Ville-di-Pietrabugno

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Ville-di-Pietrabugno
Vue du village
Vue du village
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Corse
Département Haute-Corse
Arrondissement Bastia
Canton San-Martino-di-Lota
Intercommunalité Communauté d'agglomération de Bastia
Maire
Mandat
Michel Rossi
2014-2020
Code postal 20200
Code commune 2B353
Démographie
Population
municipale
3 580 hab. (2011)
Densité 475 hab./km2
Géographie
Coordonnées 42° 42′ 51″ N 9° 25′ 54″ E / 42.7141666667, 9.4316666666742° 42′ 51″ Nord 9° 25′ 54″ Est / 42.7141666667, 9.43166666667  
Altitude 339 m (min. : 0 m) (max. : 900 m)
Superficie 7,53 km2
Localisation

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Ville-di-Pietrabugno (E Ville en corse, E Ville di Petrabugnu dans sa forme longue) est une commune française située dans le département de la Haute-Corse et la région Corse.

Géographie[modifier | modifier le code]

Panorama de Guaitella

Situation[modifier | modifier le code]

Ville-di-Pietrabugno est une commune de l'agglomération de Bastia, l'une des trois communes composant le canton de San-Martino-di-Lota. Elle regroupe les trois anciennes communautés de Casevecchie, Guaitella et Alzeto qui disposaient en commun de l'anse de Toga. Les entrepôts (i magazini) utilisés pour le commerce local étaient disposés à 200 mètres de la plage. Ces communautés ont fusionné en 1770 en prenant le nom de Pietrabugno, en souvenir du château de la Pietra qui était proche du lieu-dit Bugnu (un rucher).

Ville-di-Pietrabugno se situe géographiquement, à l'extrême sud-est de la péninsule du Cap Corse, et historiquement dans l'ancienne pieve de Pietrabugno qui sera, au VIIe siècle, associée à la pieve de Lota pour former la pieve judiciaire de Lota et Pietrabugno, l'une des cinq pievi judiciaires du province du Capocorso.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Farinole San-Martino-di-Lota Mer Tyrrhénienne Rose des vents
Patrimonio N Mer Tyrrhénienne
O    Ville-di-Pietrabugno    E
S
Patrimonio Bastia Mer Tyrrhénienne

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

La commune se trouve dans la « Corse schisteuse » au nord-est de l'île. Elle est adossée à la Serra, la chaîne dorsale du Cap Corse qui est un bloc de schistes lustrés édifié au tertiaire lors de la surrection des Alpes sur un socle hercynien.

Son sol est dans l'ensemble fait de schistes qui s'altèrent facilement et d'ophiolites très résistantes, créant des paysages aux reliefs aigus et abrupts. Ces ophiolites sont ici composées de roches volcaniques, laves basiques en milieu océanique au secondaire nommées pillow-lavas souvent déformées et transformées en prasinites de teinte verte par la présence d'épidote ou en glaucophanites de teinte bleue, et de roches magmatiques nommées péridotites le plus souvent transformées en serpentinites lors de la formation des Alpes (teintées en vert par l'olivine)[1].

Commune du littoral oriental du Cap Corse, Ville-di-Pietrabugno est située à l'extrême sud de celui-ci. Ville occupe un « alvéole » de la péninsule du Cap Corse, celui du bassin versant du ruisseau de Toga[2], ouvert à l'est sur la mer Tyrrhénienne. Ce territoire est ceinturé de lignes de crêtes définies ci-dessous :

