Obélix et Compagnie

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Obélix et Compagnie
23e album de la série Astérix
Scénario René Goscinny
Dessin Albert Uderzo

Thèmes économie
Personnages principaux Astérix, Obélix

Éditeur Hachette
Première publication 1976
ISBN 2-01-210155-0
Nb. de pages 48

Prépublication 1976
Albums de la série Astérix
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Obélix et Compagnie est le vingt-troisième album de la série de bande dessinée Astérix de René Goscinny (scénario) et Albert Uderzo (dessin), pré-publié en 1976 dans l'hebdomadaire Le Nouvel Observateur puis publié en album en 1976.

Histoire[modifier | modifier le code]

Pré-publié, comme beaucoup d'histoire de ladite série, dans un journal non-spécialisé dans la bande-dessinée dès 1976, l'album sortit aux éditions Dargaud (actuellement, les éditions Hachette) cette même année avec un tirage original de 1 300 000 exemplaires. L'album fut aussi édité en occitan cette même année par la Société Toulousaine du Livre, et cette édition constitue aujourd'hui une vraie rareté[1].

Synopsis[modifier | modifier le code]

Un jeune Romain ambitieux, Caius Saugrenus, suggère à César d'essayer de corrompre les Gaulois qui lui résistent (encore et toujours) puisqu'il est impossible de les vaincre militairement. Ayant reçu carte blanche, Saugrenus imagine d'acheter les menhirs qu'Obélix transporte sempiternellement sur son dos depuis le début de la série. Rapidement couvert de sesterces par le Romain, qui veut toujours plus de menhirs, Obélix est obligé d'embaucher des assistants, de payer des chasseurs etc. et devient le moteur économique du village. Les autres gaulois, jaloux du succès d'Obélix, décident (par suggestion d'Astérix) de tailler des menhirs eux aussi et au bout d'un certain temps, la moitié du village fait des menhirs et l'autre moitié la nourrit. Cependant, César s'alarmant des dépenses de Saugrenus mettant à mal l'économie de l'Empire romain, celui-ci entreprend de revendre les menhirs au public romain grâce à une campagne de publicité extraordinaire. De fil en aiguille, une gigantesque crise économique et sociale secoue l'Empire romain tout entier...

Personnages[modifier | modifier le code]

  • Biscornus : centurion du camp de Babaorum qui, avec ses hommes, n'en sort d'ailleurs plus.
  • Absolumentexclus : centurion qui doit remplacer Biscornus dans sa tâche.
  • Pierre Tchernia, René Goscinny et Albert Uderzo : légionnaires de Biscornus, totalement ivres à leur sortie du camp lors de la relève. Les caricatures des deux derniers portent la première[2].
  • Astérix : guerrier gaulois
  • Obélix : son meilleur ami dont c'est l'anniversaire au début de l'album, et qui tombe, bien malgré lui (avec les 4 premiers personnages suivants et quasiment tout le village hormis Astérix, Panoramix et Abraracourcix), dans le piège tendu par Saugrenus.
  • Assurancetourix : barde gaulois
  • Agecanonix : vieux gaulois
  • Cétautomatix : forgeron gaulois
  • Ordralfabétix : poissonnier gaulois
  • Panoramix : druide gaulois
  • Jules César : gouverneur romain à qui une tribu (précédemment citée) résiste.
  • Caius Saugrenus : sort de la « Nouvelle École d'Affranchis », est une caricature des Enarques, souvent accusés de tous les maux en France. Uderzo lui a d'ailleurs donné les traits de Jacques Chirac (promotion Vauban), alors jeune premier ministre de la France[3].
  • Doicrochus : sénateur romain, croit encore à la force persuasive de l'armée romaine
  • Analgésix : chasseur gaulois à qui Obélix a acheté un sanglier et qui va plus tard se faire embaucher par ce dernier.
  • Monosyllabix : nouvel employé d'Obélix pour tailler le menhir
  • Petitélégraphix : nouvel employé d'Obélix pour tailler le menhir
  • Linguistix : nouvel employé d'Obélix pour chasser le sanglier
  • Arrierboutix : nouvel employé d'Obélix pour chasser le sanglier
  • Harenbaltix : nouvel employé d'Obélix pour chasser le sanglier
  • Choucroutgarnix : nouvel employé d'Obélix pour chasser le sanglier
  • Madame Agecanonix : femme gauloise d'Agecanonix qui apprécie la marchandise d'Uniprix, le marchand ambulant.
  • Bonemine : femme du chef
  • Uniprix : marchand ambulant devenant cocher d'Obélix
  • Stan Laurel et Oliver Hardy[4],[5]: caricaturés, ce duo de légionnaires est chargé de décharger la cargaison d'Obélix.
  • Iélosubmarine : femme d'Ordralfabétix
  • les époux Incongrus : ont fait l'acquisition d'un menhir gaulois.
  • Malentendus : fabricant de menhirs romains, entraîne une grève et une manifestation sur la voie appienne.
  • Les pirates : coulés en raison de leur chargement trop lourd (des menhirs...).

