Belgodère

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Belgodère
Bargudè (co)
Panorama depuis la RD 71
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Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Corse
Département Haute-Corse
Arrondissement Calvi
Canton Belgodère
Intercommunalité Communauté de communes di E Cinque Pieve di Balagna
Maire
Mandat
Lionel Mortini
2014-2020
Code postal 20226
Code commune 2B034
Démographie
Gentilé Belgodérais
Barguderacci (co)
Population
municipale
498 hab. (2011)
Densité 38 hab./km2
Géographie
Coordonnées 42° 35′ 11″ N 9° 01′ 07″ E / 42.5863888889, 9.0186111111142° 35′ 11″ Nord 9° 01′ 07″ Est / 42.5863888889, 9.01861111111  
Altitude 310 m (min. : 0 m) (max. : 811 m)
Superficie 13,01 km2
Localisation

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Belgodère (en corse Bargudè, prononcé [bæɾ.gu.ˈɛ]) est une commune française située dans le département de la Haute-Corse et la région Corse.

Géographie[modifier | modifier le code]

Belgodère est située en Balagne. Il est le chef-lieu du canton canton de Belgodère composé de 19 communes.

Situation[modifier | modifier le code]

Panorama

Son territoire est une langue de terre partant d'une haute ligne de crête, celle délimitant le Parc naturel régional de Corse au sud, fuyant vers la mer au nord. Il est compris entre celui de Occhiatana de l'ouest jusqu'au sud, et ceux des grandes communes de Palasca à l'est et d'Olmi-Cappella au sud-est. Avec cette dernière ses limites sont très courtes, marquées par le ruisseau de Cava juste au sud des ruines de la chapelle San Antonio à 803 m d'altitude.

Au nord, comme ses deux voisines Occhiatana et Palasca, la commune possède une façade maritime. Belgodère partage la grande plage de sable de Losari (la deuxième en dimensions après celle de Calvi) avec Palasca, leurs limites divisant territorialement le V.V.F. de Losari.

Si la partie orientale de la plage est fréquentée par les résidents du V.V.F., la partie occidentale est accessible à tous. Elle est dominée par une tour génoise ruinée.

Habitat[modifier | modifier le code]

Belgodère village[modifier | modifier le code]

Le village de Belgodère est un balcon sur la vallée du Regino, du nom du petit fleuve côtier fiume di Regino qui l'arrose et qui a son embouchure au pied de la tour de Losari. Sur son cours un barrage de retenue d'eau, le lac de Codole que se partagent les communes de Feliceto, Santa-Reparata-di-Balagna et Speloncato, a été dressé pour satisfaire en eau les besoins des agglomérations en période estivale.

Losari[modifier | modifier le code]

Losari (en corse L'Òsari) le hameau le plus important de Belgodère. Situé en arrière d'une remarquable plage de sable, la plage de Losari, il est en train de se développer rapidement, tout comme la partie orientale de la plage qui appartient à Palasca. De nombreux constructions, destinées essentiellement à la location saisonnière y ont vu le jour, venant s'ajouter au V.V.F. existant depuis plusieurs décennies et devenu récemment un club de vacances de la société Belambra Clubs.

Accès[modifier | modifier le code]

Le village de Belgodère est traversé par la RN 2197 ex-RN 197, une route sinueuse dans cette partie montagneuse avec le col de San Colombano (692 m - Palasca), que tous les véhicules devaient emprunter pour relier la Balagne au centre de l'île et vice-versa. Depuis la création de la voie rapide dite a Balanina qui avait pour nom RN 1197[Note 1], le trafic routier a été détourné, Belgodère est devenu en retrait du gros de la circulation. Il reste néanmoins sur le circuit touristique des "villages balcons" de la Balagne puisque la route D71 dite encore "route corniche" prend naissance au cœur du village pour se terminer 32 km plus loin à Lumio après la traversée de dix autres villages.

Une voie des Chemins de fer de Corse traverse la commune qui est desservie par 2 points d'arrêt, en contrebas et éloignés du village. La gare de Belgodère se situe curieusement sur la commune d'Occhiatana, alors que Belgodère possède une autre gare nommé San Gavino. Les bâtiments de l'ancienne gare désaffectée sont encore intacts.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Mer Méditerranée Mer Méditerranée Palasca Rose des vents
Occhiatana N Palasca
O    Belgodère    E
S
Occhiatana Occhiatana Olmi-Cappella

Histoire[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Des vestiges d'anciens monuments et de fortifications témoignent encore du passé médiéval de Belgodère. Ce nom de Belgodère (traduit par beau plaisir) aurait été donné par le marquis de Massa[1]. En 1268 ce puissant seigneur féodal trouvant la position stratégique et la vue belle, (il pouvait voir jusqu'à la mer d'où venaient les assaillants barbaresques), la fit fortifier et aménager pour s’y installer à demeure.

