Brando (Haute-Corse)

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Brando
Brandu (co)
De Lavasina à Erbalunga
De Lavasina à Erbalunga
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Corse
Département Haute-Corse
Arrondissement Bastia
Canton Sagro-di-Santa-Giulia
Intercommunalité Communauté de communes du Cap Corse
Maire
Mandat
Dominique Ricci
2008-2014
Code postal 20222, 20226
Code commune 2B043
Démographie
Gentilé Brandinchi (co)
Population
municipale
1 654 hab. (2011)
Densité 74 hab./km2
Géographie
Coordonnées 42° 46′ 34″ N 9° 28′ 34″ E / 42.7761111111, 9.47611111111 ()42° 46′ 34″ Nord 9° 28′ 34″ Est / 42.7761111111, 9.47611111111 ()  
Altitude 300 m (min. : 0 m) (max. : 1 306 m)
Superficie 22,22 km2
Localisation

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Brando (en corse : Brandu, prononcé [ˈbrɑ̃ːŋ.du]) est une commune française située dans le département de la Haute-Corse et la Collectivité territoriale de Corse.

Sommaire

Géographie[modifier | modifier le code]

Panorama d'Erbalunga depuis la route corniche D54

Situation[modifier | modifier le code]

Brando est une commune située sur la côte est du Cap Corse, à 8 km au nord de Bastia. Autrefois, la communauté de Brando était un fief des De Gentile ; elle se situe dans l'ancienne pieve de Brando.

Relief[modifier | modifier le code]

Le Cap Corse est un bloc de schistes lustrés édifié au tertiaire lors de la surrection des Alpes sur un socle hercynien (de la fin de l'ère primaire). Chaque vallée est comme un alvéole, aux bords raides, ouvert sur la mer mais fermé vers l'amont car adossé à la chaîne axiale[Note 1] dont les principaux sommets sont L'Albucciu (1 325 m), le monte Stello (1 307 m), la cima di e Folicce (1 305 m) et le monte Capra (1 206 m).
Brando occupe l'un de ces « alvéoles ». Depuis la Serra, la chaîne dorsale du Cap Corse à l'ouest, son territoire s'étale jusqu'à la mer Tyrrhénienne à l'est, en amphithéâtre entre deux lignes de crêtes.

Les limites de son territoire peuvent se définissent ainsi :

  • au nord, par un tracé quasi rectiligne partant de Bocca di Catele (1 112 m), passant au nord d'une ligne de crête comportant Stagnilli (957 m), Punta Chiatra (846 m), Cima di guaita (778 m) jusqu'à un point à 690 m d'altitude, déclinant ensuite jusqu'à la mer en passant par la fontaine de Liscione et le sémaphore de Capo Sagro ;
  • à l'est, depuis un point de côte situé à l'est du sémaphore, jusqu'à un autre point situé à 400 m au sud de Lavasina, par la côte comprenant les points remarquables que sont le cap Sagro et Erbalunga. La côte escarpée ne s'adoucit qu'au niveau des marines de Lavasina et Erbalunga.  ;
  • au sud, depuis le sud de Lavasina, par une ligne de crête remontant rapidement en direction de l'arête axiale du Cap, passant par le pylone dominant la mer, la Cima di Muracellu, Monte Niellu (1 032 m) ;
  • à l'ouest, c'est une portion de 2 km (distance orthodromique) de l'arête axiale comprenant Monte Stello (1 307 m), deuxième sommet du Cap Corse.

Les lignes de crête séparent la commune de ses voisines Sisco au nord, Olcani et Olmeta-du-Cap à l'ouest, et Santa-Maria-di-Lota au sud. Deux ruisseaux y dessinent leurs vallées parallèles :

  • au nord le Traghietto (fiume Traghjettu) qui nait sous le Monte Stello avec le nom ruisseau de Rinella, et se jette à la mer au nord d'Erbalunga ;
  • au sud le ruisseau d'Arega (fium' Arega o di A Vasina) qui a sa source à 1 025 m sous Bocca di Santa Maria et a son embouchure à Lavasina.

Ces deux vallées sont séparées par un petit chaînon montagneux comportant Monte a Poni (991 m) et Monte Grobia (1 028 m). Ces sommets forment ensemble un gros bloc de serpentines renfermant du pyroxène, minerai riche en fer donnant à la roche sa couleur rouille.

Hydrologie[modifier | modifier le code]

En plus des deux principaux ruisseaux précités, le Traghietto et le ruisseau d'Arega, d'autres petits cours d'eau naissent sur les flancs des crêtes environnantes. Du nord au sud, ils sont : fiume di Sfundarone, fiume Strigario, fiume di Casella, fiume Guadelacciu, fiume di Campica.

Plusieurs réservoirs ont été mis en place, à Silgaggia, à Castello, à Pozzo (2), à Erbalunga (2) et à Fricolaccio, pour répondre aux besoins en eau importants durant la période estivale.

Végétation[modifier | modifier le code]

Comme ses voisines, la commune présente un visage verdoyant, mais qui prend vite des teintes chaudes en période estivale. Elle est soumise à de forts risques d'incendies. Le manteau forestier est faible du fait de grands incendies, mais aussi de la déforestation et de la mise en culture des terres jusqu'au début du siècle dernier. Les anciennes terrasses de cultures sur les hauteurs sont bien visibles encore de nos jours. Chênes verts et pins maritimes composent les faibles peuplements forestiers. Les étendues non-bâties sont généralement sauvages et couvertes d'un maquis épais et haut dominant.

Jusqu'au début du siècle dernier, étaient exploités sur le littoral la vigne, les oliviers et les vergers, et sur les hauteurs plusieurs hectares de châtaigniers.

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Accès routiers[modifier | modifier le code]

La commune est traversée par la route littorale D80 qui relie Santa-Maria-di-Lota au sud et Sisco au nord. De plus, la route panoramique en corniche D54, qui part de Lavasina, dessert tous les hameaux de crête (Purettu, Pozzu, Silgaghja, Castellu et Mausoleu) avant de rejoindre Erbalunga.

La route D254 permet de rejoindre Silgaggia situé à moins d'un kilomètre de l'intersection D54/D254.

Transports[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Olcani Sisco Mer Méditerranée Rose des vents
Olmeta-di-Capocorso N Mer Méditerranée
O    Brando    E
S
Santa-Maria-di-Lota Mer Méditerranée

Urbanisme[modifier | modifier le code]

La commune est construite sur le modèle « piémont-marine » typique du Cap corse avec un habitat dispersé à l'intérieur, sur une altitude moyenne de 300 m accompagné de constructions littorales qui s'étendent de plus en plus hors des marines d'origine. Brando signifie « éclatant », « brillant ».

