Lev Yachine

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Lev Yachine
Lev Yashin.jpg
Lev Yachine (1965)
Biographie
Nom Lev Ivanovitch Yachine
Nationalité Drapeau de l’URSS soviétique
Naissance 22 octobre 1929
Lieu Moscou, RSFS de Russie
Drapeau de l’URSS Union soviétique
Décès (à 60 ans)
Lieu Moscou, RSFS de Russie
Drapeau de l’URSS Union soviétique
Taille 1,89 m
Période pro. 1950 - 1970
Poste Gardien de but
Parcours professionnel 1
Saisons Club M. (B.)
1950-1970 URSS Dynamo Moscou 526 (0)
Sélections en équipe nationale 2
Années Équipe M. (B.)
1954-1967 URSS Union soviétique 78 (0)
1 Compétitions officielles nationales et internationales.
2 Matchs officiels.

Lev Ivanovitch Yachine (en russe : Лев Иванович Яшин), né le 22 octobre 1929 à Moscou (Union soviétique) et mort dans cette même ville le 21 mars 1990, est un joueur de football soviétique. Il évoluait au poste de gardien de but.

Il est le seul gardien à avoir remporté le Ballon d'or, qui lui est attribué en 1963. Yachine a passé toute sa carrière au Dynamo Moscou. Médaillé d'or aux Jeux olympiques de 1956, il a également remporté le Championnat d'Europe en 1960 et disputé trois Coupes du monde avec l'équipe d'URSS.

Avec 270 matchs officiels sans encaisser de but sur 812 , il est le gardien ayant le meilleur ratio de matchs officiels sans encaisser de but de l'histoire du football devant Iker Casillas avec 231 matchs officiels sans encaisser de but sur 795[1],[2],[3].

En 1999, Yachine est nommé par l'IFFHS « meilleur gardien du siècle » à la fois en Europe[4] et au niveau mondial[5]. Il fut par ailleurs vice-président de la Fédération soviétique de football.

Carrière[modifier | modifier le code]

En club[modifier | modifier le code]

À 13 ans, Lev Yachine entre comme apprenti dans l'usine qui emploie ses parents à Touchino, dans la banlieue de Moscou. Il pratique le football à partir de 1945 dans l'équipe de l'usine[6]. D'abord joueur de champ, il finit par adopter le poste de gardien de but et est remarqué par Arkady Chernyshev, entraîneur de l'équipe de hockey sur glace du Dynamo Moscou[7].

Lev Yachine effectue ses débuts pour le club moscovite en 1950. Dans l'équipe de football le poste de gardien est occupé par Alexei Khomich, également portier de l'équipe d'URSS, qui le relègue durablement sur le banc des remplaçants. Sa situation est aggravée par les erreurs qu'il commet dans l'un de ses premiers matchs[6],[8]. Yachine dispute seulement quelques rencontres durant ses premières années au club[9], il joue avec l'équipe réserve et garde également les buts de l'équipe de hockey du Dynamo. Prenant la suite de Khomich, transféré au Spartak Minsk[10], Yachine s'impose à partir de 1953 dans les buts de l'équipe de football. Il passe toute sa carrière au Dynamo, club pour lequel il dispute 526 matchs dans le championnat d'URSS entre 1950 et 1970. Il remporte l'épreuve à cinq reprises, ainsi que trois Coupes d'URSS[7],[11]. Cependant, à l'époque de Yachine, le Dynamo n'a pas pris part aux compétitions européennes[6].

En équipe nationale[modifier | modifier le code]

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Lev Yachine effectue ses débuts internationaux en 1954 et compte 78 sélections en équipe d'URSS[10]. Avec l'équipe soviétique, il est médaillé d'or aux Jeux de Melbourne en 1956, n'encaissant que deux buts en quatre matchs lors du tournoi[12]. L'URSS participe à la première édition du championnat d'Europe des nations (alors Coupe d'Europe des nations), organisée en 1960. Yachine se montre décisif durant la finale disputée face à la Yougoslavie, parant notamment les coups francs de l'attaquant Bora Kostić, et les Soviétiques s'imposent durant la prolongation grâce à un but inscrit par Viktor Ponedelnik[13]. En 1964 ils atteignent la finale et s'inclinent face à l'Espagne. À l'issue de ces deux tournois, Yachine est retenu dans l'« équipe type » désignée par l'UEFA[14].

