Arc (rivière provençale)

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43° 30′ 24″ N 5° 06′ 49″ E / 43.50667, 5.11361 ()

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l'Arc (fleuve côtier)
L'Arc à Roquefavour sur Ventabren.
L'Arc à Roquefavour sur Ventabren.
Caractéristiques
Longueur 83 km
Bassin 715 km2
Bassin collecteur étang de Berre
Débit moyen 3,5 m3/s (dans la plaine de Berre)
Organisme gestionnaire Syndicat d'Aménagement du Bassin de l'Arc (SABA)
Régime pluvial méditerranéen
Cours
Source source
· Localisation Saint-Maximin-la-Sainte-Baume
· Altitude 493 m
· Coordonnées 43° 26′ 45″ N 5° 49′ 12″ E / 43.4457, 5.8201 (Source - l'Arc (fleuve côtier))  
Confluence Étang de Berre
· Localisation Berre-l'Étang
· Altitude 0 m
· Coordonnées 43° 30′ 40″ N 5° 06′ 51″ E / 43.511, 5.1141 (Confluence - l'Arc (fleuve côtier))  
Géographie
Pays traversés Drapeau de la France France
Départements Var, Bouches-du-Rhône
Régions traversées Provence-Alpes-Côte d'Azur

Sources : SANDRE, Géoportail, Banque Hydro

L'Arc est un petit fleuve côtier du sud de la France, dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, à cheval entre le département du Var et le département des Bouches-du-Rhône. Il se jette dans l'étang de Berre. Le nom provençal est lou Lar.

Géographie[modifier | modifier le code]

Villes traversées[modifier | modifier le code]

dans le Var

Trois communes sont traversées par son cours, dans ce département où il prend sa source : Pourrières, Pourcieux, Saint-Maximin-la-Sainte-Baume (source).

dans les Bouches-du-Rhône

Trets, Fuveau, Peynier, Aix-en-Provence, Coudoux, Ventabren, La Fare-les-Oliviers, Le Tholonet, Rousset, Velaux, Châteauneuf-le-Rouge, Meyreuil, Berre-l'Étang.

Affluents[modifier | modifier le code]

Les eaux de l'Arc sont alimentées par 35 affluents, de plus ou moins grande importance, notamment par la Torse et la Luynes[1]

Présentation du bassin[modifier | modifier le code]

Le réseau hydrographique[modifier | modifier le code]

L'Arc prend sa source près du village de Pourcieux (Var) à 470 m d’altitude, au pied du mont Aurélien (879 m) et se jette dans l’étang de Berre (Bouches-du-Rhône) par un petit delta. Sa longueur est de 85 km pour une pente moyenne inférieur à 1 %. Il occupe une dépression orienté Est-Ouest. Son bassin versant s'étend sur une superficie de 715 km² couverte par 30 communes dont 15 riveraines du fleuve [2].
Il reçoit de nombreux affluents, provenant :

  • du massif du Mont Aurélien comme l'Aubanède ou le Longarel
  • du massif de la Sainte-Victoire (1011 m), notamment la Cause, le Bayon, l'Aigue-Vive, et la Torse
  • du versant nord-ouest de la chaine de l'Étoile (779 m) principalement la Luynes et le Grand Vallat de Cabriès

Démographie et occupation du sol[modifier | modifier le code]

La population totale sur le bassin est d'environ 290 000 personnes [3], soit une densité de population de près de 400 hab/km². Depuis 1962, la population du bassin a augmenté de 150 %. La pression démographique est donc très forte sur le bassin de l'Arc et a induit des bouleversements importants en matière d'occupation des sols, d'activités et d'usages. L'occupation du sol se répartit comme suit [4] :

  • espaces naturels (forêt et garrigues) : environ 56 %
  • espaces agricoles : environ 23 %
  • espaces artificialisés : environ 21 %.

Cette répartition de l'occupation des sols traduit la forte présence humaine associée toutefois à une composante naturelle encore très présente. L'occupation humaine se situe principalement dans les vallées et donc en bordure de cours d'eau.
Le bassin de l'Arc est également caractérisé par la grande densité des différents réseaux linéaires liés aux activités humaines : l'A8 longeant la Vallée de l'Arc en amont, autoroute A7, réseaux ferrés, ligne TGV, autoroutes urbaines et de très nombreuses routes départementales. Les ouvrages de franchissement des cours d'eau sont donc très nombreux sur le bassin.