La commune comporte plusieurs lieux habités[1], deux marines et plusieurs anciens villages médiévaux tous desservis par la route D54 et la bretelle D254 qui aboutit à Silgaggia.

Lavasina[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Lavasina (Sanctuaire).

Bien qu'il puisse avoir été construit sur un site antique du littoral, le hameau actuel de Lavasina date du XIXe siècle. Il s'appelait A Vasina (La Vasina). De cette époque, à l'exception du clocher en ciment de facture moderne, datent le couvent de franciscains et l'église Notre-Dame-des-Grâces situés sur le littoral, à 7 km au nord de Bastia. Jusqu'au milieu du siècle dernier, une tour de défense médiévale se dressait sur le rocher de Castellacciu.

Pour l'historien Xavier Poli et selon Ptolémée, Lavasina s'appelait jadis Blesinum. Cette antique bourgade existait déjà 5 siècles avant notre ère[1].

Au nord sont les quartiers Pietriconi et Causardo.

Au centre de Lavasina, se dressent le couvent franciscain et le sanctuaire de Notre-Dame de Lavasina en bordure de la route D80. Notre-Dame de Lavasina (Santa Maria Natività) a remplacé au XVIIe siècle une chapelle Maddonna delle Gracie sur les fondations d'un antique sanctuaire religieux romain. L'édifice a été doté en fin du siècle dernier, d'un clocher en ciment surmonté d'une statue de la Vierge. Il est un important lieu de pèlerinage (8 septembre). La plage de Lavasina est la plus belle du littoral de la commune.

Les quartiers sud Crucicchiola et Butoju sont dominés par un gros rocher de prasinite d'origine volcanique, le rocher de « Castellacciu » ainsi nommé depuis le XIVe siècle car s'y trouvait le château de Pierre Avogari, seigneur de Brando. Existait déjà sur ce rocher depuis le XIIe siècle une tour qui fut transformée en un château protégé par trois enceintes dont une de 77 m au sud et à l'ouest de la tour carrée dominant une falaise.
Au XVIe siècle seule la tour carrée est encore utilisée. Nommée Tour de Castellacciu puis Casa di a Contessa vers 1595 sous le règne de Brigidina De Gentile, elle sera enfin nommée Tour de Lavasina. Cette tour a totalement disparu vers le milieu du XXe siècle.

Au nord de Lavasina en bordure de mer, sont les hameaux Campinca et Marmoraggia. À l'ouest de ce dernier se trouve la « Glacière de Brando ».

Au nord-ouest, entre et Lavasina, se situe le récent hameau de Cannicciu (traduction : champ de roseaux), dominé par Poretto et sa tour ronde du XVe siècle ruinée.

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Erbalunga[modifier | modifier le code]

Erbalunga (Erbalonga) est un village ancien de caractère sur le littoral, remarquable par sa tour génoise ruinée construite au XVIe siècle sur un rocher à l'entrée de son port, classée aux Monuments Historiques. Il a été habité dès le XVIe siècle avec son château féodal. Erbalunga (on trouve aussi l'orthographe Herbalunga) et ses environs immédiats formaient un fief créé en 1438 à la mort de Mathieu De Gentile.

Erbalunga est aujourd'hui une marine agréable dans un site remarquable. Il est formé des quartiers de Poggiolo et de Curcianella au sud. Au nord sont les quartiers de Foce et de Sicolu. Les quartiers du vieil Erbalunga portent les noms de Calellu, Torre, Cima, Trave, Scalu, Casanova, Piandifora et Concia. Les maisons anciennes ont été construites autour de la marine d'Erbalunga, un petit port de pêche qui fut un des principaux ports de l'île du XIIe siècle au XVIIIe siècle.

À l'entrée de la marine se dresse la tour d'Erbalunga, reconstruite à la fin du XVIe siècle, partiellement ruinée.

Le village est devenu au fil du temps un repaire chic où artistes et notables y ont élus domicile.

On y trouve l'école, la mairie ainsi que la plupart des commerces de Brando. L'église Saint-Érasme (saint patron des marins) du XVIIe siècle s'orne d'une façade baroque. La marine abrite également la chapelle du cimetière Madona del Carmine.

Entrée du monastère
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Au nord d'Erbalunga, au quartier de Cintolinu se trouve le Monastère des Bénédictines du Saint-Sacrement datant de 1862, église dédiée au Cœur Eucharistique de Jésus. Il était autrefois un pensionnat de jeunes filles.

Plus au nord d'Erbalunga, sur une éminence (201 m) au sud de la tour ruinée de Sagro, la forteresse historique de Tesoro (dite parfois Tresoro) dresse ses murs d'enceinte et ses longues lignes de pierre.

Pozzo[modifier | modifier le code]

Hameau de Pozzo

Pozzo (Pozzu) est un village médiéval aux quartiers nommés Campu all'Aja, Funtana, Morella, Piazza di Supra, Santa Catarina, San Giuvanni et Verdaccia. Il abrite les chapelles Saint-Joseph (San Ghiseppu), sur la route au nord, et Saint-Jean-Baptiste (San Giovanni-Battista), chapelle privée aujourd'hui désaffectée. La maison Ferdinandi, datant du XVe siècle, est classé monument historique. Le couvent de Capucins fut bâti au nord-est au XVIe siècle. Son église Saint-Barthélemy est aujourd'hui paroissiale.

Au nord du village se situe la carrière de Torre, ouverte vers 1920, produisant des marbres cipolins, des teghje (lauzes) pour les toits, et pierres de taille.

Silgaggia[modifier | modifier le code]

Hameau de Silgaggia

Silgaggia (Silgaghja) est le hameau de Brando situé le plus à l'ouest sur le flanc montagneux, donc le plus en altitude. Il était autrefois appelé Salicagia qui signifie « saulaie ». Le village est composé de deux quartiers, Casale à l'est et Santa Lucia à l'ouest. Dans ce cul-de-sac, se situe la chapelle Sainte-Lucie et plusieurs vieilles maisons d'époque rappelant son passé de communauté moyenageuse. Devant l'une d'elles, une marche d'escalier de pierre porte la date de 1419. Le village surplombe Castellu, Mausoleu et Erbalunga.

Au sud du village sont les ruines du village de Pruneto (parfois appelé Purneto) ruiné au XVIIIe siècle.