Limites territoriales
  • au nord, par une ligne de crête partant du point de jonction des territoires de 4 communes (Farinole, San-Martino-di-Lota, Ville-di-Pietrabugno et Patrimonio) situé à environ 500 m à l'est du monte di Giacoppa (1 038 m - Patrimonio), passant par la cima di Pietr'Ellerata, sous le col de di Pruna (bocca di Pruna - 591 m), la punta di Guaitella (876 m), le monte Giorgio (808 m) puis descendant vers la mer en longeant la rive droite du ruisseau de Guade sur près de la moitié de son cours, avant d'atteindre la côte entre Palagaccio (San-Martino-di-Lota) et Minelli ;
  • à l'ouest, par la partie de la dorsale du Cap Corse comprenant le monte San Columbano (839 m - Patrimonio), le monte Ventajola 806 m, le monte Murzaio 880 m, jusqu'à un point situé à l'altitude de 849 m au nord de la Serra di Pigno ;
  • au sud, par le ruisseau de Fiuminale qui prend plus bas le nom de ruisseau du Fango. Le Fango qui a été couvert entre 1872 et 1883 dans sa traversée de Bastia (il coule sous l'avenue Maréchal Sébastiani) jusqu'à son embouchure dans le port de commerce, a jusqu'en 1848 servi de limite entre Bastia et Ville-di-Pietrabugno. Ville-di-Pietrabugno ayant depuis cédé une partie de son territoire à Bastia (soit 44 hectares incluant le sud de Toga et l'Annonciade), la limite autrefois définie par le Fango est déportée sur le cours du ruisseau de Toga. Ce dernier, couvert dans la zone urbanisée, se jette dans le port de plaisance.
  • à l'est, par la mer Tyrrhénienne.
Façade maritime

Sa façade maritime qui compte un peu plus d'un kilomètre de côte, démarre au nord du récent quartier des Minelli pour se terminer au port de plaisance de Toga que la commune partage avec Bastia. La plage de Toga au nord de Bastia a été réduite « comme une peau de chagrin » avec la construction et l'aménagement de la zone du port de plaisance.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Plusieurs petits cours d'eau prennent naissance sur le territoire communal ou le traversent :

  • ruisseau de Milaja (ou ruisseau de Grigione)[3], qui a sa source à environ 940 m sur les flancs orientaux du monte Giagoppa (1 038 m - Farinole), parcourt l'extrémité occidentale de la commune sur près de 1,7 km avant de passer sur San-Martino-di-Lota et confluer avec le Ruisseau de Fornelli[4] ;
  • ruisseau de Toga long de 4,1 km, naît sur la commune, sur les flancs méridionaux du monte San Culombano 825 m. Son cours est orienté NO-SE

jusqu'au port de plaisance de Toga où il a son embouchure dans la mer Tyrrhénienne[2] ;

  • ruisseau de Fiuminale, qui a sa source à environ 1 038 m d'altitude au nord de la Serra di Pigno (Bastia), et est long de 4,3 km ; il délimite les communes de Bastia et de Ville-di-Pietrabugno sur une partie de son cours. Couvert sur près de 600 m vers son embouchure, il se jette dans le port de Bastia[5].

Climat et végétation[modifier | modifier le code]

Approche de Bastia sous le libeccio

Située sur le littoral oriental du Cap Corse, bâtie à flanc de montagne, la commune semble n'être ouverte qu'aux vents d'Est (levante) humide, malsain (cause du nombre important d'asthmatiques reconnu sur la région bastiaise) et du nord-est (gricale ou crecale) froid et humide. Or, il est un phénomène local avec le libeccio, vent dominant d'Ouest sec et violent, qui, lorsqu'il souffle, se renforce en franchissant la barrière de la Serra di Pigno avec des rafales parfois très violentes, créant au-dessus ou au large de la région bastiaise de remarquables nuages lenticulaires appelés aussi « os de seiche » pour leurs formes.

Le territoire plutôt désertique vers la ligne de crête, est plus boisé ailleurs, excepté le vallon du ruisseau de Toga nettement plus verdoyant. Le tapis végétal est composé des essences habituelles du maquis corse parsemé de boqueteaux de chênes verts. Tout comme Bastia, Ville-di-Pietrabugno est très peu boisé. Une des causes de la déforestation est que, de 1857 à 1977, Toga fut la zone industrielle de Bastia et comptait jusqu'à quatre hauts-fourneaux pour fabriquer de la fonte à partir de fer provenant de l'île d'Elbe et de charbon de bois produit localement. Une autre cause sont les incendies balayant fréquemment le flanc des montagnes du Cap Corse. De fortes précipitations viennent ensuite laver les sols, les mettant à nu et entraînant à la mer les terres fertiles. De nombreuses inondations et coulées de boues ont ainsi touché en période automnale la commune au cours des années 1985 (28 octobre), 1993 (23 septembre et 31 octobre), 1994 (4 novembre) et 1999 (21 octobre).

