Aurélie Filippetti

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Aurélie Filippetti
Image illustrative de l'article Aurélie Filippetti
Fonctions
Députée de la Moselle
Élue dans la 1re circonscription
En fonction depuis le
(1 an 7 mois et 4 jours)
Législature XIVe
Prédécesseur Gérard Terrier

(1 mois et 1 jour)
Élection
Prédécesseur François Grosdidier
Successeur Gérard Terrier
Conseillère municipale de Metz
En fonction depuis le
(2 ans et 27 jours)
Élection 30 mars 2014
Maire Dominique Gros
Ministre de la Culture et de la Communication

(2 ans 3 mois et 9 jours)
Élection
Président François Hollande
Gouvernement Jean-Marc Ayrault I et II
Manuel Valls I
Prédécesseur Frédéric Mitterrand
Successeur Fleur Pellerin
Députée de la Moselle
Élue dans la 8e circonscription

(4 ans 11 mois et 27 jours)
Élection
Législature XIIIe
Prédécesseur Jean-Marie Aubron
Successeur Circonscription supprimée
Conseillère générale de la Moselle
Élue dans le canton de Maizières-lès-Metz

(2 ans 4 mois et 6 jours)
Élection
Prédécesseur Gérard Terrier
Biographie
Date de naissance (42 ans)
Lieu de naissance Villerupt (France)
Nationalité Drapeau : France Française
Parti politique Les Verts (1999-2006)
PS (depuis 2006)
Conjoint Arnaud Montebourg
Diplômée de École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud
Profession Professeur

Aurélie Filippetti, née le à Villerupt[1] en Meurthe-et-Moselle, est une femme politique et romancière française.

Membre du Parti socialiste, elle est élue députée de Moselle en 2007, puis réélue en 2012.

Elle fut ministre de la Culture et de la Communication, du 16 mai 2012 au 25 août 2014 dans les gouvernements Ayrault I et II, puis Valls I.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et études[modifier | modifier le code]

Fille d'Angelo Filippetti (1938-1992), ancien mineur de fond, maire communiste d'Audun-le-Tiche[2] de 1983 à 1992 et conseiller général de 1979 à 1985, et petite-fille d'immigrés antifascistes italiens venus travailler dans les mines de fer de Lorraine dans les années 1920[3], Aurélie Filippetti raconte dans un premier roman, paru en 2003, Les Derniers jours de la classe ouvrière, comment son grand-père, résistant, a été arrêté sur dénonciation par la Gestapo au fond de la mine, en février 1944, puis déporté en camp de concentration avec deux de ses frères[4]. Il meurt à Bergen-Belsen à la fin avril 1945, après la libération du camp[5],[6],[7]. Elle évoque aussi dans cet ouvrage la mémoire ouvrière et le sentiment de déclassement du monde ouvrier après la fermeture des mines et des usines sidérurgiques en Lorraine. La mère d'Aurélie Filippetti, Odette, était intendante de collège[8].

Ses études en classes préparatoires littéraires au lycée Georges-de-La-Tour à Metz achevées, elle est reçue au concours de l'École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud. Elle est agrégée de lettres classiques[9] et, avant ses débuts en politique, enseigne pendant un an comme professeur de lettres, titulaire sur zone de remplacement (TZR), dans l'Académie de Versailles, notamment au lycée Pasteur de Neuilly-sur-Seine[10].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Elle a été la compagne de l'économiste Thomas Piketty[11]. De 2012 à 2014, elle est la compagne de Frédéric de Saint-Sernin[12], ancien secrétaire d'État (ex-UMP), ancien député de la Dordogne et ancien président du Stade rennais football club.

