Roberto Baggio

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Roberto Baggio
Roberto Baggio cropped.jpg
Baggio en 2013
Biographie
Nationalité Drapeau de l'Italie Italie
Naissance 18 février 1967 (47 ans)
Lieu Caldogno (Italie)
Taille 1,73 m (5 8)
Poste Attaquant ou milieu offensif
Parcours professionnel 1
Saisons Club M. (B.)
1982–1985 Drapeau : Italie Vicence 046 0(15)
1985–1990 Drapeau : Italie Fiorentina 135 0(55)
1990–1995 Drapeau : Italie Juventus 200 (115)
1995–1997 Drapeau : Italie AC Milan 087 0(49)
1997–1998 Drapeau : Italie Bologne 033 0(23)
1998–2000 Drapeau : Italie Inter Milan 058 0(15)
2000–2004 Drapeau : Italie Brescia 098 0(45)
19822004 Total 657 (317)
Sélections en équipe nationale 2
Années Équipe M. (B.)
1988–2004 Drapeau : Italie Italie 056 0(27)
1 Compétitions officielles nationales et internationales.
2 Matchs officiels.

Roberto Baggio est un ancien footballeur italien, né le 18 février 1967 à Caldogno, près de Vicenza. Il évoluait au poste d'attaquant ou de milieu offensif.

Ballon d'or et Meilleur footballeur de l'année FIFA en 1993, il est considéré comme l'un des meilleurs attaquants italiens de l'histoire et un des plus grands joueurs de football de tous les temps. Il est listé parmi les FIFA 100, une liste des 125 meilleurs joueurs mondiaux encore vivants en 2004, dans un classement conjoint de Pelé et de la Fédération internationale de football association (FIFA).

Baggio a gagné durant sa carrière le championnat d'Italie en 1995 et 1996, la Coupe UEFA en 1993 et la Coupe d'Italie en 1995. En 19 saisons en Serie A, il a joué 453 matchs et marqué 205 buts.

Avec l'équipe d'Italie (56 sélections et 27 buts), il a participé à 3 Coupes du monde (9 buts) et a été finaliste de la Coupe du monde en 1994 et demi-finaliste en 1990. Il est aussi connu pour avoir manqué le tir au but décisif en finale de la Coupe du monde 1994, à Pasadena (Californie), après avoir amené l'équipe italienne jusqu'à la finale avec cinq buts.

En 2002 il a été listé en FIFA World Cup Dream Team, une sélection des onze meilleurs joueurs de l'histoire des Coupes du Monde.

Il a été probablement l'un des joueurs italiens les plus aimés et populaires au monde, et était surnommé Raffaello[1], ou encore Il Divin Codino (« le divin à la queue de cheval ») en raison de l'éternelle coiffure qu'il a portée durant sa carrière[2].

Depuis août 2010, Il est à la tête de la direction technique de la Fédération italienne de football.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les débuts[modifier | modifier le code]

Roberto Baggio débute en Serie C1, la 3e division italienne, à l'âge de 15 ans dans l'équipe de Lanerossi Vicenza. Durant la saison 1984-1985, il marque 12 buts en 29 matchs, et permet ainsi à son équipe d'obtenir la promotion en Serie B. Il fait ses débuts professionnels en Serie A, la 1re division italienne, le 21 septembre 1986 sous les couleurs de la Fiorentina (victoire sur la Sampdoria de Gênes 2-0). Il marque son premier but à Naples contre l'équipe de Diego Maradona, sur coup franc.

Le 16 novembre 1988, ce milieu offensif est sélectionné pour la première fois en équipe d'Italie, à l'occasion du match contre les Pays-Bas. Il marquera en tout 27 buts en 56 sélections.