Poretto[modifier | modifier le code]

À Poretto (Purettu, qui signifie champ desséché) se trouvent l'église paroissiale de l'Annunziata (Annonciation) (fin du XVIIe siècle (?)) recelant un grand nombre d'œuvres remarquables classées, et la chapelle de confrérie Sainte-Croix (Santa Croce). À partir de la Casazza, une ruelle conduit aux ruines d'une ancienne tour de guet et à celles d'un ancien four au lieu-dit « Poggiola ». Ce four était remarquable par ses chambres multiples. Massive avec 7 m de diamètre et des murs d'une épaisseur d'un mètre à la base, la tour correspondait avec la tour d'Erbalunga et celle de Lavasina à l'aide de feux.

En novembre 1556, Altobello et son frère Raffaello De Gentile, coseigneurs de Brando et amis de la France, y résistent avec 7 soldats face à 300 Génois repoussés par Sampiero Corso. En 1764, les Génois brûlent le village avant de fuir devant Pascal Paoli.

Poretto est formé des quartiers de Casanova, Cippetu, Mezza Paesu, Perdullata, Quadraghione, Sottu Palazzu et Torre. Nombreuses sont les habitations couvertes de robustes toits en lauzes. Les terrasses de cultures sont aujourd'hui encore bien visibles dans le paysage.

Friscolaccio[modifier | modifier le code]

Le hameau de Friscolaccio (Frisculacciu) est situé au sud de Pozzo et au nord de Poretto. Son nom dérive du latin Ferricule qui signifie « parfumé de thym ».

Castello[modifier | modifier le code]

Ruines du fort de Brando
Ruines de l'ancien couvent Saint-François à Castello

Castello (Castellu) doit son nom à la place forte qui constituait son centre au Moyen Âge. Hameau d'origine de Brando, portant le nom de lo Castello, Castello compte aujourd'hui de nombreuses ruines. La chapelle Notre-Dame des Neiges (Santa Maria delle Nevi) date du IXe ou Xe siècle. Elle abrite un linteau sculpté et des fresques de 1386. L'architecture sacrée compte encore la chapelle Saint-Antoine (Sant' Antone) et le couvent de Saint-François, au sud-est, aujourd'hui en ruines.

Village médiéval, il est décrit par les noms de ses 4 quartiers : Chialza (venant d'un mot arabe signifiant mûrier), Ripa (du latin voulant dire « en bord de falaise », Cascata (cascade) et Forte (où sont les ruines du Fort de Brando). Au XIIe siècle Forte est la citadelle des seigneurs Avogari. Au XIVe siècle, Gênes forma le fief voisin d'Erbalunga. Pendant plus d'un siècle les deux fiefs se livrèrent une guerre acharnée. Détruit, le château de Castello-Brando sera relevé par les Français en 1558.

Au nord de Castello, les ruines de trois villages :

  • Fundali (du latin fundus, « en bas d'une pente ») abandonné au XVIIe siècle, d'où l'on voit le village de Castellu perché sur une falaise de 60 mètres et la cascade du ruisseau Traghietto (ou fiume Traiéttu) ;
  • Grotta (du grec kruptê « souterrain ») avec ruines d'un castellu-vecchiu (du Xe siècle).
  • Serboggiu (dit parfois Sulpoggiu), hameau situé sous une colline et abandonné au XVIIIe siècle, entre Castellu et Silgaggia.

Au sud-est de Castello, au lieu-dit Paruchja (Paroisse) se dressent trois édifices religieux, propriétés de la commune, classées Monuments historiques :

  • l'église Sainte-Marie-de-l'Assomption (Santa-Maria Assunta) ; la chapelle Pisane (partie de mur au sud de la nef de la chapelle supportant des fresques représentant Sainte-Catherine et un Christ monumental) attenant à l'église, du XIVe siècle ;
  • la chapelle Notre-Dame-des-Neiges (Santa Maria di e Nevi). Cette dernière, de style roman présente des linteaux sculptés, des fresques du XIVe siècle ainsi qu'un retable du XVIe siècle ;
  • la chapelle de confrérie Sainte-Croix. .

Mausoleo[modifier | modifier le code]

À Mausoleo (Musuleu), à 1 km environ en amont d'Erbalunga, se dresse la chapelle Sainte-Catherine (Santa Catarina).

Tout au nord du littoral communal, au lieu-dit Sacro (Sacru), à la latitude du cap du même nom et à 2 km au nord d'Erbalunga, subsistent les restes d'une ancienne tour génoise.

À l'ouest de Mausoleo, au hameau de Pozzachi, se dressent encore les vestiges du couvent Saint-François (San Francesco) qui avait été fondé en 1474 par les seigneurs de Brando qui y avaient leurs sépultures.

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Le site de Brando est occupé depuis la préhistoire. En effet, on retrouve au lieu-dit Tesoru (ou Tresoro), au nord-est, les vestiges d'un castrum préhistorique, avec enceinte.

La fondation d'Erbalunga remonte également à la préhistoire.

Antiquité[modifier | modifier le code]

Blesinum était une civitas limitée par la mer, parmi les trente-trois civitates ou cercles qui divisaient la Corse. Blesinon a pu devenir Biesinon. L'emploi du « V » à la place du « B » est consacré par mille exemples fournis par le dialecte corse. Viesinum est devenue Vasina[2],[Note 2].

Le port devient ensuite phénicien puis romain. Le site de Capu Sacru aurait par ailleurs été cité par Ptolémée. Le développement de Brando commence donc sur le littoral. Mais à la chute de l'empire romain, la mer devient source de nombreuses attaques pirates sarrasines ou lombardes. Aussi, les habitants se replient-ils sur les hauteurs pour bâtir leurs villages plus à l'abri.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Le fief de Brando.

