San-Martino-di-Lota

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San-Martino-di-Lota
San Martinu di Lota (co)
Vue de San-Martino-di-Lota
Vue de San-Martino-di-Lota
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Corse
Département Haute-Corse
Arrondissement Bastia
Canton San-Martino-di-Lota (chef-lieu)
Intercommunalité Communauté d'agglomération de Bastia
Maire
Mandat
Jean-Jacques Padovani
2014-2020
Code postal 20200
Code commune 2B305 (ex 20305)
Démographie
Gentilé Sammartinaghji (co)
Population
municipale
2 824 hab. (2011)
Densité 296 hab./km2
Géographie
Coordonnées 42° 43′ 26″ N 9° 27′ 21″ E / 42.7238888889, 9.45583333333 ()42° 43′ 26″ Nord 9° 27′ 21″ Est / 42.7238888889, 9.45583333333 ()  
Altitude 260 m (min. : 0 m) (max. : 984 m)
Superficie 9,54 km2
Localisation

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San Martino di Lota (en corse San Martinu di Lota) est une commune située dans le département de la Haute-Corse et la collectivité territoriale de Corse. Ses habitants sont les Sammartinaghji.

Géographie[modifier | modifier le code]

Panorama de San-Martino-di-Lota

Situation[modifier | modifier le code]

San-Martino-di-Lota est une commune au sud de la façade orientale du Cap Corse, située au sud de Santa-Maria-di-Lota et au nord de Ville-di-Pietrabugno, dans l'ancienne seigneurie de Bagnaria riche famille promue seigneurs en 1130, au sud de la province génoise du CapoCorso, et dans l'ancienne pieve de Lota et Pietrabugno. San Martinu di Lota est de nos jours une commune de l'agglomération de Bastia.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Farinole, Santa-Maria-di-Lota Santa-Maria-di-Lota Mer Tyrrhénienne Rose des vents
Farinole N Mer Tyrrhénienne
O    San-Martino-di-Lota    E
S
Patrimonio Ville-di-Pietrabugno Mer Tyrrhénienne

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

Commune de la façade orientale du Cap Corse, San-Martino-di-Lota est adossée à la Serra, la chaîne dorsale du Cap Corse qui est un bloc de schistes lustrés édifié au tertiaire lors de la surrection des Alpes sur un socle hercynien.

Cette partie au sud-est de la province offre des paysages où s'apposent des schistes qui s'altèrent facilement et des ophiolites très résistantes aux reliefs aigus et abrupts. Ces ophiolites sont ici composées essentiellement de roches volcaniques, laves basiques en milieu océanique au secondaire nommées pillow-lavas souvent déformés et transformés par le métamorphisme alpin en prasinites de teinte verte (présence d'épidote) ou en glaucophanites (de teinte bleue)[1].

San-Martino-di-Lota occupe la basse vallée du ruisseau de Grigione (fiume di Grisgioni), prolongée en amont par le vallon du ruisseau de Fornelli son affluent, ainsi que le versant méridional de la vallée du ruisseau de Poggiolo. Ce dernier la sépare de Santa-Maria-di-Lota au sud de Miomo où il a son embouchure.

Limites territoriales

Compris du nord au sud entre Santa Maria di Lota et Ville-di-Pietrabugno (e Ville di Petrabugnu), le territoire communal descend d'une ligne de crête à l'ouest qui le sépare de Farinole (Farrìngule), section de la chaîne principale du Cap Corse comprise entre le monte Pinatelle (e Pinnatelle) (964 m) au nord et un point à (910 m) au sud sur le ruisseau d'Alziccia, « à cheval » sur Farinole, San-Martino-di-Lota, Ville-di-Pietrabugno et Patrimonio.
Au nord, un chaînon secondaire de la Serra, articulé sur la dorsale au monte Pinatelle, et orienté à l'est, délimite la commune jusqu'à la cima di Morelli (791 m). Sur ce chaînon qui se poursuit en déclinant vers la mer au nord de Grigione, a été construit la plupart des villages de l'intérieur de la commune : Mucchiete, Castagnetu, Acqualto et Oratoggio.
Au sud, la démarcation passe sur le versant méridional de la ligne de crête, sous notamment Pietra Ellerata (879 m), la pointe de Guaitella (676 m), le monte Giorgo où se trouve une borne à 608 m, avant de décliner rapidement sur la source (346 m) du ruisseau de Guaita. De ce point, la démarcation descend la partie haute du cours du dit-ruisseau avant d'obliquer au sud-est jusqu'au nord des Minelli (Ville-di-Pietrabugno).

