L'Île-Rousse

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
L'Île-Rousse
L'Ìsula (co)
Vue sur le port de L'Île-Rousse
Vue sur le port de L'Île-Rousse
Blason de L'Île-RousseL'Ìsula (co)
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Corse
Département Haute-Corse
Arrondissement Arrondissement de Calvi
Canton Canton de l'Île-Rousse
Intercommunalité Communauté de communes du Bassin de vie de l'Île-Rousse
Maire
Mandat
Jean-Joseph Allegrini-Simonetti
2014-2020
Code postal 20220
Code commune 2B134
Démographie
Gentilé Île-Roussiens
Lisulani (co)
Population
municipale
3 573 hab. (2011)
Densité 1 429 hab./km2
Géographie
Coordonnées 42° 38′ 08″ N 8° 56′ 17″ E / 42.63556, 8.9380642° 38′ 08″ Nord 8° 56′ 17″ Est / 42.63556, 8.93806  
Altitude 15 m (min. : 0 m) (max. : 151 m)
Superficie 2,5 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Corse

Voir sur la carte administrative de Corse
City locator 14.svg
L'Île-Rousse
L'Ìsula (co)

Géolocalisation sur la carte : Corse

Voir sur la carte topographique de Corse
City locator 14.svg
L'Île-Rousse
L'Ìsula (co)

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
L'Île-Rousse
L'Ìsula (co)

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
L'Île-Rousse
L'Ìsula (co)

L’Île-Rousse (en corse L'Ìsula ou Lìsula prononcé [ˈliˑ.zu.la]) est une commune française de Haute-Corse. Jusqu'en 1848, le nom officiel, écrit en italien, était Isola Rossa. Elle est après Calvi la deuxième agglomération de la Balagne, région du nord-ouest de l'île.

Contrairement aux autres grandes cités littorales de l'île (Calvi, Saint-Florent, Bastia, Porto-Vecchio, Bonifacio et Ajaccio) toutes fondées au Moyen Âge par les Génois, l'Île-Rousse fut fondée en 1758 pendant l'indépendance par Pascal Paoli qui souhaitait nuire à la prospérité de la cité génoise voisine de Calvi.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

L’Île-Rousse est une commune du littoral balanin, centre de la pieve de Sant'Angelo sous l'administration militaire française dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, devenue chef-lieu du canton de l'Île-Rousse. Ses habitants sont appelés les Île-Roussiens[1] (ou encore Isolani[2]) en français, Lisulani en corse[3],[4].

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Méditerranée Méditerranée Méditerranée Rose des vents
Corbara N Monticello
O    L'Île-Rousse    E
S
Corbara Santa-Reparata-di-Balagna Monticello

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

Territoire[modifier | modifier le code]

Son territoire de faible superficie (2,5 km2) s'étend dans un rayon d'environ un kilomètre autour de la ville, enclavé entre Corbara à l'ouest dont elle est séparée par une ligne nord-sud, de la colline du Sémaphore jusqu'au le col de Fogata et passant par Capu Curboriu (154 mètres - Corbara), Santa-Reparata-di-Balagna au sud et Monticello à l'est, ne laissant à cette dernière que les 200 m de l'extrémité orientale de la plage de Marinella.

Sa façade maritime baignée par la mer Méditerranée, est divisée en son milieu par les îlots rocheux de porphyre rouge qui lui ont valu son nom ; elle est composée à l'ouest d'une côte rocheuse inhospitalière et à l'est de la plage de Marinella, bande de sable blanc immaculé aux eaux limpides.

À l'ouest de la plage de Marinella qui borde le Centre-ville, se situe l'embouchure d'un petit fleuve côtier couvert à l'approche de la mer : le ruisseau de Padule. Celui-ci nait sous l'ancien couvent de Palmento (Santa-Reparata-di-Balagna) sous le nom de ruisseau de Giovaggio.

Au nord de la commune, le petit archipel comprenait avant les modifications apportées au site, huit îlots qui ont pour nom :

  • 1 - Saletta : le premier îlot au sud qui relie par le pont la terre et l'archipel.
  • 2,3,4 - E Trè Petre : trois grands rochers au centre de l'archipel qui relient Saletta avec Isula Grande où fut construit la jetée.
  • 5 - Île de la Pietra (Isula Grande) : îlot le plus grand où se trouve le site de A Petra.
  • 6 - Isola di u Brocciu (Rucciu) : îlot situé à l'est du phare en face de l'anse de Funtanaccia.
  • 7 - Isula Piana : îlot plat situé à côté de celui de Rucciu.
  • 8 - Brocettu (Ruccettu) : le plus petit des îlots situé à l'ouest du phare[5].

L'île de la Pietra[modifier | modifier le code]

L'îlot de la Pietra

L'île de la Pietra est la plus grande de l'archipel. Dans la Chronique d'Anton Pietro Filippini, en 1566, elle était nommée l'« île de Monticello ».

« [...] arrivèrent à l'île de Monticello, en Balagne, quelques galiotes turques sur lesquelles se trouvait prisonnier, comme je l'ai déjà dit, Giovan Agnolo de la Campana, lequel avait été banni de l'île par Cristoforo Fornari [...] »

— Abbé Letteron in Bulletin de la Société des Sciences Historiques et Naturelles de la Corse, Histoire de la Corse Tome III, 1890 - pages 212

.

