Imbert de Batarnay

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Imbert de Batarnay
Description de cette image, également commentée ci-après

Gisant d'Imbert de Batarnay,
église Saint-Jean-Baptiste de Montrésor.

Alias
Monsieur du Bouchage
Naissance v. 1438
Dauphiné
Décès
Montrésor
Nationalité Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Profession
Chambellan du roi
Activité principale
Conseiller de 4 rois de France
Autres activités
Conjoint
Georgette de Montchenu
Descendants
Jean de Batarnay, François de Batarnay, Jeanne de Batarnay

Imbert de Batarnay, (prénom et nom sont parfois orthographiés Ymbert et Bastarnay) également connu sous le nom de « Monsieur du Bouchage », né vers 1438, probablement à Bathernay dans la Drôme, mort le est un homme d'État français du Moyen Âge tardif et de la Renaissance.

Issu de la petite noblesse dauphinoise, remarqué par le futur Louis XI alors qu'il est adolescent, il devient son chambellan puis l'un de ses conseillers les plus écoutés ; il conserve les mêmes fonctions sous les règnes de Charles VIII, Louis XII et François Ier. Tous ces rois le consultent sur les affaires importantes du royaume, lui confient des missions diplomatiques en France comme à l'étranger, ou le chargent de superviser l'éducation des enfants royaux.

En échange de cette fidélité sans faille, ils en font le propriétaire ou le régisseur de seigneuries et châtellenies dans de nombreuses provinces françaises (Auvergne, Berry, Guyenne, Languedoc, Normandie, Picardie, Rouergue et Touraine), avec à la clé des revenus importants que Batarnay sait faire fructifier en les plaçant habilement. Imbert de Batarnay devient ainsi, à la fin du XVe siècle et au début du XVIe siècle, une grande fortune du royaume, au point de compter le roi François Ier parmi ses débiteurs.

Marié à Georgette de Montchenu, père de trois enfants qui meurent avant lui, grand-père maternel de la favorite Diane de Poitiers, Imbert de Batarnay finit sa vie au château de Montrésor, en Indre-et-Loire, à l'âge de 85 ans.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille de la petite noblesse dauphinoise dont le premier membre connu est Jordan de Batarnay, vivant au début du XIIIe siècle[Dx 1], Imbert de Batarnay naît vers 1438, probablement au château de Bathernay (Drôme), d'Arthaud de Batarnay et de Catherine de Gaste[MR 1] ; il compte au moins dix frères et sœurs[Dx 2].

Le presbytère de Bathernay, vestige remanié du château médiéval.
Blason des Batarnay.
Écartelé d'or et d'azur[1].

Élevé au château de Bathernay, il y pratique le sport, la chasse et c'est peut-être à cette occasion qu'il entre en contact, vers 1455, avec le dauphin Louis, dont les relations avec son père, le roi Charles VII, sont très difficiles[2]. Le jeune Imbert s'attache au dauphin[MR 1] et le suit dans son château de Genappe où le dauphin réside avant son accession au trône[Mt 1]. Toute la vie d'Imbert de Batarnay se passera alors aux côtés des rois Louis XI, Charles VIII, Louis XII et François Ier.

En 1463, il épouse Georgette de Montchenu malgré la farouche opposition du père de celle-ci — cette opposition vaudra à M. de Montchenu ruine et exil —, obtient le titre de seigneur du Bouchage ; il se fera dès lors appeler « Monsieur du Bouchage »[MR 2]. Du mariage d'Imbert et de Georgette naissent trois enfants : Jean (vers 1474), François (vers 1489) et Jeanne (vers 1490)[Mt 2]. Son fils aîné meurt en 1490[MR 3]. Jeanne de Batarnay épouse, en 1489, Jean de Poitiers et Diane de Poitiers sera leur fille[LAB 1] ; elle meurt en 1505. En 1511, Imbert perd sa femme Georgette puis, deux ans plus tard, son second fils François, blessé lors du siège de Thérouanne[MR 4].

Imbert ne devient seigneur de Batarnay que par héritage en 1492, à la mort de son frère aîné qui en détenait jusqu'alors le titre[MR 3].