Façade maritime

Sa façade maritime va depuis l'embouchure du ruisseau de Poggiolo au nord, jusqu'aux limites septentrionales du quartier des Minelli de Ville-di-Pietrabugno. C'est une côte déchiquetée, n'offrant aucun abri pour les navires et ne comportant que de minuscules plages. Elle comprend les deux localités de Grisgione et de Pietranera qui se sont développées sur le littoral capicorsin.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Embouchure du Poggiolo et l'extrémité nord de Licciola
Article détaillé : Poggiolo (ruisseau).

Déjà cités ci-dessus, trois petits cours d'eau parcourent le territoire communal ou le traversent dans autant de vallons :

  • ruisseau de Grigione (ou ruisseau de Milaja)[2], qui a sa source à environ 940 m sur les flancs orientaux du monte Giagoppa (1 038 m - Farinole), parcourt l'extrémité occidentale de la commune de Ville-di-Pietrabugno sur près de 1,7 km avant de passer sur San-Martino-di-Lota et confluer avec le ruisseau de Fornelli[3] ;
  • ruisseau de Poggiolo[4]. Le fiume di Poggiolu a sa source à près de 1 000 m d'altitude, au sud du monte Foscu (1 102 m) de la serra di Guadalone, sur la commune de Santa-Maria-di-Lota. Il a son embouchure au sud de la plage de galets de Miomo.
  • ruisseau de Guaita[5], long de 1,2 km, dont l'embouchure se situe à Pietranera.

À 450 m à l'ouest du hameau de Mola, se trouve la source des Pinzi dont les eaux ont la vertu d'être diurétiques et soulagent les maux de reins[1].

Climat et végétation[modifier | modifier le code]

Tout le Cap Corse bénéficie d'un climat méditerranéen maritime aux écarts thermiques modérés. L'hiver est plus chaud et l'été plus tempéré que sur le reste du littoral de l'île. L'hiver sur la côte, il ne gèle qu'un seul jour par an. En montagne, la neige n'abonde que tous les 5 à 7 ans. San-Martino-di-Lota, tout comme les communes voisines, est parfois soumis au libeccio, vent violent d'ouest qui se renforce après avoir franchi la dorsale du Cap Corse. L'automne s'achève par des pluies orageuses méditerranéennes parfois trop fortes.

Les hauteurs sont recouvertes de maquis, fruticées, pelouses et milieux rupestres. À l'étage inférieur, se trouvent des chaînaies, des bosquets de châtaigniers, puis un épais maquis. Toutefois, sur le flanc sud de la Cima di a Cornicchiola, on aperçoit une cascade de terrasses jadis soigneusement cultivées.

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Accès routiers[modifier | modifier le code]

  • Sur le littoral, la commune est traversée par la route D80 qui fait le tour du Cap Corse. Sur la commune, la D80 porte le nom de Route du Cap.
  • À l'intérieur, le village est desservi par la D31, route corniche reliant le nord de la ville de Bastia à Miomo, via Ville-di-Pietrabugno, San-Martino-di-Loto et Santa-Maria-di-Lota.
  • Entre ces deux routes, la D131 permet d'accéder à Porragia et d'autres lieux habités de l'intérieur, depuis sa jonction avec la D80 à Pelagacciu, entrée sud de la commune. Étroite et sinueuse, elle remonte la vallée sauvage de Grigione qu'elle franchit à 202 m d'altitude, au pont de Canastanu. Elle se termine en aboutissant sur la D31.

Transports[modifier | modifier le code]

La commune est desservie par la ligne 13 « San Martino - Mairie Bastia » de la Société des autobus bastiais[6].