Elle comporte deux points forts de la commune : le phare de la Pietra et la tour génoise ruinée. Reliée aujourd'hui à la terre avec la route du port, elle est devenue une presqu'île. Elle fait écran aux vents d'ouest dominants, créant un abri dans lequel a été construit le port de L’Île-Rousse.
Les couchers de soleil sur (ou depuis) l'île de la Pietra sont remarquables.

C'est sur cette île qu'ont été effectuées des campagnes de fouilles archéologiques sous la direction de Michel-Claude Weiss entre 1983 et 1985[6], puis entre 2003 et 2006[7].

Voies de communication et transport[modifier | modifier le code]

Accès routiers[modifier | modifier le code]

La commune est traversée par la RN 197 qui relie Calvi et la Balagne au centre de la Corse. L'Île-Rousse se trouve à 15 km de Calvi à l'ouest, 40 km de Ponte-Leccia au sud-est et de 44 km de Saint-Florent à l'est.

L'Île-Rousse est relié à Santa-Reparata-di-Balagna par la D13, et à Monticello par la D63, deux routes qui aboutissent à la D71, dite encore « route corniche de la Balagne », qui dessert 12 « villages balcons ».

Accès ferroviaires[modifier | modifier le code]

Gare de L'Île-Rousse
Article détaillé : Gare de L'Île-Rousse.

La ville est desservie par la ligne Ponte-Leccia - Calvi des Chemins de fer de Corse qui y ont une gare et un arrêt-terminus à la Plage de Marinella pour U trinighellu, le « tramway des plages » de la ligne spéciale mise en service durant la saison estivale pour la desserte des plages entre Calvi et L'Île-Rousse.

Accès portuaire[modifier | modifier le code]

Navire à quai à L'ïle-Rousse

Le port de L'Île-Rousse est le troisième port de Corse par importance du trafic aussi bien passagers que marchandises. La ville est reliée au continent français par des liaisons en trafic régulier assurées par trois compagnies maritimes : SNCM, CMN (les cargos-mixtes de ces 2 compagnies assurent la desserte du port alternativement chaque jour) et Corsica Ferries, sur les ports de Marseille, Toulon et Nice, mais aussi épisodiquement avec Savone en Italie.

Périodiquement, un cargo transporteur de ciment (Capo Rosso, Capo Nero) de la Société Méditerranéenne de Cabotage (SoMeCa) touche le port.

Le port départemental de L'Île-Rousse est le seul port de Corse habilité à recevoir des marchandises de classe 1.

Accès aérien[modifier | modifier le code]

L'aéroport de Calvi-Sainte-Catherine se situe à 23 kilomètres.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Place Paoli et l'église paroissiale

La vieille ville voulue par Pascal Paoli, « le Père de la Patrie », étire ses rues pavées, quasiment rectilignes et orientées nord-sud. Depuis les quais du port de commerce installé sur trois des huit îlots, le port des pêcheurs et les ponts qui rattachent le complexe portuaire à la côte et jusqu'au marché aux vingt et une colonnes, les fortifications et les maisons de l'ancienne ville s'étalent dans le temps, de 1765 à la moitié du XIXe siècle.

La première maison d'habitation particulière y est élevée en 1766. Les premiers habitants viennent des villages voisins, du Cap Corse, mais il y a aussi des Français et des Italiens[8]. Certaines maisons aux escaliers intérieurs florentins sont remarquables.

La chapelle de la Conception, église construite parmi les premières en 1740 et détruite en 1936, a donné son nom à la rue Notre-Dame. Jusqu'en 1860 elle avait été l'église paroissiale. Elle était devenue ensuite la chapelle réservée aux pêcheurs avant d'être désaffectée. Propriété de la commune, « elle fut vendue au Département de la Guerre pour la somme de 21 000 francs. Elle servit d'entrepôt de charbon et de bois et fut cédée au Département de la Marine pour être utilisée comme poste de couchage des marins. Elle est finalement rasée afin d'élargir l'avenue de la gare »[9]. L'église dédiée à Notre-Dame-de-Miséricorde jouxte un ancien couvent des franciscains. Quant à l'église de l'Immaculée-Conception-de-Marie, la paroisse de l'Île-Rousse, elle se trouve sur l'ouest de la grande place, avec son parvis et ses remarquables palmiers-dattiers (depuis 1890) à l'ombre desquels il fait bon jouer à la pétanque en été.

Le marché couvert restauré

La ville nouvelle continue harmonieusement l'ancienne au-delà de la place Paoli ombragée par ses platanes plus que centenaires où il fait bon prendre le frais l'été. L'intérieur de la vieille cité offre aux visiteurs l'occasion de flâner sur les vieux pavés ressuscités en partie, à travers les rues aux noms historiques : Pascal Paoli, Napoléon, les frères Arena, Louis-Philippe, Agilla.

Construite par Pascal Paoli, dotée par ses édiles après 1815 d'un blason orné du lys royal de France et dirigée durant plus d'un demi-siècle par des élus bonapartistes, L'Île-Rousse est une ville à part dans l'histoire de la Corse. Ses contradictions en font un lieu attachant et plein d'imprévus pour les touristes qui viennent chaque année s'asseoir sous les platanes centenaires de sa remarquable place centrale.

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Entre 1983 et 1985, le site de La Pietra a fait l'objet de fouilles archéologiques, dirigées par M.-C. Weiss, archéologue insulaire de renom. Les premiers ramassages de surface avaient indiqué la présence d'une zone préhistorique. Les deux premières années, des sondages ont été effectués de part et d'autre de la route de l'îlot. Ils ont déterminé 3 niveaux ; seul le niveau intermédiaire s'est révélé intéressant. Au milieu d'une couche de pierres du Néolithique ancien, des vestiges lithiques et céramiques ont été mis au jour, en rhyolithe ou en obsidienne ainsi que des parties supérieures de vases à col. Poursuivies en 1985, les fouilles ont donné des résultats sur les aménagements du sol d'occupation du Néolithique ancien[6].

