la plupart des effets secondaires métaboliques et cardiovasculaires des glucocorticoïdes.

Le mécanisme opposé est appelé transrépression. Le récepteur hormonal activé interagit avec des facteurs de transcription spécifiques et prévient la transcription des gènes-cibles. Les glucocorticoïdes sont capables d'empêcher la transcription de tous les gènes immuns, incluant celui codant IL-2.

Les glucocorticoïdes ordinaires ne font pas le distingo entre la transactivation et la transrépression, et influencent à la fois les gènes immuns "voulus" et ceux "non voulus" régulant les fonctions métaboliques et cardiovasculaires. Actuellement, les efforts de recherche visent à découvrir des glucocorticoïdes agissant sélectivement qui seraient capables de ne réprimer que le système immunitaire.

Tableau comparatif de l'efficacité des différents glucocorticoïdes[modifier | modifier le code]

Molécule Action glucocorticoïde Action minéralocorticoïde Durée d'action (demi vie, en heures)
Cortisol (Hydrocortisone) 1 1 8
Acétate de cortisone 0,8 0,8 voie orale 8, intramusculaire 18+
Prednisone 3,5-5 0,8 16-36
Prednisolone 4 0,8 16-36
Méthylprednisolone 5-7,5 0,5 18-40
Dexaméthasone 25-80 0 36-54
Bétaméthasone
(stéréoisomère de la Dexaméthasone)
25-30 0 36-54
Triamcinolone 5 0 12-36
Béclométasone 8 bouffées 4 fois par jour
correspondent à 14 mg
de prednisone (voie orale)
- -
Fludrocortisone 15 200 -
Acétate de désoxycorticostérone 0 20 -
Aldostérone 0,3 200-1000 -
Cortivazol 60 - 360 heures

Indications des glucocorticoïdes[modifier | modifier le code]

Les glucocorticoïdes de synthèse sont utilisés pour traiter de très nombreuses maladies allergiques, immunologiques ou cancéreuses[3]. Néanmoins, la grande majorité des patients recevant des glucocorticoides sont traités pour des maladies pulmonaires ou rhumatologiques[3].

Effets secondaires[modifier | modifier le code]

Les effets secondaires d'un traitement par glucocorticoïdes se rencontrent surtout en cas de traitement prolongé mais peuvent également, pour certains d'entre eux, apparaitre dès les tout premiers jours du traitement[4]. Certaines précautions (voir paragraphe suivant) peuvent permettre de les éviter ou d'en limiter leur risque[5]

Les effets secondaires principaux sont :

  • Troubles endocriniens : diabète, dérégulation de la synthèse naturelle de glucocorticoïdes à la fin du traitement, troubles du cycle menstruel (règles irrégulières), apparition (ou aggravation) d'une acné, pilosité excessive ou hypertrichose, fragilisation cutanée, ecchymoses.
  • Troubles digestifs : ulcère gastro-duodénal (les glucocorticoïdes augmentent la secretion d'acide par l'estomac), hémorragie digestive, sur ulcère gastro-duodénal, gastrite aigüe, entérite ou colite, pancréatite aiguë.

Précautions d'emploi[modifier | modifier le code]

Les précautions d'emplois sont donc systématiques dans les traitement longs, à dose élevée. Dans ce cas, on prescrit les mesures suivantes :

Régime alimentaire et supplémentations[modifier | modifier le code]

  • apports de calcium (prévention des fractures)
  • apports de vitamine D (même remarque)
  • apports de potassium parfois
  • le régime alimentaire à suivre n'est pas très bien connu[6]

Bilan avant de commencer le traitement[modifier | modifier le code]

Par ailleurs, il convient de toujours rechercher un ulcère (et de le traiter le cas échéant), des troubles psychiatriques, une ménopause, une hypertension (la rétention d'eau et de sodium liée aux glucocorticoïdes augmente le volume sanguin, et donc la tension), une infection virale ou bactérienne.

Pendant le traitement[modifier | modifier le code]

  • Surveiller le poids, la pression artérielle, l'état cutané, la glycémie, la tolérance et la bonne prise du traitement.
  • Les glucocorticoïdes, pour mimer la libération naturelle de leur équivalent non-synthétique, doivent la plupart du temps être pris en une seule prise, le matin.
  • En cas de stress (infection, opération chirurgicale, traumatisme) : une augmentation des doses est indispensable (physiologiquement, ces états introduisent une augmentation des hormones surrénaliennes).

Fin du traitement[modifier | modifier le code]

Afin d'éviter de perturber la synthèse naturelle de glucocorticoïdes par la glande surrénale, il faut toujours arrêter le traitement très progressivement si ce dernier a été prolongé : plusieurs paliers de 8 à 15 jours, en surveillant la fonction surrénalienne par des tests sanguins réguliers.