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Accès routiers[modifier | modifier le code]

Tous les villages de l'intérieur de la commune sont desservis par la D31, nommée « Route de la Corniche ». Une autre voie d'accès, la D231 portant le nom de « Route de Pietrabugno », permet, à partir du Boulevard Benoîte Danesi à Bastia, de rejoindre la D31 dite « Route de Ville ». Le littoral est traversé par la route D80 qui porte successivement en direction du nord, les noms de « Chemin des Minelli » et « Route du Cap ».

Transports[modifier | modifier le code]

Ferroviaires

Il n'y a pas de lignes des chemins de fer de Corse sur la commune quoiqu'un projet de création d'une ligne entre Bastia et Macinaggio ait été étudié en 1895. La gare la plus proche est celle de Bastia, dans la vallée du Fango.

Maritimes

Le port de commerce de Bastia jouxte son port de plaisance.

Aériens

L'aéroport le plus proche est celui de Bastia-Poretta, distant de 25 km.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Ville-di-Pietrabugno est une petite ville qui est composée aujourd'hui de plusieurs anciens villages à l'intérieur et de hameaux plus récents sur le littoral. On la nomme populairement Ville. Ses habitants sont des Villais, Villaises.

Casevecchie[modifier | modifier le code]

Village moyenâgeux, Case Vecchje est le plus méridional de la commune, à une altitude moyenne de 145 m. Il est le premier village rencontré lorsqu'on emprunte la route D31 dite « Route de Ville » pour gagner les hauteurs de Bastia. Il renferme encore plusieurs maisons très anciennes (des XVe et XVIe siècles) ainsi qu'une chapelle Santa Maria Assunta. La D31 passe devant une ancienne carrière de prasinites, pierres locales autrefois débitées en lauzes. Les traces d'exploitations passées sont encore bien visibles.
Sur un piton rocheux à près de 300 m d'altitude à l'ouest du village, dominant la D31, se dresse la Torre di Pietrabugno ruinée, qui avait été construite sur l'emplacement de l'ancien château détruit en 1358.

Astima[modifier | modifier le code]

Guaitella

Astima est le petit village en dessous de Guaitella. S'y trouve la chapelle San Pancraziu récemment restaurée en contrebas de la route D31, juste à sa jonction avec la route Sainte Lucie récemment ouverte pour relier Bastia à Ville-di-Pietrabugno.

Guaitella[modifier | modifier le code]

Santa Lucia

Il est le plus important village de la commune, un village fort ancien. Son entrée depuis Bastia est marquée par la présence de l'église Santa Lucia au haut clocher, d'architecture baroque, dressée sur un promontoire dans une « épingle à cheveux » de la route D31. Le site est un remarquable belvédère sur Bastia, sur des îles de l'archipel toscan (Elbe, Capraia, Pianosa, Montecristo) et sur la Plaine de la Marana et l'étang de Biguglia.

Guaitelli est le centre de la commune. S'y trouvent la mairie, l'église paroissiale, le monument aux morts, etc. Son nom témoigne de la présence jadis d'un poste de guet.

Alzeto[modifier | modifier le code]

Alzetu

Alzeto (Alzetu) est le village septentrional de Ville, éloigné d'environ deux cents mètres de Guaitella. Dans son écrin de verdure et de fraîcheur, le petit village renferme la chapelle Saint-Antoine (Sant' Antone) qui se visite. Alzeto se trouve sur le tracé de la D31 qui prend le nom de « Route de la Corniche » depuis l'église Santa Lucia. Cette route, embellie récemment avec créations d'esplanades et aires de stationnement pour pouvoir s'arrêter et admirer le paysage, passe au-dessus des sites des anciens villages de Suerto puis de Poggiolo ruinés au XVIIe siècle à la suite de raids par de très nombreux Barbaresques. La chapelle San Roccu qui se trouvait à Poggiolo, maintenant appelée San Ruccucciu, était encore le but d'une procession au début du XXe siècle.

