Jean Bourré

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Jean Bourré serait le deuxième personnage à droite du roi Louis XI, selon Paul Durrieu, Statuts de l'ordre de Saint-Michel, Jean Fouquet, 1470.

Jean Bourré (1424-1506[1]) est un homme d'État français marié à Marguerite de Feschal. Ses armes étaient d'argent à la bande fuselée de gueules de 5 pièces.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

Jean Bourré est issu d'une famille de bourgeois de Château-Gontier en Anjou. Il étudiait en droit à Paris en 1445, et âgé seulement de 22 ans, il était déjà depuis plusieurs années au service du futur Louis XI, qui n'est encore que le Dauphin, vers 1442. Ce dernier prit l'habitude bientôt de l'employer à la direction de ses plus gratis faitz et affaires. .

Proche des rois de France[modifier | modifier le code]

Il devient par la suite secrétaire et maître des comptes, il est anobli par des lettres patentes de novembre 1465.

Il fait en 1468 des largesses à la Vraie-Croix de Saint-Laud et l'emprunte même en 1469 au nom du roi.

Il est fait trésorier de France le 4 septembre 1474[2]. Il continue d'exercer ses charges sous Charles VIII[3], dont il fut le gouverneur, jusqu'à la mort de celui-ci en 1498[4]. Celui-ci était également trésorier de France sous le règne de Louis XI[5], puis Charles VIII[6]. Dans une lettre datée du 8 février 1495 que Charles VIII lui adresse pendant la première guerre d'Italie, il lui donne le titre de président des comptes[7].

L'Anjou[modifier | modifier le code]

Le 13 septembre 1485, Charles VIII, dont il avait été gouverneur, récompense sa fidélité quelque temps qui ait couru en le nommant capitaine du château d'Angers. Il s'était du reste depuis longtemps accoutumé en Anjou et avait présidé par ses démarches et son intervention active aux œuvres de la politique royale, à la transformation du duché en province, de la ville en municipalité.

Riche et puissant, il revient établir sa fortune en Anjou. De son séjour en Bourgogne et en Flandre, Jean Bourré a rapporté une passion pour la construction et les beaux arts[8]. Il y fait construire sur ses nombreux domaines plusieurs châteaux : Vaux, de Jarzé[9] ou du Plessis-de-Vent, dit aujourd'hui château du Plessis-Bourré à Écuillé, qui attestent encore son opulence et son goût des beaux-arts. Il achète la terre d'Entrammes, le 28 juin 1482, de Jean, vicomte de Rochechouart.

Son portrait et celui de Marguerite de Feschal, qu'il avait épousée le 12 novembre 1463, se voyaient jusqu'au début du XXe siècle dans les vitraux de la chapelle du Plessis, et n'existent plus qu'en dessin dans le portefeuilles de Gaigniéres[10]. Il demeure à Jarzé deux toiles apocryphes qui les représentent en costume du temps de Louis XIII, quoique datées du XVe siècle. La Bibliothèque nationale de France, entre autres documents originaux qui concernent Jean Bourré, possède un recueil de lettres écrites ou reçues par lui[11].

Alchimie?[modifier | modifier le code]

En 1945, l'hermétiste Eugène Canseliet publie Deux logis alchimiques, en marge de la science et de l'histoire qui prolongent Les demeures philosophales de Fulcanelli, et dans lequel il affirme que le château du Plessis-Bourré est orné de symboles alchimiques et ésotériques. Il n'y a cependant aucun élément historique qui permette cette interprétation, et « l'idée que des monuments ou des œuvres d'art contiennent un symbolisme alchimique ne remonte qu'au XVIIe siècle »[12],[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il mourut en avril 1506, l'omme du royaulme, au dire du roi Louis XII, qui savoir le plus des affaires des rois trespassez laissant d'ailleurs une nombreuse lignée, qui tient longtemps un rang considérable à la cour et dans les armées, sous les noms de Jarzé et de Du Plessis.
  2. Par lettres royales datées de Puiseaux le 4 septembre 1474 (Bibliothèque nationale, Fr.23872, fol.222 v°) ; vérifiées et notées par Joseph Vaesen et Étienne Charavay, Lettres de Louis XI, tome V, p.183-184 note n°1, Société de l'histoire de France et Librairie Renouard, Paris 1895.
  3. Par exemple, une lettre patente de ce roi, datée le 17 décembre 1485 http://books.google.fr/books?id=VORZAAAAYAAJ&pg=PA616 « les sires ... du Plessys Bourre, Tresorier de France, »
  4. http://j_mirou.club.fr/b3.htm
  5. http://books.google.fr/books?id=j3kUAQAAMAAJ&pg=PA208 Lettre patente royale, datée en septembre 1476, à Notre-Dame-de-Cléry [-Saint-André] : « maistre Jehan Bourre, tresorier de France »
  6. http://books.google.fr/books?id=VORZAAAAYAAJ&pg=PA469 Lettre patente royale, datée du 5 février 1485 (à cette époque-là, 1484 avant Pâques) à Paris : « Messire Jehan Bourre, chevalier, tresorier de France »
  7. Joseph Vaesen, Notice biographique sur Jean Bourré, p. 455.
  8. http://chateaudevaux-anjou.com/bourre.aspx
  9. Il fait aussi reconstruire l'église de Jarzé.
  10. t. VII, p. 67-68.
  11. Supp. français, n° 1959.
  12. Robert Halleux, Les textes alchimiques, Turnhout (Belgique), Brepols, 1979, p. 148-153.
  13. Sciences et Avenir Août 2007

Sources[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Marchegay, Jean Bourré, Gouverneur Du Dauphin, Depuis Charles VIII, Éditions J. Dancoine, Lille : 1857.
  • Joseph Vaesen, Notice biographique sur Jean Bourré, suivie du catalogue chronologique du fonds manuscrit de la Bibliothèque nationale auquel il a donné son nom, p. 433-473, dans Bibliothèque de l'école des chartes, 1882 tome 43, no 1 (lire en ligne)
  • André Joubert, Étude sur la vie privée au XVe siècle en Anjou D'après les comptes inédits de Guillaume Tual, receveur de Jean Bourré (1463-1466). Angers : Germain et G. Grassin, 1884

Liens externes[modifier | modifier le code]