Prescription d'une corticothérapie[modifier | modifier le code]

Compte tenu de la diversité des indications de traitement à base de corticoïdes (corticothérapie), de l'importance d'adapter celle-ci à la réponse clinique et aux effets secondaires rencontrés, il n'existe pas de schéma standard de prescription. Le protocole suivant permet de fixer quelques règles [7]:.

Corticothérapie en cure courte[modifier | modifier le code]

Sur une durée brève, de 10 à 15 jours suivant les références, il est possible d'instaurer et d'arrêter une corticothérapie avec un risque modéré d'effets secondaires. Les règles suivantes doivent néanmoins être respectées :

  • a la mise en route, examen clinique et interrogatoire, mais pas de bilan biologique
  • pas de traitement adjuvant
  • durée de traitement de 10 à 15 jours maximum
  • glucocorticoïdes de demi vie brève : prednisone, prednisolone ou methylprednisolone
  • en une prise unique le matin
  • 0,5 à 1 mg·kg-1 du premier au dernier jour.

Corticothérapie prolongée, phase de décroissance[modifier | modifier le code]

Il est plus que conseillé en cas de corticothérapie sur plusieurs années, de diminuer très progressivement ; 1 mg tous les deux mois, puis stabilisation à 5 mg 3 ou 4 mois, puis à nouveau 1 mg tous les deux mois jusqu'à arrêt total.

Corticothérapie prolongée, phase de sevrage[modifier | modifier le code]

Risques du sevrage :

  • une insuffisance surrénalienne
  • une reprise de la maladie sous-jacente.

NB : Une cure de moins de 2 semaines de cortisone par voie générale ne nécessite pas de sevrage progressif.

Protocole de sevrage de la corticothérapie (suggestion à adapter au contexte)

Diminuer la posologie de prednisone de :

  • 10 mg/semaine tant que la posologie est > 40 mg/j
  • 5 mg/semaine lorsqu'elle est entre 20 et 40 mg/j
  • 2,5 mg/semaine en dessous de 20 mg/j
  • Sevrage complet dès 5 à 7,5 mg de prednisone/j, si l'affection est stable

Contre-indications[modifier | modifier le code]

Il n'existe aucune contre-indication formelle à une corticothérapie brève et vitale. Dans les autres cas, où les glucocorticoïdes peuvent être remplacés par d'autres médicaments, on évitera de les prescrire dans les circonstances suivantes :

  • grossesse, allaitement
  • maladie virale grave en évolution (herpès, zona, hépatite virale aiguë) car les glucocorticoïdes entraînent une baisse de l'inflammation et de l'immunité nécessaire à la lutte contre ces infections,
  • ulcère gastro-duodénal en évolution (c'est-à-dire non traité),
  • cirrhose sévère
  • goutte
  • états psychotiques
  • certaines parasitoses (anguillulose,...)

Exemples de médicaments[modifier | modifier le code]

béclométasone[modifier | modifier le code]

bétaméthasone[modifier | modifier le code]

stéréoisomère de la dexaméthasone

  • En France : Célestène, Célestamine

dexaméthasone[modifier | modifier le code]

stéréoisomère de la bétaméthasone

  • en France : Aphilan, Arthrisone, Bacicoline, Calmicort, Colofoam, Cortapaisyl, Cortexan Framycetine, Dermaspraid, Dermofenac, Efficort et Hydracort, Locoid, Madecassol, Mitocortyl, Propylor, Septomixine

prednisolone[modifier | modifier le code]

  • en Belgique : Pred Forte (acétate : collyre), Ultracortenol (acétate : collyre ; pivalate : onguent ophtalmique)
  • en France : Cortisal, Cortisomol, Deliproct, Dérinox, Déturgylone, Hydrocortancyl et Solupred
  • en Suisse : Hexacortone, Pred Forte/Pred Mild, Prednisolone Galepharm, Prednisolone Streuli, Prednisolone-P Streuli, Spiricort, Succinate de Prednisolone Streuli, Ultracortène H hydrosoluble, Ultracortenol

prednisone[modifier | modifier le code]

  • en Belgique : (aucune spécialité)
  • en France : Cortancyl
  • en Suisse : Prednisone Galepharm, Prednisone Streuli

tixocortol[modifier | modifier le code]

  • en Belgique : (aucune spécialité)
  • en France : Pivalone, Oropivalone (commercialisation arrêtée) et Thiovalone
  • en Suisse : Pivalone

triamcinolone et triamcinolone acétonide[modifier | modifier le code]

  • en Belgique : Albicort®, Delphi®, Kenacort® A
  • en France : Cidermex, Corticotulle Lumière, Kenacort, Kenalcol, Localone, Nasacort, Pevisone
  • en Suisse : Kenacort®, Nasacort®, Triamcort® Dépôt

Notes et références[modifier | modifier le code]