San-Martino-di-Lota est distant depuis Pietranera, par route[7], de 2,5 km du port de commerce de Bastia, de 3 km de la gare des CFC de Bastia et de 23 km de l'aéroport de Bastia Poretta.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Jadis nommée Fiume-in-Qua, San-Martino-di-Lota était la plus peuplée des communes du Cap Corse : 3 000 en hiver, 4 000 en été, pour une superficie d'à peine 9,54 km2. En 1770, les huit communautés de l'intérieur sont fusionnées. Elles disposaient des trois marines. La commune de San-Martino-di-Lota se découpe ainsi en deux zones d'habitat :

L'intérieur de la vallée[modifier | modifier le code]

Il est composé des lieux habités anciens, qui avaient été construits sur les hauteurs, afin de voir venir l'envahisseur barbaresque. L'insécurité côtière a perduré durant treize siècles. À cet effet, les Génois avaient fait construire une tour proche de l'embouchure du fiume di Poggiolu pour assurer le guet. À l'intérieur de la vallée, le village et les hameaux sont donc composés à l'origine de maisons anciennes, certaines aux murs de pierres apparentes, aux toits de teghje (lauzes).

Neuf villages et hameaux de crête sont desservis par la RD31 qui serpente de Ville (e Ville di Petrabugnu) à Santa Maria, par quelques routes communales, ainsi que par la RD131 qui relie Petra Negra au hameau d'Annetu. Dans ces villages de caractère se trouvent des maisons parfois anciennes aux toits de lauze, des fours, lavoirs et fontaines anciens. Ils sont successivement :

Aneto[modifier | modifier le code]

Aneto (ou Anneto, Annetu) signifie « aulnaie ». Ses habitants sont les Annetacci. C'est un petit hameau à une altitude moyenne de 280 m, la première localité desservie par la route D131 au départ du littoral. S'y trouve la chapelle San Sebastiano construite au XVIe siècle.

Mola[modifier | modifier le code]

Mola signifiant « rond comme une meule », est un petit hameau perché au-dessus de la route. À 150 m à l'est, sous la route, se dresse l'ancien couvent des Capucins, une grande bâtisse du début (XVIIe siècle), renfermant un petit cloître. Cédé à un particulier en 1908, le couvent a été transformé en château. Il est par la suite aménagé en colonie de vacances pour EDF avant d'être acquis par un Cagninacci, « comte romain ». Depuis, la bâtisse porte le nom de Château Cagninacci. La demeure dite « Château Cagninacci » (ancien couvent des Capucins) qui comprend l'ancienne église conventuelle Notre-Dame-des-Anges, est inscrite « Monuments historiques ; Label XXe siècle »[8].

Notre-Dame-des-Anges sert actuellement de salle des fêtes. Les religieux du couvent furent longtemps chargés de l'enseignement des enfants de la pieve de Lota. Ils desservaient également les paroisses voisines.

Casanova[modifier | modifier le code]

Situé à 325 m d'altitude, le hameau est séparé d'Acqualto par l'église San Martino, dont la place offre un remarquable panorama sur la mer et des îles de l'archipel toscan (Elbe, Capraia, Pianosa, Montecristo), ainsi que sur les vallées avoisinantes.

Acqualto[modifier | modifier le code]

Acqualto (L'Acqualtu) est le village-centre de l'intérieur. Ses habitants sont les Acqualtacci. Il s'étend autour de l'église à la façade néoclassique dédiée à Saint Martin (d'où vient le nom de la commune, San Martinu di Lota), édifiée au début du XVIIe siècle à l'emplacement d'un fortin et d'une chapelle du XIIIe siècle. La place de l'église est un immense ossuaire, que l'on nomme parfois U Sacraziu. Ceci provient du fait qu'à l'époque, lorsque l'arca (fosse commune placée dans l'église) était pleine, les ossements étaient retirés pour être enterrés sous la place. Depuis 1812, les dépouilles sont inhumées au cimetière de Campu Santa Lucia.

Oratoggio[modifier | modifier le code]

Oratoggio (Oratoghju), qui signifie oratoire, est un hameau situé sous Acqualto, à l'est de celui-ci. Il tire son nom de l'oratoire San Bernardino qui existait jadis, et qui devait se trouver sur la colline de Poggiu près du lieu-dit San Melerdinu.

Castagneto[modifier | modifier le code]

Castagnetu veut dire « petite châtaigneraie ». Il se situe à l'est de Casanova. S'y trouve la chapelle Santa Maria Annunziata du XVIe siècle. Castagneto est la patrie du poète Angelu Santu Marcucci, dit Grillettu (1789-1864). Ses poèmes en langue italienne sont remarquables, pleins de saveur, de sens, d'esprit, etc., pleins de vie quotidienne mais aussi pleins de femmes aux noms quelquefois rustauds : Cigilbruna, Chloris, Corella, Lydia, Phillis, Fiorella, Camellina, Nerina, Finette[1]...