Baggio ne reste à la Fiorentina que jusqu'à la saison 1989-1990, au terme de laquelle, il est transféré à la Juventus. Ce transfert entre les deux clubs rivaux entraînera de nombreux mécontentements parmi les tifosi florentins. Des émeutes éclateront même à Florence, et la police sera obligée d'intervenir pour tenter de calmer la situation. Lors de cette même saison, Baggio sera confronté à son futur club en finale de la coupe UEFA mais il ne pourra rien faire pour empêcher la victoire du club du Piémont.

La Juventus[modifier | modifier le code]

En 1990, Roberto Baggio débute à la Juventus, où il retrouve Salvatore « Toto » Schillaci, qui a brillé lors de la Coupe du monde 1990. Ses débuts sont relativement difficiles, mais il s'affirme néanmoins et progressivement comme le véritable leader de l'équipe. Sa première saison à la Juventus est marquée par le match qui l'oppose à son ancien club, la Fiorentina au cours duquel il refuse de tirer un pénalty décisif. Il sera remplacé et en sortant il ramassera une écharpe (viola) tout en saluant de la main un ancien coéquipier sur le banc de la Fiorentina. La Juve perdra le match 1-0. De nombreux supporters l'accuseront de trahison.

Lors de la saison suivante, 1991-1992, Robert Baggio réalise avec son club une belle saison sous la houlette de Giovanni Trapattoni. La Juventus termine 2e au classement derrière le Milan AC. Baggio inscrit cette saison 18 buts en série A. Il dispute et perd aussi la finale de la Coupe d'Italie (1-0 ; 0-2) contre Parme AC.

En 1993, la Juventus gagne la Coupe UEFA, Roberto Baggio est couronné Ballon d'or et désigné « Meilleur joueur de l'année » après une saison fabuleuse. Il marque 3 buts en demi-finale contre le Paris St-Germain, puis à nouveau 2 buts en finale de la Coupe UEFA contre le Borussia Dortmund, et se qualifie avec l'Italie pour le Mondial américain. En Serie A, la réussite n'est pas la même, et le Scudetto revient une fois de plus au Milan AC. La Juventus en fin de saison réussit tout de même l'exploit de battre le futur champion d'Italie dans son stade à San Siro, après une nouvelle superbe prestation de Roberto Baggio.

Roberto Baggio remporte son premier championnat d'Italie en 1995 avec la Juventus. Cette même année, il remporte également la Coupe d'Italie. Malgré ses deux succès, Roberto Baggio quitte la Juventus pour le grand club du Milan AC en fin de saison.

Le Milan AC[modifier | modifier le code]

Dès sa première année au Milan AC, Roberto Baggio remporte le championnat et donc son deuxième Scudetto consécutif. Après une saison 1996-1997 où le Milan AC n'obtient que des résultats décevants, aussi bien en Italie qu'en Europe, Roberto Baggio quitte le club lombard pour l'équipe de Bologne. Il veut jouer avec continuité pour espérer faire partie de l'équipe d'Italie lors du Mondial 1998.

Bologne FC 1909[modifier | modifier le code]

C'est une nouvelle aventure qui commence pour Roberto Baggio, dans une équipe sans grande ambition son objectif personnel est de jouer titulaire afin d'être convoqué pour la prochaine coupe du monde 1998 en France. Malgrés que sa saison soit également sa meilleure performance, il inscrira 22 buts en 30 matchs, il connaîtra des problèmes avec son entraineur Renzo Ulivieri. Avant un match de championnat contre la Juventus, il décide de ne pas convoquer Baggio, qui décida à son tour de ne pas assister au match sur le banc des remplaçants. Poussé par la presse et les tifosi Ulivieri titularisa Baggio pour le reste de la saison.