Analyse[modifier | modifier le code]

Commentaire général[modifier | modifier le code]

De manière générale, Obélix et compagnie, sous ses airs d'histoire enfantine, offre une critique de la spéculation, des phénomènes de bulle économique et de la société de consommation, bref du capitalisme en général. En fait est évoquée ici une théorie des avantages et désavantages de l'intervention de l'état dans l'économie : le travail d'Obélix créé par César va provoquer en cascades d'autres emplois divers, celui des chasseurs, celui de la femme d'Agecanonix, etc., mais bien évidemment le menhir est l'image de l'objet qui ne vaut rien et ne sert à rien (par exemple quand Saugrenus demande à Obélix combien coûte le menhir, ce dernier lui dit ne pas savoir) et l'État (ici Rome) va donc faire en sorte de montrer qu'il existe bien une réelle importance aux menhirs. Le problème est que tout le monde tombe dans le piège, tous vont se mettre dans l'industrie du menhir pour ainsi quitter leurs postes habituels qui eux sont vraiment utiles (commerçants, artisans, etc.). Et l'on peut ainsi voir à la fin l'échec de l'État (César n'a plus de sous) et donc Saugrenus va vouloir tout arrêter et ainsi créer une bagarre générale (image de la colère de la rue dans la réalité déjà présente au premier degré lors de la manifestation des fabricants romains de menhirs qui relève un autre problème de société qu'est l'importation). César est alors obligé de dévaluer le sesterce (allusion à l'inflation)[6].

Éléments humoristiques[modifier | modifier le code]

Liste chronologique des principaux éléments humoristiques de l'album[7]

  • p 5 : Jeu de mots avec le « cadeau » d'anniversaire d'Obélix et l'expression « ne pas faire de cadeau » = pas de pitié.
  • p 11 : Jeu de mots visuel avec la tradition où on souffle les bougies sur son gâteau d'anniversaire, et les bougies imaginaires au-dessus de la tête du légionnaire qui illustrent l'expression « voir trente-six chandelles » qui signifie être ébloui, étourdi par un coup.
  • p 13 : « – Veni, vidi, et y en a vici. » : Version en français incorrect de la citation de César « veni vidi vici ».
  • p 25 : « – Tu peux bien me déposer avec le pavois ! – Mais enfin Mimine, c'est un pavois de fonction ! » : Comique de situation : le bouclier est assimilé à une voiture.
  • p 25 : Jeu de mots entre la « fraîcheur » des poissons d'Ordralfabétix, et l' « argent frais », qui vient d'être gagné.
  • p 26 : Allusion à l'expression « gagne-pain » : ce qui permet de gagner sa vie (d'avoir un salaire).
  • p 30 : Allusion à l'expression « il ne faut pas être sorcier pour » qui veut dire qu'il n'est pas difficile de réaliser un ordre, et au fait que les druides sont perçus dans l'imaginaire collectif comme en quelque sorte les « sorciers » de l'époque[8].
  • p 33 : Nouvelle allusion à la citation de César « veni, vidi, vici ».
  • p 33 : Jeu de mots entre le sens propre et la citation « rendez à César ce qui appartient à César » de L'Évangile de Matthieu.
  • p 33 : Allusion à la citation « Si vis pacem, para bellum » : si tu veux la paix, prépare la guerre, de Végèce.
  • p 34 : Jeu de mots entre le sens propre et l'expression « se casser les dents sur » qui au sens figuré signifie échouer.
  • p 35 : Nouvelle allusion à la citation « Si vis pacem, para bellum » : si tu veux la paix, prépare la guerre, de Végèce, ainsi qu'à « Alea jacta est » citation de Jules César.
  • p 36 : Caricature d'une leçon d'économie et du lancement publicitaire d'un produit.
  • p 38 : Jeu de mots avec le nom du romain Malentendus, et la situation dans laquelle ce dernier est avec César (un malentendu).
  • p 39 : Jeu de mots avec différentes notions de droit : « Le travail est le seul droit que possède l'esclave » : le travail est la seule chose autorisée pour un esclave (le reste lui est interdit), et « on ne peut pas lui enlever ce droit » : on ne peut pas l'empêcher de travailler s'il le veut.
  • p 48 : Jeu de mots entre le verbe « se relever » (se remettre debout) et la « relève » (nouvelle troupe remplaçant l'ancienne).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Page de l'album sur le site officiel d'Astérix le Gaulois, consulté le 13 mars 2011.
  2. Asterix.com : Absolumentexclus.
  3. L'encyclopedix : Saugrenus Caius.
  4. L'encyclopedix : Hardy Oliver
  5. L'encyclopedix : Laurel Stan
  6. Avis sur l'album sur ciao.fr, consulté le 13 mars 2011.
  7. Étude de l'album sur un site de fan, consulté le 13 mars 2011.
  8. David Louyot, Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les Gaulois sans jamais oser le demander à Astérix, Acropole, 2011,* * p 81.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]