Port Toga[modifier | modifier le code]

Le port de plaisance de Toga, constitue un pôle d'attraction très fréquenté, aussi bien par les touristes que par la jeunesse bastiaise. Construit en 1989, il est doté de 357 anneaux dont 60 places pour les bateaux visiteurs d'une longueur maximum de 30 m. L'amarrage se fait sur des pontons en béton. Les tirants d'eau sont de 8 m pour les jetées extérieures, 5 m dans l'avant-port, et 3,9 m, 3,6 m et 2,2 m pour les divers bassins. Tout autour des bassins, ont été construits des bâtiments réservés aux commerces : débits de boissons, restaurants, boutiques, etc., dont peu sont liés au nautisme.
Port Toga occupe l'ancienne anse de Toga qui, au XIXe siècle encore, était sous la protection au nord, d'une tour et du fort de Toga, et au sud de la tour des Campana ou des Jésuites. Cette anse abritait la plage de Toga qui était la plage des notables (Scala di Sgiò). De nos jours les tours ont disparu et la plage de Toga a perdu de sa notoriété. Toga fut la zone industrielle de Bastia de 1857 à 1977. Il y eut jusqu'à quatre hauts-fourneaux qui, de 1844 à 1886, enfument Toga. Plusieurs entreprises y étaient installées notamment les vins et liqueurs Mattei, une fabrique de tabac JOB Bastos, les automobiles Citroën et Peugeot. Ces entreprises se sont depuis déplacées dans le sud de l'agglomération bastiaise. Leurs emplacements rasés, ont laissé place à l'amélioration routière de l'entrée nord de Bastia avec création d'un tunnel devant l'ancien hôpital de Bastia, de ronds-points, d'un parc et de platebandes fleuries.

Toga est aujourd'hui une zone urbanisée, intégrée dans l'agglomération bastiaise. Il est difficile d'en distinguer les limites avec son ancienne partie sud devenue bastiaise. On y trouve un bureau de poste, des banques, une clinique, le dépôt des autobus desservant la ville de Bastia, le centre commercial Port Toga, etc. L'hôpital de Bastia qui se situait face aux accès des ports de plaisance et de commerce a été transféré à Paese Novo, un quartier au Sud de Bastia. Une partie seulement est devenue centre de gériatrie. Depuis 1977, Toga possède une église Saint-Paul.

Palagaccio[modifier | modifier le code]

Hameau situé au Nord de la façade littorale de la commune, en limite avec Pietranera (San-Martino-di-Lota). Il est composé essentiellement de villas récentes. La route D80 qui traverse le hameau porte le nom de « Route du Cap ».

Minelli[modifier | modifier le code]

Les Minelli sont un quartier récent qui s'est développé au cours de la deuxième moitié du XXe siècle, à partir d'un ensemble d'immeubles construits en bordure de mer sous la route D80. La « Route du fort » est la principale voie desservant ce quartier résidentiel. Elle se prolonge par la « route des Crêtes » pour se terminer en cul-de-sac. Au sud des Minelli, se trouve la Cité Comte bâtie peu de temps auparavant.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de Pietrabugno a été donné en souvenir du château de la Pietra qui était proche du lieu-dit Bugnu (traduction rucher).

« Toutes les fortifications dont il est question dans la documentation écrite antérieure au XVe siècle apparaissent sous l'appellation castrum et/ou castellum. Les termes rocca et pietra, utilisés aux XVe et XVIe siècles comme des synonymes de castello sont alors de simples toponymes - castello Petralerata, castrum Petra di Bugno, castrum Petra di Loreto ... - et ne désignent par conséquent que le relief naturel sur lequel est bâtie la fortification. »

— Daniel Istria in Pouvoirs et fortifications dans le nord de la Corse : du XIe siècle au XIVe siècle p. 197.

