Thierry Breton

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Thierry Breton
Thierry Breton, en août 2011, alors PDG du groupe Atos.
Thierry Breton, en août 2011, alors PDG du groupe Atos.
Fonctions
Ministre de l'Économie, des Finances
et de l'Industrie

25e ministre des Finances de la Ve République
Président Jacques Chirac
Gouvernement Raffarin III
Villepin
Prédécesseur Hervé Gaymard
Successeur Jean-Louis Borloo
Biographie
Date de naissance (60 ans)
Lieu de naissance Paris, France
Nationalité Française
Parti politique sans étiquette
Diplômé de École supérieure d'électricité (Supélec)
Profession Dirigeant d'entreprises
Enseignant

Thierry Breton, né le (60 ans)[1] à Paris (14e arrondissement), est un dirigeant d'entreprise, administrateur de sociétés et homme politique français.

Président-directeur général de Thomson (1997-2002) puis de France Télécom (2002-2005), il a été ministre français de l'Économie, des Finances et de l'Industrie de à [2], puis professeur à Harvard (2007-2008)[3]. Il est président du directoire du groupe Atos depuis et PDG depuis février 2009[4]. Depuis août 2014[5], Thierry Breton est également président du conseil d'administration de Bull[6], à la suite de l'OPA amicale menée par Atos.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Après avoir effectué sa scolarité à l'École alsacienne à Paris puis ses classes préparatoires aux grandes écoles au lycée Louis-le-Grand, Thierry Breton obtient, en 1979, son diplôme d'ingénieur de l'École supérieure d'électricité (Supélec)[3]. Il est ensuite auditeur de la 46e session de l'Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN)[7].

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Thierry Breton débute sa carrière en 1979 comme professeur d'informatique et de mathématiques au Lycée français de New York, dans le cadre de son service militaire au titre de la coopération[8]. En 1981, il crée Forma Systems, une société d'analyse de systèmes et d'ingénierie informatique dont il devient président-directeur général[9]. Il en quitte la présidence en 1986 pour se consacrer au projet du Futuroscope[10].

Futuroscope[modifier | modifier le code]

À la suite de sa rencontre en 1982 avec René Monory, qui le considérera comme étant son héritier politique[11], il participe à la conception du Futuroscope de Poitiers, puis en est nommé de 1986 à 1990, chef du projet. Il travaille essentiellement au développement de la partie « aire d'activités technologiques » qui deviendra la Technopole du Futuroscope.

Groupe CGI[modifier | modifier le code]

De 1990 à 1993, il est directeur général du groupe CGI[12], société d’analyse de systèmes et d’ingénierie informatique[13].

Bull[modifier | modifier le code]

Il entre chez Bull, en 1993, en proie à de grandes difficultés, en tant que directeur de la stratégie et du développement aux côtés de Jean-Marie Descarpentries[1], puis directeur général adjoint. Administrateur du groupe à partir de 1996, il accède en septembre à la vice-présidence du conseil d'administration alors qu'il est âgé de 40 ans[14] et devient administrateur délégué (directeur général) du groupe. En février 1996, considérant qu'il y a un problème de taille critique avec la filiale microinformatique de Bull (Zenith Data Systems), Thierry Breton décide, avec l'aide du japonais NEC, de la fusionner avec l'américain Packard Bell[15], après avoir aidé les deux groupes à se rapprocher l'année précédente[16].

En août 2014, il prend la tête du conseil d'administration de Bull à la suite de son acquisition par Atos.

Thomson[modifier | modifier le code]

En mars 1997[17],[18], il est nommé par le gouvernement à la tête de Thomson et opérera pour le groupe un repositionnement autour des nouvelles technologies de l'image et d'Internet. Considéré comme une véritable pépite pour le groupe, le portefeuille de brevets du groupe (RCA), hérité de General Electric en 1998, génère un chiffre d’affaires de 1,8 milliard de francs en 1999. Après une recapitalisation de 11 milliards de francs (1,7 milliard d'€) par l'État français[19], la valeur du titre en bourse valorisera Thomson jusqu'à 100 milliards de francs en 2002, tandis que 30 % des actions du groupe étaient alors en circulation et le reste contrôlé par l'État. Ce dernier, encore principal actionnaire, cèdera par la suite le principal de sa participation en 2003 (soit 18,5 % du capital du groupe électronique) pour un montant de 950 millions d’euros[20].

