Cervione

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cervione
Cervioni (co)
Image illustrative de l'article Cervione
Blason de CervioneCervioni (co)
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Corse
Département Haute-Corse
Arrondissement Corte
Canton Campoloro-di-Moriani
Intercommunalité Communauté de communes de la Costa Verde
Maire
Mandat
Marc-Antoine Nicolaï
2014-2020
Code postal 20221
Code commune 2B087
Démographie
Gentilé Cervionais
Cerviuninchi (co)
Population
municipale
1 703 hab. (2011)
Densité 149 hab./km2
Géographie
Coordonnées 42° 19′ 57″ N 9° 29′ 32″ E / 42.3325, 9.4922222222242° 19′ 57″ Nord 9° 29′ 32″ Est / 42.3325, 9.49222222222  
Altitude 380 m (min. : 0 m) (max. : 934 m)
Superficie 11,45 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Corse

Voir sur la carte administrative de Corse
City locator 14.svg
Cervione
Cervioni (co)

Géolocalisation sur la carte : Corse

Voir sur la carte topographique de Corse
City locator 14.svg
Cervione
Cervioni (co)

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Cervione
Cervioni (co)

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Cervione
Cervioni (co)

Cervione (en corse Cervioni, prononcé [t͡ʃɛr.ˈvjɔˑ.nĭ]) est une commune française située dans le département de la Haute-Corse et la région Corse. Le village appartient à la microrégion du Campoloro.

Géographie[modifier | modifier le code]

Histoire et Toponymie[modifier | modifier le code]

Origine du nom[modifier | modifier le code]

L'histoire de la commune est liée à celle des cerfs de la région. La disparition des forêts entraîne celle du gros gibier. On a dû réintroduire le cervus corsicanus. Les derniers cerfs, protégés par la loi, s'étaient réfugiés dans le maquis du Fiumorbu et, au cours de la Seconde Guerre mondiale, l'un d'eux, évadé de Vadina, était venu s'embûcher dans la plaine de Cervioni. Il a été tué à Chebbia pendant une battue aux sangliers. Même s'il y a longtemps que les cervi ont déserté le Campulori, Cervioni était considéré comme le « pays des cerfs. » Le nom du chef-lieu du Campulori, actuellement prononcé Cervioni ("v" et non "b"), officialisé en Cervione, a été écrit :

  • Cerbione (1533)
  • Cerbioni (1582, 1633)
  • Cervioni (1616, 1632)
  • Cervione (1635, 1642).

Hypothèses[modifier | modifier le code]

Il est difficile de se prononcer sur son origine. Dans sa Géographie, Ptolémée, qui vivait au IIe siècle, partageait les habitants de la Corse en douze peuplades. D'après une localisation généralement admise, le Campulori avait été peuplé par la tribu des Makrinoi ou Mariani. Laquelle a pu donner son nom à la pieve de Moriani, sa zone d'influence s'étendant du Campulori à la Casinca.

Cependant, certains auteurs n'admettent pas la distribution géographique de Ptolémée. Mgr Louis Sébastiani de La Porta est catégorique : « Il est incontestable que la position géographique des lieux fixée par Ptolémée n'est pas toujours exacte, et qu'il ne faut pas s'en tenir rigoureusement à cette position quand elle est en désaccord avec celle des lieux désignés par des noms modernes entièrement identiques aux anciens. » Mgr de la Foata se refuse donc à placer les Cervini au pied du Monte d'Oro et les situe soit à Cervioni, soit à Carbini.

Le professeur Francesco Ambrosi rejoint l'érudit prélat d'Ajaccio quant au jugement qu'il porte sur la Géographie de Ptolémée. Il envisage une erreur de localisation des Syrbii, entre le Tavignanu et le Travu, et les places à Cervioni. Mais pourquoi faire mentir Ptolémée pour admettre que des Syrbii ou des Cervini aient fondé Cervioni ? Pourquoi des membres de l'une ou l'autre peuplade ne se seraient-ils pas implantés sur le territoire de Mariani ? Ainsi, quel est le Cervionais d'un certain âge qui n'a connu U Bonifazinu, Cinarchese, A Goghjese ou l'Aschese, et peut-être uniquement sous ces surnoms? Venus s'installer à Cervioni, ils avaient conservé l'appellation d'origine et, s'ils avaient créé un domaine rural, ils auraient pu nous léguer un lieu dit.

Dans son Dictionnaire des noms de lieux corses, Mgr Jean-Marcel Rodié fait découler Cervioni de Cervius, nom propre latin. Si l'on devait retenir un nom de personne, Cerbonius conviendrait mieux. Ce nom, toscanisé en Cerbone, est celui d'un saint évêque de Populonia (Massa Marittima, Toscane), mort à l'île d'Elbe au VIe siècle. Le culte de San Cerbone a été introduit en Corse au plus tard à l'époque pisane. Les églises qui lui sont dédiées y sont plus nombreuses qu'en Toscane, et plus particulièrement dans l'évêché d'Aleria : Gavignanu, Felicepianu, Campi, Ghjuvellina, Zuani, Guagnu, Guzzone...