Entités paysagères[modifier | modifier le code]

L'Arc au niveau d'Aix-en-Provence

Quatre grandes entités paysagères se distinguent sur le bassin de l'Arc :

  • La haute vallée : l'agriculture y est encore très présente, notamment la viticulture, et les villages se sont fortement urbanisés
  • Le Pays d'Aix : c'est le territoire le plus diversifié en termes d'occupation du sol. Les paysages urbains, agricoles ou forestiers se mixent autour de l'agglomération d'Aix-en-Provence
  • Le Pays de Gardanne : ce bassin est marqué par une industrie lourde
  • La basse vallée de l'Arc : à l'aval des Gorges de Roquefavour, elle forme une grande plaine inondable cultivée

Risques d'inondation[modifier | modifier le code]

Des pluies intenses[modifier | modifier le code]

Une crue résulte, avant toute chose, d’une pluie intense. Le climat de l’Arc est un climat méditerranéen, celui-ci se caractérise, entre autres, par des pluies intenses inégalement réparties sur l’année. Les pluies du bassin de l’Arc sont de deux types :

  • Des orages convectifs : ce sont des évènements pluvieux de courte durée, de forte intensité et d’emprise spatiale restreinte. Ces orages convectifs sont susceptibles de générer une crue très forte sur un sous-bassin de l’Arc. Par exemple, le , 168 mm de pluies en deux heures ont été observés en Pays d’Aix qui ont engendré des crues sur les affluents de l’Arc (Torse à Aix-en-Provence, Grand Vallat à Cabriès, Malvallat d’Eguilles…).
  • Des épisodes généralisés : ce sont, soit des pluies moyennes mais de longue durée (pluie stratiforme), soit des épisodes intenses de grande échelle (système convectif de méso-échelle). Par exemple, entre le 14 et le , des pluies stratiformes atteignent plus de 220 mm sur la partie amont du bassin versant.

Ces épisodes généralisés sont susceptibles de provoquer à la fois des crues majeures sur les sous bassins et une inondation générale de la vallée de l’Arc.

Les crues de l’Arc et de ses affluents[modifier | modifier le code]

Le bassin de l'Arc a toujours connu des crues plus ou moins fortes même si la mémoire locale tend à l'oublier trop facilement.

Des archives remontant jusqu'au XVe siècle siècle témoignent de ce passé marqué par les crues[5]. Bien évidemment, le XXe siècle est particulièrement riche en crues (44 crues recensés).

L'étude des crues de l'Arc de la seconde moitié du XXe siècle siècle a permis de dresser un typologie des crues sur le bassin :

  • Des crues lentes : elles sont le résultat d'une pluie stratiforme. Le temps de montée de la crue est de l'ordre de 24 heures. C'est le cas de la crue du pour lequel le débit de pointe atteint à Berre-l'Étang a été de l'ordre de 270 m3/s.
  • Des crues rapides : elles sont issues d'orages convectifs. Elles sont très rapides, le temps de montée de crue oscille entre 6 et 12 heures. Sur les affluents, le temps de montée peut être encore plus soudain. C'est le cas par exemple de la crue du . Le débit de pointe observé à Saint-Pons à Aix-en-Provence a été d'environ 270 m3/s (250 à Berre l’Étang).

Il est important de souligner le fait que la crue décennale de l'Arc est estimée à environ 250 m3/s [6]. En conséquence, les deux crues marquantes du territoire ne sont pas des crues rares. Si un évènement exceptionnel, comme celui du dans le Var tombé à seulement 60 km à l'ouest (400 mm en 24 h), venait à se produire sur le bassin de l'Arc, la crue générée serait alors de l'ordre de la crue centennale, soit environ 700 m3/s[7].

Les sites touchés par les inondations[modifier | modifier le code]

  • Le long de l'Arc

En zone urbaine, l'Arc déborde à partir d'une crue décennale. La ville de Berre-l'Etang est un secteur vulnérable car elle se situe dans le bassin déversant de l'Arc. Une part significative du tronçon urbanisé de l'Arc en pays aixois qui s'étend de Palette (commune du Tholonet) jusqu'aux Milles (commune d'Aix-en-Provence) est situé en zone inondable. En zone rurale, les plaines inondables sont nombreuses et étendues. Dans le bassin amont, les zones inondables sont majoritairement agricoles et la largeur du lit majeur est très variable. La plaine de Saint-Pons (Aix-en-Provence) est inondée, même pour des fréquences courantes et sur une grande surface. L'habitat diffus présent est très exposé notamment sur le secteur de la Badesse. À l'aval, la plaine de Berre est inondée au-delà de la crue décennale. Les eaux inondent des terrains agricoles, le village de Mauran et s'écoule vers le centre-ville de Berre-l'Étang.