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Le site était occupé par la peuplade des Uanakini[1].

Du temps des Romains existait déjà la pieve de Pietrabugno.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Du temps des Romains au XVIIIe siècle, la commune avec Cardo (Bastia) et les 44 ha cédés en 1848 à Bastia, formaient la pieve de Pietrabugno. La pieve a été réunie à celle du Lota aux XVIIe et XVIIIe siècles, pour former la pieve judiciaire de Lota et Pietrabugno dépendant du tribunal de Bastia. De la fin du IXe siècle à 1072, Pietrabugno dépendait des Loretesi (Alberto de Loreto et descendants) qui seront chassés en 1072 par les Da Furiani.

Au XIIe siècle, de 1168 à 1250, les De Bagnaria sont les seigneurs du fief composé des pieves de Orto, Marana, E Custere, Lota et Pietrabugno.

Au XIIIe siècle Pietrabugno et Lota sont aux Cortinchi di Pietr'Ellerata. Un château est construit à Pietrabugno doté d'une chapelle San Martino et une tour à Guaitella. Le château sera ruiné en 1358 lors du mouvement antiseigneurial qui aboutit rapidement à la destruction des châteaux[Note 1] par le peuple qui se gouverne, chaque village formant une communauté dans la moitié nord de l'île, la Terra di u Cumunu ou Commune de Corse.

Temps modernes[modifier | modifier le code]

Lithographie Vallée de Pietrabugno

Au XVIe siècle, la pieve de Pietrabugno en compte 7 : Cardo, Casevecchie, Astima, Guaitella, Alzeto, Suerto et Poggiolo. Vers 1520, Lota et Pietrabugno forment une pieve d'environ 2350 habitants. Les lieux habités étaient l’Oratoio, Aqualto, Castagneto, Canale, le Muchiete, Mola, Aneto, lo Santorio, Mandriale, la Ficarella, le Partine, la Vetrice, Toga, Cardo, Casevecchie, lo Suerto, la Guaitella, l’Alzeto, Astima, lo Pogiolo. Bastia faisait alors partie de la pieve d'Orto.

  • 1558 - Les Français chassent les Génois de la pieve mais quittent la Corse en 1559.

« La Signoria a fait élever pour la défense des côtes dix-neuf tours dans le Deçà des Monts depuis l'an 1559 jusqu'à ce jour, sans compter les tours qui existaient déjà et qui existent encore. Ces tours se répartissent ainsi : une à la foce d'Aleria, une à San Pietro di Campoloro, une autre à la rivière d'Alesani ; viennent ensuite celle de Punta d'Arco, celle de Pietra di Bugno, celle de Miomo, celle de Lavasina, celle d'Erbalunga qui a été réparée, celle de Testa di Sacro, celle de la Casaiuola réparée également, celle de Santa Catalina et celle d'Ocagnano ; en continuant on en trouve une à Meria, une à Cala d'Agnello, et avant celle-ci une à la Finocchiaruola, puis une à Farinole et une à la Mortella ; il y en a deux sur la plage d'Ostricone. Toutes ces tours sont d'une nécessité absolue, parce qu'on ne peut résister autrement aux attaques continuelles des corsaires barbaresques. »

— Anton Pietro Filippini in Histoire de la Corse - Chronique, tome III, traduction de l'Abbé Letteron

« Il n'est pas sans intérêt de savoir quel était le prix de revient de la main-d'oeuvre. On demandait, en 1579, 15 livres et 19 sols de la canne de construction pour la tour sise à Pietrabugno (dont il ne reste pas de trace aujourd'hui). La chaux conduite sur le chantier se payait 14 sols le staio  ; les pierres, 2 livres et 10 sols la canella  ; les journées d'hommes, 10 sols ; celles des femmes, 5 sols. »