Yachine garde également les buts soviétiques à treize reprises en l'espace de trois Coupes du monde[15]. En 1958 et 1962, l'équipe d'URSS passe le premier tour et est éliminée en quarts de finale. En 1962, il tient sa place alors qu'il souffre d'un traumatisme crânien[6] ; il commet des erreurs devant la Colombie et le pays hôte, le Chili[16]. À l'issue de la compétition, le quotidien sportif L'Équipe estime que la fin de sa carrière se profile[17],[11]. Toutefois, le portier soviétique retrouve par la suite son meilleur niveau. L'URSS atteint les demi-finales de la Coupe du monde en 1966 et, à 36 ans, Yachine est élu meilleur gardien du tournoi[7],[11]. Il ne dispute pas les deux premiers matchs mais se distingue ensuite, notamment face à l'Italie lors du premier tour, puis en quarts de finale devant la Hongrie[16]. Enfin, Yachine fait partie de la sélection soviétique lors de la Coupe du monde 1970. Alors âgé de 40 ans, il est appelé en tant que titulaire mais préfère laisser sa place à un jeune gardien[18].

Matches de gala[modifier | modifier le code]

Le stade Loujniki de Moscou.

Lev Yachine a représenté la FIFA à plusieurs reprises lors de matchs de galas. En octobre 1963, la fédération anglaise organise une rencontre amicale pour fêter son centenaire. Yachine garde les buts d'une sélection mondiale qui compte notamment dans ses rangs Alfredo Di Stéfano, Ferenc Puskás et le Brésilien Djalma Santos. Ils sont opposés à l'équipe d'Angleterre, qui l'emporte sur le score de 2-1. Les journalistes internationaux présents à Wembley élisent Jimmy Greaves « homme du match », devant le portier soviétique[19]. En 1968, il participe à un match amical organisé pour célébrer le dixième anniversaire de la première victoire brésilienne en Coupe du monde. Au stade Maracanã, l'équipe du Brésil bat sur le score de 2-1 l'équipe de la FIFA formée de joueurs européens et sud-américains, notamment l'Allemand Franz Beckenbauer et l'Argentin Roberto Perfumo[20].

En avril 1965, de grandes figures du football tels Yachine, Di Stéfano, Puskás, ou encore Josef Masopust, sont invités à Stoke-on-Trent pour le jubilé de Stanley Matthews, le premier lauréat du Ballon d'or[21]. Le match d'adieu de Lev Yachine est organisé au stade Loujniki en mai 1971. À cette occasion, le Dynamo rencontre devant 100 000 spectateurs une sélection internationale composée entre autres du Britannique Bobby Charlton et de l'Allemand Gerd Müller, ainsi que de joueurs d'Europe de l'Est, tels le Polonais Wlodzimierz Lubanski et le Bulgare Hristo Bonev[22],[23].

Impact sur le monde du football[modifier | modifier le code]

Style et influence sur le jeu[modifier | modifier le code]

Lev Yachine fait partie des premiers gardiens de football à boxer les tirs qu'il juge trop difficiles à maîtriser, au lieu d'essayer de les stopper. Il innove aussi en relançant immédiatement le ballon après avoir effectué un arrêt, pour permettre à son équipe de contre-attaquer rapidement[7]. Il s'entraîne afin de mieux contrôler et passer le ballon au pied, durant les matchs il s'avance parfois en dehors de la surface de réparation pour contrer les passes adverses adressées en profondeur[17].

