Classe Agosta

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Classe Agosta
image illustrative de l’article Classe Agosta
Le Ouessant en rade de Brest le 24 août 2005
Caractéristiques techniques
Type Sous-marin d'attaque conventionnel (SSK)
Longueur 67 m
Maître-bau 6,8 m
Déplacement 1510 t en surface, 1760 t en plongée
Propulsion 2 groupes électrogénes SEMT Pielstick 16 PA 4 de 960kW, 1 moteur électrique de propulsion de 3 500kW, 1 hélice
Vitesse 12,5 nœuds en surface, 20 en plongée
Profondeur 300 m
Caractéristiques militaires
Armement 4 tubes lance-torpilles, 20 torpilles ou missiles
Autres caractéristiques
Électronique Sonar actif DUUA2, sonar ETBF remorqué DSUV62
Équipage 54 hommes
Histoire
A servi dans Civil and Naval Ensign of France.svg Marine nationale française
Naval Ensign of Pakistan.svg Marine pakistanaise
Naval Jack of Spain.svg Marine espagnole
Naval Ensign of Malaysia.svg Marine royale malaisienne
Navires construits 13
Navires en activité 5

La classe Agosta est un type de sous-marin d'attaque à propulsion classique de conception française des années 1970.

Une version améliorée, baptisée Agosta 90B, a été développée pour l'exportation dans les années 1990, vendu à la marine pakistanaise.

Historique[modifier | modifier le code]

Quatre unités de ce type ont été construites pour les forces sous-marines de la Marine nationale française dans le cadre de la loi-programme de 1970-1975. Désarmés entre 1997 et 2001, ils ont été les derniers sous-marins à propulsion classique de la marine française.

Le dernier de la série, l'Ouessant, a été réarmé en 2005, après des travaux à l'arsenal de Brest, pour être prêté puis cédé[1] à la Marine royale malaisienne. Celle-ci, qui a acheté deux sous-marins type Scorpène au consortium DCNS/IZAR, l'utilise pour former ses équipages depuis la base navale de Brest, avec le concours de la société NAVFCO.

La marine espagnole a construit, avec l'aide technique française, quatre Agosta au début des années 1980 en utilisant l'équipement électronique français et les torpilles françaises L5, F17 et E18.

Le Pakistan a acheté, en 1978, deux exemplaires, à l'origine destinés à l'Afrique du Sud, mais frappés d'embargo en raison de l'apartheid. Par la suite, la Marine pakistanaise a commandé trois Agosta 90B, qui ont été vendus pour 825 millions d'euros en 1994. Il semble que ce contrat ait fait l'objet de rétrocommission[2] (affaire des frégates d'Arabie saoudite et des sous-marins du Pakistan). Le premier de la série (Agosta 70) a été construit par DCNS à Cherbourg ; les deux autres ont été assemblés à Karachi, avec l'assistance technique française. Le dernier, le S139, a été directement équipé du moteur AIP de type Mesma (Module d'Énergie Sous-Marine Anaérobie). Les autres l'ont reçu au cours d'une refonte en 2004.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Plus grands que les navires de la classe Daphné, les Agosta ont été étudiés pour accomplir des missions à longue distance. Les sources de bruit, extérieures et intérieures, ont été réduites dans toute la mesure du possible. Notamment les apparaux de coque sont rétractables et effacés à la mer. Amélioration notable par rapport aux Daphné, les tubes lance-torpilles, au nombre de quatre, sont à rechargement rapide à la mer. Ils peuvent lancer indifféremment des torpilles de 550 ou 533 mm de diamètre, des missiles à changement de milieu SM39 ou des mines.

L'Agosta en escale à Rouen en 1994.

Agosta 90B (Mesma)[modifier | modifier le code]

Différences par rapport à l'Agosta :

  • longueur 76,24 m (allongement de 9 m)
  • déplacement porté à 1730 tonnes en surface et 1 980 tonnes en plongée
  • coque en acier 80 HLES : immersion maximale 320 m
  • Système de combat : SUBTICS de UDSI (désormais DCNS), Sonar actif TSM 2253
  • emport d'armes : 16
  • équipage : 36 hommes
  • Énergie-propulsion : 2 groupes électrogènes SEMT Pielstick 16 PA 4 de 850 kW et un moteur auxiliaire MESMA de 200 kW
  • l'autonomie en plongée profonde est multipliée par 5

Sous-marins[modifier | modifier le code]

Sous-marin Agosta de la marine espagnole, ici le Galerna (S-71)
Le sous-marin de Classe Agosta de la marine espagnole Tramontana (S74)
  • Drapeau de la France France
    • Agosta (S620) – Mis en service 1977 – désarmé en 1997 - La coque est utilisée pour des essais de chocs à Toulon.
    • Bévéziers (S621) – Mis en service 1977 – désarmé en 1998 - En attente de démantèlement à Brest depuis 2009.
    • La Praya (S622) – Mis en service 1978 – désarmé en 2000 - En attente de démantèlement à Brest depuis 2009.
    • Ouessant (S623) – Mis en service 1978 – désarmé en 2001 - Prêté à la Marine royale malaisienne comme sous-marin d'entraînement.
  • Drapeau de l'Espagne Espagne
    • Galerna (S71) en service depuis 1983
    • Siroco (S72) mis en service en 1983 - retiré du service le 26-06-2012.
    • Mistral (S73) en service depuis 1985
    • Tramontana (S74) en service depuis 1986

Ils mettent en œuvre les torpilles de type DTCN F17, F-17 MODII, E-18 et DTCN L5.

Après prolongation de leur service[3], ils doivent être remplacés par la Classe S-80, dont la mise en service est prévue en 2022[4].

  • Drapeau du Pakistan Pakistan
    • Hashmat (S135) en service depuis 1979
    • Hurmat (S136) en service depuis 1980
    • Khalid (S137) en service depuis 1999 (Agosta 90B)
    • Saad (S138) en service depuis 2002 (Agosta 90B)
    • Hamza (S139) en service depuis 2004 (Agosta 90B)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Pierre-François Forissier, « Décision no 0-35641-2009/DEF/EMM/STN portant changement de position du sous-marin Ouessant », Bulletin officiel des armées,‎ (lire en ligne)
  2. François Labrouillère, Charles Millon : «Chirac m’a demandé de bloquer des commissions illicites», Paris Match, .
  3. « Vers une prolongation des vieux Agosta espagnols ? », sur Mer et Marine (consulté le 13 janvier 2016)
  4. (es) Esteban Villarejo, « Submarinos (VI): el S-80 tendrá capacidad para atacar con misiles objetivos en tierra », sur ABC, (consulté le 6 février 2018)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Meyer et Martine Acerra, Histoire de la marine française, Rennes, éditions Ouest-France, , 428 p. (ISBN 2-7373-1129-2)
  • Michel Vergé-Franceschi (dir.), Dictionnaire d’Histoire maritime, Paris, éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins », , 1508 p. (ISBN 2-221-08751-8 et 2-221-09744-0).
  • Alain Boulaire, La Marine française : De la Royale de Richelieu aux missions d'aujourd'hui, Quimper, éditions Palantines, , 383 p. (ISBN 978-2-35678-056-0)
  • Rémi Monaque, Une histoire de la marine de guerre française, Paris, éditions Perrin, , 526 p. (ISBN 978-2-262-03715-4)
  • Jean-Michel Roche, Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française de Colbert à nos jours, t. II : 1870-2006, Millau, (ISBN 2-9525917-1-7)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]