Le calendrier diocésain de Massa et Populonia, dédiait deux jours à San Cerbone : le 4 juin, fête du transfert du corps de l'île d'Elbe à la "Terre ferme", et le 10 octobre, anniversaire de la mort. Or Cervioni célèbre Saint Erasme le 2 juin et saint Alexandre Sauli, patron de la cité, le 11 octobre. On serait tenté de conclure que ces deux saints ont chassé l'autre, mais cela n'est qu'une coïncidence. Félix Giacobbi pensait mettre en cause, pour l'étymologie de Cervioni, le mot Cera (cire) qui, avec un augmentatif, donne Cerone, et cela sans doute parce qu'une ou deux fabriques de cierges ont existé à Cervioni. Ce serait envisager l'introduction tardive du "V" dans le corps du mot, alors que ce "V" résulte plutôt de l'adoucissement d'un "B".

Si l'on retient Cera, il faut aussi envisager Cerro (Quercus cerris), nom italien du chêne chevelu, ou chêne lombard, qui a donné de nombreux lieux-dits dans la péninsule italienne. Notons enfin que de nombreux toponymes datent de la préhistoire et appartiennent à une langue disparue. Certains sont conservés tels quels, d'autres ont subi l'attraction de mots au sens connu appartenant à des langues postérieures. P. Lamotte rattache Cervioni à une base supposée pré-indo-européenne : KAR, laquelle aurait le sens de pierre, rocher, terrain escarpé ou endroit fortifié. Cette base avait d'ailleurs été étudiée hors de Corse par les linguistes. Charles Rostaing, dans Les Noms de lieux (coll. Que sais-je ? 1961, p. 28), fait état des études faites, depuis Gigi d'Alessio en 1935, sur KAR(R)A, dont « un sens dérivé kar-ione a donné naissance aux multiples Cheiron, Chéron, Chiron, éparpillés sur tout le territoire français. »

Culture[modifier | modifier le code]

  • l'ADECEC (Association pour le développement des études archéologiques, historiques, linguistiques et naturalistes du Centre-Est de la Corse) : association polyvalente à vocation culturelle. La liste des présidents :
    • Antoine-Dominique Monti, 1970-1997, le fondateur, professeur au collège de Cervioni
    • Dominique Mosca, 1997-1998, instituteur à la retraite qui a assuré l'intérim.
    • Joseph Leoni, depuis 1998, directeur d'école à la retraite.
    • Jacques Paoli, depuis 2008, journaliste.
  • Le musée de Cervione : situé au centre du village près de la cathédrale Sant'Eramu. Quatorze salles d'exposition permanente ont été aménagées dans l'ancien séminaire des évêques d'Aleria à Cervioni, mises à disposition de l'ADECEC par la municipalité. Le musée est destiné à l'ethnographie (collection de roches de Corse, vitrines d'archéologie, présentation des matériels d'entretien de la vigne, de vinification et de distillation, exposition d'instruments nécessaires au perçage des métaux, d'outils du maréchal-ferrant, etc.).
  • Journée de la langue corse devenue "Journée de l'ADECEC" organisée depuis une quarantaine d'années par l'ADECEC.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs au XXe siècle :

  • Depuis 2008 : Nicolai Marc-Antoine (conseiller territorial depuis 2010 - liste Paul Giacobbi)
  • 1995-2008 : Nicolai Augustin Pierre Louis (conseil général du Campuloro-Moriani depuis 2007, réélu en 2011)
  • 1977-1995 : Lovisi Ange
  • 1967-1977 : Filippi Antoine
  • 1967 : Pescetti Jean-Louis
  • 1962-1967 : Filippi Antoine
  • 1945-1962 : Maggiani Félix
  • 1944-1945 : Pinelli Jean
  • 1935-1944 : Casalta Martin
  • 1930-1935 : Benelli Georges
  • 1930 : Mannoni Lucien
  • 1929-1930 : Mannoni Nicolas
  • 1925-1929  : général Joseph-Marie Pollacchi
  • 1919-1925 : Astima Martin
  • 1912-1919 : Vadi Pierre
  • 1910-1912 : Grassi Alexandre
  • 1905-1910 : Astima Jean-Saint

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 703 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1800. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
1 008 1 182 910 1 467 1 510 1 536 1 657 1 604 1 456
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
1 588 1 373 1 615 1 680 1 912 2 144 1 584 1 561 1 647
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
1 641 1 571 1 555 1 785 1 606 1 560 1 345 1 405 1 100
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011 -
1 400 1 450 1 254 1 334 1 452 1 605 1 628 1 703 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[1] puis Insee à partir de 2004[2].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Cathédrale Saint-Érasme[modifier | modifier le code]

Cathédrale de style baroque dédié à Alexandre Sauli datant du XVIIIe siècle.