Son envergure et sa traditionnelle tenue noire lui valent de nombreux surnoms tels que la « panthère noire » ou l'« araignée noire »[6]. Sa souplesse lui permet d'être performant sur les tirs à ras de terre, malgré sa grande taille[17]. Yachine excelle également dans l'exercice des coups de pied de réparation, la presse rapporte qu'il aurait arrêté 150 penalties durant sa carrière[7],[18]. Interrogé à propos du portier moscovite, le gardien britannique Gordon Banks énumère ses principales qualités : « Il faisait de grands arrêts, savait réduire les angles de tir et intercepter les centres aériens. » (« He made great saves, knew his angles, and could take crosses. ») Selon Gordon Banks, le Soviétique était le meilleur à son poste[11]. Pour Sepp Maier, Yachine est « un des très rares gardiens qui était excellent dans tous les domaines, sur sa ligne, dans la surface de réparation, etc. » Le Moscovite a d'ailleurs servi de modèle au portier allemand, ou encore au Britannique Peter Shilton[24]. Le buteur portugais Eusébio, qui l'a affronté lors de la Coupe du monde 1966, considère que Yachine « est encore le meilleur gardien de but au monde. »[23] C'est en hommage à Lev Yachine que le gardien de but et international français Fabien Barthez a porté durant sa carrière une tenue noire.[réf. nécessaire]

Lev Yachine reste une référence en Russie, l'ancien auquel sont comparés les meilleurs gardiens de but du moment, comme Rinat Dasaev durant les années 1980, ou encore Igor Akinfeev dans les années 2000. Les gardiens totalisant 100 matchs sans encaisser de but dans leur carrière professionnelle font, selon l'expression russe, leur entrée dans le « club Yachine »[25].

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

En 1963, Yachine reçoit le Ballon d'or, qui à l'époque est décerné au meilleur joueur européen de l'année. Il est à ce jour le seul gardien de but à avoir reçu ce prix[17],[11]. Durant sa carrière, le jury composé de journalistes sportifs le classe à quatre reprises dans les cinq premiers[26]. Il reçoit à six reprises le prix du « gardien de but Européen de l'année », qui est attribué au gardien le mieux classé lors du scrutin[18].

En 1998, Yachine figure dans la « sélection du XXe siècle » établie par un jury de vingt-quatre journalistes réunis par un des sponsors de la Coupe du monde 1998[27]. En 1999, lors des « votes du siècle », le jury d'historiens du football et de journalistes spécialisés constitué par l'IFFHS le nomme « meilleur gardien du siècle » à la fois en Europe[4] et au niveau mondial[5]. Lors des deux votes, le moscovite devance l'italien Dino Zoff et le britannique Gordon Banks. Il reçoit également le prix du « meilleur gardien de but soviétique du siècle ». La même année, il est retenu dans la liste des cent meilleurs joueurs de l'histoire établie par World Soccer[18],[28]. Le magazine France Football interroge trente lauréats du Ballon d'or afin de désigner le « joueur du siècle ». Yachine apparaît à la dixième place, il recueille le même nombre de votes que le buteur allemand Gerd Müller[18],[28].

En 2002, le portier moscovite fait partie de l'équipe réunissant les meilleurs joueurs de l'histoire du football composée par les internautes sur le site fifaworldcup.com[29]. En 2004, à l'occasion du jubilé de l'UEFA, l'association organise un vote pour désigner « 52 Joueurs en or ». Chaque fédération européenne sélectionne un joueur l'ayant représenté, le choix de la Fédération de Russie se porte sur Lev Yachine[30]. Par la suite, les internautes sont invités à voter pour les joueurs figurant sur la liste ainsi constituée. Ils classent Yachine à la 8e place, entre l'attaquant portugais Eusébio et le meneur de jeu français Michel Platini[23],[31].

Lev Yachine est désigné « meilleur gardien d'URSS » par le magazine russe Ogonyok en 1960, 1963 et 1966[32]. Il est décoré de l'Ordre de Lénine en 1967[16] et reçoit le titre honorifique d' Héros du travail socialiste en 1990. En 1999 il est élu « sportif russe du siècle » par un jury composé de journalistes sportifs, devant le lutteur Alexandre Kareline et le hockeyeur Vsevolod Bobrov[33],[11]. Une statue le représentant a été édifiée devant le stade du Dynamo Moscou[6].

Le trophée Lev Yachine[modifier | modifier le code]

Le trophée du meilleur gardien de but de la Coupe du monde de football, créé en 1994, porte son nom. Il est décerné par un jury constitué d'anciens joueurs et d'entraîneurs membres du groupe d'étude technique de la FIFA. Le trophée Lev Yachine a été attribué à Michel Preud'homme en 1994, à Fabien Barthez en 1998, Oliver Kahn en 2002, Gianluigi Buffon en 2006 et Iker Casillas en 2010[23].