Antiquité[modifier | modifier le code]

Lieu d'habitat pour l'homme depuis la plus haute Antiquité (3 à 5 millénaires avant J.-C.), L'Île-Rousse fut un millier d'années avant notre ère une petite ville prospère et dépendante de la ville de Tyr en Phénicie qui la baptisa Agilla.

Ruinée par la flotte phocéenne de Calaris (Cagliari), Agilla devint comptoir romain sous le nom de Rubico Rocega (rocher rouge) jusqu'au IVe siècle.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Trop proche de la mer, elle subit les invasions barbaresques et celles d'ennemis potentiels, et ne fut habitée durant plusieurs siècles que par des pêcheurs et des paysans qui vivaient des produits de la mer et de la terre autour des villages de Santa-Reparata-di-Balagna et de Monticello,

Le site étant devenu l'asile ordinaire de corsaires, l'Office de Saint Georges, qui gère la Corse depuis 1453, réunit à la terre ferme l'Île-Rousse ou l'Île d'Or.

« On y a bâti une tour pour garder le pays, et cette mesure a été, on peut le dire, le salut de toute la Balagne. »

— Lucien Auguste Letteron in Histoire de la Corse, Tome I, page 20

Temps modernes[modifier | modifier le code]

Au XVIe siècle, le site de L'Île-Rousse appartenait à la pieve d'Aregnu qui comptait environ 500 habitants vers 1520. Les lieux habités étaient alors l’Arpagiola o Gabiola, la Corbaia, lo Monticello, Santo Antonino, Santa Riparata, Piaza, Pragola, le Torre, Regno, li Catari, lo Lavatogio, lacona, Spano, Hogio, Aquapessa.

Au XVIIe siècle, des propriétaires de Santa-Reparata-di-Balagna implantèrent des magasins (magazini) pour y faire du troc par voie maritime avec les villages côtiers de la Balagne, du Nebbio, et de l'ouest du Cap Corse.

Au XVIIIe siècle, période 1729 - 1769, le site a été l'enjeu des Corses révoltés contre Gênes[10].