En 2001, il est élu par La Tribune « Stratège de l'année » pour sa gestion de Thomson. En septembre 2002, il est nommé président d'honneur de la société à la suite de son départ pour France Télécom[12].

France Télécom[modifier | modifier le code]

Régulièrement décrit comme un « redresseur » d’entreprises[21][22], Thierry Breton est nommé par le gouvernement à la tête de France Télécom le 2 octobre 2002[23].

L'opérateur, surendetté à hauteur de 70 milliards d'euros à la suite de l'éclatement de la bulle financière de l'Internet[24] et dont la situation se dégrade à grande vitesse en raison de la défiance des agences de notation, est alors surnommé « l’entreprise la plus endettée au monde »[25].

Lors de la prise de fonction de Thierry Breton, qui conserve le même salaire qu'il avait chez Thomson (2,3 fois supérieur à celui de son prédécesseur[26][27]), le cours de l’action est inférieur à 7€[28]. Deux mois après son arrivée, le cours de bourse a augmenté de 170 %[29]. Il lance alors le plan « Ambition FT 2005 »[30], s’appuyant sur les deux axes de croissance constitués par l’ADSL et la téléphonie mobile[31].

Cette initiative, qui doit permettre à l’entreprise de « reprendre son destin en main », se base sur trois axes visant chacun 15 milliards de réduction de dette[32] : un renforcement des fonds propres de l’entreprise ; un refinancement auprès des marchés et un programme d’amélioration opérationnelle, baptisé « TOP », comprenant un plan de réduction de coûts qui – accentué par le volet social Act engagé par son successeur Didier Lombard[33] – participe selon un rapport du cabinet Technologia à l'augmentation des facteurs de risque psychosociaux ayant pu affecter le groupe et ses employés[34].

En parallèle d'une situation financière délicate, l’opérateur voit la concurrence s'intensifier en France, son marché historique, alors même que l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), « gendarme des télécoms », demande un dégroupage ADSL[35]. Pour répondre à ces défis, Thierry Breton signe notamment la fin de l’aventure Orange en Bourse et reprend le contrôle à 100 % de sa filiale et de ses bénéfices[36]. Il lance le plan « Internet haut débit pour tous » en juillet 2003, ayant pour objectif de mettre le haut débit à disposition de 90 % des Français[37]. Pour ce faire, il augmente les dépenses du secteur de l'innovation de 20 % par rapport à 2003 et lance la charte "Départements innovants" pour accélérer le développement du haut débit en région[38]. L'année suivante, l’entreprise enregistre plus de 7000 brevets déposés en France et à l’étranger[39]. La même année France Télécom réintègre Wanadoo afin d’intégrer les activités de téléphonie fixe et de fournisseur d’accès[39]. En juillet 2004, il annonce le lancement de la Livebox, première offre « Triple Play » de l’opérateur[40].

En septembre 2004, le gouvernement finalise la privatisation de France Télécom, engagée progressivement depuis 1996, mais conformément à la loi du 31 décembre 2003, proposée et défendue par Thierry Breton[41] le statut spécifique des employés fonctionnaires est maintenu[42].

Sous la direction de Thierry Breton, France Télécom sera le premier opérateur historique à avoir élaboré et mis en œuvre le concept d' « opérateur intégré »[43]. En moins de trois ans, il aura ramené la dette sous la barre des 40 milliards d'euros[44].

À son départ pour le ministère de l’Économie en février 2005, le cours de l’action est de 23 euros[45].

Il est nommé président d’honneur de France Télécom[46], après avoir choisi de ne pas percevoir d’indemnités de départ[8], initialement prévues à hauteur de vingt et un mois de rémunération brute[47].