Depuis septembre 2014, elle est en couple avec Arnaud Montebourg[13]. Ils ont eu ensemble une fille, Jeanne, née en septembre 2015[14]. Elle a également une autre fille, Clara, née d'une précédente relation[15].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Les Verts : 1999-2006[modifier | modifier le code]

Aurélie Filippetti adhère aux Verts en 1999, puis devient membre du cabinet d'Yves Cochet, ministre de l'Environnement de juillet 2001 à mai 2002. Aux élections municipales de 2001, elle est élue conseillère d'arrondissement dans le 5e arrondissement de Paris[16]. Tête de liste des Verts au premier tour après s'être battue pour la parité[17] elle obtient 13,75 % des voix[18]. Elle recueille 6,55 % des voix dans la deuxième circonscription de Paris aux élections législatives de 2002[19]. Elle devient membre du secrétariat exécutif et porte-parole des Verts-Paris en mars 2003[20].

Elle se brouille avec les Verts dès 2003 au moment des manifestations contre la guerre en Irak et quitte définitivement le parti qu'elle accuse d'avoir franchi « la ligne jaune » en 2006 quand l'investiture lui est refusée alors qu'elle envisage de retourner en Lorraine[21].

Parti socialiste à partir de 2006[modifier | modifier le code]

Manuel Valls, alors député de l’Essonne, et Aurélie Filippetti lors de la Journée du livre politique, en 2009.

En , elle rejoint l'équipe de campagne de Ségolène Royal[22], candidate à l'élection présidentielle de 2007, comme conseillère spéciale (environnement, culture, éducation, sujets de société). En , d'abord pressentie pour la 7e circonscription de Meurthe-et-Moselle (Longwy), elle est investie par les militants socialistes de la 8e circonscription de Moselle (Rombas-Bouzonville) dont le député PS sortant Jean-Marie Aubron ne se représente pas[23]. Elle est élue le avec 50,96 % des voix.

Elle est porte-parole puis vice-présidente de la Convention pour la sixième République[24],[25], puis du courant pro-Royal « L'Espoir à gauche » pour le Congrès de Reims[26]. Candidate aux élections européennes de juin 2009, elle est troisième de la liste conduite par Catherine Trautmann dans la circonscription Est, place qui ne lui permet pas d'être élue le 7 juin, la liste socialiste ayant obtenu deux élus avec 17,8 % des voix.

Elle soutient François Hollande pour la primaire présidentielle socialiste de 2011. À la suite de la victoire de celui-ci, elle est intégrée dans son équipe de campagne et chargée de la Culture, de l'audiovisuel et des médias[27]. Écrivain elle-même, elle défend le livre et l'indépendance des médias. Elle prône le développement du numérique et un plan national d’Éducation Artistique et Culturelle ainsi que l'abrogation de la loi Hadopi[28]. En novembre 2011 elle est investie par les militants socialistes comme candidate aux élections législatives, avec pour suppléant Gérard Terrier. La 8e circonscription de Moselle ayant été supprimée par le redécoupage électoral de 2010, elle est réélue députée le 17 juin 2012 avec 59,04 % des voix[29] dans la 1re circonscription de la Moselle.

Lors de la nomination du gouvernement Ayrault, le 16 mai 2012, elle devient ministre de la Culture et de la Communication[30],[31]. Elle est reconduite dans le second gouvernement Ayrault, et elle doit donc abandonner son mandat de député incompatible avec une fonction gouvernementale. Son suppléant Gérard Terrier siège donc à l'Assemblée nationale à partir du 22 juillet 2012. Mais comme Gérard Terrier, maire de Maizières-lès-Metz et conseiller général de la Moselle doit selon la loi abandonner l'un de ses mandats locaux, il ne peut que céder son siège au conseil général de la Moselle à sa suppléante, Aurélie Filippetti, qui devient de fait conseillère générale du canton de Maizières-lès-Metz[32].

En 2014, alors qu'elle est ministre depuis deux ans déjà et que le président de la République avait indiqué que les membres du gouvernement qui échoueraient aux élections municipales devraient quitter leur ministère[33], elle se porte candidate aux élections municipales à Metz en deuxième position sur la liste conduite par Dominique Gros. Elle est élue simple conseillère municipale[34] et renonce dans la foulée, le , à son mandat de conseillère générale du canton de Maizières-lès-Metz[35] en application des règles de non-cumul des indemnités qu'elle prône[36].