Après la mort de Louis XII, Imbert de Batarnay, âgé de 77 ans, vieillissant et de santé fragile — il souffre depuis de nombreuses années de gravelle, de goutte et de sciatique[LAB 2] —, s'éloigne de moins en moins de sa résidence du château de Montrésor[MR 4]. C'est là que, malade depuis le début du printemps 1523, il meurt le 12 mai de la même année[LAB 3], alors que la collégiale dont il avait commandé l'édification deux ans plus tôt n'est pas encore en mesure d'accueillir son tombeau[3].

Au service des rois de France[modifier | modifier le code]

Louis XI[modifier | modifier le code]

Louis XI,
anonyme (Brooklyn Museum, New York).

Depuis 1455 environ, Le futur Louis XI a attaché le jeune Imbert de Batarnay à son service, en tant que chambellan[Dx 3]. Au même titre que Philippe de Commynes ou Jean Bourré, Batarnay fait partie des conseillers les plus proches et les influents auprès du roi ; les deux hommes sont présents lors des réceptions des ambassadeurs[LAB 4].

L'une des premières décisions de Louis XI, devenu roi en 1461, est de nommer Imbert de Batarnay capitaine de Blaye et de Dax[MR 5],[Note 1]. Il lui confie également la charge d’organiser le guet et la garde sur l’ensemble du royaume[4]. Batarnay, en 1465, s'engage auprès de Louis XI dans la guerre du Bien public ; c'est ainsi qu'il assure la communication entre le roi et les troupes du Dauphiné lors de la bataille de Monthléry[MR 5]. En 1469, Batarnay est envoyé surveiller les intrigues du duc de Guyenne, soumis aux influences de conseillers hostiles à Louis XI, comme le cardinal Jean de la Balue[Mt 3]. Une grave émeute éclate à Bourges en 1474 ; Imbert de Batarnay est envoyé sur place pour ramener le calme et l'ordre, et s'acquitte de sa mission avec beaucoup de zèle et une extrême sévérité[Mt 4]. Il est nommé lieutenant-général du Roussillon en 1475, avec pour mission de ramener à la Couronne une province qu'un soulèvement de ses habitants a, deux ans plus tôt, remise entre les mains de Jean II d'Aragon ; il parvient en n'appliquant qu'avec modération les instructions du roi qui souhaitait une reprise en main féroce et exemplaire[Mt 5]. La même année, il est aussi présent à la rencontre entre Louis XI et Edouard IV d'Angleterre à Picquigny, à l'issue de laquelle Édouard IV renonce à soutenir Charles le Téméraire[MR 2] ; cette rencontre se conclut par le traité de Picquigny qui met définitivement fin à la guerre de Cent Ans. Il est le premier à informer le roi de la victoire capitale des troupes suisses et françaises sur Charles le Téméraire lors de la bataille de Morat[4].

C'est à l'intention d'Imbert de Batarnay que Louis XI élève, en 1478, la seigneurie du Bouchage en baronnie ; à compter de ce moment, Imbert de Batarnay sera appelé « Monsieur du Bouchage »[LAB 5]. Batarnay est étroitement associé aux décisions royales concernant les travaux de la basilique Notre-Dame de Cléry-Saint-André où Louis XI souhaite être inhumé[LAB 4].

Charles VIII[modifier | modifier le code]

Charles VIII,
anonyme (Musée Condé, Chantilly).

Dans les premiers mois qui suivent la mort de Louis XI et dans l’incertitude de l’orientation politique des différentes factions qui se disputent le pouvoir, Imbert de Batarnay se tient en retrait sur ses terres du Dauphiné[Dx 4] : au contraire de Philippe de Commynes, il ne fait pas partie du conseil provisoire constitué en septembre 1483, il n’assiste pas aux états généraux de Tours qui débattent, début 1484, des dispositions de la régence[5]. Ce n’est que dans le courant de 1484 qu’il se rapproche de la régente Anne de Beaujeu et de Charles VIII — ce dernier a alors atteint 14 ans, âge de la majorité pour un roi de France ; il accède donc officiellement au trône — et assiste à d’importantes réunions du Conseil du roi de France[Dx 5] et, conformément aux recommandations de son père, Charles VIII devenu roi garde le seigneur du Bouchage à son service privé[Mt 6].

