Astérix en Corse

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Astérix en Corse
20e album de la série Astérix
Scénario René Goscinny
Dessin Albert Uderzo

Personnages principaux Astérix, Obélix

Éditeur Hachette
Première publication 1973
ISBN 2-01-210152-6
Nb. de pages 48

Prépublication 1973
Albums de la série Astérix
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Astérix en Corse est le vingtième album de la série de bande dessinée Astérix de René Goscinny (scénario) et Albert Uderzo (dessin), prépublié dans Pilote (c'est le dernier album à faire l'objet d'une prépublication dans Pilote[1]) du no 687 (4 janvier 1973) au no 708 (31 mai 1973) et publié en album en 1973. L'album a été tiré en 1 300 000 exemplaires.

Résumé[modifier | modifier le code]

Lors de la fête d'anniversaire de Gergovie, les Gaulois du village d'Astérix et Obélix qui résiste encore à l'envahisseur romain, décident de fêter la victoire de la bataille en attaquant le camp de Babaorum. Alors que les Romains sont battus à plate couture, les Gaulois découvrent un prisonnier corse qui s'appelle Ocatarinetabellatchitchix. Ce dernier explique aux Gaulois qu'il a été enlevé par les Romains et qu'il est le chef d'un petit village corse qui résiste lui aussi à l'envahisseur romain. Suelburnus, le gouverneur romain de la Corse, va bientôt partir pour Rome ramener tout l'argent des impôts de l'année. Il ne veut pas qu'Ocatarinetabellatchitchix lui prenne une fois de plus l'argent. Astérix et Obélix sont chargés de l'aider et se rendent sur place.

Personnages[modifier | modifier le code]

  • Astérix. N'a pas un rôle très important dans cet épisode, même s'il joue parfaitement bien le rôle du médiateur, comme d'habitude. (page 46)
  • Obélix. Involontairement, Obélix s'attire l'amitié d'Ocatarinetabellatchitchix en étant fier, paresseux et gourmand.
  • Ocatarinetabellatchitchix, chef de clan corse, fier et susceptible. Il a été exilé sur le continent par le préteur romain, mais il revient et reprend sa place. Il veut montrer aux gens du « continent » comment on se bat chez lui et reprendre aux Romains ce qu'ils ont volé aux Corses. Assurancetourix trouve que « le nom de cet homme l'inspire », et veut composer une chanson...
  • Gazpachoandalus (caricature de Pierre Tchernia[2]), centurion du camp romain de Babaorum. Au courant que les Gaulois vont attaquer le camp à l'occasion de la fête du village, il prépare sa légion à aller rejoindre les autres camps en arrière-pays pour faire des manœuvres. Mais il est contraint de rester au camp pour surveiller Ocatarinetabellatchitchix qui vient d'y arriver. Ils se feront démolir par le village et ses invités.
  • Caféolix, ami d'Ocatarinetabellatchitchix, il tient une auberge à Massilia où il lui trouvera un transport pour aller sur l'Île. Ce transport, ce sont les pirates. L'aubergiste donnera un fromage corse à son ami et celui-ci explosera à l'intérieur du bateau pirate.
  • Figatellix, autre chef de clan corse, fâché avec celui d'Ocatarinetabellatchitchix depuis très longtemps. Malgré les explications de Carferrix, on ne sait pas exactement pourquoi. « Mais en tout cas, c'est très grave ».
  • Carferrix, aide de camp d'Ocatarinetabellatchitchix, il n'aime pas que l'on adresse la parole à sa sœur, Chipolata, sans sa permission.
  • Sciencinfus, le seul romain volontaire pour servir en Corse, il est une caricature du jeune cyrard (élève de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr qui forment les officiers de l'armée de terre française). Il aura affaire à Carferrix, à propos de sa sœur.
  • Salamix, seul légionnaire corse et qui n'a plus toute sa tête depuis une chute sur icelle. Étant corse et non romain, Suelburnus le désigne pour une mission confidentielle.
  • Le préteur Suelburnus, envoyé de Jules César en Corse pour un an, veut piller la Corse.
  • Les quatre vieux corses, toujours assis sur leur tronc d'arbre, ils laissent faire les jeunes, mais commentent abondamment le déroulement des évènements, en y mêlant les histoires de famille.
  • Les pirates, à qui il n'arrive que des déboires.