L'Inter[modifier | modifier le code]

Après le Mondial 98, Massimo Moratti, le président de L'Inter, décide d'engager Roberto Baggio pour l'associer à Ronaldo. L'équipe milanaise présente ainsi un formidable duo d'attaquants, et c'est avec beaucoup d'espoirs que la saison commence. Toutefois, cette saison 1998-1999, n'apporte que peu de satisfactions aux tifosi « nerazzurri ». L'Inter finit très loin du Milan AC qui remporte le Scudetto et est éliminé par Manchester United en quart de finale de la Ligue des Champions. Par ailleurs, 4 entraîneurs se succèdent à la tête de l'équipe, mais aucun d'eux n'arrive à trouver la solution.

Pour la saison 1999-2000, c'est Marcello Lippi, l'ancien entraîneur de Roberto Baggio à la Juventus, qui est nommé pour ramener l'Inter au sommet. L'équipe est également renforcée par l'arrivée de plusieurs joueurs, dont celle de Christian Vieri, l'avant-centre de l'équipe d'Italie. Pour de nombreux observateurs, le duo d'attaquants sera composé de Ronaldo et de Vieri, et donc la saison s'annonce difficile pour Roberto Baggio.

En effet, cette saison est l'une des plus noires de la carrière de Roberto. Lippi, avec lequel il s'est brouillé dès le début de la saison, ne lui facilite pas la tâche en l'envoyant à de très nombreuses reprises sur le banc des remplaçants (lorsqu'il n'était pas obligé de suivre le match des tribunes). Roberto Baggio expliquera dans son autobiographie, Una porta nel cielo, les raisons de ses problèmes avec Lippi. Lors du match de barrage entre l'Inter et Parme, permettant de départager les deux équipes pour la quatrième place du championnat, qualificative pour la Ligue des champions, c'est encore Roberto Baggio qui, grâce à un doublé sauve la saison de l'Inter, et par la même occasion celle de Lippi.

À la fin de la saison, entre Baggio et Lippi, l'Inter choisit ce dernier et Roberto Baggio se retrouve ainsi sans club, alors que l'équipe d'Italie s'envole sans lui pour aller disputer l'Euro 2000 en Belgique et aux Pays-Bas.

Brescia[modifier | modifier le code]

Roberto Baggio signe à Brescia durant l'été 2000 grâce notamment à Carlo Mazzone l'entraîneur de l'équipe lombarde qui s'est investi personnellement pour le faire venir.

Roberto joue dans cette équipe jusqu'à la fin de sa carrière, et espère être appelé pour disputer le Mondial 2002 en Corée et au Japon. Malgré tous ses efforts, la convocation n'arrive pas, et Roberto ne peut donc pas disputer son 4e Mondial consécutif.

Le 14 mars 2004, durant le match contre Parme, Roberto Baggio marque son 200e but en Serie A, et rejoint ainsi 4 autres champions : Silvio Piola, Gunnar Nordahl, Giuseppe Meazza et José Altafini.

Roberto dispute son dernier match le 16 mai 2004 (Milan AC-Brescia 4-2), peu après avoir été convoqué une dernière fois, en avril 2004, en équipe d'Italie pour disputer un match amical contre l'Espagne. L'affection des tifosi italiens pour leur champion se fait sentir tout au long de la partie par des ovations à chaque fois que Roberto Baggio touche le ballon et par une standing ovation lorsqu'il est remplacé à quelques minutes du coup de sifflet final.

Il est également intéressant de remarquer que l'équipe de Brescia, avant l'arrivée de Roberto Baggio, n'avait jamais réussi à se maintenir en Serie A. Durant les 4 saisons où Roberto Baggio a évolué sous les couleurs de Brescia, l'équipe s'est à chaque fois sauvée sans trop de difficultés (se qualifiant même une fois pour l'Europe). Lors de la saison 2004-2005, Brescia, privé de son « numéro 10 » (numéro retiré en hommage à Baggio), s'est classé 19e sur 20, et a été donc relégué en Serie B…

Statistiques détaillées par saison[modifier | modifier le code]

