Le Domaine des dieux

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne la bande dessinée. Pour le film, voir Astérix : Le Domaine des dieux.
Le Domaine des dieux
17e album de la série Astérix
Scénario René Goscinny
Dessin Albert Uderzo

Personnages principaux Astérix, Obélix

Éditeur Hachette
ISBN 2-01-210149-6
Nb. de pages 48

Prépublication 1971
Albums de la série Astérix
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Le Domaine des dieux est le dix-septième album de la série de bande dessinée Astérix de René Goscinny (scénario) et Albert Uderzo (dessin), prépublié dans Pilote du no 591 (4 mars 1971) au no 612 (29 juillet 1971) et publié en album en 1971 aux éditions Dargaud, tiré en 1 100 000 exemplaires.

Historique[modifier | modifier le code]

Création[modifier | modifier le code]

Au sujet de la création de l'album, Albert Uderzo explique : « Nous avions découvert dans des livres d’histoire que les insulae étaient déjà des habitations construites à la va-vite pour entasser les Romains les plus pauvres ensemble, et que ces bâtisses s’écroulaient régulièrement. Nous avons donc donné à César l’idée d’ôter l’invulnérabilité du village gaulois en faussant la nature qui l’entourait. Je dois avouer que j’ai rencontré pas mal d’architectes comme Anglaigus dans ma vie ! »[1].

Synopsis[modifier | modifier le code]

Jules César décide d'encercler le village gaulois en construisant un domaine résidentiel destiné à des propriétaires romains, et appelé le « domaine des dieux ». Cette construction a pour but de civiliser les irréductibles et de les affaiblir en les privant de leur principale ressource, la forêt, et de faire ainsi tomber le dernier bastion qui lui résiste et le nargue. Malgré les interventions des Gaulois qui perturbent les travaux, le premier bâtiment est finalement construit et les nouveaux propriétaires commencent à emménager. Comme cela avait été prévu par César et Anglaigus, son architecte, les nouveaux habitants romains prennent l'habitude de se rendre au village pour faire leurs emplettes, commençant ainsi à influencer ces derniers. Parmi eux, seuls Abraracourcix, Panoramix, Astérix et Obélix ont conscience du danger. Astérix et Obélix sont chargés de trouver une solution.

Personnages importants[modifier | modifier le code]

  • Astérix : Aidé d'Obélix et de Panoramix, Astérix entreprend la défense de la forêt et du village contre la civilisation romaine.
  • Obélix : Il aide bien évidemment Astérix dans la défense de la forêt.
  • Idéfix : Il hurle de désespoir à chaque arbre qui tombe.
  • Anglaigus : Jeune architecte romain chargé de la construction du Domaine des Dieux, il est considéré comme un talentueux architecte car plusieurs de ses constructions ne se sont pas écroulées. Il se jure de parvenir à construire et peupler le Domaine des Dieux malgré l'opposition d'Astérix, Obélix et Panoramix.
  • Oursenplus : Centurion romain du camp d'Aquarium qui est obligé d'aider Anglaigus dans la construction du Domaine des Dieux. Cette tâche est difficile car ses légionnaires sont en grève.
  • Duplicatha : Il est le chef des esclaves qui doivent construire le Domaine des Dieux. Il est présenté comme Numide, même si contrairement aux habitants berbères de la Numidie antique, située en Afrique du Nord, il s'agit là visiblement d'un noir d'Afrique subsaharienne.
  • Assurancetourix : C'est l'arme secrète que vont utiliser les Gaulois afin de faire fuir les locataires. Son expulsion du Domaine par les Romains va fournir le casus belli nécessaire à l'unité du village contre le projet.
  • Un couple de romains : Gagnants d'une tombola qui en fait les premiers habitants du « Domaine des dieux ». Madame apparait aussi dans un des films d'animation, spectatrice du cirque.

