Samothrace

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Samothrace
Σαμοθράκη / Samothráki (el)
Vue générale de l'île
Vue générale de l'île
Géographie
Pays Drapeau de la Grèce Grèce
Localisation Mer de Thrace
Coordonnées 40° 28′ 59″ N 25° 31′ 01″ E / 40.483, 25.517 ()40° 28′ 59″ N 25° 31′ 01″ E / 40.483, 25.517 ()  
Superficie 178 km2
Point culminant Oros Fengari (1 624 m)
Administration
Périphérie Macédoine-Orientale-et-Thrace
Nome Évros
Démographie
Population 2 723 hab. (2001)
Densité 15,3 hab./km2
Autres informations

Géolocalisation sur la carte : Grèce

(Voir situation sur carte : Grèce)
Samothrace
Samothrace

Samothrace (en grec Σαμοθράκη / Samothráki) est une île de la mer Égée, dans la partie de la mer de Thrace, entre Imbros et Thasos à proximité des côtes de la Thrace.

Géographie[modifier | modifier le code]

Son sommet culmine à 1 500 mètres.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'île est peuplée dès l'Antiquité et abrite le sanctuaire des Grands Dieux, un culte à mystères, sans doute d'origine préhellénique ou phénicienne, qui fait de l'île, aux yeux des Grecs, un lieu sacré. Sa position avancée vers la Thrace et l'Hellespont en fait un lieu de syncrétisme religieux. Dardanos, le fondateur mythique de la ville de Troie en est originaire selon la mythologie grecque (selon Homère, Poséidon, du sommet du mont Saos, aurait suivi le combat des Grecs et des Troyens). De plus elle est peuplée successivement par des Pélasges[1], des Cariens puis des Thraces. Elle reçoit une colonie d'habitants de Samos à la fin du VIIIe siècle et prend alors le nom de Samos de Thrace qui devient Samothrace.

Elle est soumise avec ses habitants en 508 av. J.-C. par les Perses, puis entre dans la confédération de Délos mise en place par Athènes. Conquise par Philippe II pour la Macédoine elle reste sujette à ce royaume jusqu'à la conquête romaine. Elle connaît alors une phase d'indépendance entre 168 av. J.-C. et 70 ap. J.-C. jusqu'à son annexion par Vespasien. Samothrace a été un lieu de refuge pour la reine Arsinoé II, vers -280, et pour le roi Persée de Macédoine après sa défaite à Pydna (-168).

La christianisation de l'Empire romain d'orient place l'île de Samothrace dans la civilisation byzantine jusqu'en 1204, lorsqu'elle est conquise par les Vénitiens. En 1355 elle passe à une famille génoise (les Gattilusi) avant de tomber sous le joug turc en 1457 pour près de cinq siècles. Elle participe au soulèvement grec de 1821 mais la population est presque entièrement exterminée ou déportée (en Anatolie) par la répression turque, et l'île n'obtient son rattachement à la Grèce qu'en 1912.

À l'heure actuelle, l'île qui appartient au nome d'Évros et est peuplée par moins de 3 000 habitants.

Transports[modifier | modifier le code]

Samothrace ne possède pas d'aéroport. Une liaison maritime en principe quotidienne est assurée toute l'année avec Alexandroúpoli (environ 2h de traversée, 40 km). En saison s'ajoutaient jusqu'à récemment une liaison par hydroglisseur, ainsi que des liaisons par ferry avec Kavála (4h, 100 km), et les îles de Límnos (3h, 60 km) et Lesbos, mais celles-ci ne semblent désormais plus assurées.

Il n'est pas possible d'effectuer le tour de l'île en voiture : la route nord aboutit au Cap Kipos (point le plus oriental), la route sud à la plage de Pahia Ammos.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Samothrace est encore à peu près épargnée par le tourisme de masse, en raison de sa situation périphérique, de sa relative difficulté d’accès et de son petit nombre de belles plages (Pahia Ammos, Vatos, Niki, Kipos). Elle intéresse plutôt les amateurs d’histoire, voire de mysticisme (le sanctuaire des Grands Dieux), les randonneurs et ceux qui aiment les points de vue spectaculaires (le mont Fengari). Elle est malgré tout assez connue des touristes allemands.

Samothrace présente l’avantage de disposer de sources et de cours d’eau alimentés toute l’année, dans lesquels il est possible de se baigner (Fonias), et d’une végétation agréable. Elle compte une petite station thermale, Loutra (Therma), prisée depuis l’époque romaine. Si le petit port de Kamariotissa, quoique reposant, est assez quelconque, Hora, le chef-lieu de l’île, situé à l’intérieur des terres et construit en amphithéâtre à flanc de montagne, est très pittoresque. On rencontre sur l’île quelques vestiges historiques (tours génoises).

Samothrace accueille un festival annuel de musiques du monde, qui dure trois jours.

Photos[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hérodote dit que « les Pélasges, voisins plus tard des Athéniens, habitaient primitivement Samothrace, et les Samothraciens leur doivent leurs mystères » (Hérodote, L'Enquête, II, 51, Gallimard - La Pléiade, 2002, trad. A. Barguet)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Mourre, Dictionnaire Encyclopédique d'Histoire, article « Samothrace », Bordas, 1996.
  • Marcel Dunan, Histoire Universelle, Larousse, 1960.
  • Íon Dragoúmis, Samothrace, (1909), traduit du grec et annoté par Marc Terrades, « Études grecques », L'Harmattan, 2003. (ISBN 2-7475-5024-9)
  • Louis Lacroix, Iles de la Grèce, chapitre « Samothrace », Firmin-Didot, 1853 (réédité).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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