Ministre de la Culture et de la Communication[modifier | modifier le code]

En tant que ministre de la Culture et de la Communication, elle annonce ses priorités : un projet de loi assurant la protection des sources d'information des journalistes, une refonte de la loi Hadopi, la « sécurisation » du financement de l'audiovisuel public et la fin de la nomination des dirigeants des chaînes publiques par le président[37]. Elle décide également de renforcer la parité homme-femme notamment pour la nomination des directeurs d'institutions culturelles[38].

Pour 2013, le budget de son ministère est en baisse de 2 % par rapport à celui de 2012[39]. Finalement, en avril, et malgré les promesses de campagne, elle annonce l'abandon de la réforme de la loi Hadopi. Seule une variable d'application de la loi est modifiée par décret[40]. Le budget de la culture est annoncé en baisse de 2,8 % en 2014[41]. Son absence le , à l'inauguration de la Cité du cinéma à Saint-Denis lui vaut les critiques du producteur Alain Terzian[42]. En 2014, elle doit faire face aux grèves des intermittents du spectacle pendant les festivals d'été[8].

Elle annonce, le , son intention de ne pas participer au second gouvernement de Manuel Valls[43].

Après le gouvernement[modifier | modifier le code]

Elle retrouve son siège de députée de la Moselle le .

Dans une interview à Médiapart, le 4 octobre 2014, elle reproche à François Hollande son échec sur la gestion des hauts fourneaux de Florange, son enfermement dans les institutions de la Ve République ainsi que la personnalisation de la présidence de la République.

Elle fait partie des 39 députés socialistes, dits « frondeurs », à s'abstenir sur le budget de 2015. Elle justifie cette décision du fait « de comptes à rendre à ses électeurs et aux Français » et affirme « n'avoir de leçon à recevoir de qui que ce soit » en réponse au premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, qui lui reproche son « manque de foi » et justifiant également l'abstention de ses collègues anciens ministres Delphine Batho, Cécile Duflot et Benoît Hamon.

Autres[modifier | modifier le code]

Elle est, en tant que députée, présidente de 2005 à mai 2012 du conseil d'administration du Festival international de cinéma de Marseille[44].

Début 2016 elle est désignée présidente du Festival du cinéma méditerranéen de Montpellier [45].

