Blâmont

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Blâmont
Vue de Blâmont en 2014
Vue de Blâmont en 2014
Blason de Blâmont
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Département Meurthe-et-Moselle
Arrondissement Lunéville
Canton Blâmont
Intercommunalité Communauté de communes de la Vezouze
Maire
Mandat
Guy Jambois
2014-2020
Code postal 54450
Code commune 54077
Démographie
Population
municipale
1 121 hab. (2011)
Densité 151 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 35′ 26″ N 6° 50′ 35″ E / 48.5905555556, 6.8430555555648° 35′ 26″ Nord 6° 50′ 35″ Est / 48.5905555556, 6.84305555556  
Altitude Min. 254 m – Max. 336 m
Superficie 7,41 km2
Localisation

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Blâmont est une commune française située dans le département de Meurthe-et-Moselle en région Lorraine.

Géographie[modifier | modifier le code]

Blâmont est située à l'extrémité orientale du département, dans la vallée de la Vezouze. Cette rivière a connu plusieurs crues spectaculaires dans le passé, à la différence de son affluent, la Voise, qui n'a jamais menacé les zones habitées.

La ville se trouve sur la route nationale 4 qui se fraie un tracé tortueux parmi les maisons anciennes. Depuis le mois de décembre 2006, une route à 2x2 voies contourne Blâmont.

Histoire[modifier | modifier le code]

La seigneurie appartint à la famille qui en prit le nom (Blankenberg en allemand), puis devint un fief des comtes de Salm aux XIIe et XIIIe siècles. Ils l'attribuèrent à l'un de leurs cadet, Ferry de Blâmont, fils cadet de Henri III de Salm. Henri de Blâmont, fils de Ferry, est l'un des principaux héros du tournoi de Chauvency en 1285, applaudi par Jacques Bretel, qui le met à l'honneur et raconte sa joute contre Gevigni et ses faits d'armes dans la mêlée du tournoi, aux côtés de Jean de Rosières et de Raoul de Baissi. Il participait ainsi aux fêtes données par son beau-père, Louis V de Looz, comte de Chiny, époux de Jeanne de Bar, fille d'Henri II de Bar et Philippa de Dreux, veuve de Ferry.

Gisant de Henri I sire de Blâmont et de son épouse Cunégonde de Linange. Chapelle des Cordeliers, Nancy

La seigneurie fut élevée au rang de comté au XVe siècle. Le comté fut légué au duc de Lorraine en 1499 par Olry de Blâmont, évêque de Toul, et Christine de Danemark, régente de Lorraine, résida à Blâmont.

En 1573, Marguerite de Valois accompagna son frère le duc d'Anjou, futur Henri III roi de France, jusqu'à Blâmont[1], alors qu'il allait prendre possession du trône de Pologne.

Vue de Blâmont et son château en 1645

Au début du XVIIe siècle, la duchesse douairière Marguerite de Gonzague contribue également à l'essor de la cité, en fondant un couvent de Capucins, et un monastère des religieuses enseignantes de la congrégation Notre-Dame.

La ville et son château furent pris par les Protestants lors des guerres de religion, puis détruits pendant la guerre de Trente Ans (sièges de 1636 et 1638) ; le château-fort comme beaucoup d'autres fut démantelé sur ordre de Richelieu.

La ville fut reconstruite au XVIIIe siècle ; de nombreux bâtiments datent de cette période, comme l'hôpital, l'hôtel du Chatelet ou le presbytère. Le centre se déplace alors au delà des murs, près du pont de la Vezouze.

Elle fut chef-lieu de district de 1790 à 1795.

Au XIXe siècle, la ville connut une période de prospérité, en lien avec son environnement agricole. Un actif tissu économique se développa alors: tanneries (Hertz), brasseries (Baumgarten), chocolaterie (Burrus), fabrique de velours (Bechmann), usine de fourches (Labourel)... Son collège, fondé en 1812 par l'abbé Lebon, attire de nombreux pensionnaires venus de toute la région, tandis que la population de la ville dépasse le cap des 2500 habitants au milieu du siècle. Ce fut durant cette période de prospérité que furent édifiés l'hôtel de ville (1830), la synagogue (1844) et l'église (1852).

Pendant la Première Guerre mondiale, Blâmont, situé à quatre kilomètres de la frontière franco-allemande issue du traité de Francfort de 1871, fut rapidement envahi par les Allemands. Les actes de barbarie commis à Blâmont au début des hostilités (août 1914) défrayèrent la chronique internationale. Puis le front se stabilisa et la ville demeura sous occupation allemande, relativement épargnée tandis que les villages des alentours, situés sur la ligne de front, furent dévastés.

Le centre-ville et le château furent bombardés durant la Seconde Guerre mondiale. Dans le cimetière reposent les sept corps de l'équipage d'un avion du 550e escadron de la Royal Air Force tombé à Blâmont le 29 juillet 1944, pendant la Seconde Guerre mondiale.

L'après-guerre fut marqué par la reconstruction, puis par la désindustrialisation.

Depuis 2001, la municipalité de Monique Roch est confrontée à des problèmes de fonctionnement récurrents (démission de deux adjoints en juillet 2002, destitutions de deux autres adjoints en juillet 2008 et en mai 2009, puis démission de six conseillers en juillet 2009, suivie d'élections partielles en septembre 2009 intégralement remportées par l'opposition). En janvier 2011, les médias révèlent que le maire serait impliqué dans une affaire de présumées fausses délibérations[2].

Toponymie[modifier | modifier le code]

  • Blammont (1186), Album Montem (1290), Blamont (1793).
  • En allemand: Blankenberg.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
D'argent à deux saumons adossés de gueules accompagnés en chef d'une rose de même.

Blason de Henri de Blâmont[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
De gueules aux deux saumons adossés d'argent.
Commentaires : À Chauvency-le-Château, Henri de Blâmont avait déjà modifié et simplifié les armoiries des Salm pour ne plus porter que des saumons d'argent mis en valeur sur un écu de gueules. Selon les manuscrits de Mons ou d'Oxford, il crie "Salm" ou "Blâmont" lors de la mêlée du tournoi.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 2014 Monique Roch    
1995 2001 Gérard Balland
1983 1995 Simone Thomas
1966 1983 Jean-Roland Belin
1937 1966 Jean Crouzier
1930 1937 Joseph Colin
1928 1930 Henri Hanriot
1921 1928 Lucien Labourel
1914 Constant Hertz
1912 1921 Charles Bentz
1896 1912 Charles Labourel
1888 1896 Charles Barthelemy
1873 1887 Hubert Brice
1850 1873 Emile Mathis de Grandseille
1848 1850 Louis Félix Colesson
1831 1847 Charles Lafrogne
1829 1831 Jean Gérard
1825 1829 Christophe Batelot
1815 1825 François Lafrogne
1815 Christophe Batelot
1815 Balthazard Lafrogne
1815 Nicolas Thomassin
1807 1815 Christophe Batelot
1802 1806 Aimé Fromental
1799 Jean-Claude Thouvenin
1794 1795 Jean-Pierre Bentz
1794 Hertz
1793 1794 Marie-Joseph Barail
1793 Vaultrin
1792 1793 Marie-Joseph Barail
1791 1792 Jean-Claude Claudon
1790 1791 Thomas de Mitry
1777 1790 Joseph Chazel
1773 Jean-Baptiste Fromental
1700 Sébastien Frémion
Les données manquantes sont à compléter.

Education[modifier | modifier le code]

L'école maternelle et élémentaire Jean Crouzier occupe l'ancien couvent des Soeurs de Notre-Dame (XVIIe siècle). Le collège du château est installé dans un bâtiment construit en 1953 et agrandi en 1972.

Au XIXe siècle, Blâmont eut un collège municipal (1812-1858), puis diocésain (1858-1870), un pensionnat libre (demoiselles Tanche, 1842-1870) et deux écoles congréganistes, une masculine (Frères des Ecoles chrétiennes, 1854-1870) et une féminine (soeurs de la Doctrine Chrétienne, 1808-1903). L'immeuble des soeurs de la doctrine chrétienne, rue des Capucins, devint le Foyer des Institutrices Libres de Lorraine après 1925.

Santé[modifier | modifier le code]

Centre Sanitaire et Médico-Social "Les rives du château" de la Croix-Rouge, sur l'emplacement du palais de Christine de Danemark. L'ancien hôpital Saint-Jean Baptiste est devenu la maison de retraite "3 H Santé". Les anciens locaux de l'hôpital sont occupés par le Foyer d'Accueil Spécialisé (chapelle du XVIIIe siècle)


Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 121 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 859 1 941 1 908 1 897 2 089 2 638 2 563 2 671 2 527
1856 1861 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
2 404 2 298 2 272 2 337 2 175 2 147 2 052 1 934 1 726
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
1 604 1 670 1 386 1 469 1 559 1 606 1 110 1 253 1 409
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011 -
1 400 1 257 1 399 1 318 1 261 1 190 1 180 1 121 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Château de Blâmont.
Orgue Dingler de Blâmont

Blâmont abrite les ruines d'un château fort médiéval (XIe siècle), remanié à diverses reprises jusqu'au XIXe siècle. Ce château fait actuellement l'objet d'une consolidation par une association qui assure également des visites.

Édifice religieux[modifier | modifier le code]

  • Église Saint-Maurice 1852 néogothique : confessionnaux et chaire XVIIIe siècle, baroque provenant de l'abbaye de Domèvre-sur-Vezouze ; abrite un orgue historique de Dingler, construit au XVIIIe siècle, transformé au XXe, et restauré par Kern en 2000.
  • Collégiale de Blâmont, supprimée avant la Révolution, remplacée par la chapelle néo-gothique du collège (1848), détruite au XXe siècle.
  • Monastère des religieuses de Notre-Dame (XVIIe siècle), reconverti en école maternelle.
  • Couvent des Capucins fondé en 1627 par Marguerite de Gonzague, avec chapelle ornée de fresques, converti en centre d'action sociale dans l'entre-deux-guerres (Bon-Accueil), détruit par bombardement en 1944.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Constant Hertz, Blâmont, la vaillante (épisodes de guerre), Paris-Revue, 1920
  • Louis Schaudel, Les comtes de Salm et l'abbaye de Senones aux XIIe et XIIIe siècle. Contribution à l'histoire de Senones, Pierre-Percée, Badonwiller, Blamont, Deneuvre, Berger-Levrault, 1921
  • Joseph Colin, Notice sur Blâmont et Bon-Accueil, don de la Croix-Rouge américaine, Mazerand, 1926.
  • A. Dedenon, Histoire du Blâmontois, Vagner, 1930-1931, 2 vol.
  • Antoinette Aubry-Humbert, Seigneurs et laboureurs dans le Blâmontois aux XVIIe et XVIIIe siècles, 2001-2011.
  • Cédric Andriot, Fabienne Henryot et Philippe Masson, Blâmont et le Blâmontois au fil des siècles, Gérard Louis, 2009
  • Cédric Andriot, "Le collège de Blâmont du Concordat à la Séparation de l'Eglise et de l'école", Annales de l'Est, 2012, n°2.
  • Cédric Andriot, "L'école de la Doctrine chrétienne à Blâmont (1808-1903): une école libre face à la laïcité", Le Pays Lorrain, septembre 2013, n°3.
  • Soeur Euphémie, Quatre ans sous le joug allemand, Journal d’une religieuse de l’hôpital de Blâmont occupé par l’Allemagne de 1914 à 1918, éditions Gérard Louis.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Mémoires de Marguerite de Valois, p. 49, ISBN 978-2-07-043662-0
  2. Journal télévisé, France 3 du 18 janvier 2011
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011
  5. Laurent Mauduit, Petits conseils, éditions Stock, 2007, page 277