— M. de Fréminville, archiviste de la Loire, ancien archiviste de la Corse in Tours génoises du littoral de la Corse (Extrait du Bulletin archéologique - 1894)

Au XVIIe siècle la piève se nomme Lota et Pietrabugno, en pieve civile de Bastia, détachée des autres pievi du Cap Corse (Nonza, Canari, CapoCorso et Brando) qui étaient « toujours qualifiées officiellement de "fiefs" pour ménager les seigneurs locaux dépossédés »[6]. La pieve judiciaire de Lota et Pietrabugno dépendra du tribunal de Bastia jusqu'en 1764. La piève religieuse du Lota est formée de l'ancienne piève de Lota et de la piève de Pietrabugno.

Pascal Paoli ne peut libérer cette pieve qui est intégrée à la France de Louis XV en août 1764, cinq ans avant le reste de l'île.

  • 1789 - La Corse fait partie du Royaume de France. La pieve de Pietrabugno disparait, laissant la place au Préside de Bastia.
  • 1790 - Avec la Révolution française est créé le département de Corse. La juridiction du Cap Corse est rattachée à Bastia par mesure d'économie. Rogliano perd son tribunal au profit de Bastia.
  • 1793 - An II. Les départements de El Golo (l'actuelle Haute-Corse) et du Liamone sont créés. La commune portait le nom de Ville, dans la canton de Bastia-Rural, dans le district de Bastia.
  • 1801 - La commune qui s'appelle toujours Ville, toujours dans le district de Bastia, donne son nom au canton. Ville prend le nom de Ville-di-Pietrabugno.
  • 1828 - Le canton de Pietrabugno devient Canton de San-Martino-di-Lota[7].
  • 1848 - Bastia prend 44 hectares à Ville-di-Pietrabugno, soit la majeure partie de Toga et l'Annonciade, qui étaient couverts de vigne, oliviers, agrumes et maquis. Le Nouveau port de Bastia y sera construit de 1863 à 1871 et le quartier des Capanelle entre 1867 et 1917.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

  • 1917 - Est érigée l'église Notre-Dame de Lourdes.
  • 1954 - Le canton de San-Martino-di-Lota est composé avec les communes de San-Martino-di-Lota, Santa-Maria-di-Lota et Ville-di-Pietrabugno.

L'ancien hôpital ouvert en 1925 est transféré courant deuxième moitié du siècle dernier à Paese Novo, quartier sud de Bastia.

Économie[modifier | modifier le code]

Depuis longtemps considéré comme faisant partie de Bastia, Toga hébergeait la zone industrielle de sa voisine. Il n'y a plus d'activités industrielle. Les industries sidérurgiques ont cessé leurs activités avant la fin du XIXe siècle, la manufacture de tabac Job s'est déplacée à Furiani, les vins et liqueurs Mattei sont installés à Borgo, etc.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
2008 2014 Pascal Fabiani   Maire
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 3 580 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1800. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 2],[Note 3].

           Évolution de la population  [modifier]
1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
451 472 347 450 500 510 603 502 500
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
518 564 538 586 521 571 610 600 590
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
626 560 602 651 674 698 600 790 642
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 - -
1 562 1 735 2 827 2 950 2 950 3 063 3 580 - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2004[8].)
Histogramme de l'évolution démographique


Enseignement[modifier | modifier le code]

Santé[modifier | modifier le code]

Cultes[modifier | modifier le code]

Le seul culte pratiqué est le catholicisme. La paroisse Église Santa Lucia) relève du diocèse d'Ajaccio.

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

  • 23 novembre, Santa Felicita est fêtée chaque année à Guaitella.