Pendant la guerre folle opposant la régente Anne de Beaujeu et les ducs d'Orléans, de Bretagne et d'Alençon, Imbert de Batarnay garde les habitants d'Orléans, où Louis II d'Orléans s'est réfugié en 1485 après une tentative infructueuse de renverser la régence, fidèles au roi[MR 3]. Entre 1487 et 1490, il se rend à plusieurs reprises en Italie plaider la cause du marquisat de Saluces, allié de la France, que Charles Ier de Savoie a temporairement annexé[MR 3]. La même année, pendant la première guerre d'Italie qui mobilise la majeure partie de l'armée française, il fait en sorte que Maximilien d'Autriche n'engage pas une expédition pour reprendre la Picardie[Mt 7].

C'est juste avant de partir en expédition en Italie, en août 1494, que Charles VIII nomme Imbert de Batarnay gouverneur du dauphin Charles-Orland de France, qui meurt en 1495[Mt 8]. L’Espagne, engagée dans la ligue de Venise, violant ainsi le traité de Barcelone, attaque le Languedoc en 1496. Imbert est dépêché pour négocier une paix séparée avec Ferdinand le Catholique[6], même si ces tractations semble-t-il infructueuses ne semblent pas directement liées à la trêve d’Alcalá de Henares conclue en 1497[Mt 9].

Il est présent dans la suite du roi, à Amboise, lorsque celui-ci se heurte la tête dans le linteau d'une porte, causant un traumatisme crânien qui sera fatal[MR 3].

Louis XII[modifier | modifier le code]

Le premier acte d'Imbert de Batarnay sous le règne de Louis XII témoigne de son rang protocolaire : lors des obsèques de Charles VIII, il est l'une des quatre personnes qui, marchant derrière le cercueil, soutiennent le drap d'or qui le recouvrait[Dx 6].

Le nouveau roi s'empresse de confirmer Imbert de Batarnay dans ses fonctions ; c'est ainsi qu'en compagnie de Louis II d'Amboise, évêque d'Albi, il intervient le auprès du Parlement pour exposer les nouvelles orientations de la politique royale[Dx 7]. Il prend également part aux guerres d'Italie, en 1507 puis en 1509 où il organise la traversée des Alpes par l'armée française[Mt 10], même s'il semble peu probable qu'il ait lui-même franchi la frontière : son âge et sa santé précaire le contraignent à réduire ses activités et ses déplacements[Dx 8]. Son fils François, par contre, fait partie de l’expédition et participe à la bataille d’Agnadel[4].

Son rôle dans les projets matrimoniaux du roi est capital. Il intervient dans la procédure d'annulation du premier mariage de Louis XII avec Jeanne de France, à titre de témoin cité par le roi, et il comparaît devant le tribunal ecclésiastique d'Amboise en septembre 1498[Mt 11]. Avant même la décision acquise, Imbert œuvre pour le remariage du roi avec Anne de Bretagne, se rendant à Nantes, contribuant ainsi au maintien de la Bretagne dans la Couronne de France et il est nommé gouverneur de leurs enfants[MR 4]. C'est encore lui qui, quelques mois après la mort d'Anne, va accueillir à Boulogne-sur-Mer la jeune Marie d'Angleterre et l'accompagne jusqu'à Abbeville où le roi l'épouse en troisièmes noces[MR 4]. Enfin, Louis XII lui confie la difficile mission de faire savoir aux envoyés de Philippe le Beau que le roi de France, après lui avoir promis la main de sa fille Claude, préfère en définitive unir celle-ci à François de Valois, futur François Ier[Mt 12].

François Ier[modifier | modifier le code]

François Ier,
Jean Clouet (musée du Louvre, Paris).

Bien qu'après la mort de Louis XII, Imbert de Batarnay, vieillissant, se voie contraint de limiter ses activités et ses déplacements, François Ier le charge de négocier le mariage entre Renée de France et Charles d'Autriche, qui règnera sous le nom de Charles Quint[Mt 13] ; ce projet devient caduc après la conclusion du traité de Noyon en 1516[7].

Le roi le nomme également gouverneur de son fils le dauphin François dès sa naissance en 1518 ; c'est ainsi que Batarnay fait de fréquents séjours au château de Blois[Dx 9]. Malgré la confiance qu'il lui accorde, François Ier exerce un contrôle sur l'activité de Batarnay, puisqu'il lui reproche, dans une lettre de 1519, de laisser trop facilement les visiteurs pénétrer au château et approcher le dauphin, l'exposant ainsi à une contagion par la rougeole et la variole, qui menacent alors[Dx 10].

