Traité de Picquigny

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Traité de Picquigny
Signé
Picquigny, une des villes de la Somme
Parties
Parties Royal Arms of England (1399-1603).svg Royaume d'Angleterre Blason France moderne.svg Royaume de France
Signataires Royal Arms of England (1399-1603).svg Édouard IV Blason France moderne.svg Louis XI
Louis XI, roi de France.

Le traité de Picquigny est un traité de paix signé le entre le roi de France Louis XI et le roi d'Angleterre Édouard IV à Picquigny en Picardie (situé aujourd'hui dans le département de la Somme). Il met fin définitivement à la guerre de Cent Ans qui s'était « endormie » en 1453 après la bataille de Castillon.

Contexte[modifier | modifier le code]

Après la bataille de Castillon (17 juillet 1453), la guerre de Cent Ans était rentrée dans une période de calme relatif. Le royaume d’Angleterre a été secoué par une guerre civile entre les maisons de Lancastre et d'York (appelée aussi la guerre des Deux-Roses) tandis qu’en France, le roi de France Louis XI est occupé à contenir les ambitions territoriales du duc de Bourgogne, Charles le Téméraire.

Un traité de paix avait été signé entre la France et la Bourgogne en 1435, mais celui-ci avait été rompu par la volonté de Louis XI de limiter l'indépendance de ses plus puissants vassaux (dont la Bourgogne) ainsi que par le désir de Charles le Téméraire d’étendre son territoire à la Picardie.

Le roi d’Angleterre Édouard IV voit dans le conflit franco-bourguignon une occasion de reconquérir les domaines continentaux perdus par ses prédécesseurs. Le 25 juillet 1474, il signe un traité d’alliance avec Charles le Téméraire, en lui promettant de débarquer à Calais avec une armée, ce qu’il fait le 6 juillet 1475[1].

Premiers pourparlers[modifier | modifier le code]

Édouard IV, roi d'Angleterre.

Pressé d'en découdre, Édouard IV voit cependant la situation se gâter rapidement. L’armée anglaise commence à manquer de vivres, et les nobles français, dont le duc de Bourgogne assurait le soutien, ne se rallient pas. Pire encore, le duc de Bourgogne ne semble pas vouloir respecter les conventions de leur accord en réunissant leurs forces. Il s’est aventuré en Lorraine et est parti guerroyer sur le Rhin.

Habile politicien, Louis XI voit là une opportunité pour briser l’alliance anglo-bourguignonne. Il offre au roi d’Angleterre de racheter à prix d’or son rembarquement. Pour cela, il épuise le trésor du royaume et multiplie les emprunts. Furieux d’avoir été abandonné par son ancien allié et conscient de l'infériorité de son armée, Édouard IV accepte de traiter avec le roi de France[2],[3].

Entrevue[modifier | modifier le code]

Une rencontre est organisée entre les deux rois le 29 août 1475 à Picquigny, près d’Amiens, sur l'île de la Trève, entre les deux rives de la Somme.

Pour éviter tout incident ou un meurtre comme celui de Jean sans Peur lors d’une entrevue avec Charles VII à Montereau, un solide treillage en bois est construit afin de séparer les deux rois. Dans ses mémoires, Philippes de Commynes note ce qui suit : « Une fois l’endroit choisi, on décida d’y faire un pont fort solide […]. Au milieu de ce pont fut aménagé un treillis de bois comme on en fait pour les cages de lions »[3].

Clauses principales[modifier | modifier le code]

Les deux souverains prirent les engagements suivants :

Conséquences[modifier | modifier le code]

Ce traité contenta les deux parties : Édouard IV d'Angleterre prétendit recevoir ainsi un tribut de la France, tandis que Louis XI de France affirma fournir une pension à son sujet le roi d'Angleterre. Elle permit surtout au roi de France d'affirmer son autorité sur ses vassaux, et en premier lieu sur le duc de Bourgogne, Charles le Téméraire[6].

À la suite de cet acte, le duc de Bourgogne, se voyant abandonné par le roi d’Angleterre, conclut avec Louis XI la trêve de Soleuvre, la septième trêve entre la Bourgogne et le royaume de France depuis quatorze ans[2].

Grâce aux talents de négociateur de Louis XI, la présence anglaise se terminait sans victime. Les deux armées festoyèrent ensemble pendant toute une journée dans la campagne de Picquigny. « D'eau n'était nouvelles », plaisanta ainsi le chroniqueur Philippe de Commynes. Notons une mobilisation générale des filles de joie de Paris, chargées de s’occuper des soldats anglais[7].

Les Anglais rembarquèrent définitivement. Ils ne possédaient plus en France que Calais qu'ils conservèrent jusqu'en 1558[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Encyclopædia Universalis. Traité de Picquigny (1475)
  2. a et b La France Pittoresque – 29 août 1475 : Traité de Picquigny – 28/08/2012
  3. a b c et d Philippe Zwang, Jeanne d'Arc et son temps, Casterman 1999, Repères Histoire
  4. Jean Favier. Son intervention-radio du 23 juin 2011 à 14 heures dans l'émission Au cœur de l'histoire de Franck Ferrand sur Europe 1.
  5. Marie Nicolas Bouillet, Dictionnaire universel d'histoire et de géographie, L. Hachette et Cie, (lire en ligne).
  6. Christopher Lannes - 29 août 1475 – le traité de Picquigny - 2013
  7. Rapport du concours d'entrée 2008, École nationale des chartes, , 51 p. (lire en ligne), Histoire du Moyen Âge, p. 35.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Murray Kendall (trad. Éric Diacon), Louis XI : « l'universelle araigne » [« Louis XI: The Universal Spider »], Paris, Fayard, , XXVIII-584 p. (ISBN 2-213-00038-7). Réédition au format poche : Paul Murray Kendall (trad. Éric Diacon), Louis XI : l'universelle araigne [« Louis XI: The Universal Spider »], Paris, Pluriel, coll. « Pluriel », , 702 p. (ISBN 978-2-8185-0428-4).

Voir aussi[modifier | modifier le code]