Polyrythmie

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La polyrythmie consiste à superposer plusieurs rythmes de métriques différentes, par exemple binaires et ternaires[1]. Chaque partie rythmique est appelée « motif » quand il s’agit d’un rythme qui se répète.

La notion de rythmique, et donc de polyrythmie, ne se limite pas à des parties de percussions.

La Polyrythmie consiste à jouer simultanément deux ou plusieurs parties rythmiques de portées différentes dont les débits de notes ne sont pas multiples l'un de l'autre. Chaque partie rythmique est appelée pattern quand il s'agit d'un rythme qui se répète.

(pattern=modèle)

Description[modifier | modifier le code]

On peut donc construire le rythme « de base » suivant (ce rythme est souvent appelé un « trois sur quatre ») :

Partie 1 en 4/4 (3 mesures) : o × × × o × × × o × × ×
Partie 2 en 3/4 (4 mesures) : o × × o × × o × × o × ×

Les o symbolisent chacun une noire et les × un soupir (un silence de la durée d’une noire)

On constate alors que les deux portées vont se rejoindre.

Une application plus compliquée peut être de concevoir des mesures composées, ou d’inclure des divisions artificielles : triolet, quintolet

Note sur l’exemple : cet exemple résulte d’un changement de mètre (d’une mesure à 4/4 on passe à une mesure à 3/4) et donc d’une « polymétrie » plus que d’une polyrythmie.

Dans une mesure binaire (disons 2/4), une première portée constituée de 4 croches superposées à une seconde constituée de 2 triolets de croches sont un bon exemple de polyrythmie.

Applications dans la musique[modifier | modifier le code]

Son tour de force le plus complexe pour l'époque est d'avoir superposé trois danses à la fin du premier acte de son Don Giovanni, plaçant ainsi sur deux mesures à 3/4 d'un menuet (orchestre I), trois mesures à 2/4 d'une contredanse (orchestre II) et six mesures à 3/8 d'une danse allemande (orchestre III), « spacialisant » ainsi un bal à plusieurs pistes de danses dans les jardins de la maison de don Giovanni.
  • Dans l'étude op. 25, no 1 de Chopin, la main gauche doit parfois jouer cinq doubles croches d'égale durée pendant que la main droite en joue six ! Si on découpe le temps en trente parties cela donne :
  1. X----X----X----X----X----X----X
  2. X-----X-----X-----X-----X-----X

Application en jonglerie[modifier | modifier le code]

En jonglerie, des notions de polyrythmie au niveau du rythme des lancers apparaissent en 2005 sur la liste de discussion rec.juggling. Le but est de dissocier le travail des mains pour sortir des modes de jonglerie classiques asynchrone et synchrone. Les séquences siteswap polyrythmiques introduisent de nouveaux rythmes en solo et en passing car elles sont composées de séries de lancers synchrones et asynchrones. Par exemple une séquence polyrythmique 2 sur 3 présente un lancer synchrone suivi de trois lancers asynchrones c’est-à-dire que les mains jettent en même temps (gauche et droite), puis trois lancers à tour de rôle (gauche, droite, gauche ou inversement). Les X marquent les temps où les mains lancent (identique aux temps frappés du polyrythme correspondant en musique).

polyrythme 2 sur 3
rythme à 3 temps X   X   X   X   X   X  
rythme à 2 temps X     X     X     X    

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Abromont 2001, p. 547

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claude Abromont et Eugène de Montalembert, Guide de la théorie de la musique, Librairie Arthème Fayard et Éditions Henry Lemoine, coll. « Les indispensables de la musique », , 608 p. [détail des éditions] (ISBN 978-2-213-60977-5)