Face aux difficultés financières rencontrées par le royaume, Imbert consent deux prêts successifs à François Ier : 12 000 livres en 1515 (avec un intérêt de 600 livres/an) puis 8 000 livres l'année suivante[Dx 11]. Imbert de Batarnay confie même au roi la vaisselle de ses châteaux tourangeaux de Bridoré et Montrésor pour un poids de 239 marcs[LAB 6], soit plus de 4 000 livres[MR 4][Note 2].

D'immenses biens fonciers et des revenus conséquents[modifier | modifier le code]

Les possessions d'Imbert de Batarnay[Note 3].
Localisation sur la carte de France.
Bridoré
Blaye
Brangues
Charmes
Moyencourt
Morestel
Champchevrier
Dolomieu
Les Avenières
Védrines
Dax
Le Bouchage
Lavardens
Jegun
Lupiac
Mourède
Castillon
Lannepax
Saint-Paul
Roquebrune
Mehun-sur-Yèvre
Bourges
Anthon
Moulins
Dargies
Paulhenc
Châteauneuf-de-Randon
Pyrusse-Grande
Forêt d'Ailly
Naucelle
Le Castéra
Paulhenc
Saint-Lary
Lalanne
Auch
Barran
Saint-Sauvy
Saint-Cricq
Paulhenc
Sabaillan
Rignac
Bozouls
Mur-de-Barrez
Saint-Germain-Laprade
Clary
Anglards-de-Salers
Clairvaux
Biran
Fontaine-la-Mallet
Ordans
Quins
Miramont
Hauterives
Anglards
Villier-le-Tournelle
Orbigny
Braye-sur-Somme
Salles-Comtaux
Salles-Curan
Miramont
Avon-les-Roches
Bossay-sur-Claise
Valence-sur-Baïse

Chaque point représente une commune dans laquelle Imbert de Batarnay possédait ou gérait un domaine. Les quelques points rouges légendés signalent des possessions auxquelles il était plus particulièrement attaché.

Imbert de Batarnay sert toujours avec application les rois qui lui accordent leur confiance. Ce zèle n'est toutefois pas dénué d'intérêt, comme le lui fait remarquer en plaisantant Louis XI : « Je vous donnerai la chose que vous aimez le mieux, qui est argent[9] » ; Imbert est toujours là quand il s'agit de récolter les fruits de sa fidélité, notamment sous forme de territoires ou de capitaineries confisqués par les rois (au premier rang desquels Louis XI) à leurs ennemis ou simplement à ceux qui avaient le malheur de leur déplaire[MR 6]. Imbert de Batarnay bénéficie des revenus de ces territoires, ou bien il les échange ou les revend peu après être rentré en leur possession[Mt 14]. La carte Les possessions d'Imbert de Batarnay représente la plupart des territoires ou domaines dont Imbert de Batarnay a eu la jouissance à un moment quelconque de sa vie, mais ne prétend pas être une photographie instantanée de sa fortune foncière. Enfin, les activités multiples d'Imbert de Batarnay ne lui permettant pas d'assurer lui-même la gestion de ses nombreux domaines, il délègue cette charge à ses plus fidèles serviteurs[Mt 15].

Dès le début de son règne, Louis XI s'est vengé des proches de son père en confisquant leurs biens et en les redistribuant à ses fidèles, dont Imbert de Batarnay. C'est ainsi que ce dernier « hérite » des possessions dauphinoises de Gabriel de Roussillon, dont le Bouchage[MR 5]. Ce dernier domaine pourrait revenir par héritage à Monsieur de Montchenu, père de Georgette, qu'Imbert de Batarnay convoite. Le marché est lors mis entre les mains de Montchenu : en échange de la main de Georgette, Batarnay s'engage à intercéder auprès du roi pour que le Bouchage revienne à Montchenu, qui refuse cet arrangement. Batarnay déclare alors qu'il se contentera de Georgette et que le roi fera ce qu'il veut des terres. Montchenu est contraint d'accepter cette proposition et Louis XI octroie définitivement les terres à Imbert de Batarnay ; Monsieur de Montchenu, perdant sa fille, dépouillé de son héritage, est emprisonné puis exilé[MR 2].

Dans le sud de la France (Gers et Aveyron), de le même façon, Imbert se voit confier fin 1469 la gestion d'un grand nombre de domaines confisqués par Louis XI à Jean V d'Armagnac, avant que la déclaration de confiscation ne soit officiellement enregistrée et n'en fasse le propriétaire légal[Mt 16].