Tour de Scalu
  • 1731 - Le 5 avril, les gens de la Balagne, mécontents des tentatives de corruption du lieutenant d'Algaiola, font le siège de la place. Les habitants se réfugient à Calvi et à Gênes sans attendre l'assaut. La tour de l'Île-Rousse est prise par les Corses.
  • 1733 - Gênes nomme Paolo Geronimo Pallavicini commissaire général en remplacement de Paolo Battista Rivarola.
  • 1736 - Fin janvier, retour du commissaire général Paolo Battista Rivarola.
Le 4 mars, deux bateaux accostent à l'Île-Rousse et débarquent des munitions de bouche et de guerre. Ils repartent sans rien demander et sans qu'on sache d'où ils venaient.
Le 20 mars, après une année de pourrissement, la Révolte voit arriver le baron Théodore de Neuhoff.
Le 15 avril, au couvent d'Alisgiani, Théodore est proclamé roi. Le roi et son peuple prêtent serment d'observer la nouvelle "constitution".
Début août, sévère défaite à l'Île-Rousse du major Marchelli des troupes génoises.
  • 1738 - Le colonel Antone Colonna (de Zigliara), accompagné par 14 officiers allemands, débarque le 12 février dans le golfe du Valinco. De là il passe à Corte où il se met à la tête de 800 Nationaux pour faire la guerre aux Génois suivant les ordres du roi Théodore. Le 18 février, Colonna, assisté par le lieutenant-colonel Drevitz, attaque l'Île-Rousse récemment occupée par les Génois. La garnison se rend après 9 heures de combat.
  • 1742 - Le 8 octobre, proclamation du commissaire de Calvi : « les troupes ne sont pas destinées à des hostilités contre les populations mais sont chargées de les protéger contre les voleurs et les bandits ; elles ont aussi pour mission d'assurer le libre passage entre les postes de Calvi, Algaiola et l'Île-Rousse et de surveiller les côtes pour garantir la liberté du commerce ».
  • 1743 - Dans la nuit du 18 janvier, le vaisseau anglais Vinces, part pour la Corse avec Vinufs, secrétaire de Théodore, chargé de préparer le retour du Roi. Le lendemain au soir, le Vinces arrive devant l'Île-Rousse. Le 20 janvier, Vinufs convoque les chefs de la Balagne à bord du bateau.
Dans la nuit du 29 au 30 janvier, Théodore revient dans son royaume sous le couvert du pavillon britannique, à bord du Revenger, escorté par une dizaine de bateaux de guerre anglais.
Le 1er février, la flotte portant Théodore paraît devant l'Île-Rousse. Les chefs corses sont reçus à bord. Le Roi leur communique l'édit rédigé à Livourne, et qui comporte un pardon général sauf pour les assassins de Simone Fabiani et les parjures : Ghj. Paoli, Orticoni et Salvini. Théodore exige le retour des militaires corses qui sont au service des princes étrangers, exceptés ceux qui sont attachés au grand-duc de Toscane. Dès le départ des chefs corses, Théodore quitte le Revenger pour la Folkestone et la flotte met à la voile pour faire le tour de l'île.
Le 10 février, le Folkestone est de retour devant l'Île-Rousse. Le reste de la flotte n'a pas suivi.
  • 1745 - Le 29 novembre, une circulaire de Dumenicu Rivarola[Note 1] élu général, avec les pouvoirs civils et militaires, annonce la prise de Bastia, San Pelegrino et la Padulella aux habitants de la Balagne et leur commande de faire le blocus de Calvi, Algajola et l'Île-Rousse.
  • 1749 - Le marquis de Cursay, colonel du régiment de Tournaisis, qui avait été envoyé sur l'île en fin mai 1748 par Claude-François de Chauvelin, envoyé extraordinaire à Gênes, a pour mission pour le compte de Gênes, de conserver les places maritimes, d'animer le parti fidèle et d'intimider les rebelles au nom du roi de France, sans parler de les soumettre à la République. Le 10 mars, il réunit les procureurs de la Balagne au couvent d'Aregno. Des postes français seront établis à l'Île-Rousse, Santa-Reparata-di-Balagna et Belgodère.
  • 1755 - Alors que la Corse est sous le gouvernement de Pascal Paoli, Giovan Giacomo Grimaldi commissaire général en remplacement de Stefano de'Mari[Note 2], est renvoyé en Corse avec des troupes en septembre. Il prend pied à l'Île-Rousse. Mais après deux mois de vains efforts pour s'installer sur la côte défendue par les patriotes, il rejoindra Calvi par mer.
Effigie de Pascal Paoli à l'entrée de la mairie
  • 1758 - Pascal Paoli qui venait souvent en Balagne (il séjournait chez son neveu G. Leonetti dans une grande demeure appelée U Palazzu située au-dessus de la mairie de Monticello), envisage d'équiper la Corse d'un port au nord-ouest de l'île, pour essayer de couper le trafic maritime entre Gênes et Calvi, mais également avec Algajola qui fut la résidence du Gouverneur de Gênes jusqu'en 1764. En avril, depuis Aregno où il se trouvait, il prend la décision de fonder le port de l'Île-Rousse.
Ses plans préparés, il décida le gouvernement de Balagne, siégeant à Algajola, de donner l'autorisation de création d'une enceinte fortifiée protégeant le port (le Scalu) le 10 décembre 1765. Deux grandes portes seront édifiées dans cette enceinte : "Porte Suprane" qui donnait accès à Algajola et "Porte Suttane" qui donnait accès à Santa-Reparata-di-Balagna[11].
C’est un prêtre natif du village de Nessa en Balagne, Don-Gregorio Salvini qui aida Pascal Paoli à établir les plans de la ville. Cet homme d'église fut le confident et un conseiller très proche de Paoli. Par exemple, s’agissant du port du Scalu construit à l’époque, ce curé prit comme modèle celui du petit village de Prunete à côté de Cervione[12]. Don-Gregorio Salvini est l'auteur du célèbre pamphlet contre Gênes "La Giustificazione della Rivoluzione di Corsica e della ferma risoluzione presa da Corsi di mai piu’ sottomettersi al dominio di Genova" paru en 1758.
Paoli déclara notamment : "J'ai planté la potence pour y pendre Calvi[13]".

L’Île-Rousse est née de cette décision. Une partie du territoire de Monticello fut cédée pour la construction de L'Île-Rousse.