Saison Club Pays Championnat Coupes d’Europe
Série Matchs Buts Type Matchs Buts
1982-1983 Vincenza Drapeau de l'Italie Italie C1 1 0 - - -
1983-1984 Vincenza Drapeau de l'Italie Italie C1 6 1 - - -
1984-1985 Vincenza Drapeau de l'Italie Italie B 29 12 - - -
1985-1986 AC Fiorentina Drapeau de l'Italie Italie A 0 0 - - -
1986-1987 AC Fiorentina Drapeau de l'Italie Italie A 5 1 C3 1 0
1987-1988 AC Fiorentina Drapeau de l'Italie Italie A 27 6 - - -
1988-1989 AC Fiorentina Drapeau de l'Italie Italie A 30 15 - - -
1989-1990 AC Fiorentina Drapeau de l'Italie Italie A 32 17 C3 12 1
1990-1991 Juventus Drapeau de l'Italie Italie A 33 14 C2 8 9
1991-1992 Juventus Drapeau de l'Italie Italie A 32 18 - - -
1992-1993 Juventus Drapeau de l'Italie Italie A 27 21 C3 9 6
1993-1994 Juventus Drapeau de l'Italie Italie A 32 17 C3 7 3
1994-1995 Juventus Drapeau de l'Italie Italie A 17 8 C3 8 4
1995-1996 Milan AC Drapeau de l'Italie Italie A 28 7 C3 5 3
1996-1997 Milan AC Drapeau de l'Italie Italie A 23 5 C1 5 1
1997-1998 Bologne FC Drapeau de l'Italie Italie A 30 22 - - -
1998-1999 Inter Milan Drapeau de l'Italie Italie A 23 5 C1 6 4
1999-2000 Inter Milan Drapeau de l'Italie Italie A 18 4 - - -
2000-2001 Brescia Drapeau de l'Italie Italie A 25 10 - - -
2001-2002 Brescia Drapeau de l'Italie Italie A 12 11 - - -
2002-2003 Brescia Drapeau de l'Italie Italie A 32 12 - - -
2003-2004 Brescia Drapeau de l'Italie Italie A 26 12 - - -

Les coupes du monde[modifier | modifier le code]

Le Mondial 90[modifier | modifier le code]

Sélectionné pour le Mondial 90 organisé en Italie, il se révèle au monde entier en marquant un superbe but contre la Tchécoslovaquie. Il évolue en pointe de l'attaque, et forme un formidable duo avec Salvatore Schillaci. Cependant pour affronter l'Argentine de Diego Maradona en demi-finale, le sélectionneur italien, Azeglio Vicini, décide de faire confiance à Gianluca Vialli. Roberto se retrouve sur le banc des remplaçants, et son entrée trop tardive dans le match, ne lui permet pas de changer le cours du jeu. L'Italie est éliminée aux tirs au buts.

Pour le match de la troisième place contre l'Angleterre, le duo Schillaci-Baggio est de nouveau sur le terrain, et c'est assez logiquement que l'Italie l'emporte 2-1. Roberto marque le premier but après une belle action dans la surface de réparation anglaise. Il aurait également pu marquer le deuxième but, mais préfère laisser tirer le penalty à Schillaci, pour que ce dernier remporte le titre de meilleur buteur de la compétition.

Le Mondial 94[modifier | modifier le code]

Pour le Mondial 94 aux États-Unis, toute l'Italie attend son équipe nationale et surtout son meilleur joueur, Roberto Baggio. Pour Roberto et la Juventus, la saison 1993-1994, n'a pas été particulièrement réussie. La Juventus se classe 2e de la Serie A mais sans jamais vraiment avoir lutté contre le Milan AC et est éliminée en quart de finale de la Coupe UEFA. De même, la préparation de l'Italie au Mondial, n'est pas des meilleures : défaite 1-0 à Naples face à la France, défaite 2-1 en Allemagne. De plus, le sélectionneur italien, Arrigo Sacchi, ne semble être fixé ni sur un module de jeu, ni sur une équipe type. Seuls Roberto Baggio et les défenseurs du Milan AC (Baresi, Maldini, Costacurta et Tassotti), sont des titulaires indiscutables.