Depuis l'exécution, en 1477, de Jacques d'Armagnac, Louis XI se trouve à la tête d'importants domaines en Picardie et dans le Rouergue. Beaucoup reviennent en don à Imbert de Batarnay[Mt 17], qui augmente par ailleurs son patrimoine foncier par l'achat de domaines tourangeaux : seigneurie de Bridoré vers 1475, châtellenie de Montrésor en 1493[Mt 18]. Pour ce dernier domaine, il fait jouer une forme de droit de préemption, car il se trouve au nombre des créanciers de l'ancien propriétaire fortement endetté[10].

Le Mont Saint-Michel, capitainerie d'Imbert de Batarnay.

Le montant des revenus de toutes ces possessions et capitaineries est difficile à évaluer, mais à titre d'exemple, le revenu annuel de ses terres gersoises est estimé à 5 000 livres tournois[Mt 16], celui de la capitainerie du Mont-Saint-Michel à 1 200 livres[Mt 19]. mais il faut toutefois déduire de ces valeurs les imposantes dépenses d'entretien de tous ces domaines. Il touche en outre une rente annuelle de 5 000 livres pour sa fonction de chambellan[Mt 20]. Imbert de Batarnay ne se contente pas d'amasser un capital : il le fait fructifier ; c'est en 1478 qu'il décide de confier une partie de ses fonds à l'agence lyonnaise de la banque des Médicis, pour un montant de 10 000 écus d'or au soleil[Dx 12] (environ 16 500 livres tournois) mais, investisseur prudent, il retire son avoir lorsque capital et intérêts se montent à 13 175 écus[LAB 7] (environ 21 700 livres tournois). Par la suite, il se lie d'amitié avec Jacques de Beaune, auprès duquel il investit[Dx 9].

Conserver toutes ces possessions, acquises pour certaines au terme d’une justice royale expéditive, ne va pas de soi. Dans les premiers mois qui suivent la mort de Louis XI, l’influence d’Imbert de Batarnay auprès de la cour diminue[MR 6] ; de plus, des propriétaires spoliés par Louis XI, ou leurs descendants, demandent et obtiennent de rentrer dans leurs droits. C’est ainsi qu’Imbert de Batarnay doit rendre à la famille d’Armagnac la plupart de ses possessions du Rouergue, mais il s’en console facilement : des indemnités substantielles compensent la perte des territoires[Dx 4]. En arrivant sur le trône, François Ier annule toutes les décisions de ses prédécesseurs relatives aux aliénations de domaines, dont les possessions dauphinoises d'Imbert. Monsieur du Bouchage n'a pas le temps de s'en ouvrir au roi que ses amis à la cour ont déjà intercédé en sa faveur et qu'il est rétabli dans ses droits ; ses titres de propriétés sont définitivement acquis en 1519[Dx 13].

Chronologie d'Imbert de Batarnay[modifier | modifier le code]

Imbert de Batarnay dans la littérature française[modifier | modifier le code]

En dehors des mentions qui sont faites de lui dans des ouvrages historiques ou des mémoires de personnalités de son temps, Imbert de Batarnay trouve sa place dans la littérature classique française. Honoré de Balzac en fait un personnage de deux de ses œuvres :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Dans le courrier signé par Louis XI qui donne les capitaineries de Blaye et Dax à Imbert de Batarnay, celui-ci est cité comme « seigneur du Bouchage», titre dont il ne pourra pourtant se prévaloir que bien plus tard, en 1492, à mort de son frère aîné[Dx 3].
  2. Cette action n'est pas isolée et plusieurs nobles ont prêté vaisselle ou argenterie au roi pour financer le coût des campagnes militaires en Italie[8].
  3. Cette carte a été élaborée à partir des données recueillies dans les ouvrages de Louis-Auguste Bossebœuf, Didier Deroux et Bernard de Mandrot cités en bibliographie de cette page. En raison de l'absence de sources concordantes ou d'erreurs possibles de retranscription dans les ouvrages de référence cités pour quelques toponymes, certaines possessions d'Imbert de Batarnay n'ont pu être localisées.