Publications[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

ex officio comme ministre de la Culture[46].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Aurélie Filipetti », sur assemblee-nationale.fr (consulté le 7 octobre 2008).
  2. http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article50027
  3. Biographies d'Angel et Tommaso Filippetti dans le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier, mouvement social de mai 1940 à mai 1968, tome 5, p. 205 à 207, Éditions de l'Atelier, 2009. Accès en ligne : Angel Filippetti et Tommaso Filippetti.
  4. Sur ce point, voir la communication de Pierre Schill, « Antifascisme et résistance ouvrière organisés autour de la CGT et du Parti communiste en Moselle annexée (1940-1945) : entre histoire et mémoire » présentée au colloque « Annexion et nazification en Europe », qui s'est tenu à Metz, les 7 et 8 novembre 2003. Elle figure aux p. 173 à 187 des actes publiés sous la direction de Sylvain Schirmann (université de Strasbourg) et téléchargeables sur le site internet du Mémorial d'Alsace-Moselle à Schirmeck.
  5. Aurélie Filippetti, une ombre de différence, lejdd.fr.
  6. Aurélie Filippetti, la normalienne du président.
  7. Aurélie Filippetti sur Journal des Femmes.
  8. a et b Marion Mourgue, « Filippetti - L'intermittente », Le Figaro Magazine, semaine du 27 juin 2014, pages 46-54.
  9. « Aurélie Filippetti, la plus proche conseillère de Ségolène Royal », sur politique.net,‎ (consulté le 7 octobre 2008).
  10. http://lorraine.france3.fr/info/aurelie-filippetti-est-ministre-de-la-culture-73937322.html
  11. « Plainte Filippetti / Piketty : domaine public ? »,‎ .
  12. François de Labarre, « Aurélie et Frédéric. Un tandem détonant », sur Paris Match,‎ .
  13. « Paris Match révèle la liaison entre Aurélie Filippetti et Arnaud Montebourg », sur francetvinfo.fr,‎ mise en ligne et consulté le .
  14. « Filippetti a accouché d’une petite Jeanne », sur tempsreel.nouvelobs.com,‎ (consulté le 15 septembre 2015).
  15. « Auré­lie Filip­petti a accou­ché préma­tu­ré­ment », sur gala.fr,‎ (consulté le 28 avril 2016).
  16. Mandat : - .
  17. Sylvia Zappi, « Aurélie Filippetti, retour à la mine », lemonde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  18. « Élections municipales des 11 et 18 mars 2001 - premier tour - résultats de la ville de Paris » [PDF], sur paris.fr (consulté le 7 octobre 2008).
  19. « Élections législatives des 9 et 16 juin 2007 - premier tour - résultats de la ville de Paris » [PDF], sur paris.fr (consulté le 7 octobre 2008).
  20. Blog de Jean-Marc Pasquet..
  21. « Présentation de Aurélie Filippetti » dans Libération du 13 décembre 2006.
  22. Article de L'Humanité du 30 novembre 2006.
  23. Sylvia Zappi, « Aurélie Filippetti, retour à la mine », Le Monde, 2 juin 2007.
  24. Communiqué du Conseil Fédéral de la convention pour la sixième république..
  25. Compte rendu d'assemblée générale de la Convention pour la sixième République, 25 juin 2005..
  26. Aux côtés de Manuel Valls, Jean-Louis Bianco, Delphine Batho, Pascal Terrasse, Julien Dray, Jean-Jack Queyranne, Gaëtan Gorce, David Assouline, François Rebsamen, Louis Mermaz, Gérard Collomb, Jean-Noël Guérini, Gilles Savary, Jean-Pierre Mignard et Malek Boutih.
  27. David Revault d'Allonnes, « L'équipe de François Hollande dévoilée », lemonde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  28. « Les « 60 engagements pour la France » de François Hollande », sur leparisien.fr (consulté le 17 février 2016)
  29. Résultats des élections législatives 2012 : MOSELLE (57) - 1re circonscription.
  30. « Aurélie Filippetti : une romancière au ministère de la Culture »,‎ .
  31. « Aurélie Filippetti : une femme de convictions Rue de Valois »,‎ .
  32. Le républicain lorrain, 24 juillet 2012, Aurélie Filippetti au conseil général.
  33. lefigaro.fr, « En attendant le remaniement, les ministères tournent au ralenti », sur lefigaro.fr (consulté le 16 février 2016)
  34. « Les membres du conseil municipal », sur www.mairie-metz.fr (consulté le 30 avril 2014).
  35. Communiqué de presse relatif à la mise en œuvre de la loi sur le non cumul des mandats.
  36. Closermag.fr, « Encore une démission pour Aurélie Filippetti ! », sur closermag.fr (consulté le 16 février 2016)
  37. Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts, « Aurélie Filippetti veut une loi sur la protection des sources », Libération,‎ .
  38. Aurélie Filippetti : une année de couacs à la Culture, Maxime Pargaud, lefigaro.fr, 15 juillet 2013.
  39. « Budget : les chiffres clés pour 2013 »,‎ .
  40. ministère de la culture et de la communication, journal-officiel.gouv.fr
  41. Budget 2014 : qui sont les ministères gagnants et les perdants ?, metronews.fr, 30 juin 2013.
  42. « Aurélie Filippetti sous le feu des critiques », le magazine du Monde, 05 juillet 2013.
  43. Le Monde du 25 août 2014.
  44. Aurélie Filippetti, site de campagne de François Hollande, 2012.
  45. « Le fabuleux destin méditerranéen d'Aurélie Filippetti », Le Monde du 22 février 2016.
  46. Conformément à l'article 2 du Décret no 57-549 du 2 mai 1957 portant institution de l'ordre des Arts et des lettres.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]