Dans son ouvrage Pouvoirs et fortifications dans le nord de la Corse : du XIe au XIVe siècle[3], Daniel Istria écrit que Les terres du Cap ne sont mentionnées dans la documentation notariale génoise qu'à partir du mois d'août 1179. À cette époque, les Avogari, les Pevere et les de Turca formaient à Gênes, avec les de Antioca et les Embroni, le parti de Curia. Il émet ensuite l'hypothèse suivante : « Un document de 1239, mentionnant l'envoi dans l'île, par Lanfranco Avogari, de vingt-cinq hommes bien armés, se fait l'écho de probables guerres seigneuriales que cet état de fait a dû engendrer. Un acte de vente daté de 1249, indique que les terres objet de la transaction et sises à l'extrémité nord du Cap, appartenaient jadis au marquis de Massa. Par conséquent, on ne peut écarter l'hypothèse que l'arrivée des familles génoises dans l'île soit consécutive à l'accord passé entre Guglielmo de Massa et la commune de Gênes en 1174. C'est d'ailleurs à ce moment qu'est également fondée la colonie de Bonifacio. »

  • À la fin du XIe siècle la famille génoise des Avogari-Gentile se taille une seigneurie dans la moitié sud du Cap Corse, couvrant les communes actuelles de Brando, Olcani, Olmeta, Ogliastro et Nonza. Ils assurent ainsi une certaine sécurité à la population placée sous leur coupe. Le fief de Brando devient l'un des plus importants du Cap. Des châteaux fortifiés sont construits à Castellu, à Erbalunga, ainsi que sur les hauts de Lavasina. Ce dernier, surnommé le « Castellacciu », marque la limite sud de la seigneurie de Brando.
  • Au XIIe siècle le village se développe autour de ses places fortes et la population s’accroît. Les activités économiques reprennent (élevage caprin, viticulture, oléiculture, artisanat) et le commerce maritime avec l'Italie se développe, faisant d’Erbalunga, jusqu’au XVIe siècle le premier port de l'île. Au tout début du XIIe siècle, la cathédrale de Mariana est construite avec des marbres provenant de Brando.
  • 1258, Giannella Avogari rachète une part de seigneurie qu'il détenait en commun avec un autre personnage du lignage Avogari. Il se constitue ainsi une nouvelle seigneurie autour des pievi de Brando, Canari et Nonza.

Après la vente de leurs châteaux à Ansaldo de Mari, les anciennes familles génoises se retirent de l'île. Alors qu'Ansaldo et ses descendants dominent toute la moitié nord, les Avogari seuls à avoir fait exception, conservent leur réseau de fortifications dans la moitié sud du Cap, avec les châteaux de Brando, Canari, Nonza et Pietracorbara. En fin du XIIIe siècle début du XIVe siècle, les Avogari édifient la forteresse de Lavasina, sur le littoral oriental du Cap. D'autres châteaux sont construits à cette période par les Avogari et les Mari dans le Cap Corse. Ces nouveaux châteaux avaient pour fonction le contrôle des terres et de la population qui les exploite, mais aussi celui des mouillages et, d'une manière plus générale, des axes commerciaux soumis à la gabelle et autres péages[4]. Existait à Brando un port aménagé dans l'abri naturel.

  • 1284 - Le contrôle de la Corse passe à la République de Gênes.
  • 1376 - Au XIVe siècle les chefs des grandes seigneuries organisent la production et le commerce du vin. Les frères Jacopo et Pietro, fils de Bartholomei Avogari de Brando, reçoivent des Anciens l'autorisation d'aller vendre leurs marchandises à Pise.
  • 1438 - Le fief de Brando se divise entre deux branches de la famille De Gentile : la seigneurie d'Erbalunga se sépare de celle de Brando. Il s'ensuit un conflit permanent entre les deux fiefs malgré la parenté des seigneurs. Erbalunga est le plus petit fief capcorsin, avec seulement 300 habitants.
  • 1537 - Deux fustes[Note 3] turques et un brigantin d'Erbalunga se livrent combat au large de Capu Sacru. Les Cap-Corsins sont capturés[1].

Castello de Brando[modifier | modifier le code]

Le castrum de Brando faisait partie du réseau de fortifications des Avogari. Il se situait entre le castellu de Petracorbara au nord et le castellu de Lavasina au sud, dans le village médiéval de Castello autrefois nommé Brando.

À Brando, le château des seigneurs Avogari fut construit au XIIe siècle sur un petit éperon, au cœur d'une vallée encaissée, relativement loin de la mer mais à une croisée de chemins. À environ 300 m de la fortification, à la même hauteur et de l'autre côté du vallon, se trouve la petite église piévane Santa Maria delle Nevi dont la construction pourrait remonter aux XIe et XIIe siècles. Le choix de l'emplacement du château paraît avoir été déterminé ici par la présence de l'église piévane, ou du moins par cette position privilégiée et centrale par rapport à la circonscription religieuse et administrative[Note 4]. Le castellu de Brando avait une tour, structure souvent unique, la plus caractéristique et la plus spectaculaire de ces nouveaux châteaux. L'épaisseur de ses murs en pierre, le matériau de base, variait entre 1,55 m et 1,55 m.

Au XIVe siècle, Gênes forma le fief voisin d'Erbalunga qui entra en conflit avec les seigneurs Avogari établis dans la citadelle reconstruite de Forte. Pendant plus d'un siècle les deux fiefs se livrèrent une guerre acharnée, entraînant la destruction du castellu. Le château de Castello-Brando relevé par les Français en 1558, sera à nouveau détruit. Ses ruines sont encore visibles de nos jours, au quartier Forte.

Castello de Lavasina[modifier | modifier le code]

En 1247, Alberto de Bagnaia exerçait le contrôle de la région qui englobe la basse vallée du Golo et toute la zone délimitée par le Golo, la mer, la crique de Lavasina et la chaîne montagneuse de Stella. Castellacciu (qui signifie « château en ruines »), ainsi est appelé le gros rocher dominant Lavasina depuis le XIVe siècle, époque durant laquelle Pierre Avogari, seigneur de Brando transforma la tour qui s'y trouvait en un château. Celui-ci était le plus méridional du réseau de fortifications des Avogari. Juste au-dessus est le château de Nonza sur la côte occidentale de la péninsule.

La fortification de Lavasina qui appartenait alors aux Avogari, n'est mentionnée dans aucun document antérieur au XIVe siècle. Le castello est implanté tout au sud du fief de Brando, sur une petite butte en limite de deux pièves, en position dominante sur la route principale toute proche. Le castello de Lavasina, est limitrophe à la piève de Lota, au nord de la Plaine de la Marana, et ne semble pas avoir possédé de fortification. Lota est alors une zone tampon entre la terra des Avogari et celle des Bagnaia[Note 5]. Cette nouvelle fortification était destinée à surveiller la marine, et donc les entrées et sorties de marchandises. Comme le castrum de Petrabugno, il contrôle un mouillage.

La forteresse était protégée par trois enceintes, dont une de 77 mètres au sud et à l'ouest de la tour carrée dont les côtés nord et est dominent une falaise. Au XVIe siècle seule la tour carrée est encore utilisée, nommée successivement Tour de Castellacciu, puis Casa di a Contessa vers 1595 sous le règne de Brigidine de Gentile, et enfin Tour de Lavasina. Elle n'est plus visible depuis la moitié du XXe siècle.