Temps modernes[modifier | modifier le code]

Au début du XVIe siècle, existait la pieve de Toani. Belgodère faisait partie des lieux habités de la pieve qui vers 1520, étaient : li Quercioli, Belgoder, Ochiatana, le Ville, la Costa, le Cavalleragie, Speluncato[2].

En 1630, le Prieur A. P. Malaspina, qui exerçait ses droits seigneuriaux avec trop de rigueur, fut massacré par la population.

Au début du XVIIIe siècle, selon le rapport de l'abbé Accinielli, la pieve de Tuani regroupait les communautés de Belgodère 595 Hab., Occhiatana 334 Hab., Costa 103 Hab., Speloncato 594 Hab. et Ville 402 Hab[3].

1768 : après la cession de la Corse à la France, l'île passe sous administration française. Tuani prendra le nom de pieve de Paraso. En 1790, le Paraso devient le canton de Belgodère[2].

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

  • 1942 - Le 12 novembre, des troupes italiennes soit 80 000 hommes, débarquées la veille à Bastia, arrivent pour partie en Balagne et l'occupent. Sur la ligne de crête séparant les vallées de Palasca et du Regino, à un point hautement stratégique puisque dominant villages, vallées et surtout l'axe d'accès principal à la Balagne passant par le col de San Colombano, ils construisent des ouvrages défensifs : blockhaus, fortins, tourelle pour mitrailleuse et postes de tir, reliés par des souterrains avec salles de repli[Note 2]. Ils en partiront moins d'un an après.
Après la libération de la Corse en octobre 1943, les Américains déposeront au-dessus du village, à quelques centaines de mètres des fortifications, une plaque commémorant la défaite des troupes ennemies[4].
  • 1954 - le canton de Belgodère était constitué avec les communes de Belgodère, Costa, Novella, Occhiatana, Palasca et Ville-di-Paraso. Belgodère comptait 530 habitants.
  • 1971-1973 - le nouveau canton de Belgodère est créé avec la fusion imposée des anciens cantons de Muro, Belgodere et Olmi-Cappella.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1800 1815 Ghjuvanni Andria Malaspina . .
1816 1821 Anghjulu Francescu Leoni . .
1821 1830 Tumasgu Amici . Général d'Empire à la retraite
1831 1848 Antone Leonardu Buonfigliu Belgodere de Bagnaja . .
1848 1906 Jean André Malaspina . .
1906 1907 Thomas Malaspina . .
1909   Antoine Colombani . .
1911 1920 Antoine Martin Leoni . .
1920 1925 Augustin Galetti . .
1925 1946 Joseph Colombani-Malaspina . .
1947   François Marie Colombani . .
1948 1950 Marius Aldobrandi . .
1950 1959 Jean Baptiste Simon . .
1959 1965 Louis Orsini . .
1965 1979 Ambroise Colombani-Malaspina . .
1979 1989 Antoine Canioni . .
1989 2001 Joseph Firroloni DVD Conseiller général
mars 2001 mars 2008 Lionel Mortini Régionaliste Eleveur
mars 2008 2014 Lionel Mortini Régionaliste Eleveur
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 498 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1800. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 3],[Note 4].

           Évolution de la population  [modifier]
1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
653 711 759 752 805 941 993 993 1 001
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
1 004 993 938 928 954 966 1 052 999 941
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
852 778 706 740 608 660 545 530 489
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011 -
443 367 453 331 371 457 477 498 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2004[6].)
Histogramme de l'évolution démographique


Monuments et lieux touristiques[modifier | modifier le code]

Église Saint-Thomas

Architecture sacrée[modifier | modifier le code]

Église San Tumasgiu[modifier | modifier le code]

  • L'église paroissiale Saint-Thomas (San Tumasgiu) des années 1560 et 1792, a été édifiée à l'emplacement d'une première église fondée en 1269 par Andrea Malaspina. Les peintures sont de Giuseppe Marchesi (1823-1893). Elle a été restaurée dans la seconde moitié du XIXe siècle, et son clocher en 1913. Architecture baroque à coupoles. Elle a été inscrite par arrêté du 15 janvier 1987 Monument historique[7].