Mucchiete[modifier | modifier le code]

Muchjete signifiant « cistaie », abrite une chapelle baroque ; le hameau se situe au-dessus de Castagneto, à 425 m d'altitude. Mucchiete possède une chapelle San Ghiseppu. C'est aussi le départ de sentiers de randonnées vers les cimes alentour : cima Ventajola (ou Ventigliola - 686 m), cima di Morelli (ou di Morcelli - 791 m), cima di Fornelli (822 m), cima di Terrazze (893 m), cima di Pietr'Ellerata fortifiée au XIIIe siècle (877 m), etc.

Canale[modifier | modifier le code]

Canale est un hameau situé au milieu de châtaigniers, à 405 m d'altitude. S'y trouve une chapelle Santu Pietru édifiée en 1702, et qui recèle deux tableaux de Saint-Pierre.

Santorio

Au XVIIe siècle existait le hameau de Santorio dont les habitants, selon la légende, auraient été chassés de leurs habitations par une invasion de fourmis en fin de siècle. Les ruines du hameau, noyés dans un haut maquis, sont encore visibles en aval du pont d'Aneto

Les Marines[modifier | modifier le code]

Trois hameaux étaient à l'origine les "marines" des hameaux de montagne qui servaient au cabotage et à la navigation vers l'Italie. Ces hameaux, essentiellement résidentiels, présentent chacun quelques maisons anciennes, une ancienne tour génoise ruinée et une plage de galets. Leur habitat moderne en expansion en fait des banlieues éloignées de Bastia.

Du nord au sud, traversées par la route D80, ce sont les marines de :

Licciola[modifier | modifier le code]

Licciola (ou Ricciola) est un hameau situé à 5 km au nord de Bastia. Au XIXe siècle, une fonderie y traitait le minerai de fer qui était ensuite expédié vers l'Italie par Grisgione et Miomo.

Grigione[modifier | modifier le code]

La petite marine de Grigione (ou Grisgione) se situé à au nord de Bastia. Elle présente des maisons rustiques et une petite chapelle Santa Maria di U Rusariu. À la suite d'un débarquement des barbaresques, une tour ronde avait été édifiée à la fin du XVIe siècle. Au XVIIe siècle, un pont à péage avait été construit sur le fiume di Grisgione.

« L'usage voulait que l'utilisateur du pont donnait ce qu'il voulait. »

— Alerius Tardy in Fascinant Cap Corse

Autrefois, sept moulins dont quelques-uns à huile, avaient été bâtis en bordure du torrent de Grigione, en amont de la marine.

Pietrenara[modifier | modifier le code]

Pietrenara (Petra Negra) est le bourg le plus peuplé de la commune. C'est un faubourg de Bastia, distant de 3 km. Au cœur du bourg, se trouve l'église Santa Divota, fêtée le 27 janvier.

Au XVIIIe siècle, il était un simple dépôt de vin inhabité, composé de magazini ((entrepôts)) et de caves le long de la côte, proche de l'embouchure des petits fleuve côtiers (fiumicelli) de Guaita et de Pietranera. Il est aujourd'hui composé de récents quartiers autour de Pietranera : Guaita, Renaï, Lovachese, Purraja, Palagacciu, Rove, tous « en balcon » au-dessus de la mer. Pietranera possédait une tour ronde de la fin du XVIe siècle. Cette tour aujourd'hui disparue, était dite de Pietra Negra ou de Sansonetti.

Au centre du bourg se dresse l'église Santa Divota qui remplace depuis 1893 l'ancienne chapelle San Francesco devenue salle paroissiale.

Histoire[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Les armes de San Martinu sont : "taillé, au premier à la charité de Saint-Martin (Saint Martin chevalier partageant son manteau avec un mendiant) (de gueules?), et au second à une tête de Maure de sable animée et tortillée d'argent entourée de douze croisettes (de gueules?)"[9]. La seule référence trouvée n'indique cependant pas les couleurs des armes.