  • Italie-Irlande :

Ainsi, l'Italie débute son premier match contre l'Irlande en 4-4-2, alors que durant tous les matchs préparatoires, l'Italie avait évolué en 4-3-3. Roberto Baggio ne brille pas pour son début dans la compétition, et l'Italie dispute son plus mauvais match du Mondial. L'Irlande s'impose 1-0, et plus que le manque de jeu de l'Italie, c'est la prestation de Roberto Baggio qui inquiète les tifosi.

  • Italie-Norvège :

Pour son deuxième match, l'Italie n'a pas droit à l'erreur. Elle doit battre la Norvège s'il elle veut continuer dans le Mondial. Cette fois-ci, tout semble se passer pour le mieux. L'Italie débute bien la rencontre, et Roberto Baggio semble bien inspiré. Mais c'est un coup de théâtre qui se produit. Lors de la première action norvégienne, Gianluca Pagliuca, le gardien italien, est expulsé après avoir touché le ballon avec les mains en dehors de sa surface de réparation. L'Italie se retrouve à 10, et un joueur doit sortir pour que Luca Marchegiani, le gardien remplaçant, puisse entrer sur le terrain. Arrigo Sacchi décide à la surprise générale de faire sortir Roberto Baggio. Roberto, n'en revient pas, et se demande si son entraîneur n'est pas devenu fou. Ces images où l'on voit très nettement les gestes et l'expression de Roberto Baggio, seront à l'origine des incompréhensions entre Sacchi et Baggio jusqu'à la fin de sa carrière. L'Italie parvient au bout d'un match incroyable à remporter la victoire 1-0. C'est Dino Baggio, « l'autre Baggio » qui offre la victoire à l'Italie. Cependant Franco Baresi se blesse gravement, et pour de nombreux observateurs son Mondial est déjà terminé.

  • Italie-Mexique :

Lors du troisième match, Italie et Mexique se séparent sur le score de 1-1 (but de Massaro pour l'Italie), et comme lors du premier match, Roberto Baggio n'est que l'ombre de lui-même. L'Italie se qualifie pour le deuxième tour comme meilleure troisième. En 8e de finale, elle s'attend à affronter l'Argentine de Batistuta et de Maradona. Mais les argentins, privés de Maradona suspendu pour dopage, perdent contre la Bulgarie et finalement, c'est le Nigéria qui se classe premier de son groupe et qui donc jouera contre l'Italie.

  • Italie-Nigeria :

À Boston, tout débute très mal pour l'Italie. Les Italiens souffrent terriblement contre le Nigeria, et les joueurs champions d'Afrique ouvrent très rapidement le score. Cette fois-ci pour l'Italie, il n'y aura pas de seconde chance, il faut gagner ou « rentrer à la maison ». Roberto Baggio, très critiqué, a également beaucoup à prouver sur ce match. L'arbitre mexicain expulse Gianfranco Zola, rentré à peine 10 minutes. Mais une nouvelle fois, c'est dans l'adversité que l'Italie donne le meilleur d'elle-même et à 10 contre 11, elle commence à mettre en difficulté son adversaire. Cependant le temps passe et l'Italie est toujours mené 1-0. Mais à la 88e minute, alors que tout semble perdu, Roberto Baggio au même titre que Paolo Rossi lors du Mondial 82, décide de prendre les choses en main. Roberto Mussi qui vient de remonter le ballon voit Roberto à la limite de la surface de réparation. L'arrière droit de la Squadra Azzurra donne ainsi le ballon à Roberto qui, d'une frappe à ras de terre, bat le gardien Nigérian. Plus personne n'y croyait, mais l'Italie arrache la prolongation. Celle-ci sera à sens unique, jusqu'à un penalty siffé en faveur de l'équipe italienne. Roberto Baggio le transforme et l'Italie l'emporte 2-1.