En janvier 2010, la Harvard Business Review publie pour la première fois le classement des 100 patrons les « plus performants » au monde (The 100 Best-Performing CEOs in the World)[48] s'appuyant sur une étude académique reprenant les performances comparées, au cours de leurs mandats, des chefs d'entreprise des 2 000 plus grandes entreprises mondiales sur une période courant de 1995 à 2009. Thierry Breton y occupe la 62e position au titre de son mandat de président-directeur général de France Télécom[48].

Atos[modifier | modifier le code]

En novembre 2008, Thierry Breton est nommé président du directoire d'entreprise française de services numériques Atos Origin, rebaptisée depuis Atos[4]. Il est élu président-directeur général du Groupe le 10 février 2009 par l'assemblée générale des actionnaires administrateur, puis par le conseil d'administration[49]. A l'annonce de sa nomination, le cours en Bourse, situé à 18 euros, se renchérit de 7,84%[50].

Atos, qui réalise en 2008 un chiffre d'affaires de 5,5 milliards d'euros et compte 50 000 salariés est selon Thierry Breton "trop gérée en silos" et sa marge de profitabilité inférieure à celle de ses concurrents nécessite un plan complet de transformation[51][52].

Acquisition de Siemens IT Solutions and Services et partenariat franco-allemand[modifier | modifier le code]

En juillet 2011, il dirige l'acquisition des activités informatiques du groupe industriel allemand Siemens[53] qui permet au groupe de changer de dimension avec 78 500 collaborateurs dans 42 pays[54], se hissant au second rang européen derrière IBM[55]. L'opération est saluée par les marchés financiers, l'action d'Atos gagnant 11,6%[56].

Avec l'intégration de 28 000 ingénieurs[57], Atos devient l'une des plus importantes coopérations industrielles et technologiques franco-allemandes depuis Airbus[58], se traduisant notamment par un rapprochement financier (Siemens prenant 15% du capital d'Atos), la création d'un fonds d'investissement commun de 100 millions d'euros et une réponse conjointe à des appels d'offres internationaux[59].

Cette stratégie est distinguée par le prix « coopération industrielle » remis par la chambre franco-allemande de commerce et d’industrie[59].

Thierry Breton fait adopter en 2012 le statut de société européenne (SE) à Atos[60], qui dispose d'un siège en France et d'un second en Allemagne, à Munich[61].

Il participe par ailleurs à d’autres projets institutionnels européens au sein desquels le partenariat avec l’Allemagne est central, comme le European Cloud Partnership (2012-2014) de la Commission européenne qu’il co-préside avec Jim Snabe, co-PDG du leader mondial allemand de logiciels SAP[62].

Acquisition de Bull[modifier | modifier le code]

En mai 2014, Thierry Breton lance une OPA amicale sur l’acteur informatique historique français Bull, visant à faire d’Atos le numéro un européen du cloud et l’un des principaux acteurs mondiaux en big data et cyber-sécurité[63].

Cette acquisition, saluée par les marchés (l’action d’Atos gagnant 6,2% et celle de Bull 21,9% le jour de l’annonce), permet notamment au groupe de se positionner sur le segment des supercalculateurs[64] et en devenir le seul constructeur européen.

Acquisition de Xerox ITO[modifier | modifier le code]

Six mois plus tard, il annonce l’acquisition par Atos des activités d’outsourcing informatique de Xerox ainsi qu’un partenariat stratégique avec le groupe américain.

Cette opération, accueillie très favorablement en Bourse[65], fait entrer Atos dans les cinq premières sociétés numériques au monde[66]. L’entreprise, qui a doublé de taille en six ans, compte près de 100 000 employés[66].

Stratégie Zero-Email[modifier | modifier le code]

Il annonce en 2011 son objectif de supprimer l'usage interne des mails, mettant en œuvre une stratégie baptisée "Zero-Email"[67] qui vise à les remplacer par des outils appropriés tels que réseaux sociaux d'entreprise, messageries instantanées et outils collaboratifs. Il déclare à cette occasion que l'explosion non contrôlée des mails internes est susceptible de créer à terme une pollution informationnelle moderne[68].

