Samothrace

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Samothrace
Σαμοθράκη / Samothráki (el)
Vue générale de l'île
Vue générale de l'île
Géographie
Pays Drapeau de la Grèce Grèce
Localisation Mer de Thrace
Coordonnées 40° 28′ 59″ N 25° 31′ 01″ E / 40.483, 25.51740° 28′ 59″ N 25° 31′ 01″ E / 40.483, 25.517  
Superficie 178 km2
Point culminant Oros Fengari ("montagne de la Lune") (16II m)
Administration
Périphérie Macédoine-Orientale-et-Thrace
Nome Évros
Démographie
Population 2 859 hab. (2011)
Densité 16,06 hab./km2
Autres informations

Géolocalisation sur la carte : Grèce

(Voir situation sur carte : Grèce)
Samothrace
Samothrace

Samothrace (en grec Σαμοθράκη / Samothráki) est une île grecque de la mer Égée, dans la partie de la mer de Thrace, entre Imbros et Thasos à proximité des côtes de la Thrace.

Géographie[modifier | modifier le code]

La surface de l’île est de 178 km2 et sa côte mesure environ 60 km, rocheuse en général. Son sommet culmine à 1 611 mètres, d’où précipitations suffisantes pour ne pas manquer d’eau : l’île dispose de sources et de cours d’eau alimentés toute l’année, dans lesquels il est possible de se baigner (Fonias), et d’un couvert végétal très vert et agréable, favorisé par un climat relativement tempéré (climat méditerranéen à tendance balkanique). Samothrace est couverte de chênes, pins, châtaigniers, arbres de Judée, platanes d'Orient, plantes du maquis. Dans l'histoire, le bois fut une des principales ressources de l'île, les forêts étant rares en Grèce. À l'heure actuelle, l'île qui appartient au nome d'Évros, est peuplée par moins de 3 000 habitants.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'île est peuplée dès la Préhistoire. Dans l'Antiquité elle abrite le sanctuaire des Grands Dieux, un culte à mystères, probablement d'origine préhellénique ou phénicienne, qui fait de l'île, aux yeux des Grecs, un lieu sacré. Sa position avancée vers la Thrace et l'Hellespont en fait aussi le creuset d'un syncrétisme religieux. Selon la mythologie grecque, Dardanos, le fondateur mythique de la ville de Troie en est originaire (selon Homère, Poséidon, du sommet du mont Saos, aurait suivi le combat des Grecs et des Troyens). Hérodote dit que « les Pélasges, voisins plus tard des Athéniens, habitaient primitivement Samothrace, et les insulaires leur doivent leurs mystères » [1]. Des Cariens puis des Thraces sont aussi mentionnés sur l'île, et eux aussi pratiquaient des cultes à mystères (dont l'Orphisme). Elle reçoit une colonie d'habitants de Samos à la fin du VIIIe siècle et prend alors le nom de Samos de Thrace qui devient Samothrace.

En 508 av. J.-C. l'île doit payer tribut aux Perses, mais après les guerres médiques, elle entre dans la confédération de Délos mise en place par Athènes. Conquise par Philippe II pour la Macédoine elle reste sujette de ce royaume jusqu'à la conquête romaine. Elle connaît alors une phase d'indépendance entre 168 av. J.-C. et 70 ap. J.-C. jusqu'à son annexion par Vespasien. Samothrace a été un lieu de refuge pour la reine Arsinoé II, vers -280, et pour le roi Persée de Macédoine après sa défaite à Pydna (-168).

La christianisation de l'Empire romain d'Orient place l'île de Samothrace dans la civilisation byzantine jusqu'en 1204, lorsqu'elle est conquise par la quatrième croisade. En 1355 elle passe à une famille génoise (les Gattilusi) avant de tomber sous le joug turc en 1457 pour près de cinq siècles. Elle participe au soulèvement grec de 1821 mais la population est presque entièrement exterminée ou déportée (en Anatolie) par la répression turque, et l'île n'obtient son rattachement à la Grèce qu'en 1912.

L'île se repeuple surtout à partir de 1923 suite aux échanges de population obligatoires du traité de Lausanne : les Samothraciens actuels descendent en grande partie de Micrasiates (Grecs d'Asie mineure). La période de dépeuplement n'est pas étrangère à l'abondance du couvert végétal et à la sauvagerie de l'environnement sur l'île.

Pendant l'Occupation, Samothrace est envahie en 1941 par la Wehrmacht et la Kriegsmarine allemandes, qui surveillent d'ici le trafic des détroits menant vers la mer Noire. Fin 1944, la résistance grecque libère l'île au terme de durs combats. En revanche, l'île n'est pas touchée par la guerre civile grecque.

Le tourisme commence à se développer à partir des années 1970.

Transports[modifier | modifier le code]

Faute de surface plate suffisante, Samothrace ne possède pas d'aéroport. Une liaison maritime, quotidienne l'été, tri- ou bi-hebdomadaire hors-saison, est assurée avec Alexandroúpoli (environ 2h de traversée, 40 km). En saison s'ajoutaient jusqu'à récemment une liaison par hydroglisseur, ainsi que des liaisons par ferry avec Kavála (4h, 100 km), et les îles de Límnos (3h, 60 km) et Lesbos, mais celles-ci ne sont plus assurées depuis le grand krach économique du début du XXIe siècle.

En raison de la géographie des côtes il n'est pas possible d'effectuer le tour de l'île en voiture : la route nord aboutit au Cap Kipos (point le plus oriental), la route sud à la plage de Pahia Ammos.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Samothrace est encore à peu près épargnée par le tourisme de masse, en raison de sa situation périphérique, de sa relative difficulté d’accès et de son petit nombre de plages (Pahia Ammos, Vatos, Niki, Kipos). Elle intéresse plutôt les amateurs d’histoire, voire de mysticisme (le sanctuaire des Grands Dieux), les randonneurs et ceux qui aiment les points de vue spectaculaires (le mont Fengari). Elle est surtout connue des touristes allemands.

Samothrace compte une petite station thermale, Loutra (Therma), prisée depuis l’époque romaine, où l'on peut se baigner individuellement ou dans la piscine collective. Si le petit port de Kamariotissa, quoique reposant, est assez quelconque, Hora, le chef-lieu de l’île, situé à l’intérieur des terres et construit en amphithéâtre à flanc de montagne, est très pittoresque. On rencontre sur l’île quelques vestiges historiques (anciennes chapelles ruinées, tours génoises).

Samothrace accueille un festival annuel de musiques du monde, qui dure trois jours.

Photos[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hérodote, L'Enquête, II, 51, Gallimard - La Pléiade, 2002, trad. A. Barguet.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Mourre, Dictionnaire Encyclopédique d'Histoire, article « Samothrace », Bordas, 1996.
  • Marcel Dunan, Histoire Universelle, Larousse, 1960.
  • Íon Dragoúmis, Samothrace, (1909), traduit du grec et annoté par Marc Terrades, « Études grecques », L'Harmattan, 2003. (ISBN 2-7475-5024-9)
  • Louis Lacroix, Iles de la Grèce, chapitre « Samothrace », Firmin-Didot, 1853 (réédité).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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