Elle avait été construite en pierre et chaux produites in situ, la lauze de la couverture provenant de carrière située à moins d'un kilomètre. Parlant de sa structure, Daniel Istria décrit :

« Au château de Lavasina, on distingue dans la citerne au moins trois couches d'enduit. Le premier enduit est un mortier rose réalisé avec du sable fin et des fragments de terre cuite de petit module. Le deuxième, plus grossier, contient de gros fragments de terre cuite. Ces deux premiers enduits peuvent aller ensemble et être contemporains, mais nous n'en n'avons pas la certitude. Enfin, un troisième enduit n'est visible que par endroits. Il se distingue des précédents par sa couleur presque blanche et n'est peut-être que le résultat de restaurations - Daniel Istria. »

Temps modernes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : La pieve de Brando.
  • Vers 1520 - La « communauté » de Brando de la seigneurie De Gentile avait pour lieux habités lo Poretto, Lavasina, lo Catello, Erbalonga. Elle faisait partie de la pieve de Brando qui comptait environ 1 500 habitants et avait pour lieux habités Pozzo, la Piana, Fisculatio, lo Poreto, Salicagia, la Grotta, li Fundali, lo Castello, lo Musoleo, Herbalunga[5].
  • 1551 - Une expédition franco-turque menée par Sampiero Corso prend le contrôle de la Corse. La rivalité entre Alessendro Gentile, seigneur d'Erbalunga, rallié aux Génois, et les frères Altobello et Raffaele Gentile, seigneurs de Brando, partisans des Français, s'accentue. En 1556, le hameau de Purettu résiste à un assaut génois. À la fin de cette même année, les troupes franco-turques endommagent sérieusement la tour d'Erbalunga de 77 coups de canon. En représailles, les Génois attaquent, au début 1557, le château de Castellu. Le 8 avril de la même année, les Français prennent et détruisent le port d'Erbalunga, avec l'aide des hommes des seigneurs de Brando. Le 5 novembre, les Génois détruisent la tour de Purettu. En 1559, avec le traité de Cateau-Cambrésis, la Corse revient à Gênes. La paix revient peu à peu à Brando.
  • 1625 - La République de Gênes restructure l'administration corse. Le pouvoir se centralise et les fiefs disparaissent. Erbalunga demeure un des ports les plus actifs de l'île.
  • Après la révolte de 1729 et la consulte de Saint-Pancrate, la Corse déclare son indépendance. Cependant, le Cap Corse demeure la dernière terre pro-génoise et ne se rallie au mouvement paoliste qu'à partir des années 1760.
  • 1764 - Les Génois incendient le village de Purettu, dans leur fuite face à Pascal Paoli. Ce dernier s'empare de Brando la même année. Après la défaite de ses troupes à Ponte-Novo le 8 mai 1769, Brando s’intègre rapidement dans le cadre de la monarchie française.
  • 1768 - Passant sous administration militaire française, la pieve de Brando change de nom pour celui de pieve de Sagro.
  • 1789 - La Corse fait partie du Royaume de France. Avec la Révolution française, est créé en 1790 le département de Corse, puis en 1793, celui de El Golo (l'actuelle Haute-Corse). La commune portait le nom de Brando (An II). En 1801 on retrouve le même nom au Bulletin des lois.
  • 1793 - La pieve de Sagro devient le canton de Sagro (chef-lieu Brando).
  • 1828 - Le canton de Sagro devient le canton de Brando.
  • 1954 - Le canton est formé avec les communes de Brando, Pietracorbara et Sisco. En 1973 il devient le canton de Sagro-di-Santa-Giulia, Brando restant le chef-lieu[6].

Peu à peu, le port d'Erbalunga périclite. Le commerce maritime y est de moins en moins florissant, notamment après l’apparition de la navigation à vapeur. L'agriculture demeure encore très active sur la commune au début du XIXe siècle jusqu'à l'anéantissement de la vigne par le phylloxéra. La récession économique, doublée d'une forte poussée démographique, entraîne une forte émigration vers le continent et l’empire français ainsi que vers l’Amérique du Sud (essentiellement Porto Rico et Venezuela).

  • 1810 - Le sémaphore de Sagro, poste de guet dans le dispositif de défense des côtes françaises, entre en activité. Il est armé par des guetteurs sémaphoriques de la Marine nationale.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

En 1976 s'ouvre la première route carrossable desservant le hameau de Mausoleu.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 2008 Dominique Ricci    
2008   Dominique Ricci    
Les données manquantes sont à compléter.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 654 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1800. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 6],[Note 7].

           Évolution de la population  [modifier]
1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851 1856
905 1 021 690 1 189 1 385 1 447 1 491 1 493 1 423
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
1 541 1 762 1 616 1 610 1 625 1 734 1 659 1 680 1 826
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
1 593 1 520 1 369 1 241 1 150 1 104 1 006 1 003 967
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 - -
1 066 1 157 1 353 1 334 1 527 1 542 1 654 - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[6] puis Insee à partir de 2004[7])
Histogramme de l'évolution démographique


Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

Fêtes[modifier | modifier le code]

  • Le 5 août est fêtée Notre-Dame des Neiges.
  • Le 8 septembre, une grande fête de la nativité se déroule à Notre-Dame-des-Grâces de Lavasina, haut lieu de pèlerinage. Les pèlerins arrivent quelquefois de très loin à pieds nus.
  • Carnaval : le hameau de Purettu célèbre chaque année le carnaval.
  • Fête de la Musique : début août a lieu le festival de musique d'Erbalunga.
Fête patronale

Le 2 juin est fêté la Sant' Erasmu, patron des pêcheurs et saint patron de la commune.

Semaine Sainte[modifier | modifier le code]

La vie religieuse de Brando est d'abord marquée par les cérémonies de la Semaine Sainte célébrées principalement en l'église Saint-Érasme, à Erbalunga. Certains rites, d'origine antique, ont lieu les jeudi et vendredi Saints, comme la Cerca et la Granitola[Note 8] le soir du même jour, une procession d'église en église, longue de plus de 12 km.