  • Le long des affluents

Le réseau des affluents est très développé mais les risques d'inondations sont très différents suivant les secteurs. Le bassin le plus exposé est celui de la Jouine[8] et du Grand Vallat avec l'observation d'inondations régulières et un habitat diffus très vulnérable, notamment dans la plaine de Cabriès. C'est également le cas de plusieurs autres affluents qui traversent des zones habités : La Luynes à Aix-en-Provence et son réseau d'alimentation amont autour de Gardanne, la Torse[9] à Aix-en-Provence, le Grand Vallat de Fuveau, le réseau de petits ruisseaux de Trets

Cartographie des zones inondables du bassin[modifier | modifier le code]

À ce jour, l’Atlas des Zones Inondables de la région PACA (réalisé avec l’approche hydrogéomorphologique [10]) a cartographié la zone inondable de l’Arc et du Grand Vallat de Cabriès [11].
Les communes, dans le cadre de l’établissement de leur Plan local d’urbanisme, peuvent être amenées à cartographier le risque inondation sur le territoire communal.
Le Syndicat d’Aménagement du Bassin de l’Arc a piloté une étude visant à cartographier l’emprise des zones inondées par les crues historiques de la seconde moitié du XXe siècle[12].

Écologie des cours d'eau du bassin[modifier | modifier le code]

Qualité de l'eau[modifier | modifier le code]

L'Arc au niveau d'Aix-en-Provence

L’Arc est un petit fleuve côtier aux débits moyens naturellement faibles (environ 3 m3/s). L’été le débit se réduit encore (moins de 1 m3/s) [13]. Sa capacité d’autoépuration est donc extrêmement limitée . Malheureusement, l’Arc a pendant (trop) longtemps été considéré comme un égout. Depuis les années 1970 jusqu’aux années 1990, du fait de l’explosion démographique, les rejets urbains étaient insuffisamment épurés. La qualité des eaux de l’Arc était très médiocre [14]. Au cours des années 2000, grâce à la réglementation européenne[15] et une dynamique locale marquée par l’élaboration d’un Schéma d'aménagement et de gestion des eaux[16], les collectivités du bassin ont mis aux normes la majorité des stations d’épuration du bassin de l’Arc[17]. Grâce à ces efforts, la qualité de l’eau de l’Arc s’est nettement améliorée au cours des années 2000 notamment sur les concentrations en matières en suspension, matière organique et phosphore [18]. Des paramètres pour lesquels une station d’épuration (correctement dimensionnée et gérée) est efficace. L'organisme gestionnaire est le Syndicat d'Aménagement du Bassin de l'Arc (SABA).

Présentation des milieux naturels[modifier | modifier le code]

Le cours de l'Arc présente de belles ripisylves, avec une flore et une faune riche. Le fleuve coule dans de belles gorges.

Éléments patrimoniaux associés aux cours d'eau[modifier | modifier le code]

L'aqueduc de Roquefavour, haut de 82 m, le plus grand du monde en pierre, fut construit en 1846 pour permettre au canal de Marseille de franchir les gorges.

Ponts remarquables sur l'Arc[modifier | modifier le code]

(d'amont en aval)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Références
  1. Sandre, « Fiche cours d'eau - L'Arc (Y4--0200) » (consulté le 20 juin 2013)
  2. Syndicat d'Aménagement du Bassin de l'Arc [1]
  3. INSEE, recensement 2009 [2]
  4. Corine Land Cover
  5. Études sur les crues historiques de l'Arc, GINGER, 2010 [3]
  6. Banque HYDRO[4]
  7. Évaluation de l’incidence de la pluie du Var sur le bassin de l’Arc, GINGER, 2010 [5]
  8. Sandre, « Fiche cours d'eau - La Jouine (Y4110600) » (consulté le 20 juin 2013)
  9. Sandre, « Fiche cours d'eau - La Torse (Y4110540) » (consulté le 20 juin 2013)
  10. DIREN LR [6]
  11. CartoRisques [7]
  12. Rubrique cartographie interactive, onglet inondations [8]
  13. Banque Hydro [9]
  14. Portail sur la surveillance des milieux [10]
  15. Directive 91/271/CEE du Conseil, du 21 mai 1991, relative au traitement des eaux urbaines résiduaires [11]
  16. Le Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux du Bassin de l’Arc [12]
  17. Portail d'information sur l'assainissement communal [13]
  18. Suivi de la qualité des eaux et des milieux aquatiques de l’Arc et de quelques affluents, Maison régionale de l’eau, 2010, p 18 à 35 [14]