Analyse[modifier | modifier le code]

Commentaire général[modifier | modifier le code]

Contrairement à la majorité des albums de la série, Le Domaine des dieux est construit selon une thématique principale qui est celle de véritablement mettre en scène, de se concentrer sur la seule lutte, résistance, du village gaulois face aux Romains. Ce concept est certes constant dans la série, mais, à quelques exceptions près (Le Tour de Gaule, Le Bouclier Arverne ou Obélix et Compagnie), ne demeure que toile de fond des intrigues. Le schéma narratif y est ainsi différent qu'à l'habitude. En effet, la quasi-totalité des précédents albums met en scène une crise (demande d'aide d'un ami dans le besoin, enlèvement d'un ami, etc.) dont l’aventure est proprement le moyen de résolution succédant (par contraste) au tableau de l’unité initiale (disputes constantes des villageois dans une ambiance bon-enfant, sérénité des deux héros, etc.), de sorte que l’album finisse sur une ultime réconciliation symbolisée par le banquet final qui en constitue l’emblème à chaque fin d'album (sans aucune exception). Mais ici cela est retravaillé : dans un premier temps, la culture romaine s’oppose, s'impose, à une civilisation gauloise réduite à la sauvagerie naturelle, puis dans un deuxième temps, les Gaulois dépassent cette opposition en important la division à l’intérieur du camp romain, ce qui rend bien plus riche et plus complexe l’image de la civilisation moderne et conquérante, puis enfin dans un troisième temps, ce déplacement de coupure se retourne contre les Gaulois : ce sont les Romains qui à leur tour créent un clivage à l’intérieur du camp gaulois. L’issue de ce double déplacement n’est alors pas seulement une réconciliation classique, mais aussi une réinstauration de l’opposition classique, Gaulois contre Romains, thème qui durant la première situation (au début de l'album) était alors exacerbé (invasion spatiale des Romains)[2],[3].

De plus, à sa sortie, l'album collait parfaitement à l’actualité : c’était l’époque des énormes placards publicitaires pour attirer les futurs 18 000 habitants de Parly II. Il y a d'ailleurs une allusion à la polémique sur le nom de Parly 2 qui aurait dû s'appeler « Paris 2 » sans l'opposition de certains conseillers municipaux de Paris. Ainsi, César dit : « Anglaigus voulait le nommer Rome II, mais il y a une seule Rome... », donc la résidence s'appellera « Domaine des dieux ». Cette référence est pour certains le symbole du « gauchisme » voire « écologisme » d’Astérix, qui critique ainsi « l’argent, le capitalisme, le goût du profit, l’oppression armée quelle que soit sa nature »[2],[4].

Éléments humoristiques[modifier | modifier le code]

Quelques éléments humoristiques de l'album dans l'ordre chronologique[5] :

