Jean-Marie Apostolidès

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Jean-Marie Apostolidès, né le 27 novembre 1943 à Saint-Bonnet-Tronçais, France, est romancier, essayiste, auteur dramatique, metteur en scène et professeur d'université.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean-Marie Apostolidès est né en 1943 à Saint-Bonnet, dans la forêt de Tronçais, et a grandi à Troyes, dans la France provinciale, catholique et bourgeoise des années 1950-1960 qu'il décrit dans L'Audience. Ce récit autobiographique s'articule autour de sa rencontre avec le pape Pie XII, « épisode mineur » à la suite duquel il délaissera la religion pour se consacrer au théâtre.

Apostolidès fait une maitrise de psychologie à Nanterre puis vient s'installer au Canada en 1968, à Toronto d'abord, puis à Montréal, où il enseigne la psychologie. De retour en France en 1972, il entreprend un doctorat sous la direction de Jean Duvignaud, fonde une société de production et réalise des courts métrages avec Bertrand Renaudineau, et enseigne la sociologie à l'université de Tours. Il soutient sa thèse et reçoit son doctorat d'état en 1977.

Depuis 1979, il enseigne aux États-Unis, à l'université de Stanford de 1979 à 1981, à Harvard de 1981 à 1987, puis de nouveau à Stanford, où il est professeur de littérature et de théâtre.

Œuvre[modifier | modifier le code]

L'œuvre de Jean-Marie Apostolidès s'articule autour du théâtre et de l'histoire sociale. Ses deux premiers ouvrages ont trait au spectacle sous le règne de Louis XIV:Le Roi-machine ; Le Prince sacrifié. Il a publié un essai sur le Cyrano de Rostand, Cyrano. Qui fut tout et qui ne fut rien. Il est auteur de pièces de théâtre, dont Bobby Boom (1972), La Nauf des fous (1980 et 1988) et Il faut construire l'hacienda (2006).

Il est aujourd'hui un spécialiste reconnu de Tintin, ayant publié en 1984 Les Métamorphoses de Tintin, puis L'Archipel Tintin en collaboration avec Benoit Peeters. Dans son dernier ouvrage intitulé, Dans la peau de Tintin (2010), il étudie de plus près la psychologie de l'auteur, approfondissant les perspectives ouvertes dans ses précédents ouvrages (Les Métamorphoses de Tintin ; Tintin et le mythe du surenfant).

Intéressé par les mouvements d'avant-garde et par les personnages qui leur ont donné forme, entre autres l'Internationale situationniste et l'Internationale lettriste, Apostolidès a publié un essai, Les Tombeaux de Guy Debord et une pièce de théâtre, Il faut construire l'hacienda, et plusieurs études et éditions en collaboration avec Boris Donné: une biographie d'Ivan Chtcheglov', Ivan Chtcheglov, profil perdu, puis trois livres de Patrick Straram, Les bouteilles se couchent, La veuve blanche et noire un peu détournée, Lettre à Guy Debord et enfin les 'Écrits retrouvés d'Ivan Chtcheglov.

Il est aussi traducteur des manifestes de l'activiste et penseur anti-industriel Unabomber, Le Manifeste de 1971 et L'avenir de la société industrielle (1996 et 2009) et d'un essai sur L'Affaire Unabomber (1996).

Trois publications plus isolées sont pourtant particulièrement importantes aux yeux de l'auteur. Tout d'abord L'Audience, un récit familial, édité en 2001 et augmenté en 2008. C'est certainement son texte le plus personnel. Il livre là ses souffrances et ses incompréhensions, ses espoirs et ses amours. Ensuite, il y a Cyrano. Qui fut tout et qui ne fut rien, essai sur le Cyrano de Bergerac d'Edmond Rostand, dans lequel il a voulu "découvrir le ressort caché de cette pièce, la raison pour laquelle elle fascinait tant de monde cent ans après sa création, [lui] y compris. […]. [il pressentait] que le secret de cette œuvre était associé à la figure paternelle, et qu'en [lui] offrant jadis ce livre, c'était également son propre secret que [son] père [lui] avait confié". Enfin, Héroïsme et victimisation se veut, comme le précise le sous-titre, une "histoire de la sensibilité" en Occident. L'auteur y livre notamment, mais pas seulement, une analyse des événements de mai 68 et de ses répercussions, bonnes et mauvaises, sur la société française à l'aube du XXIe siècle. Ce livre ressort en 2011.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

  • L'audience (Exils, 2001), édition revue et complétée: Les Impressions Nouvelles, 2008.
  • Konoshiko, illustrations de Luc Giard (Les Impressions Nouvelles, 2012)

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • La Nauf des fous (Albin Michel, 1982)
  • Il faut construire l'hacienda (Les Impressions nouvelles, 2006).
  • Trois solitudes (L'Harmattan, 2012).

Essais[modifier | modifier le code]

  • Le Roi-machine. Spectacle et politique au temps de Louis XIV (Minuit, 1981)
  • Les Métamorphoses de Tintin (Seghers, 1984 ; Exils, 2003 ; Flammarion, 2006)
  • Le Prince sacrifié. Théâtre et politique au temps de Louis XIV (Minuit, 1985)
  • L'Affaire Unabomber (Le Rocher, 1996)
  • Les Tombeaux de Guy Debord, précédé de "Guy-Ernest en jeune libertin" (Exils, 1999 ; Flammarion, 2006)
  • Héroïsme et victimisation. Une histoire de la sensibilité (Exils, 2003) (ISBN 2-912969-39-5) Éditions du Cerf, 2011 (ISBN 978-2-204-09469-6)
  • Tintin et le mythe du surenfant (Moulinsart, 2003)
  • Cyrano. Qui fut tout et qui ne fut rien (Les Impressions nouvelles, 2006).
  • Dans la peau de Tintin (Les Impressions nouvelles, 2010)
  • Lettre à Hergé (Les Impressions nouvelles, 2013)

Ouvrages collectifs[modifier | modifier le code]

  • L'Archipel Tintin, avec Albert Algoud, Benoît Peeters, Pierre Sterckx et Dominique Cerbelaud (Les Impressions nouvelles, 2004)
  • Ivan Chtcheglov, profil perdu, avec Boris Donné (Allia, 2006)
  • Écrits retrouvés, sur Ivan Chtcheglov, avec Boris Donné (Allia, 2006)
  • Lettre à Guy Debord : Précédée d'une Lettre à Ivan Chtcheglov avec Patrick Straram (Allia, 2006)
  • La veuve blanche et noire un peu détournée, de Patrick Straram, avec Boris Donné (Sens & Tonka, 2006)
  • Little Nemo, 1905-2005, un siècle de rêves, de Apostolidès, Baetens, Ciment, Fresnault-Deruelle, Groensteen, Maresca, Peeters, Samson, Smolderen, Sterckx, Tisseron et Van Lier.
  • Les bouteilles se couchent, de Patrick Straram, avec Boris Donné (Allia, 2006)
  • Konoshiko, avec Luc Giard (Les Impressions nouvelles, 2012)
  • Le Père Noël ne meurt jamais, avec Jean-Basile Boutak (Éditions de Londres, 2013)

Traduction[modifier | modifier le code]

  • Manifeste : L'avenir de la société industrielle, préfacé par Annie Le Brun (Le Rocher, 1996)

Liens externes[modifier | modifier le code]