  • 1765 - Commence la création d'un petit port (l'actuel môle des pêcheurs) et d'une caserne (l'actuelle mairie).
Pendant quelque temps, elle s'appela "Vaux" en l'honneur du comte de Vaux qui avait en 1768 terminé la conquête de la Corse[14].
  • 1768 - Le 15 mai, par le traité de Versailles, Gênes cède la Corse à la France. Le 29 juillet, Marbeuf écrit à Paoli pour le sommer de retirer ses soldats de Barbaggio et Patrimonio, afin de laisser aux Français la libre communication entre Bastia et Saint-Florent, et de lui remettre l'Île-Rousse.
Le 14 novembre naît une conspiration pour s'emparer de l'Île-Rousse. Elle est organisée par Charles-François Dumouriez officier d'état-major, qui avait conservé des accointances depuis son passage dans la province en 1764[Note 3]. Dumouriez arrive devant la place avec le vaisseau de guerre Le Provence, appelé par l'abbé Ghjanandria Fabiani qui pensait avoir gagné son parent commandant de l'Île-Rousse. En réalité celui-ci leur avait tendu un piège : lorsque le 17 ils tentent de débarquer, ils sont reçus à coups de fusil.
  • 1769 - Les Corses sont défaits. Le 24 mai, Acchille Murati, Petru Colle, du Rustinu, et les responsables de la Balagna, soit près de 180 hommes, s'embarquent à L'Île-Rousse sur un bateau anglais qui les emporte à Oneglia. Le 25 mai le maréchal de camp D'Arcambal prend possession de L'Île-Rousse.
  • 1789 - La Corse fait partie du royaume de France.
Le 3. IV. 89, le tiers état élit les deux députés de la Corse. Bartulumeu Arena, avocat de l'Île-Rousse, est nommé suppléant[15]. La pieve de Sant'Angelo a remplacé celle d'Aregnu.
Le 26. II. 90, un décret de l’Assemblée nationale fixe le nom, l’étendue, les limites et les districts des 83 départements. La Corse est partagée en neuf districts (avant on disait juridictions) : Bastia, Oletta, la Porta, Cervione, Corte, l'Île-Rousse, Ajaccio, Tallano et Vico. Le district est partagé en cantons (avant on disait pievi), le canton en communes.
21. VIII. 90, la Constituante décrète que les tribunaux de district du département de la Corse seront établis à Bastia, Oletta, l'Île-Rousse, la Porta, Corte, Cervione, Ajaccio, Vico et Santa-Lucia-di-Tallano.
30. IX. 90. au 14. X. 90, première session, à Bastia du premier conseil général chargé de l’administration du département. Pasquale Paoli est élu président à l’unanimité.
Le 1. X, l’avocat B. Arena, de l'Île-Rousse, est élu au directoire du département.
  • 1791 - Pascal Paoli transfère à Corte l'évêché de Corse.
13-30. IX. 91. Deuxième assemblée électorale depuis la Révolution française, à Corte. Paoli est élu président. Du 17 au 22, sont élus les députés pour représenter la Corse à l’Assemblée législative. Bartulumeu Arena, de l'Île-Rousse, n’est élu qu’à la cinquième élections (les élections se sont faites l’une après l’autre). À la première, on lui avait opposé Leonetti, neveu germain de Paoli, ce qui contribuera à l’inimitié entre Arena et Paoli.
  • 1792 - Fin janvier (ou début février), Volney qui vient comme directeur général du commerce et de l’agriculture de l’île, arrive en Corse. Il passe plusieurs jours à l'Île-Rousse. À Corte, il rencontre le lieutenant Bonaparte et se rend à Ajaccio avec lui.
28, 29. II. 92 et jours suivants. Troubles à l'Île-Rousse. Suite au désaccord entre le Directoire du district et le maire Francescu Arena au sujet d’une arrestation, la maison des Arena est assiégée, mise à sac et incendiée. Les deux frères de Bartulumeu se réfugient à Calvi.
29. II. 92. De Munticellu, Paoli conseille à Colonna Cesari de se rendre à L'Île-Rousse avec ses gendarmes : « La main de Dieu protège la famille Arena. Si je n’étais pas là, elle aurait été victime de la publique indignation ». Il fait état également de « miserabili aristocratici » impatients d’ouvrir les hostilités.
  • 1793 - Le département de Corse est divisé en deux départements : El Golo (l'actuelle Haute-Corse) et Liamone (l'actuelle Corse-du-Sud). L'Île-Rousse se nommait Isollarossa ; Isle Rousse était le chef-lieu du canton de Sant' Angelo[16].
16. IV. 93. Le Directoire du département envoie Panattieri à l'Île-Rousse comme commissaire.
20. IV. 93. À Calvi, les Corses sont désarmés par les troupes françaises. Le lendemain, c’est le contraire qui se produit à L'Île-Rousse. L’agitation gagne toute la Corse (excepté Calvi, Saint-Florent et Bastia) mais tout se passe sans effusion de sang.
23. IV. 93. Le Directoire du département, informé que des séditieux se fortifient à Belgodère, envoie Nobili Savelli comme second commissaire dans le district de L'Île-Rousse, pour se joindre à Panattieri
28. IV. 93. Lettre de Saliceti à Andrei : « Sans le décret qui commandait l’arrestation de Paoli, tout se serait passé. Soit que Paoli soit mal conseillé, soit que ses intentions ne soient pas pures, il me semble qu’il a sacrifié mille ans d’histoire à la sotte vanité de régner un jour sur le pauvre peuple de Corse ». Et Saliceti fait état de troubles à Corte, où l’on a arraché la cocarde nationale, à L'Île-Rousse et en Balagne, où des troupes régulières ont été molestées. Bastia, Calvi, Saint-Florent et Ajaccio sont fidèles à la République.
Paris déclare Paoli hors-la-loi.
  • 1794 - I. 94. Trois officiers corses sont condamnés à mort par le tribunal révolutionnaire de Paris : Francescu Maria Ornano, de Santa-Maria-Siché, maréchal de camp ; le général de division Camellu Rossi, de Zigliara ; et son cousin le colonel Ghjacintu Rossi.
2. I. 94 au soir. Le Capitaine Wolseley, de la frégate Lowestoft, fait débarquer à L'Île-Rousse le capitaine de vaisseau Edward Cook et Thomas Nepean, capitaine des Royal Engineers, qui passent la nuit chez Felice Antone Leonetti, à Monticello, repartent le lendemain et arrivent le 4 à Murato où est Paoli. Ils sont porteurs de lettres de Samuel Hood et de Drake. L’Angleterre est décidée à chasser les Français de la Corse.
14. I. 94 au matin. Le Lowestoft arrive en rade de L'Île-Rousse, Elliot, Koehler et Moore débarquent à midi, logent chez Leonetti et repartent le lendemain pour Murato. Le 16, ils sont reçus par Paoli.
25. I. 94. Une escadre anglaise, en tout 40 bâtiments de guerre et de transport, est en vue de l'Île-Rousse. Un violent libeccio l’oblige à se retirer en catastrophe vers Portoferraio.
  • 1801 - La commune d'Isollarossa fait toujours partie du canton de Sant' Angelo, dans le département de El Golo. Elle prend le nom de L'Île-Rousse.
  • 1811 - Les deux départements sont fusionnés en un seul département, celui de Corse.
  • 1812 - Chaque paroisse ouvre un cimetière, les morts ne sont plus inhumés dans les églises.
  • 1825 - La commune de l'Île-Rousse est créée avec des terres prises à Santa-Reparata-di-Balagna[17].
  • 1828 - Le canton de Sant' Angelo prend le nom de canton de l'Île-Rousse[16].
  • 1830 - À partir de cette année, les cantons ne portent plus le nom des pieves mais celui des chefs-lieux.
  • 1833 - La langue française remplace la langue italienne.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Monument aux morts

Au XXe siècle, l'occupation fasciste italienne durant la Seconde Guerre mondiale, amène la résistance corse à s'organiser. Les premiers membres de [(la mission secrète Pearl Harbour] (Toussaint et Pierre Griffi, Laurent Preziosi et Roger de Saule) viennent coordonner les réseaux de Balagne. Ils étaient arrivés le 14 décembre 1942 par le sous-marin Casabianca dans la baie de Topiti (Piana).

