Traité de Picquigny

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Traité de Picquigny
Signé
(Picquigny, une des villes de la Somme)
Parties
Partie 1 Partie 2
Signataires Louis XI, roi de France Édouard IV d'Angleterre
Louis XI, roi de France.

Le traité de Picquigny est un traité de paix signé le entre le roi de France Louis XI et le roi d'Angleterre Édouard IV à Picquigny en Picardie (situé aujourd'hui dans le département de la Somme). Il met fin définitivement à la guerre de Cent Ans qui s'était « endormie » en 1453 après la bataille de Castillon.

Contexte[modifier | modifier le code]

Après la bataille de Castillon, la guerre de Cent Ans était rentrée dans une période de calme relatif. Le royaume d’Angleterre a été secoué par une guerre civile entre les maisons de Lancastre et d'York (appelée aussi la guerre des Deux-Roses) tandis qu’en France, le roi de France Louis XI est occupé à contenir les ambitions territoriales du duc de Bourgogne, Charles le Téméraire.

Un traité de paix avait été signé entre la France et la Bourgogne en 1435, mais celui-ci avait été rompu par la volonté de Louis XI de limiter l'indépendance de ses plus puissants vassaux (dont la Bourgogne) ainsi que par le désir de Charles le Téméraire d’étendre son territoire à la Picardie.

Le roi d’Angleterre Édouard IV voit dans le conflit franco-bourguignon une occasion de reconquérir les domaines continentaux perdus par ses prédécesseurs. Le 25 juillet 1474, il signe un traité d’alliance avec Charles le Téméraire, en lui promettant de débarquer à Calais avec une armée, ce qu’il fait le 6 juillet 1475[1].

Premiers pourparlers[modifier | modifier le code]

Édouard IV, roi d'Angleterre.

Au départ confiant, Édouard IV voit la situation se gâter rapidement. L’armée anglaise commence à manquer de vivres, et les nobles français, dont le duc de Bourgogne assurait le soutien, ne se rallient pas. Pire encore, le duc de Bourgogne ne semble pas vouloir respecter les conventions de leur accord en réunissant leurs forces. Il s’est aventuré en Lorraine et est parti guerroyer sur le Rhin.

Habile politicien, Louis XI voit là une occasion de briser l’alliance anglo-bourguignonne. Il offre au roi d’Angleterre de racheter à prix d’or son rembarquement. Pour cela, il épuise le trésor du royaume et multiplie les emprunts. Furieux d’avoir été abandonné par son ancien allié et conscient de l'infériorité de son armée, Édouard IV accepte de traiter avec le roi de France[2],[3].

Entrevue[modifier | modifier le code]

Une rencontre est organisée entre les deux rois le 29 août 1475 à Picquigny, près d’Amiens, sur l'île de la Trève, entre les deux rives de la Somme.

Pour éviter tout incident ou un meurtre comme celui de Jean sans Peur lors d’une entrevue avec Charles VII à Montereau, un solide treillage en bois est construit afin de séparer les deux rois. Dans ses mémoires, Philippes de Commynes note ce qui suit : « Une fois l’endroit choisi, on décida d’y faire un pont fort solide […]. Au milieu de ce pont fut aménagé un treillis de bois comme on en fait pour les cages de lions»[3].

Clauses principales[modifier | modifier le code]

Les deux souverains prennent les engagements suivants :

  • Louis XI verse à Édouard IV une somme de 75 000 écus d'or et s'engage à lui verser une pension annuelle de 50 000 écus d'or (soit la promesse totale de cinq cent mille écus[4])
  • Édouard IV accepte de retourner en Angleterre avec son armée et renonce à son alliance avec le duc de Bourgogne. Il reconnaît également Louis XI comme seul roi légitime de France.
  • Le dauphin Charles épousera la fille aînée d'Édouard, Élisabeth[3] (elle épousera finalement Henri VII d'Angleterre).
  • Marguerite d'Anjou, emprisonnée à la Tour de Londres, est libérée contre une rançon de 50 000 écus[5].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Ce traité contente les deux parties : Édouard IV d'Angleterre prétend recevoir ainsi un tribut de la France, tandis que Louis XI de France affirme fournir une pension à son sujet le roi d'Angleterre. Elle permet surtout au roi de France d'affirmer son autorité sur ses vassaux, et en premier lieu sur le duc de Bourgogne, Charles le Téméraire[6].

À la suite de cet acte, le duc de Bourgogne, se voyant abandonné par le roi d’Angleterre, conclut avec Louis XI la trêve de Soleuvre, la septième trêve entre la Bourgogne et la Royaume de France depuis quatorze ans[2].

Grâce aux talents de négociateur de Louis XI, la présence anglaise se termine sans victime. Les deux armées festoient ensemble pendant toute une journée dans la campagne de Picquigny. « D'eau n'était nouvelles », plaisanta ainsi le chroniqueur Philippe de Commynes.

Les Anglais rembarquent définitivement. Ils n'ont plus en France que Calais qu'ils conservent jusqu'en 1558[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Encyclopædia Universalis. Traité de Picquigny (1475)
  2. a et b La France Pittoresque – 29 août 1475 : Traité de Picquigny – 28/08/2012
  3. a, b, c et d Philippe Zwang, Jeanne d'Arc et son temps, Casterman 1999, Repères Histoire
  4. Jean Favier. Son intervention-radio du 23 juin 2011 à 14 heures dans l'émission Au cœur de l'histoire de Franck Ferrand sur Europe 1.
  5. Marie Nicolas Bouillet, Dictionnaire universel d'histoire et de géographie, L. Hachette et Cie, (lire en ligne).
  6. Christopher Lannes - 29 août 1475 – le traité de Picquigny - 2013

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Murray Kendall (trad. Éric Diacon), Louis XI : « l'universelle araigne » [« Louis XI: The Universal Spider »], Paris, Fayard, , XXVIII-584 p. (ISBN 2-213-00038-7). Réédition au format poche : Paul Murray Kendall (trad. Éric Diacon), Louis XI : l'universelle araigne [« Louis XI: The Universal Spider »], Paris, Pluriel, coll. « Pluriel », , 702 p. (ISBN 978-2-8185-0428-4).

Voir aussi[modifier | modifier le code]