Antiquité[modifier | modifier le code]

Dans l'antiquité, le Lota était occupé, comme presque partout sur l'île, par le peuple des Uanakini, d'origine ligure. Ceux-ci commerçaient avec les Phocéens qui ont apporté vigne, oliviers et figuiers, avec les Étrusques puis avec les Carthaginois, jusqu'à l'arrivée des Romains qui fonde la colonie de Mariana. La christianisation est précoce ; Saint Paul nomme des évêques à Tomino, Mariana et Aleria.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

La décadence de Rome amène très vite sur l'île, Vandales, Byzantins, puis Lombards qui sont chassés par Pépin le Bref. Le Cap Corse se trouve dans l'empire de Charlemagne. Mais les Toscans ne pourront pas empêcher l'occupation musulmane.

La féodalité apparaît avec la reconquête de l'île au IXe siècle. Y a participé Alberto de Loreto nommé Giudice (juge de la région). Alberto est l'ancêtre des Loretesi qui seront dépouillés en 1052 du Lota-Sagro par les Delle Suere, chassés à leur tour par les Da Furiani en 1072.

Au XIIIe siècle, les De Bagnaria et les Cortinchi de la branche de Pietr'Ellerata[Note 1] se disputent le Lota. Giovaninello, un des seigneurs Cortinchi, fait fortifier la Cima di Pietr'Ellerata (877 m), construire un château à Pietrabugno (castrum de Petra Bugno), ainsi qu'un fortin avec chapelle à San-Martino-di-Lota.

En 1358, le peuple en révolte ruine la plupart des châteaux et instaure un gouvernement populaire. Chaque village forme une communauté ; le Lota en a 13.

Temps modernes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Lota et Pietrabugno.

En 1483, Gênes s'impose mais ne peut empêcher la venue en 1553 des Français qui sont bien accueillis. Gênes prend la tour de Grisgione en 1556. La pieve de Lota est coupée en deux car les Français font de l'église San Martino un fortin, que les Génois ruineront en 1557. En 1559, suite au traité de Cateau-Cambresis, les Français quittent l'île.

Débutent alors les razzias des côtes par les barbaresques, conduisant les Génois à faire dresser des tours sur le littoral jusqu'à la fin du XVIe siècle, notamment à Pietranera et à Miomo.

En 1585, les charges imposées aux constructeurs de la tour de Pietranera, prescrivent :

« 12 palmi (Le palmo est le quart du mètre), soit 3 mètres d'épaisseur de muraille à la base des fondations, a scarpa de cinque palmi une, pour se réduire à 5 (1,25 m) à la hauteur du cordon et se maintenir jusqu'en haut. Il devra y avoir 28 palmi du ras du sol au cordon, 25 du cordon au faîte, soit une élévation de 13,25 m ; deux voûtes, une au ras de la porte, et l'autre pour soutenir la plate-forme ; la largeur ou le diamètre pris à la hauteur du cordon sera en tout, netto e brutto, de 30 palmi (7,50 m) ; à la cime, guardiola large de 6 palmi (1,50 m) »

— M. de Fréminville, archiviste de la Loire, ancien archiviste de la Corse in Tours génoises du littoral de la Corse (Extrait du Bulletin archéologique - 1894.)

Au XVIe siècle existait aussi la communauté de Santorio, qui a disparu, victime des barbaresques. Guaïta, quartier d'Erbalunga, témoigne de la présence jadis d'un poste de guet.

Au début du XVIIIe siècle, San-Martino-di-Lota se trouvait dans la pieve de Lota et Pietrabugno, qui était à la fois une pieve religieuse de la province du Cap Corse, en pieve civile de Bastia et pieve judiciaire relevant de la juridiction de Bastia. Jusqu'en 1794, la commune est dans le ressort de la pieve judiciaire de Lota et Pietrabugno - Tribunal de Bastia. Selon Accinelli, la juridiction de Bastia couvrait « le ville di Guaitella, Casevechie, Estima et Alzate 400. Cardo 177. S.Martino di Lotta 413. S. Maria 320 ».

En 1762, le Cap Corse se rallie à Pascal Paoli, sauf Brando occupé par Gênes jusqu'en 1764 et le Lota que Paoli ne peut libérer et où les Génois sont remplacés en août 1764 par les Français à la suite du traité de Compiègne.

Le Lota est intégré à la France de Louis XV cinq ans avant le reste de l'île. Mais à l'école, le français ne remplacera l'italien qu'en 1833.

