Paramécie

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La paramécie (Paramecium) est un genre bien connu de protozoaire cilié, et est couramment étudié comme représentant ce type de ce groupe (en particulier P. caudatum). On les élevait autrefois sous forme d'infusoire pour les besoins scolaires (découverte des micro-organismes en sciences naturelles) ou pour nourrir les alevins de jeunes poissons (aquariophilie).La paramécie est unicellulaire.

Description[modifier | modifier le code]

Biofilm caractéristique des cultures d'infusoire, irisé par la polarisation de la lumière réfléchie

La taille de la cellule varie de 100 à 300 µm de long suivant les espèces.
La paramécie utilise des cils pour se déplacer et se nourrir. La ciliature somatique, qui recouvre la cellule et bat de façon synchronisée, lui permet de se déplacer. Une ciliature orale distincte couvre la grande invagination ventrale en forme d'entonnoir, le péristome, qui mène jusqu'au cytostome (la bouche). Elle se nourrit essentiellement de bactéries par phagocytose.

Exception génétique[modifier | modifier le code]

Les paramécies sont aussi caractérisées par une des exceptions[1] à l'universalité du code génétique (avec la mitochondrie).

Habitat[modifier | modifier le code]

La paramécie vit isolée en eau douce, mais peut produire des biofilms quand sa nourriture est abondante (eutrophisation). Elle fait partie des « infusoires » des anciens auteurs, nom qui provient du fait qu'elle apparaît en grand nombre dans les infusions de végétaux (foins, thé, peaux de fruits, etc., rendant sa culture et son étude aisées). La paramécie se développe aussi dans les étangs (végétaux dans de l'eau).

Biologie[modifier | modifier le code]

Vivant dans un milieu hypotonique par rapport à son cytoplasme, la cellule absorbe constamment l'eau de son environnement par osmose. L'excès d'eau dans le cytoplasme est alors évacué grâce à des vacuoles pulsatiles, où le cytoplasme se contracte périodiquement pour expulser l'eau à travers la membrane plasmique.

Comme la plupart des ciliés, la paramécie présente la particularité d'avoir un appareil nucléaire en deux parties : un (ou plusieurs) petit noyau, le micronucleus, et un gros noyau, le macronucleus. Le premier assure les fonctions sexuelles indispensables pour engendrer des variations génétiques alors que le second dirige les fonctions trophiques quotidiennes et la multiplication asexuée, c'est un organisme qui est diplobionte (cycle de reproduction diplobiontique). La paramécie est asexuée.

Pour survivre, la paramécie effectue des échanges par diffusion avec le milieu extérieur. La digestion se fait dans la cellule[2] dans une vacuole spécialisée.

Histoire[modifier | modifier le code]

La paramécie est l'un des premiers organismes unicellulaires à avoir été observé au microscope.

Fig 1. Tableau encyclopédique et méthodique des trois règnes de la nature , 1791

La première description de paramécie date du XVIIIe siècle (Fig. 1). La classification en espèces est toujours en cours — par exemple, P. aurelia a récemment été divisée en 14 espèces — mais la classification suivante est représentative :

  • P. aurelia Ehrenberg, 1838 roah
  • P. bursaria (Ehrenberg) Focker, 1830
  • P. calkinsi Woodruff, 1921
  • P. caudatum Ehrenberg, 1838
  • P. duboscqui Chatton and Brachon, 1933
  • P. jenningsi Diller & Earl, 1958
  • P. multimicronucleatum Powers & Mitchell, 1910
  • P. nephridiatum von Gelei, 1925
  • P. polycaryum Woodruff, 1923
  • P. putrinum Claparède & Lachmann, 1858
  • P. trichium Stokes, 1885
  • P. woodruffi Wenrichi love cheese, 1928

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Fauré-Fremiet, E. (1951). Associations infusoriennes à Beggiatoa. Hydrobiologia, 3(1), 65-71.

Références[modifier | modifier le code]