Sports[modifier | modifier le code]

Randonnées
  • Sentier des Glacières sur les hauteurs de la commune permettra de découvrir les anciennes glacières de Bastia, les Nivere datant du XVIIe siècle.
  • Sentier de randonnée reliant le bord de mer à la "route des crêtes".
  • Sentier partant de Guaitella passant par Bocca di Pruna (598 m) et rejoignant Olmeta-di-Capocorso via Bocca di San Leonardo (855 m). À partir de Bocca di Pruna, il permet de gagner le Monte Iovu où se dressent encore les ruines d'une chapelle bâtie à l'emplacement d'un temple romain dédié à Jupiter, puis de redescendre sur Canale-di-Lota. Il est possible également mais par un parcours difficile, d'atteindre au sud-ouest, les ruines de la chapelle San Colombano (San Culumbanu) un ancien ermitage fondé au VIIe siècle par un des compagnons du célèbre moine irlandais Colomban. Une procession avait lieu encore au début du siècle dernier[1].

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Monument aux morts
  • Monument aux morts, sur le parvis de l'église Santa Lucia

Fonderie d'antimoine dite fonderie de Palagaccio[modifier | modifier le code]

Construit en 1892, l'établissement était implanté par la "Société Corse des Mines d'Antimoine de Meria" au lieu-dit Minelli, à proximité du ruisseau de Palagaccio. Il a employé jusqu'à 40 ouvriers en 1893. Équipé de cubilots, sa production annuelle était de 300 tonnes de régule. En 1901, la chute du cours de l'antimoine métal entraîne une réduction des activités des exploitations minières du Cap Corse et la mise en chômage du personnel. Il est détruit de nos jours en raison des bouleversements opérés sur le front de mer de la commune.

La fonderie est reprise à l'Inventaire général du patrimoine culturel[9].

Église paroissiale Santa Lucia[modifier | modifier le code]

Santa Lucia
Santa Lucia

L'église d'architecture baroque, a été construite en 1796 sur les ruines d'un édifice datant de 1562. Elle est dédiée à Sainte Félicité et Sainte Lucie. A cunfraterna santa croce di santa lucia, la confrérie, remise au jour en 1999 par des villageois et des bastiais, permet de redonner vie à cette église dans laquelle sont célébrés les offices, avec, le premier dimanche de chaque mois, une messe chantée par les confrères ; ceux-ci organisent aussi toutes les fêtes paroissiales.

Cette église est située à Astima, dans une « épingle à cheveux » de la route D31. Le cimetière voisin, est situé en contrebas de la route et a été ouvert dès 1812, comme dans toutes les autres paroisses, car les morts ne sont plus enterrés dans les églises.

L'église Sainte Lucie renferme les œuvres ci-après, toutes propriété de la commune et classées Monuments historiques[10] :

  • tableau Vierge à l'Enfant entre sainte Anne et sainte Catherine, peinture sur toile de Castiglione Nicolas en 1628, classé MH le 23 novembre 1966[11] ;
  • tableau L'Annonciation et son cadre du XVIIIe siècle, classés MH le 26 juin 1990[12] ;
  • tableau La donation du Rosaire à saint Dominique peinture à l'huile sur toile du 4e quart XVIIe siècle, classé MH le 23 octobre 1989[13] ;
  • chaire à prêcher bois : peint doré du 4e quart du XVIIIe siècle, classée MH le 23 octobre 1989[14] ;
  • retable du maître-autel, tableaux (panneaux bois taillé et doré, peints) daté de 1577 et restauré en 1803, classé MH le 2 mars 1966[15] ;
  • statue Christ en Croix en bois peint, polychrome, du 4e quart du XVIIe siècle, classée MH le 30 décembre 1988[16] ;
  • 8 reliquaires en bois sculpté doré du XVIIIe siècle, classés MH le 14 novembre 1991[17] ;
  • ostensoir-monstrance en bois sculpté doré du XVIIIe siècle, classé MH le 7 décembre 1989[18] ;
  • calice en argent 1er quart XVIIIe siècle, classé MH le 7 décembre 1989[19] ;
  • 2 lampes de sanctuaire, œuvres d'orfèvrerie en métal argenté datées limite XVIIIe siècle XIXe siècle, classées MH le 26 mai 1994[20] ;
  • carrelages de sol en terre cuite vernie datant des 4e quart XVIe siècle ; XVIIe siècle, classés MH le 11 juin 1992[21].