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

Lev Yachine est inhumé au cimetière Vagankovo, à Moscou.

En dehors du football et du hockey, Lev Yachine pratique de nombreux sports tels que l'escrime, le basket-ball, la boxe, le tennis et le water polo[6]. Il est amputé d'une jambe en 1986 et meurt en 1990 des suites d'un cancer de l'estomac[11].

Palmarès[modifier | modifier le code]

Statistiques[34][modifier | modifier le code]

  • 326 matchs disputés dans le championnat d'URSS (mais qui correspondent à 494.58 matchs en championnat à 38 matchs) avec le Dynamo Moscou entre 1950 et 1970 ;
  • 812 matchs officiels disputés durant sa carrière, dont 270 sans encaisser de but[35] ;
  • 150 penalties stoppés dans sa carrière.

Récompenses individuelles[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://notbottomline.wordpress.com/tag/iker-casillas/
  2. http://www.bbc.co.uk/sport/0/football/18614626/
  3. http://russiateam.com/legends/yashin.htm
  4. a et b Meilleur gardien de but européen du siècle sur le site de l'IFFHS
  5. a et b Meilleur gardien de but mondial du siècle sur le site de l'IFFHS
  6. a, b, c, d, e, f et g [PDF] Newsletter officielle de l'Euro 2008 #01, p.38-41, UEFA,
  7. a, b, c, d et e (en) « Lev Yashin, the best goalkeeper of the 20th century », Voix de la Russie,
  8. « Le réserviste du général », L'Humanité,
  9. Fiche de Lev Yachine sur le site du journal L'Équipe
  10. a et b « Anniversaires : 22 octobre », UEFA,
  11. a, b, c, d, e, f et g (en) « The path of the 'Panther' », BBC,
  12. Tournoi de football des Jeux de Melbourne 1956 sur le site de la FIFA
  13. Compte rendu de la finale de l'Euro 1960 sur le site de l'UEFA
  14. (en) European Championships - UEFA Teams of Tournament sur le site de la RSSSF
  15. Performances de Lev Yachine en compétitions FIFA sur le site de la FIFA
  16. a, b et c (en) Portrait de Lev Yashin, CNN,
  17. a, b, c et d « Lev Yachin : Justice est faite », France Football,
  18. a, b, c, d et e (en) Richard Witzig, The Global Art of Soccer, CusiBoy Publishing, 2006, p.134 (ISBN 0977668800)
  19. (en) « Caught in Time: England 2, Rest of the World 1, 1963 », The Sunday Times,
  20. (en) FIFA XI Matches sur le site de la RSSSF
  21. (en) « Sir Stanley Matthews' Testimonial remembered », BBC,
  22. « Les grands matchs de Moscou », UEFA,
  23. a, b, c et d « Yashin mérite bien plus que du respect », UEFA,
  24. « Yachine : L'émotion partagée », L'Humanité,
  25. (en) « Why all Russians want to be goalkeepers », The Guardian,
  26. (en) European Footballer of the Year ("Ballon d'Or") sur le site de la RSSSF
  27. (en) « A Wave of Enthusiasm for the Lingua Franca of Kicking a Ball : From Pele and the Streets, Hope », International Herald Tribune,
  28. a et b (en) The Best x Players of the Century/All-Time sur le site de la RSSSF
  29. (en) « Maradona beats Pele and Beckenbauer in poll to decide all-time greatest team », The Independent,
  30. « Des Joueurs en or au centre de la scène », UEFA,
  31. Résultats du sondage du jubilé de l'UEFA sur le site de l'UEFA,
  32. (ru) « Тройное попадание », Ogonyok,
  33. (es) « Eligen a la Yashin mejor deportista ruso del siglo », Terra Networks,
  34. Statistiques du joueur sur National Football Teams
  35. http://russiateam.com/legends/yashin.html
  36. (en) FIFA DREAM TEAM: Maradona voted top player sur The Indian Express, 19 juin 2002

Liens externes[modifier | modifier le code]

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