San Theodoros

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République de San Theodoros
Pays de la série Les Aventures de Tintin
Drapeau du San Theodoros
Drapeau du San Theodoros

Localisation Amérique du Sud
Régime politique République
Capitale Las Dopicos, puis Tapiocapolis puis Alcazaropolis
Habitants principaux Ramon Alcazar
Langue officielle Espagnol

Créé par Hergé
Première apparition L'Oreille cassée (1937)
Autres apparitions Les Aventures de Tintin (série animée),
Tintin et les Picaros
Éditeur Casterman
© Moulinsart

Le San Theodoros est une république imaginaire créée par Hergé pour l'univers des aventures de Tintin.

Situé en Amérique du Sud, le San Theodoros est en grande partie recouvert par la forêt vierge et il est traversé par le fleuve Badurayal.

Histoire[modifier | modifier le code]

C'est dans cette région que l'on retrouve les indiens Arumbayas et Bibaros. La brillante civilisation « paztèque » s'y développa durant l'ère précolombienne, laissant de nombreux vestiges dont la pyramide de Trenxcoatl. C'est au XIXe siècle que le pays fut libéré par le général Olivaro (1805-1899). La capitale, d'abord nommée Las Dopicos, changera de nom pour Tapiocapolis puis Alcazaropolis. C'est un pays très pauvre où beaucoup de gens vivent dans des bidonvilles.

Allusions socio-politiques et géo-politiques[modifier | modifier le code]

Hergé a dépeint le San Theodoros, pays fictif, à l'aide de clichés (de façon plus marquée dans l'Oreille cassée) et d'allusions à la situation socio-politique de l'Amérique latine (de façon plus marquée dans Tintin et les Picaros). Ainsi l'armée théodorienne suit le cliché de l'« armée mexicaine » : plus de colonels que de caporaux, tandis que le nom du libérateur du San Theodoros, le général Olivaro, est une allusion à Simón Bolívar, « libérateur » d'une partie de l'Amérique du Sud. Le centre-ville de Tapiocapolis qui sert de façade au pays, et qui cache la misère de la population rappelle le Brésil des années 1970 et sa capitale Brasilia améliorée par l'architecture d'Oscar Niemeyer.

Dans Tintin et les Picaros, le contexte politique du San Theodoros est clairement inspiré de la Guerre froide.

La direction du pays alterne au gré des coups d'État : le général Tapioca, converti en surface à la pensée de Plekszy-Gladz, est soutenu par la Bordurie (qui elle-même est une parodie des dictatures fascistes ou communistes selon les albums). Le général Alcazar, lui, serait soutenu en sous-main par l'International Banana Company, faisant allusion à l'United Fruit Company, entreprise américaine, alors que ses guérilleros ont des allures cubaines.

Le régime politique[modifier | modifier le code]

Lorsque Tintin arrive au San Theodoros (L'Oreille cassée), le général Tapioca en est le président. Craignant la révolution, il place des soldats dans toutes les rues. Le général Alcazar prend alors la tête de la révolution suite à un coup d'État raté, ce qui lui permet de prendre le pouvoir pour de bon. Le général Tapioca prend la fuite avec le colonel Fernandez.

Contre l'avis de son nouvel aide de camp Tintin, le général Alcazar déclare la guerre au Nuevo Rico ; le but est d'annexer le territoire du Gran Chapo pour le compte de la General American Oil (rappelant la Guerre du Chaco qui opposa entre 1932 et 1935 la Bolivie soutenue par la Standard Oil au Paraguay, soutenu par Shell). Sur fausse dénonciation de la General American Oil qui voit d'un mauvais œil l'influence de cet idéaliste auprès du dictateur, le général Alcazar condamne par la suite le colonel Tintin à être fusillé pour trahison.

Quelque temps après, une nouvelle révolution éclate dans le pays, ramenant Tapioca au pouvoir. Le général Alcazar s’expatrie alors en Belgique et devient lanceur de poignards (Les Sept Boules de cristal). Il est alors réconcilié avec Tintin. Les jours passent et le général retourne finalement dans son pays. Mais par la suite, il s'en retourne une deuxième fois en Belgique pour acheter des avions à un trafiquant dans le but de mener une révolution (Coke en stock). Il renverse le général Tapioca dans le même mois et prend le pouvoir au San Theodoros.

Quelque temps plus tard, le général Tapioca renverse, une nouvelle fois, le général Alcazar avec l’aide, cette fois, de la Bordurie dirigée par le général Plekszy-Gladz, et donne alors son nom à la capitale : Tapiocapolis. Alcazar organise alors une nouvelle révolution avec l’aide de ses Picaros (ses partisans réfugiés dans la dense forêt) et de l’International Banana Company (Tintin et les Picaros). C’est le 22 février, le jour du carnaval, que la révolution éclate et remporte un franc succès. Le général Tapioca, pour la première fois capturé par son ennemi de toujours, est alors condamné à l’exil, sur demande expresse de Tintin qui est opposé à son exécution. Alcazar renommera la capitale en Alcazaropolis.

Attitude des militaires[modifier | modifier le code]

Dans L'Oreille Cassée, lorsqu'un militaire survient lors de l'exécution de Tintin et annonce le coup d'État du général Alcazar face au général Tapioca, le peloton d'exécution s'exclame « À mort le Tyran » à propos de Tapioca et Tintin est immédiatement gracié. Mais lorsqu'un second militaire surgit dans la minute pour cette fois annoncer le renversement d'Alcazar, au peloton de crier « À mort le Tyran » en parlant d'Alcazar et Tintin est de nouveau condamné à mort.

