Ménapiens

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Les Ménapiens ou Ménapes (Menapii en latin) étaient un peuple belge mentionné par César dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules et il situe leur territoire dans des marécages longeant la bande côtière de la mer du Nord. Il est possible qu'il confondait avec l'estuaire de l'Escaut. En effet, César cite « c’était le pays des Ménapes, qui avaient des champs, des maisons, des villages sur les deux rives du fleuve »[1] Il est vrai aussi que l'estuaire de l'Escaut avait à l'époque un aspect complètement différent, comme la rivière finissait dans la Meuse.
César et Tacite mentionnent Ménapes et Morins souvent ensemble. Il est probable que les deux peuples étaient alliés.

La conquête de cette région est réalisée par César entre les années années 57 av. J.-C. à années 51 av. J.-C.. Ils lèvent 7 000 hommes en -57 selon César[2]. Ce chiffre est très probablement largement exagéré[3].

La civitas des Ménapiens était organisée autour de l'oppidum de Cassel.

Une tribu celte du sud-est de l'Irlande porte également le nom de Manapii, dont l'origine probable sur le continent serait les Ménapiens de Belgique.

Les principaux peuples gaulois

Étymologie du nom « Ménapes »[modifier | modifier le code]

Le terme serait issu de deux mots gaulois mel et apa. Tous deux signifiaient « eau ». Ceci s'explique par l'omniprésence de l'eau dans les marécages où les Ménapiens s'établissaient. Le mot Ménapien désignerait donc un habitant des marécages et terres humides.[réf. nécessaire]

Leur territoire[modifier | modifier le code]

Cf. Mempisque.

Leur territoire s'étendait autour de Gand. Cette zone de peuplement coïncide à peu près avec la province de la Flandre Orientale (Belgique), tout en s'étendant au nord jusqu'à l'embouchure de l'Escaut (la grande partie de Flandre zélandaise moderne) et probablement au-delà (rive droite de l'Escaut). Au sud, la frontière est marquée par le fleuve côtier Aa. César mentionne des Ménapes au nord des Eburons (au nord de la province moderne du Limbourg belge), mais là, il s'agit probablement d'un autre peuple sans nom spécifique (peut-être les Texandri ou Toxandri), ayant les mêmes mœurs, la même organisation sociale, celle des amodiataires encadrés. Le sol est en général sableux. Le paysage se comparait à celui d'aujourd'hui (sans villes) : très plat, fermes, champs, haies, des marais au nord dans l'estuaire de l'Escaut, avec des forêts limitées, mais des boisements cités par César.

L'existence de la vaste « forêt charbonnière » coïncide avec les mentions de César sur la présence de grandes forêts pour expliquer en partie l'échec de l'extermination de certains peuples belges. Il est vrai aussi que les îlots dans les marécages de l'estuaire de l'Escaut sont restés assez inaccessibles jusqu'au Moyen Âge.

Leurs voisins[modifier | modifier le code]

Au commencement des conquêtes des Gaules par César, les voisins des Ménapiens étaient :

Leur mode de vie[modifier | modifier le code]

Reconstitution d'un habitat ménapien à Destelbergen (Belgique).

Les Ménapiens étaient sédentaires et vivaient de l'élevage et de l'agriculture.

Ils n'avaient pas de villes, mais préféraient vivre disséminés, dans des hameaux, ou fermes. Quand il y avait danger d'inondation, des propriétés furent bâties avec des cours à demi enterrées en haut de tertres de glaise ou de sable, appelés « Donken » (dunes de rivière).

Sources primaires[modifier | modifier le code]

Les Ménapiens chez César[modifier | modifier le code]

Les Ménapes étaient farouchement opposés à leur conquête par Jules César. Ils faisaient partie de la confédération belge qui fut vaincue par César en 57 av.J.C. et ont résisté jusqu'en 54 av. J.-C. Selon César, ils pouvaient livrer 9 000 hommes à la confédération[2]. En l'an 56 av.J.C. ils soutiennent les Vénètes[4]. César fut encore une fois victorieux, mais Ménapes et Morins refusèrent de se soumettre, se retirant "dans les forêts et marécages" et commençant une guérilla acharnée. César réagit en abattant les forêts, en saisissant leur bétail et en brûlant leurs habitations. Mais ceci fut interrompu par de fortes pluies en automne et le début de l'hiver [5]. L'année suivante, les Ménapes furent attaqués par des peuplades germaniques, venues de l'autre côté du Rhin, une bataille s'ensuivit et les Ménapes furent vaincus[6].