Sports[modifier | modifier le code]

Randonnées[modifier | modifier le code]

La commune de Brando attire aujourd'hui les touristes, moins par ses plages de galets que grâce à ses paysages de montagne. De nombreuses excursions sont possibles au-dessus des villages. Les départs pour le Monte Stello (1 307 m) se font généralement de Funtàna Santa Catarina à Pozzo ou Silgagia. Parmi les buts de randonnées, on peut citer le col Sainte-Marie-de-l'Assomption (1 097 m) sur la ligne de crête, la cascade de Traghjettu, près de Castello, ou les nombreuses grottes des environs de Mausoleo. La grotte de Marmoraggia (Marmuraghja), connue pour ses stalactites, est aujourd'hui fermée au public.

Autres[modifier | modifier le code]

  • Sites d'escalade : ils sont également mis en place autour de Cap Sagro (Capu Sacru), à (2 km) au nord d'Erbalunga.

Économie[modifier | modifier le code]

La vie agricole de la commune a très nettement déclinée au début du XXe siècle. Il ne reste plus que quelques cultures en terrasse, dont celle de l'olivier, et l'apiculture.

La commune est célèbre pour ses « pierres de Brando », qui servent au dallage et au pavage. Le site de Petre-Scrite, à Mausoleu, comptent plusieurs carrières de cipolin dont certaines sont encore en activité. Au hameau de Pozzu, se trouvent également les carrières de Torre (lauzes) et de Sainte-Lucie.

Autrefois, l'industrie de la « glace à rafraîchir » faisait aussi recette. Les célèbres glacières de Brando étaient de petites constructions rondes de pierre sèche bâties dans la montagne. En hiver, on les remplissait de neige tassée et elles étaient ensuite hermétiquement isolées de la chaleur, si bien que la neige se changeait en glace. Cette glace était progressivement taillée en morceaux et descendue au fur et à mesure à Erbalunga pour y être vendue, durant l'été. Pour la conserver le temps de la vente, la glace était stockée dans une grotte au lieu-dit Marmuraghja.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Brando a été à la fois le centre de la pieve éponyme et le fief des seigneurs Avogari avant que ceux-ci entrent en 1197 dans l'albergo Gentile et deviennent Avogari-Gentile[Note 9]. De par son riche passé historique, la commune compte de nombreux monuments remarquables dont beaucoup sont ruinés.

  • Monument aux morts

Patrimoine culturel[modifier | modifier le code]

Architecture religieuse[modifier | modifier le code]

Brando possède plusieurs édifices religieux ; trois sont protégés, groupés au lieu-dit « Parocchia » (paroisse) au sud-est de Castello :

Chapelle Notre-Dame-des-Neiges[modifier | modifier le code]

Santa Maria delle Nevi (ou encore Santa Maria di e Nevi) est l'ancienne piévanie de Brando, bâtie au VIe siècle, reconstruite au Xe siècle. Elle a été remaniée en 1378, sa nef allongée. Elle est ornée de linteaux gravés.

C'est une église préromane du IXe siècle, de plan simple, constituée d'une nef unique prolongée d'une abside semi-circulaire. Comme dans la grande majorité, la nef est orientée sur un axe est/ouest, l'abside à l'est, et la porte principale située sur la façade occidentale. Elle préfigure par ses proportions et son aspect général, les édifices romans pisans qui seront édifiés un peu plus tard sur l'île. Ses façades sont sobres et austères, totalement dépourvues d'ornementation et de décor. La façade orientale comporte une abside voûtée en cul de four. L'église surmonté d'un petit clocher, et l'abside sont recouvertes de teghje en schiste de Brando. Les murs sont également appareillés avec ce matériau, les blocs taillés d'une relative régularité. Le portail sur la façade occidentale, est formé d'une simple porte surmontée d'un linteau monolithe comportant le tracé en plein cintre d'une moulure délimitant un tympan nu, avec au-dessus des motifs gravés. La façade latérale nord comporte une porte. À l'intérieur, la lumière est donnée seulement par la fenêtre-meurtrière de l'abside et par la petite ouverture en forme de croix grecque percée dans la partie supérieure de la façade.

La charpente de l'église est donnée pour être médiévale[8]. Son décor de chevrons rouges évoque le décor primitif des murs, antérieur aux fresques de 1386, et constitué aussi de motifs géométriques rouges.

La chapelle Notre-Dame-des-Neiges est classée Monument historique[9].

Son intérieur conserve :

  • des peintures monumentales, fresques de figures de saints et de saintes classées MH[10].
  • un retable du maître-autel, tableaux (panneaux peints) Vierge à l'Enfant entre saint Jean-Baptiste, sainte Catherine, saint Roch et un saint martyr classé MH[11].
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Chapelle Pisane attenant à l'église Santa Maria Assunta[modifier | modifier le code]
Santa Maria Assunta

L'église Santa Maria Assunta fait partie des trois édifices religieux bâtis au lieu-dit « Parocchia » (paroisse ou encore pieve) au sud-est de Castello. Elle est l'église paroissiale de Brando, en remplacement de l'ancienne piévanie Santa Maria di e Neve. Son fronton est orné des armoiries épiscopales. Le bas-relief présente les attributs épiscopaux, mitre, bannières frappées de la Croix dans de savants entrelacs végétaux.

Seule est classée MH[12] la partie de mur située au sud de la nef de la chapelle supportant des fresques représentant une Sainte-Catherine et un Christ monumental. Ces peintures monumentales Sainte Catherine et le Christ datées du XIVe siècle sont également classées MH[13].

Chapelle de Confrérie Sainte-Croix de Parocchia[modifier | modifier le code]
Casazza Santa Croce

La Chapelle de confrérie (Casazza) Sainte-Croix (Santa Croce) date sans doute de 1487. Elle fait partie de l'ensemble religieux de Parocchia, l'ancienne piévanie de Brando.

L'église paroissiale de l'Annunziata de Poretto[modifier | modifier le code]

L'église de l'(Annonciation) est située à Poretto. L'église renferme un nombre important d'œuvres remarquables, classées MH[14] :

  • calice
  • orgue de tribune
  • buffet d'orgue et tribune d'orgue
  • fontaine de sacristie
  • fonts baptismaux et leur couvercle
  • 2 meubles de sacristie
  • stalles du chœur
  • maître-autel, tabernacle
  • retable de Saint-Jacques, tableau Saint-Jacques
  • retable du Rosaire, tableau L'institution du Rosaire
  • tableau (panneau peint) Vierge à l'Enfant et son cadre
  • 5 tableaux : La Vierge de l'Immaculée Conception apparaissant à deux saints franciscains, Saint Pierre d'Alcantara en extase devant la Croix, Vierge à l'Enfant avec saint François et sainte Claire, Saint Antoine Abbé et saint Antoine Franciscain aux pieds de la Vierge, et L'Assomption de la Vierge avec son cadre.
Église Notre-Dame de Lavasina[modifier | modifier le code]

L'église de Lavasina est un sanctuaire, un important lieu de pèlerinage le 8 septembre, fête de la Nativité de la Vierge. La veille a lieu une procession aux flambeaux. Elle se dresse en bordure de route (RD 80) sur le littoral.