  • p. 5 : Allusion aux livres écrits par César où il parle effectivement de lui à la troisième personne.
  • p. 5 : Jeu de mots avec l'expression « amphoreville » (version romaine du bidonville), car les « bidons » de l'époque étaient des amphores pour Goscinny.
  • p. 6 : Jules César, en mentionnant les talents de l'architecte Anglaigus, parle du « conduisez-dedans » et des « potions-tabernae » « où l'on trouve de tout ». Il s'agit de références au fameux drive-in américain où l'on regarde un film tout en restant dans sa voiture, et aux drugstores, l'équivalent des pharmacies aux États-Unis. Goscinny joue comme souvent sur la traduction littérale de l'anglais au français.
  • p. 8 : Jeu de mots entre « chasser » au sens mettre dehors, expulser, et « chasser » au sens poursuivre les animaux pour les tuer ou les prendre.
  • p. 10 : Allusion à l'hymne national belge.
  • p. 11 : Allusion au chant de Noël allemand Stille Nacht, chanté ici par les esclaves goths.
  • p. 20 : Jeu de mots entre « Numide » et « humide », et entre « sèchement » au sens sec opposé de « humide » et « sèchement » au sens durement, avec froideur.
  • p. 21 : Jeux de mots entre : « guerre servile » au sens guerre d'esclavage, « guerre civile » au sens guerre entre habitants d'un même pays, « guère serviles » au sens peu dociles et « guère civils » au sens peu polis.
  • p. 24 : Jeux de mots à base d'allitérations, c'est-à-dire jouant sur la ressemblance phonétique entre « clair » et « esclave », et entre « admettre » et « maître ».
  • p. 25 : Jeu de mots entre « corneille » l'oiseau, « Pierre Corneille », grand auteur dramatique français, « cornélien » au sens de relatif à l'œuvre de Corneille et « cornélien » au sens de « situation caractérisée par un conflit entre le sentiment et le devoir ».
  • p. 27 : Allusion à la citation de César « Veni, vidi, vici ».
  • p. 38 : Jeu de mots avec le fait que les « dépliants » au sens de « prospectus », Goscinny considérant ainsi que ceux de l'époque étaient gravés dans de la pierre, qui est quant à elle bien « impliable ».
  • p. 30 : Très bonne allusion aux conflits syndicat/patronat entre le centurion et ses soldats dans le camp d'Aquarium.
  • p. 39 : Jeu de mots entre « jeu » de hasard où on gagne des lots et l'expression familière « jeu de con » au sens activité absurde.
  • p. 40 : Allusion à Darla dirladada, chanson de Dalida.
  • p. 41 : On appelle Assurancetourix (assurance tous risques), le barde du village, sous le nom inventé pour l'occasion de « Assurançautierlimitix » (assurance au tiers limité), tous deux termes d'assurances.
  • p. 43 : Clin d'œil aux antennes de télévision sur les toits des immeubles.
  • p. 45 : Jeu de mots entre « frapper » au sens de « rouer de coups », et « frapper avant d'entrer » au sens de « frapper à la porte ».
  • p. 45 : Allusion à la phrase courante concernant le don : « J'ai déjà donné. » Le verbe « donner » signifie ici « frapper ».

Caricatures[modifier | modifier le code]

  • p 30 : L'animateur Guilus qui effectue la promotion du Domaine des Dieux dans le cirque possède les traits et le style parlé de l'animateur de télévision Guy Lux[6],[7].

Postérité[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Astérix : Le Domaine des dieux.

En 1982, un album de promotion de 16 pages, intitulé « Scope : Le poteau magique », et reprenant certains thèmes et images de cette aventure, a été édité par la société de travaux publics PPB-Saret. Il existe un tirage spécial beaucoup plus rare fait par l'agence de communication CIA qui s'est chargée de la campagne[1].

Un film d'animation inspiré de l'album est sorti au cinéma le 26 novembre 2014 [8],[9]. Réalisé par Alexandre Astier et Louis Clichy, il fournit la dernière occasion d'entendre Roger Carel doubler Astérix.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b page de l'album sur le site officiel d'Astérix, consulté le 21 octobre 2014
  2. a et b Interprétation de l'album, proche de celle faite par Nicolas Rouvière sur du9.org, juin 2007, consulté le 10 mars 2011
  3. Nicolas Rouvière, Astérix et les lumières de la civilisation, PUF, 2006
  4. Numa Sadoul, article dans Schtroumpf ! Les Cahiers de la Bande Dessinée, 1977
  5. Le domaine des dieux : étude de l'album sur un site de fan, consulté le 10 mars 2011.
  6. L'encyclopedix : Guilus
  7. Asterix.com : Guilus.
  8. Jérôme Durant et Daniel Barbieux, « Astérix va prendre ses quartiers à Charleroi », sur RTBF.be, 27 novembre 2012.
  9. « Une date de sortie pour Astérix : Le Domaine des Dieux d'Alexandre Astier », sur Allociné, 15 octobre 2013.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]