En 2012, il est élu par Les Échos « Stratège de l'année » pour sa gestion d'Atos[69]. L’année suivante, l’entreprise est classée au second rang du Palmarès des employeurs français de RegionsJob et L'Express, qui prend notamment en compte les conditions de travail, les perspectives de carrière et la pérennité de l’entreprise[70].

Ayant contribué à faire augmenter le cours d'Atos en Bourse de 268% en cinq ans[71], les 336 000 actions qu'il possède en 2014 ont une valorisation potentielle de 6 millions d'euros, après imposition à 71%[72].

En mai 2015, la capitalisation boursière du groupe s’élève à 7,29 milliards d’euros, en hausse de plus de 5 milliards par rapport à novembre 2008[73].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

1986-1994[modifier | modifier le code]

De 1986 à 1988, Thierry Breton intègre le cabinet de René Monory au ministère de l'Éducation nationale en tant que conseiller pour l'informatique et les technologies nouvelles[74]. Il siège en outre au conseil régional de Poitou-Charentes de 1986 à 1992 (en tant que vice-président à partir de 1988)[11], que préside Jean-Pierre Raffarin, sous l'étiquette divers droite.

En 1993, il est chargé d'une mission sur le télétravail par le Premier ministre Édouard Balladur[75]. Cette mission donnera lieu à la publication de deux rapports à La Documentation Française : Le télétravail en France (1993) et Les Téléservices en France (1994)[76],[77].

2005-2007 : ministre de l'Économie[modifier | modifier le code]

Thierry Breton, en février 2006, alors ministre de l'Économie, lors de la soirée de lancement du site LesTelechargements.com au Palais de Tokyo à Paris.

Déjà pressenti pour succéder à Nicolas Sarkozy à la tête de Bercy en novembre 2004[8][78], Thierry Breton est nommé ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie dans le gouvernement Raffarin III[79]en février 2005, en remplacement d'Hervé Gaymard.

Lors de ses deux années et demi passées à la tête de Bercy, il axe sa politique économique sur la nécessité d'assainir les comptes publics via notamment la réduction de la dette[80]. Il déclare dès juin 2005 que la France « vit au-dessus de ses moyens »[81], faisant écho aux propos tenus par le Premier ministre Raymond Barre en 1976[82]. Il affirme aux Français que la totalité de leurs impôts sur le revenu sert uniquement à financer les seuls intérêts de la dette nationale[83].

Un mois plus tard, il installe une commission, présidée par le patron de BNP Paribas Michel Pébereau[84], chargée de « rompre avec la facilité de la dette publique »[85].

Fixant comme objectif prioritaire le maintien du déficit public sous la barre des 3 % du PIB en 2005 et en 2006[86], il préconise l'arrêt de la baisse des impôts et la réduction de plus de 5000 postes de fonctionnaires, dont environ 2600 au sein même de Bercy[87].

Fin 2005, le déficit de la France retombe à 2,9 % du PIB[88], après trois années consécutives de dépassement du taux de 3 %[89]. En 2006, le déficit public est ramené à 2,5% et la dette publique enregistre une forte baisse, à 63,9% du PIB[90]. Pour la première fois depuis 1995, le budget du pays est en excédent primaire[91]. En parallèle, le PIB de la France augmente de 2,1 % en 2006, contre 1,7 % en 2005[92].

En juillet 2005, à l'initiative de Dominique de Villepin, il lance la privatisation des autoroutes françaises pour bâtir une industrie des concessions capable de conquérir des marchés à l’étranger, en investissant dans des techniques liées par exemple à la « voiture connectée »[93]. La cession, estimée initialement à 10 milliards d’euros par la commission des participations et des transferts[94] , rapportera in fine à l'État 14 milliards d'euros[95] mais sera vivement critiquée par l'opposition, et François Bayrou en particulier, estimant que le maintien des dividendes jusqu’en 2032, date de fin des concessions, aurait pu rapporter davantage de bénéfices[96].