  • Italie-Espagne :

Quatre jours plus tard, toujours dans ce même stade de Boston, l'Italie doit affronter dans le derby latin l'Espagne de Javier Clemente. Naturellement Roberto Baggio est le joueur sur lequel repose tous les espoirs des tifosi. Durant l'hymne national italien son visage semble dessiner toute sa volonté de bien faire. Nous voilà à la 26e minute, une deux entre Donadoni et Dino Baggio, celui-ci décroche un tir qui surprend Zubizarreta… 1-0 pour la squadra. Avantage qui perdurra jusqu'à la 59e min., lorsque Caminero frappe de près, le ballon est dévié par Benarrivo dans les filets du pauvre Pagliuca 1-1, balle au centre. L'Italie et Baggio semblent accuser le coup et c'est dans la logique que les Ibériques dominent et se créent une belle occasion de prendre l'avantage par Julio Salinas qui seul devant Pagliuca rate sa chance à 5 minutes de la fin. C'est au point mort que Roberto Baggio allait briller de mille feux ; avec la superbe complicité de Signori dans une rapide contre attaque, il marqua le but de la délivrance tout en dribblant le portier Zubizarreta 2-1, alors qu'il ne restait plus que 2 minutes à jouer.

  • Italie-Bulgarie :

Demi-finale, mercredi 13 juillet au Giants stadium de New York, l'Italie se retrouve devant une surprenante Bulgarie, emmenée par son futur ballon d'or Stoïchkov. Ce match, nous pouvons l'intituler « Il talento di Roberto Baggio », tant sa classe a contribué à la victoire des siens. Dès les premières minutes de jeux, les Italiens jouent le pressing tel l'AC Milan d'un certain Arrigo Sacchi actuel sélectionneur des azzurri, avec leur chef d'orchestre Robi Baggio. Dans ce récital azzurro 21e et 36e min., il inscrit pratiquement à lui tout seul deux perles de toute beauté, un doublé magique qui fait chanter et danser les milliers de tifosi présent à cette Opéra azzurra. Cependant, à la 44e minute, c'est Stoïchkov qui sur un pénalty, vient enrayer la musique 2-1 c'est la mi-temps. Au retour des vestiaires, les Italiens vont pratiquer le catenaccio de triste mémoire, ce qui aura comme seul effet d'inciter les Bulgares à se créer des occasions mais le score en restera là. Pire, Roberto Baggio véritable héros de la World Cup, blessé à la cuisse restera incertain pour la finale contre le Brésil.

  • Italie-Brésil :

La finale de cette XVe coupe du monde, oppose deux colosses l'ayant chacune remporté trois fois. Les éditions 1958, 1962 et 1970 pour les auriverde. 1934, 1938 et 1982 pour la squadra azzurra. Dimanche 17 juillet, Rose Bowl de Pasadena. Qui des deux allait remporter cette coupe si convoitée Romario ou Baggio, mis à part l'enjeu l'attente était très grande même pour le public neutre. Les Italiens pouvaient se rassurer car en défense Baresi est miraculeusement de retour, à ses côtés Paolo Maldini assurera le dernier périmètre, ils colmateront les brèches, poussant l'Italie jusqu'à la fatidique séance des tirs au but. Dans ce match, pauvre en but 0-0 à l'issue de la prolongation, le malheureux Baggio ne rayonne pas, blessé, il se verra repousser une tentative lointaine par Taffarel, et juste avant la fin de la prolongation son tir passe au-dessus. Tirs au but, après que Baresi et Massaro eurent échoué, c'est au tour de Roberto Baggio qui s'avance pour le tir de la dernière chance, il frappe fort, le ballon s'envole dans le ciel de Passadena. Le Brésil bat donc l'Italie 3-2 aux tirs au but. Roberto Baggio ne pourra pas soulever le trophée qui danse la samba dans les mains de Romario et son équipe.