  • 1954 - Le canton de L'Île-Rousse est composée avec les communes de Corbara, L'Île-Rousse, Monticello, Pigna, Sant’Antonino et Santa-Reparata-di-Balagna.
  • 1975 - Le département de Haute-Corse est créé.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1791 1791 Filippo Maria Arena    
1794 1796 Domenico Antonmattei    
1796 1801 Angelo Santo Loverini    
1802 1803 Giuseppe Passani    
1803 1804 Angelo Santo Loverini    
1805 1807 Giovanni Battista Muzio-Olivi    
1808 1811 Giovan Ignazio Salvatori    
1812 1815 Giuseppe Maria Salvini    
1816 1820 Massimo Olivi-Malaspina    
1821 1824 Giovanni Battista Muzio-Olivi    
1825 1830 Massimo Olivi-Malaspina    
1831 1838 Giovan Ambroggio Suzzoni    
1838 1840 Antoine-Jean Pietri    
1841 1848 Sébastien Piccioni    
1848 1855 Antoine-Jean Pietri    
1856 1870 Sébastien Piccioni    
1870 1877 Achille Blasini    
1878 1880 Numa Costa    
1881 1882 Dominique Maraninchi-Milanta    
1883 1893 Achille Blasini    
1894 1896 Joseph Muzio-Olivi    
1896 1904 Dominique Gavini    
1904 1907 Sébastien Mattei    
1908 1908 Antoine François Laurenti    
1908 1925 François Valery    
1925 1941 Charles Marie Savelli    
1941 1943 Pascal Mondielli    
1943 1944 Georges Orgnon    
1945 1947 Jean-Pierre Ferrali    
1947 1965 Jacques Ambrogi    
1965 1971 Jean Fioravante    
1971 2001 Pierre Pasquini RPR  
2001 2003 François Ferrandini    
2003 2020 Jean Joseph Allegrini-Simonetti UMP  
Les données manquantes sont à compléter.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 3 573 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1800. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 4],[Note 5].

           Évolution de la population  [modifier]
1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
311 493 748 1 040 1 175 1 466 1 778 1 756 1 611
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
1 893 1 644 1 687 1 608 1 503 1 893 1 958 1 844 1 847
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
1 791 1 818 1 946 2 024 2 182 2 226 2 018 1 764 1 678
1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010 2011
2 036 2 360 2 632 2 288 2 774 2 795 2 758 3 201 3 573
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[16] puis Insee à partir de 2004[18].)
Histogramme de l'évolution démographique


Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

  • Le centre culturel de la ville U Spaziu organise tout au long de l'année des conférences, des débats animés par des intervenants spécialistes des questions économiques, historiques, sociologiques, etc. place est faite également aux artistes (expositions, présentations) et aux associations culturelles (cours de corse, de qi jong...)
  • 2 juin : Fête de la Saint-Erasme avec professionnels de la mer
  • Fin septembre - début octobre, se tient la foire de L'Île-Rousse, une fête mobile sur la place Paoli, place centrale de la ville.
  • 24 juin : Saint-Jean, feu sur la place Paoli.
  • 14 juillet : Feux d'artifice
  • Le comité des fêtes "L'Isula in Festa" organise de nombreux concerts et animations gratuites[19]

Santé[modifier | modifier le code]

Culte[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs lieux de culte, tous catholiques, à L'Île-Rousse. L'église paroissiale de (L’Immaculée Conception de Marie) relève du diocèse d'Ajaccio.

  • 5 février : Santa Agata, sainte patronne des pêcheurs corses, messe sur l'île de la Pietra
  • 2 juin : Saint Erasme, saint patron des marins, messe et procession
  • 8 décembre : fête de l'Immaculée Conception (A Cuncezzione), Festa di a Nazione, messe et procession

Sports[modifier | modifier le code]

  • 22 janvier 2014 : Victoire en coupe de France. L'équipe de football FBIR de L'Île-Rousse, qui évolue en CFA2, a réalisé l'exploit d'éliminer Bordeaux (équipe de Ligue 1) en 16e de finale de la Coupe de France (0-0, 4-3 après les tirs au but).

Économie[modifier | modifier le code]

Vue depuis le phare

Sur le territoire de la commune, se trouve le port, géré par la Chambre de commerce et d'industrie de Bastia et Haute-Corse. C'est un port de pêche, de plaisance et de commerce (le troisième de Corse).

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Le marché couvert de L'Île-Rousse, le phare de la Pietra et les rues de L'Île-Rousse ont servi de décors pour l'une des scènes du film "L’Enquête Corse" (magasin de chaussures et course en moto jusqu'au phare).

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Monument aux morts de Volti
L'hôtel Napoléon Bonaparte

Le phare de la Pietra[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Phare de la Pietra.