Il présente en octobre 2005 une loi sur « la modernisation de l'économie », votée la même année, visant à favoriser l’accès des PME aux marchés financiers, encourager la recherche et promouvoir l’intéressement des salariés aux résultats de l’entreprise[97]. Il se prononce à cette occasion en faveur de la transcription en droit français du statut de « société européenne », permettant aux entreprises d’opérer dans toute l’UE sur la base d’un ensemble de règles financières unifié[98].

Il mène parallèlement une réforme de simplification fiscale, réduisant de sept à quatre le nombre de tranches d'impôt sur le revenu[99], et met en place la déclaration de revenus pré-remplie sur Internet[100].

Il dévoile à cette période le concept de bouclier fiscal, qu'il instaurera en 2006 à un niveau de 60 %, hors CSG et CRDS (repris en 2007 par Nicolas Sarkozy avec abaissement à 50 % englobant CSG et CRDS).

Il souhaite que la France soit le premier pays à se pencher sur le développement et la valorisation de son patrimoine immatériel[101]. Il confie ainsi en mars 2006 à Maurice Lévy et Jean-Pierre Jouyet un rapport sur l’économie de l’immatériel dans le but de créer une agence du patrimoine immatériel de l’État ayant pour vocation le recensement et la valorisation de ses actifs immatériels (droit à l’image ; marques etc.)[102]. Cette agence (la première au monde de ce type[102]) est mise en place par un arrêté du 23 avril 2007[103]. Ce patrimoine immatériel est comptabilisé pour 10 milliards d'euros d'actifs au bilan annuel de l'État pour 2010[104].

À l'automne 2006, il poursuit l'ouverture du capital de GDF afin de permettre le mariage de l'entreprise avec Suez, menacée par une OPA hostile du groupe italien Enel, alors Nicolas Sarkozy, son prédécesseur à Bercy, y était initialement défavorable[105]. Cette décision conduit à une bataille parlementaire avec le dépôt de plus de 137 000 amendements, un record dans l'histoire parlementaire, pour tenter de bloquer le texte[106]. Après plus de deux mois de débats, le texte est finalement voté[107].

En février 2007, le taux de chômage se situe à 8,4%, score le plus faible enregistré depuis juin 1983[90].

En avril 2007, durant la campagne présidentielle, le magazine Challenges affirme qu'il a demandé à EADS de souscrire aux exigences de Noël Forgeard concernant ses indemnités de départ[108], ce que Maurice Lévy, en qualité de médiateur, réfute fermement un plus tard[109].

Il termine son mandat le 15 mai 2007, au terme du quinquennat de Jacques Chirac. La passation de pouvoir avec Jean-Louis Borloo, désigné ministre de l'Économie par le président de la République nouvellement élu Nicolas Sarkozy, a lieu le lendemain[110].

Enseignant[modifier | modifier le code]

À partir de juillet 2007, il quitte la France pour aller enseigner pendant deux ans à l'université Harvard aux États-Unis. Son cours s'intitule : Leadership and corporate accountability. Il l'enseigne en qualité de Professeur senior lecturer[111] à la Harvard Business School, l'université de management et d'économie de Harvard.

Écrivain et essayiste[modifier | modifier le code]

Thierry Breton entame sa carrière d'auteur en 1984. En trois ans, il publie trois livres[112] : Softwar, Vatican III (pour lequel il sera invité de l'émission littéraire d'Antenne 2 Apostrophes) et Netwar.

En 2002, interrogé par un journaliste du mensuel économique L'Expansion sur la genèse de Softwar, Thierry Breton explique que ce roman d'anticipation, l'un des plus grands best-sellers de l'année 1984, traduit dans plus de 25 pays, avait été imaginé et écrit par les deux coauteurs, tout en précisant que « pour l'essentiel, c'est Denis Beneich qui a tenu la plume[113] », ce que ce dernier confirme[114].