Plus tard la même année, pendant que César était en expédition en (grande) Bretagne, il envoya deux de ses légates (généraux) et la majorité de son armée vers le territoire des Ménapes et Morins[7]. Une fois de plus, les Ménapes se retirèrent dans leurs forêts et marécages et les Romains furent réduits à brûler leurs moissons et habitations[8].

En l'an 54 av. J.-C. les Ménapes honorent les liens d'amitié avec l'Eburon Ambiorix et rejoignent sa révolte.

César écrit qu'eux seuls, parmi toutes les tribus en Gaule[9], n'avaient jamais envoyé d'ambassadeurs pour discuter les termes de paix. Pour ces raisons, César décida d'envoyer 5 légions (± 30 000 soldats professionnels) contre les Ménapes (population estimée à quelque 65 000 hommes, femmes et enfants).[réf. nécessaire]. Cette nouvelle campagne de dévastation força finalement les Ménapes à se soumettre, et César décida de les placer sous la tutelle (politique et fiscale ?) de son allié Commius l'Atrébate[10].

Autre mentions[modifier | modifier le code]

Les Ménapes furent attestés par Strabon dans sa Geographica, qui les situait au nord des Nerviens près de l'embouchure du Rhin[11]. Strabon ajoute le détail que « ces forêts ne contiennent pas de grand arbres, mais qu'ils sont denses et épineux. »

Ptolémée dans son œuvre Geographia les plaçait entre les Tungri (autre nom pour Eburons) et les Nerviens[12]. Il mentionne aussi une tribu Manapi vivant dans les sud-est de l'Irlande[12]. Ce fait d'un nom d'origine continentale se retrouve dans plusieurs noms de tribus celtes de Grande-Bretagne et d'Irlande (Parisii, Atrebates, Belgae...) et s'explique par un peuplement important des îles britanniques lors des grandes invasions celtes entre les 6e au 3e siècles av JC.

Une cohorte de Ménapes est mentionnée sur une plaque commémorative datant du IIe siècle et trouvée en Grande-Bretagne[13].

Durant le IIIe siècle, un certain Carausius qui commandait la flotte romaine se déclarait empereur de (grande) Bretagne et la Gaule du Nord. Il était un Ménape, né à Batavia.

Une légion nommée Menapii Seniores est mentionnée dans la Notitia Dignitatum, un registre du Ve siècle des positions romaines et commandants militaires[14].

Références[modifier | modifier le code]

  1. "De Bello Gallico", Caesar, livre IV, 4
  2. a et b "D.B.G.", Caesar, livre II,4
  3. César prétendait avoir reçu ces chiffres (des troupes belges) d'un témoin gaulois. Il s'agissait probablement d'une estimation des troupes qu'avaient promis les tribus belges en cas de guerre. César a dû gonfler ces chiffres davantage. Quand on additionne tous les miliciens des Belges, mentionnés par César, on arrive à une somme extraordinaire de 240 000 combattants. Et encore, César n'a pas donné des chiffres pour toutes les tribus belges...
  4. "D.B.G.", Caesar, livre III, 9
  5. "D.B.G.", Caesar, livre III,28
  6. "D.B.G.", Caesar, livre IV,4
  7. "D.B.G.", Caesar, livre IV,22
  8. "D.B.G.", Caesar, livre IV,38
  9. Selon César: le territoire entre Pyrénées et Rhin.
  10. "D.B.G.", Caesar, livre VI,2
  11. Strabon, Geographica
  12. a et b Ptolémée, Geographia
  13. "Cohors Primae Menapiorum"
  14. Notitia Dignitatum, Ouest, 5 - C'était probablement une des milices obligatoires à cause du traité (fœdus) entre l'empereur Julien et les Francs en 358.

Articles connexes[modifier | modifier le code]