Tintin en Amérique

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Tintin en Amérique
3e album de la série Les Aventures de Tintin
Haut de couverture de l'album Tintin en Amérique
Haut de couverture de l'album Tintin en Amérique

Auteur Hergé

Personnages principaux Tintin
Milou
Lieu de l’action Drapeau des États-Unis États-Unis

Éditeur Casterman
Première publication 1932 (noir et blanc)
1946 (couleur)
Nb. de pages 123 (noir et blanc)
62 (couleur)

Prépublication Le Petit Vingtième
Albums de la série Les Aventures de Tintin
Précédent Tintin au Congo Les Cigares du pharaon Suivant

Tintin en Amérique (initialement Les aventures de Tintin, reporter du « Petit Vingtième », en Amérique) est le troisième album de bande dessinée des aventures de Tintin, prépublié en noir et blanc du 3 septembre 1931 au 20 octobre 1932 dans les pages du Petit Vingtième, supplément du journal Le Vingtième Siècle. La version couleur et actuelle de l'album est parue en 1946.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Al Capone
Les éléments de l'intrigue décrits ci-dessous concernent l'édition en couleur de Tintin en Amérique.

La trame de l’histoire se déroule aux États-Unis à Chicago, pendant la Prohibition, où le reporter Tintin et son chien Milou luttent contre les gangsters de la ville.

Après avoir démantelé un trafic de diamants organisé par Al Capone dans l'album Tintin au Congo, Tintin arrive à Chicago. Son arrivée est attendue de pied ferme par les gangsters, qui l'enlèvent dès sa descente du train[1]. Il s'évade néanmoins puis perd la piste des bandits dans un accident de voiture[2]. À sa sortie d'hôpital, Al Capone le kidnappe à son tour mais Milou intervient et Tintin peut capturer toute la troupe[3]. Malgré cet exploit, la police ne le croit pas et Al Capone s'échappe[4]. Un chef rival, Bobby Smiles, décide alors de recruter Tintin pour qu'il élimine Al Capone[5]. Devant son refus, Smiles tente de le tuer à deux reprises, sans succès[6], et est ensuite forcé de s'enfuir après l'arrestation de sa bande[7].

Tintin décide de poursuivre le criminel, ce qui l'amène chez les Peaux-Rouges que Bobby Smiles monte contre lui[8]. Capturé, Tintin se joue d'eux et s'échappe[9], mais se retrouve coincé dans une grotte[10]. Il s'en sort en faisant exploser le rocher qui le retient prisonnier, découvrant du même coup un gisement de pétrole[11]. Sur sa route, il est confondu avec un voleur et évite de peu la pendaison[12]. Il retrouve fortuitement Bobby Smiles qui le laisse pour mort[13], mais c'est bien Tintin qui l'arrête enfin dans une cabane en montagne[14].

De retour à Chicago, il affronte un gangster spécialisé dans les kidnappings[15] qui réussit à enlever Milou[16]. Tintin arrête sa bande, puis réchappe miraculeusement d'un projet d'assassinat dans une usine de conserves comploté par leur chef[17]. La capture de celui-ci unifie tous les bandits de la ville[18], ce qui n'empêche pas Tintin de leur mettre la main dessus. Son voyage aux États-Unis se clôt par un défilé triomphal[19].

Histoire[modifier | modifier le code]

Contexte d'écriture[modifier | modifier le code]

Depuis 1925, Georges Remi — qui signe son travail sous le pseudonyme Hergé — est employé au Vingtième Siècle[20]. Ce journal de Bruxelles est résolument catholique et conservateur, et surtout proche d'une idéologie fasciste qu'incarne Benito Mussolini en Italie, tenu en haute estime par le rédacteur en chef l'abbé Norbert Wallez[21]. Le quotidien se définit d'ailleurs comme un « journal catholique de doctrine et d’information »[22]. Depuis la fin de l'année 1928, Hergé dirige un supplément pour la jeunesse, Le Petit Vingtième, qui est intégré au Vingtième Siècle[23]. Outre ses travaux quotidiens et ses réalisations publicitaires[réf. nécessaire], il y publie la série humoristique Quick et Flupke à partir de janvier 1930[24] et surtout les débuts des futures Aventures de Tintin avec les récits Tintin au pays des Soviets de janvier 1929[25] à mai 1930[26] et Tintin au Congo de juin 1930[27] à juin 1931[28]. Le succès est largement au rendez-vous. Il rencontre également en mai 1931 Alain Saint-Ogan, l'un de ses modèles déclarés, et reçoit ses encouragements à persévérer dans le métier de la bande dessinée[29].