Il arrête là sa carrière de romancier et publie ensuite six essais, de 1991 à 2007[112].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • 1984 : Softwar (La Guerre douce), Thierry Breton - Denis Beneich, éd. Robert Laffont, Paris ; thriller technologique. Adapté pour la télévision en 1992[115].
  • 1985 : Vatican III, Thierry Breton, éd. Robert Laffont, Paris
  • 1987 : Netwar (La guerre des réseaux), Thierry Breton, éd. Robert Laffont, Paris
  • 1991 : La Dimension invisible (Le défi du temps et de l'information), éd. Odile Jacob, Paris ; essai sur la société de l'information[116].
  • 1992 : La Fin des illusions, Plon, Paris ; essai qui dénonce l'argent fou de l'immobilier, et la virtualité de l'économie induite par l'informatique, sans gain réel de productivité.
  • 1993 : Le Télétravail en France, La Documentation française.
  • 1994 : Le Lièvre et la Tortue, essai sur les atouts inattendus de Français, cosigné avec Christian Blanc et dans lequel les auteurs définissent la notion de pôle de compétitivité à la française.
  • 1994 : Les Téléservices en France, ou une anticipation précoce du monde de l'internet, La Documentation française.
  • 2007 : Antidette, Plon.L'auteur y expose sa vision politique des grands enjeux économiques nourrie de son action et de son bilan au Ministère de l'Économie et des Finances. Il y expose sa théorie de la « vertu budgétaire » et propose un plan pour la France de désendettement et de croissance.

Fonctions[modifier | modifier le code]

Administrateur[modifier | modifier le code]

  • décembre 2001 : Jacques Chirac le nomme administrateur de son musée du septennat.
  • Jusqu’en février 2005, date de son accession au gouvernement :
    • administrateur, vice-président de Bull (1996-1997).
    • administrateur, président du comité d'audit de Rhodia (1998-2002).Thierry Breton est nommé administrateur de Rhodia en 1998, puis président du comité d'audit jusqu'en 2002. Trois ans plus tard, le 27 juin 2005, dans le cadre de l'affaire Rhodia, une perquisition est menée dans les bureaux de Bercy sans succès. Selon Daniel Lebard, alors PDG d'Albright & Wilson, Thierry Breton, ancien administrateur de Rhodia, aurait été « sauvé » par l'AMF durant cette affaire[117],[118], ce que l'AMF et Thierry Breton démentent, ce dernier obtenant la condamnation de Daniel Lebard pour diffamation[119].
    • administrateur de Bouygues Telecom (2000-2002).
    • administrateur, président du conseil d'administration de Thomson (anciennement Thomson Multimedia, nouvellement Technicolor.)
    • administrateur, président du conseil d'administration de Thomson SA. (TSA).
    • administrateur, président du conseil d'administration de France Télécom.
    • administrateur, président du conseil d'administration d'Orange.
    • administrateur de Schneider Electric.
    • administrateur de La Poste.
    • administrateur du Centre national d'études spatiales (CNES).
    • administrateur de Dexia (Belgique).
    • membre du conseil de surveillance d'AXA.
    • administrateur, vice-président du conseil d'administration de l'École Alsacienne.
    • Président de l'université de technologie de Troyes (UTT: 1997-2005)[120].
  • Depuis 2007 :

Autres fonctions[modifier | modifier le code]

Fonctions ministérielles[modifier | modifier le code]

Débat sur la régulation des télécoms[modifier | modifier le code]

En juin 2012, Thierry Breton publie une tribune dans Le Monde : « Free menace l'innovation dans les Télécoms »[127] le jour même où Xavier Niel (vice-président et directeur de la stratégie d'Iliad, maison mère de Free) publie dans Les Échos: "Free Mobile : mythes et réalités"[128] ; des tribunes largement commentées qui s'ajoutent au débat de fond sur la politique industrielle, l'emploi et l'innovation dans les télécommunications[129].

