Simon Ier de Lorraine

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Simon Ier de Lorraine[1], dit le grois, né vers 1096, mort le 13 ou 14 janvier 1139, duc de Lorraine de 1115 à 1139 et marchis[2]. Il est le fils du Thierry II, duc de Lorraine, et de Gertrude de Flandre.

Filiation[modifier | modifier le code]

Il semble que les historiens se soient trompés sur la filiation de Simon ; longtemps considéré comme le fils d'Hedwige de Formbach, il est en fait le fils de Gertrude de Flandre.

Il n'est pas le fils d'Hedwige :

  • Galbert de Bruges, dans son ouvrage Meurtre de Charles le Bon, signale que Gertrude est devenue duchesse d'Alsace et a eu pour fils Simon et Gérard,
  • Simon le 11 avril 1126 demande aux chanoines de la cathédrale de Toul « de prier pour le repos de son âme et pour ses prédécesseurs, notamment son père Thierry et sa mère Gertrude ».

Il s'avère qu'à la suite du décès prématuré de son fils aîné (né d'Hedwige) prénommé Simon, Thierry a donné son prénom au premier fils de Gertrude.

La confusion viendrait du fait qu'à cette époque on nommait frère indifféremment son frère et son beau-frère ; Simon dans une charte destinée aux chanoines de Saint-Dié signale son frère Lothaire, roi des Romains, indication reprise par Henri évêque de Toul dans un acte de 1134 (Cartulaire de Belval)[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Il succède à son père en 1115 et accompagne l'empereur Henri V en 1122 à la Diète de Worms, qui met fin à la Querelle des Investitures.

À l'intérieur du duché, il entre en conflit avec Étienne de Bar, évêque de Metz et Adalbéron de Montreuil, archevêque de Trèves, tous deux alliés du comte de Bar. L'archevêque l'excommunie une première fois à la suite d'une querelle avec les chanoines de la collégiale de Saint-Dié. Il est accusé de percevoir des taxes trop importantes sur les terres et en particulier sur celle de Coincourt ; l'intervention du pape ne fait pas changer l'attitude de Simon. Il est donc excommunié par l'archevêque de Trèves mais le pape Innocent II lève l'excommunication.

Il est ensuite en querelle avec les abbesses de Remiremont : Simon a fait construire un château sur les terres de l'abbaye sans l'autorisation des abbesses. saint Bernard dont il est l'ami intervient par courrier auprès de l'épouse de Simon. Il détruit la forteresse mais usurpe des terres appartenant à l'abbaye. Le pape demande aux évêques de Toul et de Metz de défendre l'abbaye ; il excommunie Simon et jette l'interdit sur le duché.

En guerre contre l'archevêque de Trèves, et aidé par le duc de Bavière et le comte de Salm, il s'empare de plusieurs forteresses de l'archevêque. Lothaire lui vient secondairement en aide et il ravage les terres de l'archevêque. Adalberon l'excommunie et jette l'interdit sur ses états.

Il fonde plusieurs abbayes dont celle de Sturzelbronn en 1135 où il sera inhumé une seconde fois, après l'avoir été à Saint-Dié. En effet lors de son décès, son entourage ignore que Simon a été excommunié par le pape le 17 décembre 1138, et son corps est déposé dans l'église de la collégiale de Saint-Dié, mais celle-ci est frappée d'interdit. On le transporte donc à Sturzelbronn où la cérémonie se déroule le 19 avril 1139. L'interdit ne sera levé que 4 ans plus tard par le pape Luce II (bulle du 22 mars 1143).

Il épouse Adélaïde de Louvain[4] en 1112 ou 1113. Adélaïde est inhumée dans l'ancienne église de l'abbaye Notre-Dame de L'Étanche qui fut détruite lors de la guerre de 30 ans.

Adélaïde est la fille d'Henri III de Louvain et d'Edwige de Formbach. Cette dernière, veuve d'Henri III se remarie en 1095 avec Thierry II de Lorraine, père de Simon, son gendre. La différence d'âge entre Adélaïde et Simon était certainement importante ; elle est probablement née peu avant le deuxième mariage de sa mère avec Gebhard, comte de Supplinbourg, soit vers 1074 ou 1075, son frère Lothaire étant né probablement après la mort de son père vers la fin de l'an 1075 (décès le 9 juin 1075). Adélaïde a donc 38 ou 39 ans lors de son mariage. Elle décède après 1158, année de la dernière mention d'elle dans un document.

Ils ont comme enfants :

  • Mathieu Ier (v. 1119 † 1176), duc de Lorraine
  • Robert, seigneur de Floranges (près de Thionville)
  • Agathe, épouse vers 1130 Renaud III, comte de Bourgogne († 1148/1149).
  • Hedwige, épouse de Frédéric III, comte de Toul.
  • Baudouin de Lorraine, moine ; il passe son existence en Flandre.
  • Bertha,(1116 - † 1162) mariée à Herman III († 1160), margrave de Bade.
  • Jean de Lorraine, une seule fois cité dans les documents ; cité comme témoin dans la charte de fondation de l'abbaye de l'Étanche (« [...] Johannes frater Ducis [...] »).

Selon certains auteurs, il serait aussi le père de :

  • Pétronille, mariée à Arnould III de Berghes-Saint-Winocq, châtelain d'Ardres. Pétronille est dite fille de Marguerite de Hennin-Liétard[5]… ce qui simplifie guère la question matrimoniale de Simon 1er
  • Matthias
  • Baudouin Ier, seigneur de Hénin-Liétard, marié à Isabeau de Hainaut, auteurs de la Maison d'Alsace-Hénin-Liétard. Baudouin, comme Pétronille sa sœur, est dit fils de Marguerite de Hennin-Liétard[5].

Sources[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Généalogie de Simon sur le site Medieval Lands
  2. La lorraine est une marche entre les royaumes de France, d'Allemagne et de Bourgogne.
  3. Georges Poull, La Maison ducale de Lorraine. Presses Universitaires de Nancy, 1991. 595 p. (ISBN 2-86480-517-0). p. 28.
  4. Généalogie d'Adélaïde de Louvain sur le site Medieval Lands
  5. a et b François-Alexandre de La Chenaye-Aubert, Dictionnaire de la Noblesse, contenant les généalogies, l'histoire & la Chronologie des familles nobles de France, l'explication de leurs armes, & l'état des grandes Terres du Royaume aujourd'hui possédées à titre de Principautés, Duchés, Marquisats, Comtés, Vicomtés, Baronnies, &c, soit par création, par héritages, alliances, donations, substitutions, mutations, achats ou autrement., t. 1, Paris, La veuve Duchesne,‎ 1770, 2e éd., 834 p., p. 202