Afin de réduire la charge de travail qui s'accumule, il est accompagné par Eugène Van Nyverseel et Paul Jamin, deux assistants embauchés par son rédacteur en chef Norbert Wallez respectivement en 1930 et 1931[30]. Il travaille également avec Germaine Kieckens, la secrétaire de Wallez, dont il est amoureux[31]. En 1930, pendant la publication de Tintin au Congo, il multiplie les approches, en vain, car elle préfèrerait un mari plus âgé[31]. Devant sa persévérance et vu le soutien de l'abbé pour leur union[32], Germaine se décide en mai 1931 à l'épouser[33]. Leurs fiançailles se déroulent le 21 février 1932[32] avant leur mariage le 20 juillet 1932[34]. Pendant et après cette période, Hergé couche souvent Germaine et leur vie quotidienne sur le papier, au crayon ou au pinceau. Ces croquis montrent l'émergence du futur style de dessin de l'auteur, la célèbre « ligne claire »[35].

Pour Les Aventures de Tintin, reporter à Chicago, Hergé rassemble une plus large documentation que pour les deux précédentes aventures[36]. Les informations sur le mode de vie, les mœurs et la culture des Indiens sont issues du livre Mœurs et histoire des Indiens Peaux-Rouges de René Thévenin et Paul Coze, paru en 1928[36]. Le numéro d'octobre 1930 du Crapouillot, et en particulier l'article de Claude Blanchard « L'Amérique et les Américains », lui fournit divers éléments comme le gigantisme des gratte-ciels, le grand banditisme à Chicago ou l'automatisation des usines[36],[37]. L'ouvrage de Georges Duhamel publié en 1930 Scènes de la vie future l'influence aussi beaucoup, tant la critique des États-Unis y est rude : Duhamel est horrifié par la société de consommation, dénuée pour lui d'âme et d'attraits, où l'argent, le gain de temps, la production de masse et la publicité paraissent devenus les fondements de la civilisation américaine[38]. La narration dans cette troisième aventure de Tintin s'en ressentira[38].

Autres versions de l’album[modifier | modifier le code]

En 1945 démarra la mise en couleurs, l'album se trouva alors remanié de manière importante. Dans la nouvelle version parue en 1946, beaucoup d’améliorations au niveau de la narration des images furent apportées pour rendre la lecture plus fluide et plus compréhensible[39]. Lors de la publication de l'album aux États-Unis (vers 1973), Hergé fut contraint par les éditeurs de supprimer toute mixité raciale[40]. C'est cette version qui est actuellement disponible sur le marché.

Personnages[modifier | modifier le code]

Un chef indien
  • Tintin
  • Milou
  • Al Capone : Apparaît à la page 1. C’est le chef des bandits de Chicago. Il veut la mort de Tintin. Le seul personnage réel qui apparaît dans les Aventures de Tintin[41].
  • Piétro : Apparaît à la page 12. Il travaille pour Al Capone.
  • Bobby Smiles: Apparaît à la page 12. Gangster qui veut se débarrasser d’Al Capone et de Tintin.
  • Un certain nombre d’autres gangsters non nommés.
  • Puissant Sachem, la Taupe-au-regard-perçant : Apparaît à la page 19. C’est le chef des Peaux-Rouges. Bobby Smiles le monte contre Tintin.
  • les Amérindiens
  • Mike Mac Adam : Apparaît à la page 45. Il est détective privé. Il tente, sans succès, de retrouver Milou.
  • Tom Hawake : Apparaît à la page 53. Il est le responsable des usines Slift et doit tuer Tintin.
  • Maxi: Apparaît à la page 50. Il est responsable de la bande qui a kidnappé Milou.
  • Hippolyte Bolivar : Apparaît à la page 60. Il est champion d’haltérophilie (en bois).