Références[modifier | modifier le code]

  • Louis-Auguste Bosseboeuf, De l'Indre à l'Indrois : Montrésor, le château, la collégiale, et ses environs : Beaulieu-lès-Loches, Saint-Jean le Liget et la Corroirie, 1897 :
  • Didier Deroux, Ymbert de Batarnay, le destin d'un Dauphinois aux XV et XVIe siècles, 2007 :
  • Frédéric Gaultier et Michaël Beigneux, Montrésor se raconte, 2002 :
  1. a et b Imbert de Batarnay, p. 49.
  2. a, b et c Imbert de Batarnay, p. 51.
  3. a, b, c, d et e Imbert de Batarnay, p. 53.
  4. a, b, c, d et e Imbert de Batarnay, p. 54.
  5. a, b et c Imbert de Batarnay, p. 50.
  6. a et b Imbert de Batarnay, p. 52.
  • Bernard de Mandrot, Ymbert de Batarnay, seigneur du Bouchage..., 1886 :
  • Autres sources
  1. E. Jouffroy d'Eschavannes, Armorial universel, Paris, L. Curmer,‎ , 487 p., p. 44.
  2. Jean Favier, « Avènement de Louis XI », sur Archives de France, Ministère de la Culture et de la Communication (consulté le 4 août 2015).
  3. Jean-Mary Couderc (dir.), Dictionnaire des communes de Touraine, Chambray-lès-Tours, C.L.D.,‎ , 967 p. (ISBN 2-85443-136-7), p. 551.
  4. a, b et c Michel Laurencin, Dictionnaire biographique de Touraine, Chambray-lès-Tours, CLD,‎ , 607 p. (ISBN 2 854 43210 X), p. 62.
  5. Pierre Audin, « Les états généraux réunis à Tours après la mort de Louis XI (5 janvier-14 mars 1484) », bulletin de la société archéologique de Touraine, t. LX,‎ , p. 231 (ISSN 1149-4670).
  6. Jacques-Xavier Carré de Busserolle, Dictionnaire géographique, historique et biographique d'Indre-et-Loire et de l'ancienne province de Touraine, t. I, Société archéologique de Touraine,‎ , 480 p. (lire en ligne), p. 149.
  7. Gabriel Braun, « Le mariage de Renée de France avec Hercule d'Esté : une inutile mesalliance. 28 juin 1528 », Histoire, économie et société, no 2, septième année,‎ , p. 147 (DOI 10.3406/hes.1988.1510).
  8. Jean-Baptiste Capefigue, François Ier et la Renaissance, t. 1, Bruxelles, Wouters,‎ , 179 p., p. 88.
  9. M. Godefroy, Mémoires de messire Philippe de Commines, édition revue et augmentée, t. 1, Paris, Rollin,‎ (lire en ligne), préface, page 49.
  10. Abbé Buchet, Le château et l'église collégiale de Montrésor, Tours, Paul Bouserez,‎ , 35 p., p. 17-18.
  11. Honoré de Balzac, Nouveaux Contes philosophiques, Paris, Charles Gosselin,‎ , 614 p. (lire en ligne), « Maître Cornélius », p. 93.
  12. Honoré de Balzac (ill. Gustave Doré), Les cent Contes drolatiques, Paris, Garnier,‎ , 614 p. (lire en ligne), « Berthe la Repentie », p. 527.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Abbé Louis-Auguste Bossebœuf (préf. abbé Émile le Pironnec), De l'Indre à l'Indrois : Montrésor, le château, la collégiale, et ses environs : Beaulieu-lès-Loches, Saint-Jean le Liget et la Corroirie, Res Universis, coll. « Monographie des villes et villages de France »,‎ (réimpr. 1993), 103 p. (ISBN 2-74280-097-2). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Didier Deroux, Ymbert de Batarnay, le destin d'un Dauphinois aux XV et XVIe siècles, chez l'auteur,‎ , 188 p.. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Maximilien Deroux, « Le mariage d'Ymbert de Batarnay et Georgette de Montchenu (1462) : image de la pratique du pouvoir royal sous Louis XI », in La Pierre et l'écrit (Presses univ. de Grenoble), no 24, 2013, p. 41-59.
  • Frédéric Gaultier et Michaël Beigneux, Montrésor se raconte, Montrésor, Association Montrésor se raconte,‎ , 169 p. (ISBN 2-85443-411-0). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Bernard de Mandrot, Ymbert de Batarnay, seigneur du Bouchage, conseiller des rois Louis XI, Charles VIII, Louis XII et François Ier (1438-1523), Paris, Alphonse Picard,‎ , 403 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Montrésor

Lien externes[modifier | modifier le code]

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