La pieve de Lota et Pietrabugno disparaitra, laissant la place au Préside de Bastia.

  • 1789 - La Corse fait partie du Royaume de France. Avec la Révolution française, est créé en 1790 le département de Corse, puis en 1793, celui de El Golo (l'actuelle Haute-Corse).
  • 1793 - (An II) la commune portait le nom de San Martino, dans le canton de Bastia-Rural nouvellement créé, dans le district de Bastia, dans le département de El Golo
  • 1801 - La commune qui porte le nom de San Martino sur le bulletin des lois, est attachée au canton de Pietrabugno, dans l'arrondissement de Bastia, dans le département de El Golo
  • 1811 - Les deux départements de l'île sont fusionnés pour faire le seul département de Corse.
  • 1828 - Le canton de Pietrabugno devient le canton de San-Martino-di-Lota[10], chef-lieu : San-Martino-di-Lota.
  • 1845 - Bastia qui veut annexer Pietranera, se voit opposer le refus de la commune de San Martino.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

  • 1975 - San-Martino-di-Lota passe dans le département de la Haute-Corse nouvellement créé.

Économie[modifier | modifier le code]

Agriculture et élevage qui apportaient autrefois la prospérité, ont pratiquement disparu. En 1771 pourtant, il y avait en exploitation 182 ha de vignes ! Il y avait aussi 80 ha d'oliviers et 24 ha de châtaigniers, 210 têtes de bétail et 9 moulins.

De nos jours, les ressources de la commune demeurent essentiellement agricoles (oliviers, châtaigniers). Sur les crêtes se trouvent aussi "e Nivere", bâtiments où l'on produisait la glace en damassant la neige de l'hiver.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 Jean-Jacques Padovani DVG Conseiller général et 1er Vice-président du Conseil général
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 2 824 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1800. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 2],[Note 3].

           Évolution de la population  [modifier]
1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
569 594 716 580 721 753 807 820 824
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
829 857 890 960 920 988 990 911 833
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
851 840 841 841 923 976 985 959 931
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011 -
1 649 2 132 2 183 2 466 2 530 2 702 2 750 2 824 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[10] puis Insee à partir de 2004[11].)
Histogramme de l'évolution démographique


Enseignement[modifier | modifier le code]

Santé[modifier | modifier le code]

Cultes[modifier | modifier le code]

Le seul culte pratiqué est le catholicisme. La paroisse Église San Martinu) relève du diocèse d'Ajaccio.

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

  • La fête paroissiale a lieu le 11 novembre (saint Martin). Le jour de la San Martinu, est, dans la région, celui où l'on goûte le vin nouveau, qui était produit en abondance sur les coteaux du bord de mer. Lors de la Semaine sainte, on assiste à de nombreuses cérémonies. Le Vendredi saint, une procession porte en croix un objet en palmier feuille de palmier tressé, "a pullezzula". Le tressage des Palmes des Rameaux est notamment très actif à la confrérie Santa Croce, où il se perpétue depuis le XIVe siècle; la confrérie confectionne de nombreux objets de palme (croix "crucette", poissons "pesci", étoiles "stelle") pour le dimanche des Rameaux et des "pullezzule" pour le Vendredi saint. Plusieurs "pullezzule" sont exposés dans l'église San Martinu et la chapelle Santa Croce.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Monument aux morts

Demeure dite Château Cagninacci[modifier | modifier le code]

Le château Cagninacci (ancien couvent des Capucins) date de 1650. L'ancien couvent de Capucins, construit probablement en 1645, a été fondé officiellement en 1656. Les pères capucins y demeurèrent jusqu'en 1797. Il fut acheté par la commune en 1803. Un moine continua à le garder. En 1908, le couvent est vendu à un particulier qui le transforma en château. Il est inscrit Monument historique par arrêté du 8 mars 1991[8].

Parc du château Cagninacci[modifier | modifier le code]

Le parc est repris à l'Inventaire général du patrimoine culturel[12].

Jardin du couvent Sainte-Hyacinthe[modifier | modifier le code]

Cette propriété privée est reprise à l'Inventaire général du patrimoine culturel[13].

Église Saint-Martin[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Martin qui se situe à Acqualto, est l'église paroissiale de San-Martino. Elle date du début du XVIIe siècle.

