Afrobeat

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Afrobeat
Origines stylistiques Funk, highlife, jazz, yoruba
Origines culturelles Années 1970 ; Lagos
Instruments typiques Guitare basse, conga, batterie, clavier, guitare, percussion, saxophone, shekere, voix

L'afrobeat est un mélange de musique traditionnelle nigériane, de jazz, de highlife, de funk, et de chant[1] accompagné de percussions et de styles vocaux, popularisé en Afrique dans les années 1970. Le genre est créé par le multi-instrumentaliste nigérien et leadeur Fela Kuti, qui lui en attribue le nom[1]. C'est Kuti qui utilise pour la première fois le terme d'« afrobeat » à son retour d'une tournée américaine avec son groupe Nigeria '70 (anciennement Koola Lobitos).

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Grâce au charisme de son créateur[non neutre] Fela Kuti, au rythme nouveau créé par son batteur Tony Allen et à la qualité de ses compositions, où il chante des textes engagés et satiriques, cette musique devient rapidement très populaire au Nigeria. Elle est différente d'autres styles nigérians très populaires comme la juju music, l'apala ou le fuji. Kuti invente le terme d'afrobeat, et en forge les formes musicales[1]. Elles seront interprétées notamment par son groupe Africa '70, dont la rythmique est menée par le batteur Tony Allen au début des années 1970. Son groupe deviendra en 1977 Egypt '80. 1981 est une période durant laquelle Fela enregistre souvent à Paris, notamment avec le producteur français Martin Meissonnier, qui travaillera ensuite avec King Sunny Ade, un artiste de juju music nigérian[réf. nécessaire].

L'afrobeat, musique à la rythmique irrésistible, fondée sur peu d'accords joués en boucle par des guitares et claviers, agrémentée de riffs de cuivres puissants et mélodiques, est intimement liée au contexte politique et urbain dans lequel il a été créé. Il contient aussi d'une forme de protestation contre la mainmise des politiciens corrompus, le népotisme de l'oligarchie en place, évoque le Nigeria et ses richesses, le mépris de la population, et une volonté de changement social. Fela Kuti enregistre un grand nombre de disques de grande qualité, réédités pour la plupart par Universal dans les années 2000. Il est martyrisé par les régimes tyranniques qui se sont succédé au Nigeria[réf. nécessaire].

Popularité internationale[modifier | modifier le code]

Dès 1975, le groupe éthiopien Ka-La-Ka publie l'album d'afrobeat Soul Ethiopia. En France, c'est au milieu des années 1980 que Ghetto Blaster (avec le chanteur nigérian Kiala Nzavotunga) joue de l'afrobeat sur scène et publie son album éponyme Ghetto Blaster. Tony Allen, créateur du rythme afrobeat, publie son premier disque en solo, N.E.P.A. (Never Expect Power Always (Blue Moon) en 1983. Après le décès de Fela en 1997, l'afrobeat connaît un développement international[réf. nécessaire].

En 2003, le chanteur et guitariste Bruno Blum est le premier Français à composer et publier un album d'afrobeat francophone en collaboration avec le chanteur nigérian Amala (qui y interprète un titre en anglais et un duo avec Blum), enregistré avec une vingtaine d'anciens musiciens de Fela Kuti au studio Afrodisia de Lagos au Nigeria, où Fela enregistra nombre de ses chefs-d'œuvre. Épuisé et recherché, l'album intitulé Welikom 2 Lay-Gh-Us![2] sort chez Ménilmontant International/BMG sous le nom de Amala & Blum, avec une pochette créée par Ghariokwu Lemi (qui réalisait les pochettes de Fela). Le single Paris c'est pas funky est largement diffusé sur France Inter en 2003[réf. nécessaire]. Amala connait le succès avec son premier album, Talala, sorti en 2002 à Lagos.

L'afrobeat a des représentants dans le monde entier (France, Angleterre, Canada, Israël, États-Unis, etc.) et figure à l'affiche de nombreux festivals de jazz et musiques du monde. Le batteur à l'origine de l'afrobeat Tony Allen se fait remarquer par des concerts de qualité, ainsi que deux des fils de Fela Kuti, d'abord Femi Kuti puis (à partir de 2007) le jeune Seun Kuti tournent dans le monde entier dans les années 2000 en jouant dans ce style. Aux États-Unis, les Whitefield Brothers publient un disque remarqué, The Gift. L'afrobeat est également porté par des artistes tels que l'orchestre béninois poly rythmo qui fait son succès dans les années 1970. Créé en 1997 à Paris, le groupe Massak dirigé par le guitariste et chanteur camerounais Franck Biyong est un véritable big band à géométrie variable qui se produit depuis plus de dix ans sur les scènes de France et du monde depuis le succès de leur single B.L.A (Soul Fire Records) en 2000. Ils publient de nombreux singles, réalisent sept albums, et sortent l'année du Cinquantenaire des Indépendances Africaines l'album concept Visions of Kamerun qui propose un autre regard sur cette musique et son avenir. Originaires de Montpellier, le groupe français Fanga connaissent le succès en 2010 (album Sira Ba) avec un afrobeat sophistiqué interprété sur scène[3]. Ils se produisent en avril 2010 au Cabaret Sauvage de Paris en première partie du groupe d'afrobeat canadien The Souljazz Orchestra[4].

Artistes représentatifs[modifier | modifier le code]

Les artistes et groupes représentant du genre incluent : Afro Funk, Akido, Akoya Afrobeat, Alemayehu Eshete, Anthony Joseph & The Spasm band, Tony Allen, Amala[2], Aphrodesia , Antibalas, NMB Afrobeat Experience, Assagai, Bantous Jazz, Budos Band, Bukky Leo & Black Egypt, Cymande, Manu Dibango, Ghetto Blaster, Franck Biyong & Massak, Funkees, Funk Ark, Lafayette Afro Rock Band, Osibisa, Professor Wouassa, Fanga, Kokolo, Aye Koot, Fela Anikulapo Kuti, Femi Kuti, Seun Kuti, Lagbaja, Matata, Nomo, Kola Ogunkoya, Délé Sosimi, Orchestre Poly-Rythmo, Ebo Taylor, The Souljazz Orchestra, Kèlè Kèlè Afrobeat, Whitefield Brothers, Rytmetix, Oghene Kologbo, Segun Damisa, Ernesto Djédjé, et Herléo Muntu.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Randall F. Grass, « Fela Anikulapo-Kuti: The Art of an Afrobeat Rebel », The Drama Review: TDR, MIT Press, vol. 30,‎ ., p. 131–148 (DOI 10.2307/1145717, JSTOR 1145717).
  2. a et b « Welikom 2 Lay-gh-us! » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), sur Doc Reggae, consulté le 4 avril 2010.
  3. Tony Fanouillet, « Fanga – « Sira Ba » », sur mowno,‎ (consulté le 12 mars 2015).
  4. « The Souljazz Orchestra Solidarity », sur billetreduc.com (consulté le 12 mars 2015).

Liens externes[modifier | modifier le code]