Autres patrimoines religieux[modifier | modifier le code]

  • Chapelle San Pancraziu à Astima
  • Chapelle Sant' Antone à Alzetu
  • Chapelle Santa Felicita située à Guaitella. Elle était pourvue autrefois d'une tour du XIIIe siècle que les forces françaises avaient transformée en fortin pour empêcher la destruction du site par les Génois.
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Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

ZNIEFF[modifier | modifier le code]

Ville-di-Pietrabugno est concernée par une Zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) :

Crêtes asylvatiques du Cap Corse (940004076)

La zone d'une superficie de 6 387 ha, englobe la quasi-totalité de la crête centrale du Cap Corse[22].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Sébastien Nicolai, romancier, originaire de la commune. Il est connu sous le nom de Sebastianu Dalzeto, auteur de « Pépé l'Anguille » (Pesciu Anguilla), premier roman en langue corse (Paris, éd. Notre Maquis - 1930), traduit en langue française et édité en 2010 - Éditions fédérop (24680 Gardonne).
  • Joseph-Alexandre Mattei, poète, originaire de la commune.
  • Jean Baggioni, maire, ancien président du conseil exécutif de la Collectivité Territoriale de Corse (1992-2004)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alerius Tardy in Fascinant Cap Corse - Bastia Toga 1994
  • Daniel Istria - Pouvoirs et fortifications dans le nord de la Corse : du XIe siècle au XIVe siècle, Éditions Alain Piazzola, Ajaccio 2005.
  • Abbé Letteron - Histoire de la Corse Tomes I et III - Bastia Imprimerie et librairie Ollagnier - 1890.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En 1358, profitant d'une situation de crise, une partie de la population de l'île se soulève contre l'oppression des grandes familles seigneuriales. Cette révolte a pour chefs Sambucucciu d'Alandu et Francesco d'Évisa, et bénéficie du soutien à Gênes du "parti populaire" alors au pouvoir en la personne de Simone Boccanegra. - Daniel Istria : Pouvoirs et fortifications dans le nord de la Corse : du XIe siècle au XIVe siècle
  2. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  3. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Alerius Tardy in Fascinant Cap Corse - Bastia Toga 1994
  2. a et b Sandre, « Fiche cours d'eau - Ruisseau de Toga (Y7321000) » (consulté le 10 juin 2013)
  3. Sandre, « Fiche cours d'eau - Ruisseau de Grigione (Y7320560) » (consulté le 10 juin 2013)
  4. Sandre, « Fiche cours d'eau - Ruisseau de Fornelli (Y7321040) » (consulté le 10 juin 2013)
  5. Sandre, « Fiche cours d'eau - Ruisseau de Fiuminale (Y7320540) » (consulté le 10 juin 2013)
  6. Fascinant Cap Corse de Alerius Tardy 1994
  7. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  9. « Notice no IA2B000583 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  10. Base Palissy
  11. « Notice no PM2B000447 », base Palissy, ministère français de la Culture
  12. « Notice no PM2B000524 », base Palissy, ministère français de la Culture
  13. « Notice no PM2B000478 », base Palissy, ministère français de la Culture
  14. « Notice no PM2B000468 », base Palissy, ministère français de la Culture
  15. « Notice no PM2B000446 », base Palissy, ministère français de la Culture
  16. « Notice no PM2B000696 », base Palissy, ministère français de la Culture
  17. « Notice no PM2B000528 », base Palissy, ministère français de la Culture
  18. « Notice no PM2B000485 », base Palissy, ministère français de la Culture
  19. « Notice no PM2B000484 », base Palissy, ministère français de la Culture
  20. « Notice no PM2B000542 », base Palissy, ministère français de la Culture
  21. « Notice no PM2B000541 », base Palissy, ministère français de la Culture
  22. ZNIEFF 940004076 - Crêtes asylvatiques du Cap Corse sur le site de l’INPN et sa carte sur le site de la DIREN.