Elle renferme quatre œuvres remarquables, classées Monuments historiques :

  • tableau et cadre Jésus sur la croix avec saint Antoine et sainte Marie-Madeleine, daté de 1664[14] ;
  • tableau et cadre L'Assompton de la Vierge avec saint François, saint Jacques, saint Jean-Baptiste et saint Joseph, daté de 1659[15] ;
  • statue : Vierge à l'Enfant, du XVIIe siècle[16] ;
  • tabernacle, daté de 1756[17].

Chapelle de confrérie Santa Croce[modifier | modifier le code]

L'édifice religieux se situe à Acqualto, proche de l'église paroissiale de San-Martino. Elle date du XIVe siècle. La chapelle renferme une œuvre classée Monument historique :

  • tableau et cadre La Vierge à l'Enfant avec saint Jean-Baptiste et un saint évêque, du XVIIe siècle[18].

Église Sainte-Devote[modifier | modifier le code]

L'église Santa Divota, au centre de Pietranera, remplace depuis 1893 l'ancienne chapelle San Francesco devenue l'actuelle salle paroissiale

Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

ZNIEFF[modifier | modifier le code]

San-Martino-di-Lota est concernée par deux ZNIEFF de 2e génération :

Crêtes asylvatiques du Cap Corse (940004076)

La zone d'une superficie de 6 387 ha, englobe la quasi-totalité de la crête centrale du Cap Corse[19].

Chênaies vertes du Cap Corse (940004078)

La zone concerne les chênaies vertes s'étendant sur une superficie de 4 563 ha de 15 communes du Cap Corse, depuis la commune de Farinole, à la base du cap, jusqu'à la commune de Rogliano au nord-est et à la commune de Morsiglia au nord-ouest. Sur les communes de San-Martino-di-Lota, ainsi que celle de Santa-Maria-di-Lota, s'étend une chênaie verte qui poursuit les ruisseaux de Fornelli et de Milaja ainsi que celui de Grisgione. Au nord, elle ondule le long du ruisseau de Poggiolo et de ses affluents. Elle s'accompagne ainsi dans ce paysage vallonné d'une ripisylve à frênes-ornes, aulnes glutineux, charmes houblons et de châtaigniers. L'altitude y atteint 200 à 700 mètres. Un socle schisteux y est recouvert de pillow lavas et prasinites[20].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le castello de Pietr'Ellerata ou Petralerata était perchée sur un piton rocheux, dominant l'une des principales vallées de la piève de Serra, s'ouvrant largement sur la vaste plaine d'Aléria et sur la mer.
  2. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  3. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Alerius Tardy in Fascinant Cap Corse - Bastia Toga 1994
  2. Sandre, « Fiche cours d'eau - Ruisseau de Grigione (Y7320560) » (consulté le 10 juin 2013)
  3. Sandre, « Fiche cours d'eau - Ruisseau de Fornelli (Y7321040) » (consulté le 10 juin 2013)
  4. Sandre, « Fiche cours d'eau - Ruisseau de Poggiolo (Y7400500) » (consulté le 10 juin 2013)
  5. Sandre, « Fiche cours d'eau - Ruisseau de Guaita (Y7321020) » (consulté le 10 juin 2013)
  6. http://www.bastiabus.com/L13.htm
  7. ViaMichelin.fr
  8. a et b « Notice no PA00099280 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  9. Site de la mairie, consulté le 22 mai 2009.
  10. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui, « Notice communale San-Martino-di-Lota », École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) (consulté le 12 juin 2013)
  11. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011
  12. « Notice no IA2B001305 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  13. « Notice no IA2B001304 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  14. « Notice no PM2B000651 », base Palissy, ministère français de la Culture
  15. « Notice no PM2B000650 », base Palissy, ministère français de la Culture
  16. « Notice no PM2B000649 », base Palissy, ministère français de la Culture
  17. « Notice no PM2B000648 », base Palissy, ministère français de la Culture
  18. « Notice no PM2B000652 », base Palissy, ministère français de la Culture
  19. ZNIEFF 940004076 - Crêtes asylvatiques du Cap Corse sur le site de l’INPN et sa carte sur le site de la DIREN.
  20. ZNIEFF 940004078 - Chênaies vertes du Cap Corse sur le site de l’INPN.