Elle recèle le monument funéraire d'Augustino Saluzzo, évêque d'Aléria et de Mariana. Ce Génois avait été nommé évêque d'Aléria en octobre 1714, et de Mariana en juin 1721, par le pape Clément XI. Daté de 1744, le monument a été élevé du vivant d'Augustino Saluzzo[15].

Église paroissiale de Pozzo[modifier | modifier le code]
L'église San Bartulumeu de Pozzo

L'église paroissiale San Bartulumeu (Saint-Barthélémy) se situe au nord-est du hameau de Pozzo. Elle est l'église du couvent San Bartulumeu fondé au XVIe siècle par des Capucins. Elle est l'actuelle paroisse de Pozzo et le siège de la confrérie San Bartulumeu qui, durant la semaine Sainte, confectionne divers objets en palmes.

Église paroissiale de Silgaggia[modifier | modifier le code]

L'église se situe au cœur du village de Silgaggia. Non classée, elle renferme néanmoins deux œuvres classées MH :

  • un calice du début XVIe siècle[16],
  • un tableau La Sainte Famille daté du XVIIe siècle pouvant peut être exécutée d'après Raphaël[17].
Monastère des Bénédictines d'Erbalunga[modifier | modifier le code]
Monastère des Bénédictines

Situé au quartier de Cintulino, proche du cimetière et de la chapelle Madonna di u Carmine au nord d'Erbalunga, le monastère a été fondé en 1862 par Toussaint Casanelli d'Istria évêque d'Ajaccio. L'église conventuelle construite de 1883 à 1887, est dédiée au Cœur Eucharistique de Jésus. C'était un pensionnat de jeunes filles de 1899 à 1963.

Le monastère est intégré à l'institut des Bénédictines du Saint Sacrement eEn 1951.

Autres[modifier | modifier le code]
  • Chapelle de confrérie Sainte-Croix de Poretto. Cette chapelle de confrérie (Casazza Santa Croce) est voisine de l'église paroissiale de l'Annunziata à Poretto.
  • Chapelle privée Giovanni-Battista au village médiéval de Pozzo.
  • Chapelle San Ghiseppu à Pozzo, sous la carrière de Torre.
  • Ancien couvent Saint-François (San Francesco) au hameau de Pozzachi, à l'ouest de Mausoleo. Il avait été fondé en 1474 par les seigneurs de Brando qui y avaient leurs tombeaux.
  • Chapelle Santa Catarina au village de Mausoleo.
  • Chapelle Notre-Dame des Carmes (Madonna di U Carmine), près du cimetière entre Erbalunga et Mausoleo.

Architecture civile[modifier | modifier le code]

la tour génoise d'Erbalunga à Brando

Brando possédait 3 tours génoises de guet, à Sagro, Poretto et Erbalunga, toutes ruinées depuis longtemps. Existait une autre tour dominant Lavasina, la tour de Castelucciu, mais elle a totalement disparu au milieu du siècle dernier.

Tour d'Erbalunga[modifier | modifier le code]

Tour génoise du XVIe siècle, en grande partie détruite. Elle est située sur une pointe rocheuse à l'entrée sud du petit port d'Erbalunga. Elle est inscrite par arrêté du 24 janvier 1995 Monuments historiques[18].

Tour de Sacro[modifier | modifier le code]
Tour de Sacro

Cette tour implantée à l'extrémité du Cap Sagro sous le sémaphore du même nom, faisait partie du dispositif mis en place dès le XVe siècle par les Génois pour lutter contre les invasions barbaresques. Les tours étaient élevées au frais des pievi ou des communautés. Elle est ruinée. Seule subsiste une partie de sa base, fissurée. De gros éléments de l'étage supérieur jonchent le sol autour de l'édifice.

Maison dite Ferdinandi[modifier | modifier le code]

La maison Ferrandi se situe au village médiéval de Pozzo. Elle est datée de la fin XVe siècle (1487). Elle aurait appartenu à Anton Padovano da Pozzo, ambassadeur auprès du roi de France, puis à la famille Ferdinandi.

Elle est remarquable par son architecture, particulièrement avec sa couverture à toit à double pan en lauzes, qui en fait un exemple rarissime d'architecture civile médiévale corse. Elle est classée Monuments historiques[19].

Ancien jardin botanique de la propriété Valéry[modifier | modifier le code]

L'ancien jardin botanique de la propriété Valéry, détruit, se situe à RD 80 à Erbalunga. Il est la propriété d'une personne privée.

Ce jardin a fait l'objet d'une étude de pré-inventaire au titre des jardins remarquables, en 1996. Il est repris à l'Inventaire général du patrimoine culturel (documentation préalable)[20].

Jardin et parc de la villa Mouthon[modifier | modifier le code]

La villa se situe au lieu-dit « Voltojo ». Ses jardin et parc ont fait l'objet d'une étude de pré-inventaire au titre des jardins remarquables, en 1996 et sont repris à l'Inventaire général du patrimoine culturel (documentation préalable)[21].

Jardin d'agrément du couvent des Bénédictines[modifier | modifier le code]

Ce jardin du XIXe siècle (?) est celui du monastère des Bénédictines d'Erbalunga XIXe siècle au quartier de Cintolinu.

Il a fait l'objet d'une étude de pré-inventaire au titre des jardins remarquables, en 1996. Il est repris à l'Inventaire général du patrimoine culturel (documentation préalable)[22].

Parc de la grotte[modifier | modifier le code]

À l'ouest de Marmoraggia se situe la Grotte de Brando. Elle est fermée en raison de dommages aux stalactites occasionnés par les visiteurs. Elle est dénommée « Glacière de Brando ».

Le parc de la grotte a fait l'objet d'une étude de pré-inventaire au titre des jardins remarquables, en 1996. Il est repris à l'Inventaire général du patrimoine culturel (documentation préalable)[23].