Détails[modifier | modifier le code]

  • Lors du banquet organisé pour fêter l'anniversaire de Gergovie (c'est aussi, pour les auteurs, une manière de rendre hommage au journal Pilote à l'occasion de cette dernière parution en prépublication), les irréductibles Gaulois reçoivent leurs amis rencontrés lors des aventures précédentes (par ordre d'arrivée dans le village) :
  • Le personnage Ocatarinetabellatchitchix est inspiré d'un journaliste corse du nom de Paul Gianolli[3], qui travaillait à Pilote.Son faciès serait celui d'un restaurateur de Bonifacio nommé Mimi Pugliesi[4], que Goscinny et Uderzo avaient rencontré alors qu'ils faisaient des repérages pour l'album. Son nom provient de la chanson Tchi-tchi interprétée par Tino Rossi. Page 14, Astérix l'appelle par erreur « Omarinella » qui est une allusion à une autre chanson de Tino Rossi, Marinella.
  • Ocatarinetabellatchitchix est une allusion à Napoleon Ier qui était lui-même corse (pages 38 et 45). Notamment, il déclare à Suelbernus : « pour que les Corses acceptent un empereur, il faudra qu'il soit corse lui-même ». Il met à ce moment-là la main droite dans son gilet. Il parlera également, montrant les colonnes des révoltés corses, de « ses grognards », ainsi que du « sommeil d'Osterlix » (soleil d'Austerlitz), un de leurs chefs.
  • On dit que les voyages forment la jeunesse. C'est ce que confirme Idéfix en adoptant les coutumes corses dès son retour au village (page 48).
  • Cet album a deux particularités par rapport aux autres de la série.
    • Tout d'abord, on ne trouve pas la fameuse carte de la Gaule avec la loupe montrant le village d'Astérix entouré des camps retranchés romains. On trouve la carte de la Corse dont les côtes sont couvertes de camps romains (on apprendra plus tard que les Romains hésitent à s'enfoncer dans le maquis de peur de se perdre). Sur cette carte, sur la pointe nord-est, on trouve « Tartopum » que César confond avec « Babaorum » dans Astérix en Hispanie. Goscinny s'est également amusé à situer le camp de Mariapacum (allusion à l'actrice Maria Pacôme) sur l'emplacement de la ville de Porto.
    • Ensuite, on trouve un préambule en lieu et place de la page de présentation des « quelques Gaulois » récurrents. Ce préambule présente la Corse et ses fiers habitants.

Remarques[modifier | modifier le code]

  • À la page 14, lorsque Ocatarinetabellatchitchix se présente, une faute d'orthographe a été commise dans son prénom qui ne comporte alors qu'un seul « l », alors qu'il en comporte deux lors de toutes les autres occurrences du nom.
  • Les noms des personnages corses se terminent tous en « ix » comme ceux des Gaulois ; or la Corse n'a jamais été de culture celtique. C'est probablement une allusion à l'actuelle appartenance de la Corse à la France.

Le préambule[modifier | modifier le code]

« Pour la plupart des gens, la Corse est la terre natale d'un empereur qui a laissé dans l'Histoire des pages aussi indélébiles que celles inspirées par notre vieux complice Jules César.

C'est aussi le berceau d'un chanteur de charme à la longue et prestigieuse carrière, dont les refrains où il est question de Marinella et d'une belle Catarineta, tchi tchi, ont fait le tour du monde.

C'est aussi le pays de la vendetta, de la sieste, des jeux politiques compliqués, des fromages vigoureux, des cochons sauvages, des châtaignes, des succulents merles moqueurs et des vieillards sans âge qui regardent passer la vie.

Mais la Corse, c'est plus que tout cela. Elle fait partie de ces endroits privilégiés du globe qui ont un caractère, une forte personnalité, que ni le temps ni les hommes n'arrivent à entamer.

C'est un des plus beaux pays du monde, qui justifie pleinement son appellation d'île de Beauté.

Mais pourquoi ce préambule, nous demanderez-vous. Parce que les Corses, que l'on décrit comme individualistes — alliant l'exubérance à la maîtrise de soi — nonchalants, hospitaliers, loyaux, fidèles en amitié, attachés à leurs pays natal, éloquents et courageux, sont, eux aussi, plus que tout cela.

Ils sont susceptibles… »

Références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Bernard de Choisy, Uderzo-storix, Jean-Claude Lattès, 1991, p.195
  2. L'encyclopedix : Gazpachoandalous
  3. Asterix.com : Ocatarinetabellatchixtchix.
  4. Cité notamment dans le Guide du routard : Corse 2010, Hachette, 2010, (ISBN 978-2-01-244864-3), p. 80