Autour de l’album[modifier | modifier le code]

La couverture à l'encre de Chine et gouachée de Tintin en Amérique, qu’Hergé avait réalisée en 1932, a été adjugée à 780 000 euros (frais compris) par la maison de vente Artcurial le 29 mars 2008. Cette vente constitue un record mondial pour une œuvre originale de bande dessinée[42]. Le 2 juin 2012, la couverture atteint un nouveau record à plus d'1,3 million d'euros[43].

Adaptations[modifier | modifier le code]

Version animée[modifier | modifier le code]

Cet album fut adapté dans la série animée de 1992. La durée de l’épisode est la moitié de celle des autres, et l’histoire est très raccourcie ; les Indiens par exemple n’apparaissant pas. De plus dans le dessin animé, les gangsters sont plus organisés car ils travaillent tous pour Al Capone. À partir de l’enlèvement de Milou, l’histoire est différente, puisque Tintin va aller arrêter Al Capone.

Version expérimentale[modifier | modifier le code]

Ouvrage expérimental de Jochen Gerner, TNT en Amérique propose une lecture inédite de l'album Tintin en Amérique d'Hergé.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Œuvre d'Hergé[modifier | modifier le code]

  • Hergé, Tintin en Amérique, Tournai-Paris, Casterman,‎ 1995 (1re éd. 1932), 129 p. (ISBN 2-203-01113-0)
  • Hergé, Tintin en Amérique, Tournai-Paris, Casterman,‎ 1973 (1re éd. 1945), 62 p. (ISBN 2-203-00102-X)

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Articles[modifier | modifier le code]

  • Thomas Sertillanges, « Al Capone en personne », Historia, Paris « Hors-série », no 2 « Les personnages de Tintin dans l'histoire : Les événements qui ont inspiré l'œuvre d'Hergé »,‎ juillet 2012, p. 10-12

Autres références[modifier | modifier le code]

  1. Hergé 1973, p. 1
  2. Hergé 1973, p. 4
  3. Hergé 1973, p. 7
  4. Hergé 1973, p. 9
  5. Hergé 1973, p. 12
  6. Hergé 1973, p. 14
  7. Hergé 1973, p. 16
  8. Hergé 1973, p. 19
  9. Hergé 1973, p. 23
  10. Hergé 1973, p. 27
  11. Hergé 1973, p. 29
  12. Hergé 1973, p. 37
  13. Hergé 1973, p. 41
  14. Hergé 1973, p. 43
  15. Hergé 1973, p. 50
  16. Hergé 1973, p. 44
  17. Hergé 1973, p. 54
  18. Hergé 1973, p. 57
  19. Hergé 1973, p. 62
  20. Assouline 1996, p. 41
  21. Assouline 1996, p. 45-48
  22. Peeters 2006, p. 65
  23. Peeters 2006, p. 73-74
  24. Assouline 1996, p. 74
  25. Assouline 1996, p. 61
  26. Assouline 1996, p. 76
  27. Farr 2001, p. 21
  28. Farr 2001, p. 27
  29. Assouline 1996, p. 90
  30. Peeters 2006, p. 91-92
  31. a et b Peeters 2006, p. 102
  32. a et b Peeters 2006, p. 112
  33. Peeters 2006, p. 110
  34. Peeters 2006, p. 118
  35. Peeters 2006, p. 119
  36. a, b et c Assouline 1996, p. 91
  37. Peeters 2006, p. 114
  38. a et b Assouline 1996, p. 92-93
  39. Soumois 1987, p. 51-57
  40. Soumois 1987, p. 57-60
  41. Sertillanges 2012
  42. Hergé bat tous les records - Radio-Canada, 29 mars 2008
  43. 1,3 million d'€ pour Tintin en Amérique, Le Figaro, 2 juin 2012.

Liens externes[modifier | modifier le code]