Carrières de cipolin dites carrières de Brando et usines de fabrication de matériaux de construction[modifier | modifier le code]

Ces carrières sont situées aux lieux-dits Petre Scritte, Saint Joseph et Marmoraggia. Elles sont dénommées « carrières de Brando », usine de fabrication de matériaux de construction. Leur exploitation est très ancienne ; elles ont alimenté entre autres, le chantier de la cathédrale de Mariana au début du XIIe siècle. Par ses qualités et ses variétés vert méditerranéen, bleu du Cap et braisé, le cipolin de Brando est toujours exploité en carrières à ciel ouvert.

Elles sont reprises à l'Inventaire général du patrimoine culturel (documentation préalable) après enquête en 2004[24].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Pierre Bach (1906-1971), peintre paysagiste, né à Toul (Meurthe-et-Moselle), s'installe en 1930 à la marine d'Erbalunga.
  • Jean-Baptiste Ferrandini (né à Pozzu di Brandu v.1730). Professeur de rhétorique à l’Université de Corti (1765).
  • Toussaint Ferrandini (Pozzu di Brandu 1742-1818). Général de brigade (1808, Naples).
  • Dominique-César Franceschetti (Brandu 1776 - U Viscuvatu, 1835). Lieutenant général à la Légion corse de Naples. En 1815, lui et son beau-père Ceccaldi, maire de Viscuvatu, recevaient Murat qui, partant d’Ajaccio, devait tenter de reconquérir son royaume de Naples.
  • Vincent de Moro-Giafferi (1878-1956), célèbre avocat, était originaire de Brando ;
  • Giacomo Semidei (abbé -) (Brandu 1698-1736). Docteur en philosophie et théologie. Auteur de Compendio della Storia degli eresiarchi e descrizione del regno di Corsica (1737).
  • Joseph Valery (Brandu v.1826 - Florence 1879). Crée la Compagnie Maritime Valery frères et fils (1840). Comte romain. Président de la Chambre de Commerce de Bastia (1859). Sénateur (1875).
  • La branche paternelle de l'écrivain Paul Valéry est originaire de Brando.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L'arête schisteuse du Cap Corse se poursuit avec le massif du San Petrone et la Castagniccia, pour se terminer, au Sud du Tavignano, avec les Monts d'Antisanti et de Vezzani
  2. De Xavier Poli : « Ptolémée est, sans contredit, le géographe qui, dans l'antiquité, a dressé la liste la plus complète des localités de la Corse ; il n'en est pas moins vrai que l'identification de certaines d'entre elles, n'est possible que par comparaison avec les indications précieuses, données par d'autres auteurs. Strabon, par exemple, place en Corse, quatre villes : Blesinon, Charax, Eniconia et Vapanes. Mûller, en s'appuyant sur Grashofius, croit que l'oppidum Mantinon de Ptolémée n'est autre chose que le Blesinon de Strabon. Nous partageons cette opinion. Strabon, en effet, est antérieur à Ptolémée et puisque, sur nos cartes, nous retrouvons encore la localité, citée par le premier, il nous semble logique d'admettre que le texte du second a été altéré par les copistes. Mantinum, généralement identifié avec Bastia, doit, croyons-nous, disparaître devant Blesinon (La Vasina). »
  3. La fuste est un bateau à double rang de rames
  4. Dans tous ls cas, il existe un lieu de culte dans un rayon de moins de 2 km autour du castrum - Daniel Istria
  5. Durant la seconde moitié du XIIIe siècle, cette petite portion de territoire a été le théâtre de conflits importants qui ont abouti à une modification profonde, mais non durable, de l'occupation du sol. En 1289, les actes d'allégeance à la commune de Gênes font état de trois nouveaux châteaux et d'une distribution du sol bien différente. Montebello et Petrabugno sont, nous l'avons vu, des possessions de Giovanninello de Loreto , tandis que Belgodere est sous le contrôle d'un seigneur de Bagnaia. L'archéologie atteste aussi l'existence d'une quatrième fortification, celle de Lavasina - Daniel Istria
  6. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  7. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.
  8. L'antique et mystérieuse granitula tire son nom d'un coquillage marin en forme de spirale. C'est une figure réalisée lors de la procession qui semble s'enrouler et se dérouler lentement. Elle pourrait être d'origine grecque. Christianisant ce rite, l'Église y plante la Croix laquelle remplacerait le fil d'Ariane de la mythologie grecque dont le but était de guider pour ne pas se perdre
  9. L'albergo Gentile comprenait 27 familles de Gênes et du Cap Corse

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Alerius Tardy in Fascinant Cap Corse Bastia-Toga 1994
  2. Xavier Poli in La Corse dans l'Antiquité et dans le Haut Moyen Âge Librairie Albert Fontemoing Paris 1907
  3. (ISBN 2915410143 et 9782915410143)
  4. Daniel Istria in Pouvoirs et fortifications dans le nord de la Corse : du XIe au XIVe siècle, Éditions Alain Piazzola, Ajaccio 2005
  5. Corse : Éléments pour un dictionnaire des noms propres
  6. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui, « Notice communale Brando », École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) (consulté le 7 avril 2012)
  7. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  8. L. Leschi et J. Pietri, Notre-Dame-des-Neiges de Brando, Bulletin de la Société des sciences naturelles et historiques de la Corse, 496, 1935
  9. « Notice no PA00099166 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  10. « Notice no PM2B000188 », base Palissy, ministère français de la Culture
  11. « Notice no PM2B000187 », base Palissy, ministère français de la Culture
  12. « Notice no PA00099167 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  13. « Notice no PM2B000189 », base Palissy, ministère français de la Culture
  14. Œuvres classées de Brando sur Culture.gouv.fr
  15. « Notice no PM2B000186 », base Palissy, ministère français de la Culture
  16. « Notice no PM2B000562 », base Palissy, ministère français de la Culture
  17. « Notice no PM2B000560 », base Palissy, ministère français de la Culture
  18. « Notice no PA00135319 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  19. « Notice no PA00125390 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  20. « Notice no IA2B001281 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  21. « Notice no IA2B001280 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  22. « Notice no IA2B001278 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  23. « Notice no IA2B001279 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  24. « Notice no IA2B000938 », base Mérimée, ministère français de la Culture

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L. Leschi et J. Pietri, Notre-Dame-des-Neiges de Brando, Bulletin de la Société des sciences naturelles et historiques de la Corse, 496, 1935. p. 149-177.
  • J. Pietri, Maisons anciennes de Corse : Brando, Sisco, Pietracorbara, Cahiers Corsica, 64, 1977.
  • Alerius Tardy, Fascinant Cap Corse, Imprimerie Bastia-Toga 1994

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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