Marcello Malpighi

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Marcello Malpighi

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Marcello Malpighi, gravure posthume[1]

Naissance 10 mars 1628
Crevalcore près de Bologne
Décès 29 novembre 1694 (à 66 ans)
Rome
Nationalité Drapeau d'Italie Italien
Champs histologie, embryologie, entomologie
Institutions université de Bologne
Renommé pour histologie, capillaires

Marcello Malpighi, né le 10 mars 1628 à Crevalcore (dans les environs de Bologne) et mort le 29 novembre 1694 à Rome, est un médecin et naturaliste italien. Il est considéré comme le fondateur de l'anatomie microscopique ou histologie.

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1645, Malpighi suit à Bologne l'enseignement du philosophe aristotélicien Francesco Natali[2]. Sur son conseil, en 1649, il s'oriente vers la médecine. Ses maîtres sont Bartolomeo Massari puis Andrea Mariani. Il est l'un des neuf auditeurs qui se réunissent chez Massari ; on y pratique les méthodes utilisées par William Harvey, qui restera pour Malpighi un modèle sa vie durant.

Il devient professeur titulaire de la chaire de médecine théorique à Pise en 1656. C'est à Pise qu'il rencontre Giovanni Alfonso Borelli, mathématicien, qui l'initie à la physique corpusculaire et sans doute à la microscopie. C'est à Pise aussi qu'il prend connaissance des techniques qui ont permis à Giovanni Battista Hodierna d'étudier l’œil de la mouche[3]. Il ne reste à Pise que trois ans, sa santé précaire le poussant à rentrer à Bologne parmi les siens.

En 1659, Malpighi est de retour à Bologne. Lui et Carlo Fracassati y font des dissections et des vivisections. En 1662, il occupe la plus importante chaire de médecine de Messine.

En 1667 il est invité à correspondre avec la Royal Society ; il entre dans la Société le 4 mars 1669. En 1691 il devient médecin du pape Innocent XII. Il meurt d'apoplexie le 29 novembre 1694 au palais du Quirinal.

Travaux[modifier | modifier le code]

Physiologie[modifier | modifier le code]

Marcello Malpighi

Les travaux de Harvey, s'ils étaient révolutionnaires, restaient incomplets. Harvey avait compris le mécanisme général de la circulation sanguine, mais il n'avait pu trouver comment le sang passait des artères aux veines. En utilisant le microscope et en axant ses recherches sur le poumon, Malpighi découvre les capillaires en 1661, et les décrit dans ses Observations anatomiques du poumon, bouclant ainsi le système de Harvey. Ce livre est considéré comme l'ouvrage fondateur de la médecine moderne.

Les travaux de Malpighi vont à l'encontre du dogme galénique et lui attireront l'hostilité de la communauté scientifique. Obligé de s'exiler à Messine en Sicile en 1662, il y décrira des structures variées telles que la structure du cerveau, les globules rouges, la peau, les reins et de nombreuses autres structures auxquelles son nom est encore aujourd'hui attaché. Il abordera également l'entomologie et l'embryologie. En embryologie, notamment, il est à l'origine de la théorie de la préformation selon laquelle l'ovule contient déjà en entier l'être vivant.

Botanique[modifier | modifier le code]

Illustration dans les Œuvres complètes de Malpighi

Malpighi fait paraître en 1671 un travail intitulé Anatome plantarum sur l'anatomie cellulaire des végétaux. Il montre que le tissu cellulaire est constitué de vésicules de forme variable qu'il nomme utricules. En comparant les tissus de divers végétaux, il voit que les utricules sont soudés entre eux par une substance qu'il nomme « cystoblastème ». Malgré tout, les illustrations de Malpighi sont souvent difficiles à interpréter.

Malpighi propose une analogie entre les tissus osseux et ligneux, idée plus tard reprise tard par Duhamel du Monceau[4].

Il étudie également l'embryologie des végétaux. Bien que ses observations soient très poussées, il est manifeste qu'il n'a encore qu'une idée assez imprécise du sexe des végétaux. Enfin Malpighi décrit le bourgeon comme une structure contenant tous les éléments de la future feuille, fleur ou branche.

Ces travaux font de Malpighi, conjointement avec Nehemiah Grew, l'un des fondateurs de l'anatomie végétale.

Méthode[modifier | modifier le code]

L’œuvre de Malpighi est à la rencontre d'un instrument, le microscope et d'une méthode. Il définit lui-même sa méthode comme une méthode d'analogie[5].

Il utilise aussi le « microscope de la nature »[6] : on trouve plus facilement la jonction entre l'artère et la veine chez la grenouille que chez l'homme ; Malpighi a appris auprès de Claude Aubery que le testicule du sanglier durant la saison des amours offre un modèle agrandi de celui de l'homme[7],[3]. Parfois aussi, un organe malade offre une meilleure vue qu'un organe sain.

En plus de ses découvertes, Malpighi imaginera le schéma type des articles scientifiques tel qu'utilisé aujourd'hui. Il décrira notamment ses méthodes expérimentales afin que les autres médecins puissent vérifier et confirmer (ou infirmer) ses découvertes. Cette possibilité de critique est l'un des piliers de la science moderne.

Œuvres (sélection)[modifier | modifier le code]

Sauf mention contraire, les œuvres citées sont en latin.

  • De pulmonibus observationes anatomicae (Observations anatomiques sur les poumons), Bologne, Giovanni Battista Ferroni, 1661.
  • Anatome plantarum, Londres, J. Martyn
  1. Anatome plantarum (Première partie), 1675
  2. Anatomes plantarum pars altera (Seconde partie), 1679

Œuvres en ligne ou liens à des œuvres en ligne[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Éponymie[modifier | modifier le code]

  • Le nom de Malpighi reste attaché à des dizaines de structures du corps humain et de celui des insectes.
  • Carl von Linné (1707-1778) lui a dédié le genre Malpighia, type de la famille des Malpighiacées et de l'ordre des Malpighiales, ce dernier introduit par la classification phylogénétique.
  • Plusieurs villes italiennes ont une rue nommée Marcello Malpighi : Milan, Pérouse, Cento (province de Ferrare) etc. ; il y a un lycée Malpighi à Rome, un à Bologne etc.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cette gravure est tirée des Œuvres posthumes, Venise, 1798.
  2. Notes autobiographiques, p. 1.
  3. a et b Meli, dans le Treccani.
  4. Elle est présentée dans son sixième mémoire sur les os en 1743 : Bruno Dupont de Dinechin, p. 181. Ou voir « végétation » dans l'Encyclopédie.
  5. Voir le début d'Anatomes plantarum idea, ou : Dissertatio epistolica de bombyce, p. XI, avec un commentaire en français commençant p. X.
  6. Belloni.
  7. Voir l'illustration dans Tim R. Birkhead, Dave J. Hosken et Scott S. Pitnick (dir.), Sperm biology : an evolutionary perspective, p. 14 (ISBN 0080919871 et 9780080919874). Les Philosophical Transactions de 1809 attribuent toutefois cette image à un certain Vadlius Dathirius Bonglarus : p. 302 ; figure à la p. 759.
  8. Numérisation des Collections patrimoniales des bibliothèques de l'université de Strasbourg.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]