De la même manière, dans Tintin et les Picaros, à l'annonce du coup d'état, les anciens soldats de Tapioca sont enthousiastes à l'idée de fusiller un chef d'État déchu.

Ce gag souligne l'attachement de Hergé à démontrer que les révolutions qu'il évoque ainsi ne sont que brouillons idéologiques au sein du peuple, et que la bonne idéologie est celle du vainqueur. C'est ainsi la révolution d'une élite militaire et non du peuple. Hergé fait ici peut-être référence [réf. nécessaire]à la révolution soviétique car, comme Tintin au pays des Soviets l'avait montré, il fit preuve pendant l'avant guerre d'un anticommunisme farouche.

Personnalité des dictateurs[modifier | modifier le code]

Au début de l'album Tintin et les Picaros, Tintin mentionne le fait que Tapioca est un horrible tyran, au point d'avoir renommé la capitale à son nom. Toutefois Alcazar fait ensuite de même au lieu de rétablir l'ancien nom.

Humainement, Alcazar est plutôt sympathique — il risque sa vie pour venir secourir Tintin alors qu'il est l'homme le plus recherché du pays. Malgré cela, Haddock souhaite rester neutre dans les affaires politiques, et Tintin répond qu'ils soutiennent Alcazar uniquement pour sauver les Dupondt et la Castafiore. Ces amis de Tintin étaient d'ailleurs menacés uniquement à cause de la rancune du conseiller bordure de Tapioca envers Tintin.

De plus, rien ne change vraiment pour les habitants du pays : le parallèle entre la première et la dernière case de l'album Tintin et les Picaros en est un témoignage flagrant. Dans la dernière case, les nouveaux vêtements des policiers, qui maintenant portent la barbe, est une claire allusion à Cuba et donc à l'exportation de sa révolution à d'autres pays d'Amérique latine, comme le Nicaragua. Le message de l'auteur est sans doute que le régime politique change, mais pas la vie et la misère et que les dictateurs sont cyniques et n'ont aucun attachement idéologique.

Personnages principaux[modifier | modifier le code]

Membres notables du gouvernement et de l’armée[modifier | modifier le code]

Cabinet Tapioca[modifier | modifier le code]

  • Colonel Jimenez : colonel de l’armée régulière (Tapioca)
  • Colonel Fernandez : colonel en fuite (Tapioca)
  • Colonel Alvarez : colonel aide de camp du général Tapioca (Tapioca)
  • Colonel Esponja : colonel, conseiller technique au ministère de l'Intérieur (Tapioca). C'est en fait le colonel bordure Sponsz.

Administration Alcazar[modifier | modifier le code]

  • Colonel puis caporal Diaz : colonel aide de camp du général Alcazar puis caporal (renégat) de l’armée (Alcazar)
  • Colonel Tintin : colonel aide de camp du général Alcazar, successeur du colonel Diaz (Alcazar)
  • Colonel Juanitos : colonel de l’armée (Alcazar)
  • Ramon Bada : soldat de l’armée puis déserteur (Alcazar)
  • Alonzo Perez : soldat de l’armée puis déserteur (Alcazar)

Tribus[modifier | modifier le code]

Alors que le San Theodoros abritait initialement la tribu paztèque, on y trouve aujourd'hui deux tribus principales.

  • Les Arumbayas ont comme chef Kaloma. Ils avaient à l’origine un fétiche cachant un diamant qui a été dérobé lors d’une expédition. Ridgewell, un explorateur anglais, s’est intégré à cette tribu. Ils aiment beaucoup le whisky Loch Lomond et la nourriture épicée. Ils ont comme armes des sarbacanes avec des fléchettes empoisonnées au curare.
  • Les Bibaros portent tous des toges bleues, sont très croyants, pratiquent le rétrécissement de la tête de la personne qu’ils ont capturée, ont comme armes des massues en bois et sont les ennemis des Arumbayas.

Faune et flore[modifier | modifier le code]

  • Flore : il y a beaucoup de bananiers, des palmiers et des arbres en tous genres dans la forêt. On extrait du curare de certaines plantes. Les nénuphars sont nombreux dans les étangs.
  • Faune : les piranhas sont extrêmement nombreux dans les lacs et fleuves de même que les caïmans ainsi que les anacondas qui mangent ces derniers. Dans les lacs, on trouve aussi des gymnotes, des sortes de poissons électriques. La forêt est aussi peuplée de singes.

Caractéristiques socio-culturelles[modifier | modifier le code]

Tradition[modifier | modifier le code]

Tous les ans, en février, le carnaval du San Theodoros a lieu. Des personnes venues de tous les pays du monde y participent. On peut d'ailleurs y voir quelqu'un déguisé en Asterix dans Tintin et les Picaros.

Gastronomie[modifier | modifier le code]

Le whisky Loch Lomond est très apprécié par les tribus et par la population ce qui nécessite des importations. Une eau-de-vie du pays, l'aguardiente, est également très prisée. On peut en déduire l'appétence des San Théodoriens pour l'alcool.

La nourriture épicée semble être à la base de l'alimentation san théodorienne.

Économie[modifier | modifier le code]

La banque centrale du pays a pour nom Banco de la Nación et la compagnie aérienne nationale s'appelle Santaero.

Voir aussi[modifier | modifier le code]