Le phare de la Piétra aussi appelé « Phare de L'Île-Rousse » (Établissement de signalisation maritime no 1632/000), date du 3e quart du XIXe siècle ; il est repris à l'Inventaire général du patrimoine culturel[20].

Le marché couvert[modifier | modifier le code]

Construit entre 1844 et 1846, le marché couvert a retrouvé ses couleurs d'origine en 2011. Il a été classé Monument Historique par arrêté du 5 janvier 1993[21].

Jardin de l'hôtel Napoléon Bonaparte[modifier | modifier le code]

Le jardin de l'hôtel Napoléon Bonaparte (Hôtel des Voyageurs) - place Paoli, propriété privée, est repris à l'Inventaire général du patrimoine culturel (documentation préalable)[22].

Tour de L'Île-Rousse[modifier | modifier le code]

Tour génoise de la Pietra

Est ainsi appelée la tour génoise sur l'île de la Pietra, la plus grande des îlots rocheux de porphyre rouge du petit archipel. La tour qui est en bon état, est accessible par la route menant au phare de la Pïetra, un accès réservé aux seules personnes autorisées. Elle est un symbole de la ville.

Tour de Scalo[modifier | modifier le code]

La tour de Scalo (Scalu)[Note 6] qui se trouve sur l'actuelle place de la Mairie restaurée en 2012, a été construite au XVIIe siècle, sous le nom de Tour des Fabiani. Les Fabiani étaient une des principales familles de Santa-Reparata propriétaire du site où elle possédait magazini (entrepôts) et botteghe (boutiques), à l'époque génoise, soit avant la construction du port de L'Île-Rousse par Pascal Paoli. La tour était censée protéger leurs biens. Elle a servi à entreposer du sel qui arrivait des salines provençales. Le sel permettait alors de percevoir une recette fiscale importante : la gabelle. Le 5 avril 1731, la tour est prise par les Corses en révolte contre Gênes. Paoli la fit consolider pour protéger le Palazzu. Mais la tour sera prise par les troupes françaises. Le 25 mai 1769 D'Arcambal prend définitivement possession de l'Île-Rousse. La tour est réquisitionnée et devient la poudrière de la place militaire.

Le 2 août 1778, la foudre frappe la tour-poudrière et provoque une gigantesque explosion, détruisant une partie du quartier. L'abbé Don Antonio Orticoni, ancien aumônier militaire, écrit dans ses mémoires : « cinq hommes et une femme sont décédés, sans compter les nombreux blessés »[23]. La tour fut reconstruite, réduite de deux mètres, pour servir à nouveau de poudrière.

En 1900, les bâtiments militaires sont rachetés par la municipalité. En 1943, la tour sert peu de temps de prison pour des détenus soupçonnés de collaboration. Plus tard, elle a servi de salle d'exposition de vestiges découverts lors de fouilles archéologiques sous-marines.

Les gabelous avaient leur poste dans l'ancienne caserne voisine (aujourd'hui la mairie) ainsi qu'un poste-abri au fond de la petite crique sous le phare de la Pietra. Cette construction était signalée il n'y a pas si longtemps encore sur les cartes d'état-major.

Ancienne caserne, actuelle mairie[modifier | modifier le code]

Mairie et tour de Scalo

Le bâtiment militaire a été construit dès 1765, en même temps qu'un petit port (l'actuel môle des pêcheurs), à l'initiative de Pascal Paoli qui avait fait fortifier Scalo, l'actuelle vieille ville. L'île passant sous administration militaire française en 1768, cette caserne s'appelait « Vaux », en l'honneur du comte de Vaux qui avait en 1769 terminé la conquête de la Corse[14]. Pour la même raison, L'Île-Rousse a même porté éphémèrement le nom de « Ville de Vaux ».

La caserne a servi à abriter diverses garnisons, corses, génoises et françaises. Elle abrita les services de l'administration des douanes jusqu'à la fin du XXe siècle quand est fermée la recette des Douanes dans le cadre d'une réorganisation des services. Le bâtiment restauré depuis, est devenu l'actuelle mairie. Ses abords, esplanade et terre-pleins, ont été réaménagés, en même temps que la tour de Scalo qui a été restaurée.

Monument aux morts[modifier | modifier le code]

Le monument aux morts durant les guerres de 1914-1918, de 1939-1945 et d'Indochine. Œuvre d'Antoniucci Voltigero dit « Volti », il est situé face à la mairie de L'Île-Rousse, sur une grande place en bordure de mer fréquentée par les joueurs de pétanque.

Place Paoli[modifier | modifier le code]

La place Paoli fut créée en 1834 hors de la seconde enceinte de la ville, devenue depuis le cœur de la cité. S'y dresse le buste de Pascal Paoli, fondateur de la ville.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Autres lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • la Baigneuse place Paoli. La sculpture qui y est élevée, est l'œuvre d'Antoniucci Voltigero dit Volti 1915-1989).
  • Le moulin à vent construit en 1803 destiné à moudre le blé témoigne des activités agricoles d'antan de la micro-région.
Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

L’Immaculée-Conception-de-Marie[modifier | modifier le code]

L'église paroissiale dédiée à l'Immaculée-Conception-de-Marie, dressée au centre-ville et dominant la place Paoli, a été construite en 1892. Elle fut détruite par un incendie en 1914. Elle a été reconstruite dans les années 1930.

L'église renferme deux tableaux, toiles provenant vraisemblablement de la collection Fesch, propriété de la commune, classés Monument Historique :

  • tableau La tentation du Christ, du XVIIe siècle[24] ;
  • tableau Saint Jérôme, du XVIIe siècle[25].