Le Mondial 98[modifier | modifier le code]

Roberto Baggio réalise un très bon Mondial en France. Il marque deux buts (contre le Chili et l'Autriche), et si Cesare Maldini, le sélectionneur italien, lui avait donné plus souvent sa chance, ses performances ainsi que celles de l'Italie aurait pu être bien meilleures. [référence ?]

L'Italie est éliminée en quart de finale par la France durant la séance des tirs au but. Bien que la France ait dominé globalement le match, Roberto rate de très peu le but en or durant la prolongation. Bien qu'il marque son tir au but, l'Italie se fait éliminer au tir au but.

C'est le troisième et dernier mondial disputé par Roberto Baggio, et à trois reprises, l'Italie aura été éliminée aux tirs aux buts. Ainsi pour Roberto Baggio, mais également pour d'autres grands champions comme Paolo Maldini, « la roulette » des tirs au but se sera révélée fatale. Il est le seul joueur italien à avoir marqué dans trois Coupes du Monde différentes.

Buts en sélection[modifier | modifier le code]

Le tableau suivant liste les résultats de tous les buts inscrits par Roberto Baggio avec l'équipe d'Italie.

Ambassadeur de bonne volonté de la FAO[modifier | modifier le code]

L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) joue un rôle de chef de file dans les efforts internationaux de lutte contre la faim. La FAO a été constituée le 16 octobre 1945, à Québec, Canada. Le Programme des Ambassadeurs de bonne volonté de la FAO a été lancé en 1999. Le 16 octobre 2002, Roberto Baggio a été nommé Ambassadeur de bonne volonté[3] de l’Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Il a reçu le world peace award le 9 novembre 2010 pour son travail en Birmanie[4].

Carrière[modifier | modifier le code]

Palmarès[modifier | modifier le code]

Équipe nationale :

Clubs :

Les meilleurs buteurs de tous les temps en Drapeau de l'Italie Italie :

Distinctions individuelles[modifier | modifier le code]

Graffiti de Roberto Baggio à Milan

Déclarations sur le joueur[modifier | modifier le code]

  • « Au pays de Pavarotti, on chante l'amour, la beauté et la victoire, et Roberto Baggio qui est un peu tout ça. Baggio "la chanson le dit" n'est pas un mirage. Il est réel d'une manière douloureuse, presque bouleversante. C'est un footballeur, mais le décrire comme un simple joueur, c'est dire que Mona Lisa est une peinture. Baggio est un créateur, un inventeur, un praticien du plus grand art populaire du monde » - Michael Farber, "Sports Illustrated", U.S.A..
  • « La balle est presque tombée à terre et avec son pied droit il récite une poésie, un amorti d'une grande douceur, suivi d'une seule touche de balle d'une beauté inhumaine qui le porte derrière Van der Sar, comme par enchantement » - La Gazzetta dello Sport.
  • « Les anges chantent dans les pieds de Roberto Baggio » - La Gazzetta dello Sport.
  • « Il n'y a plus de place pour les poètes dans le football moderne » - Oscar Tabarez (alors coach du Milan AC, à Roby qui se plaint de ne pas être suffisamment utilisé au début de la saison 1996/97).
  • « Ça me gêne d'en parler, mais il n'y a que deux joueurs qui m'ont fait pleurer. Le premier, c'était Roberto Baggio, le second, c'était Ryan Giggs » - Alessandro Del Piero.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (it) I SOPRANNOMI DEI GIOCATORI — Juworld.net
  2. http://www.sofoot.com/le-surnom-du-jour-142218-news.html
  3. Roberto Baggio nommé "Ambassadeur de bonne volonté"
  4. leparisien.fr - Roberto Baggio reçoit le "World Peace Award"
  5. (en) FIFA DREAM TEAM: Maradona voted top player sur The Indian Express, 19 juin 2002

Liens externes[modifier | modifier le code]

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