Buste de Pasquale Paoli sur la traversa[modifier | modifier le code]

En hommage à Pascal Paoli.

La Traversa[modifier | modifier le code]

Point de vue situé sur la Corniche de Castagniccia

U Palazzu di Funtanone[modifier | modifier le code]

Le château est construit à partir d'un ancien moulin à eau, qui doit dater de plusieurs centaines d'années.

En effectuant des travaux récents on a découvert une salle souterraine ancienne, inconnue jusque-là, voûtée, dont le sol est dallé de grandes pierres toutes marquées par des signes mystérieux de tailleur de pierre. C'est l'ancien réservoir du moulin. On y distingue l'arrivée de l'eau et sa grille et surtout un puits intérieur traversant la maison de haut en bas. Il s'agit de l'ancienne conduite forcée qui conduisait l'eau vers une bouche taillée dans la masse de la roche, sous la maison, au fond d'un tunnel et qui faisait tourner ainsi une roue à godets, entraînant par des engrenages divers la mécanique des meules. Cette conduite forcée est construite elle aussi en pierres de taille rigoureusement assemblées. La proximité du torrent, dont le débit était bien plus important par le passé, explique la situation de ce moulin à cet endroit.

Auparavant, l'accès à la maison s'effectuait par un simple et étroit chemin muletier depuis le village, qui n'était autre que l'ancienne route pédestre vers Corti par les montagnes de la Castagniccia. On notera que l'entrée de l'allée menant au palazzu est encadrée par deux piliers massifs originaux laissant le passage à un véhicule plus large que ce chemin d'accès ne permettait. En 1978, la piste est élargie pour permettre le roulage des véhicules à moteur. À cette occasion un magnifique pont génois, établi derrière le palazzu pour enjamber le torrent, est détruit au profit d'une passerelle en béton.

Au XIXe siècle, la bâtisse a été transformée en maison bourgeoise, peut-être par un baron de la famille de Jean-Baptiste Cervoni, général de division du Premier Empire, mort à la bataille d'Eckmühl.

L'abandon de la fonction meunière est vraisemblablement à mettre sur le compte du développement des routes carrossables en Corse qui privilégient alors les moulins munis d'accès faciles, au détriment ce ceux construits dans des endroits reculés comme ici.

On dit aussi que cette maison a été perdue au jeu en 1936.
Elle atterrit plus tard dans la famille Santarelli, originaire d’Aullène dont le dernier représentant était un amiral qui a rejoint De Gaulle en 1940.

C’est une maison massive et austère, en retrait du village, toute en hauteur. Par ses particularités architecturales avec ses rives de toit munies de pointes étranges que l'on ne retrouve nulle part en Corse, aussi bien que son ambiance intérieure, elle a la réputation de maison hantée ou du moins habitée par des phénomènes étranges. On dit aussi que d'anciens propriétaires s'adonnaient à des expériences de spiritisme.

Elle est construite sur la roche qui apparaît par endroits dans certaines pièces. Sa couverture est constituée de lauzes soutenues par une belle charpente en châtaignier.

L'endroit est propice aux sources, aux fontaines, au silence et aux mystères. Un ancien four à pain demeure encore dans un coin du jardin.

Elle est actuellement la propriété de Viviane Loriaut, directrice des études à double cursus au Conservatoire à Rayonnement Régional d’Ile de France, rue de Madrid à Paris et organiste concertiste, et de Jean-Louis Loriaut facteur d'orgues. Ils y vivent à l'année.

Le couvent Saint-François[modifier | modifier le code]

La Scupiccia[modifier | modifier le code]

La Scipiccia est une statue de la Vierge en marbre située sur la crête de la Scupiccia, à 750 m d'altitude.

Article détaillé : Statue de Scupiccia.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Théodore de Neuhoff : roi de Corse qui fit de Cervioni sa capitale.
  • Alexandre Sauli : évêque d'Aléria, y fixa la résidence des évêques d'Aleria en mai 1578 avec l'autorisation du pape.
  • Pascal Paoli, général corse qui venait souvent à Cervioni pour ses réunions politiques, il logeait au couvent, où il fit installer l’Imprimerie Nationale.
  • Saint Erasme
  • Prosper Mérimée : il cita la cathédrale de Cervioni.
  • Philippe Pescetti : enseignant qui installa dans la commune un enseignement au-delà du certificat d’études primaires en 1929 :
    • 28 septembre 1909 : nommé adjoint à l’école de garçons de Cervioni et en était devenu le directeur.
    • 1927 : il crée un cours complémentaire.
    • 1929 : le nouvel établissement compte 29 élèves
    • 1930 : la réputation du cours complémentaire a immédiatement gagné les cantons voisins. Des élèves de plus en plus nombreux s’installent à Cervioni, souvent accompagnés de leurs parents.
    • 1945 : Philippe Pescetti part en retraite. Depuis le cours complémentaire est devenu collège d’enseignement général.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  2. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :