Abbaye de Lachalade

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Abbaye de Lachalade
Image illustrative de l'article Abbaye de Lachalade
L'église abbatiale, devenue paroissiale aujourd’hui

Nom local La Chalade
Diocèse Diocèse de Verdun
Patronage Sainte-Marie
Numéro d'ordre (selon Janauschek) XXX (30)[1]
Fondation 6 juin 1128
Début construction 1127
Fin construction XVIIIe siècle
Dissolution 1791
Abbaye-mère Abbaye de Trois-Fontaines
Lignée de Abbaye de Clairvaux
Abbayes-filles 270 - Chéhéry (1147-1791)
Congrégation Ordre cistercien
Période ou style
Protection Logo monument historique Classé MH (1862, 1931)
 Inscrit MH (1986)[2]

Coordonnées 49° 09′ 54″ N 4° 57′ 33″ E / 49.165110939526, 4.959035229413349° 09′ 54″ Nord 4° 57′ 33″ Est / 49.165110939526, 4.9590352294133  [3]
Pays Drapeau de la France France
Province Duché de Lorraine
Région Lorraine
Département Meuse
Commune Lachalade
Site http://abbaye.lachalade.free.fr/

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Abbaye de Lachalade

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Abbaye de Lachalade

L’ancienne abbaye de la Chalade (anciennement La Chalade) sise à Lachalade dans le département de la Meuse (France) était de tradition cistercienne. Fondée en 1120 elle fut supprimée lors de la Révolution française. Son église abbatiale a survécu au pillage et démembrement et est devenue l’église paroissiale du petit village de Lachalade.

Fondation[modifier | modifier le code]

Vers 1120 deux moines bénédictins, Robert et Ricuin, cherchant plus de solitude et une vie plus austère, quittent leur abbaye Saint-Vanne à Verdun (Meuse) et s’installent dans un lieu désert appelé La Chalade. Lorsque, en 1124, l’un des deux est élu abbé de l'abbaye de Beaulieu et le second est envoyé au monastère cistercien de Trois-Fontaines, fille de Clairvaux, l’aventure semble déjà terminée.

Mais Ricuin revient avec plusieurs moines de Trois Fontaines. Le modeste oratoire et les quelques cabanes deviennent le point de départ d’une fondation cistercienne. Suivant la tradition de Cîteaux, la règle de saint Benoît est observée strictement: les moines allient travail et prière et construisent eux-mêmes leur monastère. En tout ils choisissent dépouillement et sobriété, que ce soit l’architecture (leur église), leurs vêtements, la nourriture et style de vie en général. Même la liturgie et le chant de l’office divin sont marqués par un retour à la simplicité. En 1127 commence la construction de l’église qui est consacrée en 1136.

Histoire[modifier | modifier le code]

Prospérité et expansion[modifier | modifier le code]

L’abbaye se développe rapidement, en partie grâce à de généreuses donations. Le nombre de moines est important au point qu'en 1147 Lachalade est déjà en mesure de faire une fondation : ce sera Chéhéry. À côté du travail traditionnel de la terre l’abbaye développe des tuileries et verreries forestières qui lui fournissent des revenus. L’église possède encore trois dalles funéraires des années 1270-1280.

Nouvelle église abbatiale[modifier | modifier le code]

À la fin du XIIIe siècle la situation financière de l’abbaye permet d’envisager la construction d’une nouvelle église, mieux en mesure de répondre aux besoins d’un nombre croissant de moines. Elle est terminée aux environs de 1340. Architecturalement elle ressemble à toutes les églises cisterciennes de l’époque. Seule concession à l’esprit du temps : l’abside est pentagonale. De conception en ‘croix latine’ ce qu’il en reste aujourd’hui ressemble plutôt à une croix grecque, car trois travées lui manquent, sans doute détruites au cours de l’histoire.

Régime de la commende[modifier | modifier le code]

Au cours des siècles - et comme les autres abbayes - Lachalade a à subir le passage des armées avec son lot de pillages et dégradations, les famines, épidémies et autres calamités.

Mais les vraies difficultés commencent avec le régime de la commende introduit en 1583, car cela touche plus profondément l’esprit religieux et la discipline monastique. Les abbés commendataires s’enrichissent des revenus attachés à l’abbaye, sans prendre la peine de la visiter. Ils négligent les devoirs attachés au rôle de l’abbé.

Jacques Marc Antoine de Mahuet de Lupcourt (1730-1806), vicaire général à Nancy, fut abbé commendataire

Restauration[modifier | modifier le code]

La réforme monastique, inspirée des Feuillants est introduite, ou même imposée, par le cardinal de Richelieu en 1637. La restauration d’une vie monastique régulière nécessite une remise en ordre des bâtiments. De grands travaux sont entrepris. Le cloître est refait en 1678 (seule partie des bâtiments qui soit bien conservée). Salle du chapitre, infirmerie et dortoir sont restaurés en 1680. Un palais abbatial est construit et terminé en 1706.

Déclin et fin[modifier | modifier le code]

Le XVIIIe siècle est un lent déclin. Il y a peu de vocations monastiques, au point que les moines ne sont plus qu’une dizaine à vivre à Lachalade lorsque éclate la Révolution française. Les bâtiments conventuels sont vendus et la commune devient propriétaire de l’église, Jean-Marie Bigault de Parfonrut, gentilhomme verrier, en devient propriétaire en 1791.

Plan des lieux tel qu'en 1822

Église de Lachalade[modifier | modifier le code]

La plupart des bâtiments sont démolis et le matériau réutilisé ailleurs. L’église abbatiale, d’abord à l’abandon et quasi en ruines, évite le même sort grâce à la détermination de l’abbé Chaput, curé de Lachalade de 1851 à 1881. Dix ans après sa nomination l’église est restaurée et même embellie d’une grande rosace (XVe siècle) en provenance de l’abbaye de Saint-Vanne, à Verdun. La même année (1862) il obtient le classement de l’église au titre des monuments historiques[2].

Les deux guerres mondiales causent beaucoup de dégâts à l’église. La première provoque la destruction des vitraux, la perte du mobilier et des dégâts importants à la toiture. L'ensemble est à peine restauré quand un bombardement allemand au début de la Seconde Guerre mondiale (14 mai 1940) endommage de nouveau ce qui reste de l’abbaye et de l’église. Toiture, charpente et voûte s’effondrent. Les réparations tardent et ne s’achèvent qu’en 1968.

L'association des amis de l'église abbatiale de Lachalade (AAEAL) a été créée en 1989. Elle regroupe des bénévoles qui tiennent à la sauvegarde et à la mise en valeur de l’église et de son environnement. Elle a son siège à la Mairie de Lachalade (55120). Un reçu fiscal est adressé à tout donateur. Les dons contribuent à financer les travaux de conservation de ce patrimoine important.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (la) Leopold Janauschek, Originum Cisterciensium : in quo, praemissis congregationum domiciliis adjectisque tabulis chronologico-genealogicis, veterum abbatiarum a monachis habitatarum fundationes ad fidem antiquissimorum fontium primus descripsit, t. I, Vienne,‎ 1877, 491 p. (lire en ligne), p. 107.
  2. a et b « Notice no PA00106545 », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  3. « Chalade, la », sur http://www.cistercensi.info, Ordre cistercien (consulté le 19 novembre 2013).

Lien externe[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • L'abbaye de La Chalade, Horizons d'Argonne, 1992, no 65-65, 202p