Décorations et distinctions[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

  • 1997 : Chevalier de l'ordre national de la Légion d'honneur, France
  • 2001 : Citoyen d'honneur de la ville de Foshan, province du Guangdong, République populaire de Chine
  • 2004 : Commandeur de l'ordre national du Mérite, France
  • 2006 : Commandeur de l'ordre du mérite civil d'Espagne (orden del Merito Civil)
  • 2006 : Grand officier de l'ordre de la Croix du Sud (Ordem Nacional do Cruzeiro do Sul), Brésil
  • 2006 : Grand Croix de l'ordre du Mérite (Al Merito de Chile), Chili
  • 2008 : Officier de l'ordre national de la Légion d'honneur, France
  • 2010 : Commandeur de l'ordre du Ouissam Alaouite, Maroc
  • 2012 : Grand officier de l’ordre national du Mérite, France[130]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Thierry Breton, un proche de l'Élysée sauveur d'entreprises Le Monde, 25 février juillet 2005
  2. Thierry Breton, l'insaisissable Les Échos, 29 mars 2012
  3. a et b Thierry Breton, Président-directeur général d'Atos Les Échos, 17 novembre 2011
  4. a et b Thierry Breton nommé à la tête d'Atos Origin L'Express, 17 novembre 2008
  5. « Thierry Breton préside le conseil d'administration de Bull », sur Le monde informatique,‎
  6. Thierry Breton nommé président de Bull, JDN, 20 août 2014
  7. (en) « 25 février 2005 : Thierry Breton démissionne de la présidence de l'UTT »
  8. a, b et c « Thierry Breton, un patron à Bercy », La Croix,‎ (lire en ligne)
  9. (en) « Thierry Breton, 1955 »
  10. Sébastien Dufil, « Thierry Breton », sur Edubourse,‎
  11. a et b Breton, un patron très politique Libération, 21 janvier 2005
  12. a et b Fiche de Thierry Breton sur le site de l'Express, 1er juin 2005.
  13. « Biographie - Thierry Breton : ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie (Archive) », sur Archives du portail du gouvernement,‎ (consulté le 26 septembre 2014)
  14. Bercy : au tour de Breton L'Express, 28 février 2005
  15. « Bull cède sa filiale micro-informatique à l'américain Packard Bell », sur Les Échos,‎
  16. « NEC prend 20 % de l'américain Packard-Bell, partenaire de Bull », Les Échos,‎ (lire en ligne)
  17. « Thierry Breton à la manœuvre », sur Le Point,‎
  18. « Thomson Multimédia Les clés du redressement », sur L'Usine nouvelle,‎
  19. « Thomson Multimédia Les clés du redressement » L'Usine Nouvelle, 6 novembre 2001
  20. « L'État sort de Thomson et récupère 950 millions d'euros » L'Usine Nouvelle, 4 novembre 2003.
  21. « Désigné pour redresser France Télécom », L'Usine Nouvelle,‎ (lire en ligne)
  22. « Un redresseur d'entreprises expérimenté », Les Échos,‎ (lire en ligne)
  23. « Le gouvernement va nommer Thierry Breton à la tête de France Télécom », Les Échos,‎ (lire en ligne)
  24. « L'entreprise la plus endettée au monde » Libération, 14 septembre 2002.
  25. « L'entreprise la plus endettée au monde », Libération,‎ (lire en ligne)
  26. France Télécom - Document de référence 2002,‎ , 407 p. (lire en ligne), p. 399 Rémunération de Michel Bon
  27. France Télécom - Document de référence 2003, 216 p. ([France%20Télécom lire en ligne]), p. 142 Rémunération de Thierry Breton
  28. « Thierry Breton va lancer très vite un audit de France Télécom », Les Échos,‎ (lire en ligne)
  29. « France Télécom : un titre au parcours chaotique », LCI,‎ (lire en ligne)
  30. « France Télécom : redressement avant privatisation » RFI, 5 décembre 2002.
  31. « France Télécom tire profit de sa stratégie d'intégration », ZDNet,‎ (lire en ligne)
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Voir également[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Patrick Cabanel, « Thierry Breton », in Patrick Cabanel et André Encrevé (dir.), Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours, tome 1 : A-C, Les Éditions de Paris Max Chaleil, Paris, 2015, p. 476-477 (ISBN 978-2846211901)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]