L’église de la Miséricorde[modifier | modifier le code]

L’église de la Miséricorde (dite « du Couvent »), se situe à l'est de l'église de L’Immaculée-Conception-de-Marie. Elle a été restaurée en 2010-2011.

Patrimoine culturel[modifier | modifier le code]

Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

L'Île-Rousse n'est pas concernée par des espaces protégés et gérés, ZNIEFF ou Natura 2000, inscrits à l'Inventaire national du patrimoine naturel.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Pascal Paoli
  • Jean-Noël Savelli, capitaine de frégate. Son nom a été donné à une rue de L'Île-Rousse.
  • les frères Arena: Barthélemy député de la Corse, fut membre des trois assemblées (legislative, convention et directoire dont il était président de chambre) et François, général de brigade, puis député de Corse à l'assemblée du Directoire
  • Pierre Pasquini, ancien maire et ancien ministre
  • Don-Gregorio Salvini, orignaire de Nessa (1696-1789), abbé. Il débarqua à L'Île-Rousse par deux fois (mai et juillet 1736), des armes et munitions pour Théodore de Neuhoff, roi de Corse. Il sera député par la Balagna occidentale.
  • les frères Mattei, descendants de la première famille Mattei arrivée à l'appel de Pascal Paoli, fils di a signora Genia, l'un des derniers gouverneurs de Madagascar, l'autre directeur de cabinet de ministre et conseiller général de l'Île-Rousse
  • Michel-Claude Weiss, archéologue. Professeur de préhistoire à l'Université de Corse (Corte), il arpente les sites archéologiques de l'île. Il est co-inventeur de la « Dame de Bonifacio », le plus ancien squelette jamais découvert en Corse. Il est aussi l'auteur de nombreux ouvrages et articles scientifiques.
  • Jean-Joseph Allegrini Simonetti, le maire de L'Ile-Rousse, successeur de François Ferrandini.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le comte Dumenicu Rivarola était l'ancien consul d'Espagne à Bastia. Jusqu'en 1744, il habitait Livourne où il recrutait des Corses pour l'armée espagnole. Recommandé par le général Breitwizt et par Mann, il obtient l'appui du marquis de Gorzegno, collaborateur d'Ormea, pour former un régiment corse au service de Charles-Emmanuel. Il prend ainsi la place de Théodore dans les vues de la Cour de Turin
  2. Stefano de'Mari, est nommé le 25 octobre 1745 commissaire général à Bastia en remplacement de Pier Maria Giustiniani nommé en juin 1743, en même temps que Speroni qui avait remplacé Veneroso à Aiacciu mais qui reste subordonné au commissaire de Bastia
  3. Charles-François Dumouriez, futur général, avait été rappelé d'Espagne pour faire la campagne de Corse où il gagnera ses galons de colonel
  4. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  5. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.
  6. Scalu signifie arrivée, débarquement, escale en langue corse

Références[modifier | modifier le code]

  1. La Corse et le monde : histoire chronologique comparée, Volume 3, Simon Grimaldi, Edisud, 1997,p. 1446
  2. Larousse 2007, p. 418
  3. I nomi di i paesi, Rinatu Coti, Ghjuvan Petru Graziani, Ed. Cismonte è Pumonti (1984), p. 11
  4. Lisulanu dans INFCOR, banque de données de la langue corse
  5. A Petra L'île Rousse - collectif (), Ed. Albiana / UMR Lisa / Commune de L'Île-Rousse (2010)
  6. a et b Eugène. Bonifay Corse. In: Gallia préhistoire. Tome 29 fascicule 2, 1986. p. 339-340
  7. A Petra L'île Rousse - collectif (), Ed. Albiana / UMR Lisa / Commune de L'Île-Rousse (2010)
  8. Dictionnaire Historique de la Corse (sous la direction de Antoine-Laurent Serpentini), Ed. Albiana (2006) p. 505
  9. Michèle Castelli in Marie di Lola, Éditions Albiana (2000) - Ajaccio (ISBN 2-905124-62-8)
  10. Antoine-Dominique Monti in La Grande Révolte des Corses contre Gênes 1729 - 1769, chronologie - Adecec 1979
  11. Cartographier la Corse au temps de Pasquale de’Paoli - Dominique Gresle-Pouligny - Albiana/Musée de la Corse (2007)
  12. Trois prêtres balanins au cœur de la révolution corse : Erasmo Orticoni, Gregorio Salvini, Bonfigliuolo Guelfucci - Evelyne Luciani, Louis Belgodère, Dominique Taddei - Ed. Alain Piazzola, Ajaccio (2006)
  13. Corse, Robert Colonna d'Istria, 1998
  14. a et b Angelis et Don Giorgi, Guide de la Corse mystérieuse, Tchou, Éditions Princesse (1976)
  15. Antoine-Dominique Monti in La Révolution française et la Corse - Chronologie 1789 - 1794 Adecec Cervioni 1989
  16. a, b et c Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui, « Notice communale L'Île-Rousse », École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) (consulté le 10 juin 2012)
  17. Base Infcor
  18. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011
  19. Site du Comité des fêtes de l'Île-Rousse
  20. « Notice no IA2B000175 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  21. « Notice no PA00099203 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  22. « Notice no IA2B001290 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  23. Corse-matin du samedi 26 novembre 2011 - L'Île-Rousse
  24. « Notice no PM2B000351 », base Palissy, ministère français de la Culture
  25. « Notice no PM2B000350 », base Palissy, ministère français de la Culture