L'église Saint-Thomas renferme un lot important d'œuvres classées[8], toutes propriété de la commune. Ce sont :

  • 4 tableaux (peinture sur toile) "Le repos de la Sainte Famille" XVIIe siècle - date de protection 1989/10/23 ; "La Vierge, saint Paul et saint Pierre" XVIIIe siècle - date de protection 1969/09/09 ; "Le songe de saint Joseph" don du cardinal Fesch XVIIe siècle - date de protection 1969/09/09 ; "La donation du Rosaire", XVIIIe siècle - date de protection 1990/06/26 ; "Le Couronnement de la Vierge avec saint Jean-Baptiste" XVIIIe siècle - date de protection 1990/06/26 ;
  • 2 tableaux (panneaux bois peints) "Vierge à l'Enfant entre deux apôtres avec les membres de confréries en donateurs", "La Cène" fin XVIe siècle - date de protection 1958/03/27 ;
  • Une statue (sculpture bois) "Christ en Croix" XVIIIe siècle - date de protection 1988/12/30 ;
  • Une statue en marbre "Saint Antoine" XVIIe siècle - date de protection 1960/04/29 ;
  • Un groupe (marbre sculpté) "Vierge de l'Assomption entourée d'angelots" XVIIe siècle - date de protection 1960/04/29 ;
  • Le retable du maître-autel (bois sculpté peint) avec les statues "La Vierge en gloire", "L'Assomption", "La Vierge des sept douleurs", "Anges danseurs", "Anges musiciens", 2 tableaux (panneaux peints) : "Un Anachorète défaillant soutenu par un ange", "Un Moine aux mains croisées repliées sur la poitrine".

Chapelle de confrérie San Ghjuvan[modifier | modifier le code]

La chapelle San Giovanni (Saint-Jean) de l'ancienne Confrérie du Saint-Sacrement date du XVIIIe siècle. Elle recèle les œuvres classées ci-dessous[8], toutes propriété de la commune :

  • un retable (bois sculpté) dont la provenance pourrait être l'ancien couvent des servites de Belgodère, daté fin XVIIe siècle - date de protection 1978/02/20 ;
  • 2 tableaux (peinture sur toile) La Vierge remettant son habit à un religieux servite et La Trinité avec saint Michel et saint Pierre, tous deux du XVIIe siècle - date de protection 1969/09/09.

Autres[modifier | modifier le code]

Ruines du couvent des Servites
  • La chapelle San Roccu (Saint-Roch)
  • La chapelle en marbre du château de La Costa, XIXe siècle
  • La chapelle Notre-Dame-de-Losari ruinée, proche de la plage et de la tour génoise.
  • Les ruines de l'ancien couvent des Servites et de l'église de la Madone des Grâces XVIe siècle
  • L'oratoire de la Madunuccia XIVe siècle
  • Les ruines de la chapelle romane Saint-Antoine

Architecture civile[modifier | modifier le code]

  • Le château Malaspina à flanc de la colline dite A Costa, construit en 1892 par la famille Malaspina.
  • Le jardin public du château Malaspina au lieu-dit Ajola, daté fin XIXe siècle et comprenant verger, terrasse en terre-plein, chapelle en marbre blanc de Carrare, conciergerie et édifice agricole. Il a fait l'objet en 1996 d'une enquête préalable et a été repris au pré-inventaire des jardins remarquables (Ministère de la Culture, direction de l'architecture et du patrimoine, et Ministère de l'écologie et du développement durable)[9].
  • Les vestiges d'une tour de guet médiévale E Teghje du XVIe siècle. Leurs ruines dominent le village. Une statue de la Vierge y est dressée. C'est un formidable belvédère sur le Régino.

La tour de Losari[modifier | modifier le code]

Cette tour génoise ruinée, édifiée sur un promontoire à 26 m au-dessus de la mer, est alignée sur le littoral avec les tours de Pianosa (Occhiatana) et de Saleccia (Monticello) toutes deux également ruinées, et servait au guet contre les invasions barbaresques. Elle domine la grande plage de sable de Losari.

Autres lieux[modifier | modifier le code]

  • La plage de Losari occupée dans sa partie orientale par les estivants du V.V.F. de Losari.
  • Le club de vacances Belambra ex-V.V.F. de Losari.
  • Le camping de Belgodère

Galerie photos[modifier | modifier le code]

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Fêtes et loisirs[modifier | modifier le code]

  • La fête patronale est le 17 janvier, Sant' Antone abbate.
  • Le 3e dimanche de septembre a lieu la fête communale.
  • Contami (Festa Zitellina) - Depuis 2009, pendant les vacances de Pâques, a lieu à Belgodère le festival Contami, un festival axé sur la tradition orale et le lien entre les anciens et les enfants .( Spectacles, ateliers, veillées et échanges pluri-culturels)
  • Le sentier de randonnée Belgodère - Olmi-Cappella. Long d'une dizaine de kilomètres, il fait découvrir le site historique de l'Escita (Olmi-Cappella), les ruines de l'église Sant'Antonio à Belgodère et un four datant du XVe siècle, en franchissant Bocca a a Leccia (1 093 mètres). Il faut compter près de 3 heures pour « descendre » d'Olmi-Cappella à Belgodère et rajouter près d'une heure dans le sens inverse. Son balisage est en bleu.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La Balanina a été intégrée à la Route nationale 197
  2. Un autre point de surveillance juste avant L'Île-Rousse permettait à l'occupant de contrôler la Balagne
  3. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  4. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]