Famille de Loménie

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Famille de Loménie
Image illustrative de l'article Famille de Loménie
Armes

Blasonnement D’or, à un arbre de sinople, posé sur un tourteau de sable, au chef d’azur, chargé de trois losanges d’argent
Branches Lambaudie, Puyrenon, Faye, Brienne
Période XVe siècle - XXe siècle
Pays ou province d’origine Flavignac (Haute-Vienne)
Fiefs tenus Saint-André-de-Faye, Lambaudie, Mayot
Seigneurie de Versailles
Comté de Brienne (1623)
Demeures château de Faye
Charges Secrétaire d’État à la Guerre
Fonctions ecclésiastiques Evêque de Marseille
Evêque de Condom

La famille de Loménie est une famille française originaire du Limousin. Elle forma de nombreuses branches, dont la plupart demeurèrent dans leur région d'origine, autour de Flavignac, en Haute-Vienne.

La branche ainée s'implanta pendant quelques générations à Marseille. Une branche puinée, les Loménie de Brienne, connut un destin brillant à la Cour de France du XVIe siècle à la Révolution française. Son fondateur, Martial de Loménie, accéda à la noblesse en 1552 par la charge de Secrétaire du Roi en la Grande Chancellerie et Greffier du Conseil du Roi.
Ces deux branches furent décimées par la Révolution française, tandis que la dernière branche de la famille, demeurée non noble, s'éteignit en 1917.

Origine[modifier | modifier le code]

La famille de Loménie tire son nom de la terra de Lolmeno sita ad ulmum de cruce, ou « la terre de Loménie située près de l'orme de la croix » sise dans la paroisse de Flavignac (Haute-Vienne) et dont la famille était tenancière. Ceci explique sans doute l'arbre, élément principal des armoiries de Loménie. Cette terre, déjà mentionnée en 1254, dépendait au XVe siècle de l'abbaye de Solignac, par l'intermédiaire de son prieuré Saint-André de Faye. Peu à peu, à partir du XVe siècle, la famille a acquis la plupart des terres adjacentes à celles du prieuré.

C'est en 1456 que le premier membre attesté de la lignée, Jean de Loménie, fait l'acquisition de la terre de Lambaudie contiguë à celle de Faye. En 1465, le sieur de Loménie rachète au seigneur de Pérusse des Cars la rente qui grévait cette terre. La famille de Loménie est désormais installée sur ses propres terres, limitrophes de Faye, tout en étant tenancière de surfaces importantes dépendant de ce prieuré. L'ensemble sera divisé entre deux fils de Jean, Gérald et Gautier. Cette division perdurera jusqu'en 1612, date du mariage de Guillaume, héritier de Lambaudie, avec sa cousine Simone, descendante de la branche de Faye et héritière du manoir de Faye.

Dès le XVIe siècle, les terres de la famille étaient très imbriquées dans celles du prieuré et les prévôts de celui-ci furent systématiquement choisis au sein de la famille. À telle enseigne que l'établissement finit par être surnommé à la Révolution le « prieuré des Loménie ». Le cardinal Étienne-Charles de Loménie de Brienne en fut le dernier prévôt. À la fin du XVIIIe siècle, le vieux château de Faye fut remplacé, à l'initiative de la famille Villoutreix de Faye, par le château actuel dû à l'architecte Joseph Brousseau.

Toutes les branches de Loménie descendent de Jean de Loménie.

Guillaume de Loménie[modifier | modifier le code]

Guillaume de Loménie, sieur de Lambaudie, épousa en 1612 sa lointaine cousine Simone de Loménie, dame de Faye, sœur de l'évêque François de Loménie. Il obtint en 1638 des lettres de noblesse enregistrées à la Cour des aides de Clermont-Ferrand, à la suite d'un procès intenté par les habitants de la paroisse de Flavignac. Ces derniers portèrent l'affaire jusqu'en Conseil d'État où ils perdirent leur procès en 1657.

Son fils Pierre de Loménie mourut sans enfant en 1690. Il légua Faye à son neveu et filleul, Pierre de Villoutreix, fils de sa sœur ainée Marion, dont sont issus les Villoutreix de Faye.

Branches[modifier | modifier le code]

Les Loménie du Puyrenon[modifier | modifier le code]

Cette branche est issue de Martial (dit « le jeune »), frère cadet de Guillaume de Loménie mentionné ci-dessus. Elle tire son nom d'un domaine de la paroisse de Flavignac qu'elle conserva de 1614 à 1752. L'abbé Louis Léonard de Loménie (1746-1832), tuteur du dernier représentant des Villoutreix de Faye, est un descendant indirect de cette branche.

Il convient de signaler le douzième représentant de la branche du Puyrenon, Louis de Loménie qui, élu le 30 décembre 1871, succéda à Mérimée à l'Académie française et fut le prédécesseur de Taine. Il est, entre autres, l'auteur d'un grand ouvrage sur les Mirabeau qu'acheva son fils Alexis Louis Charles. Celui-ci, auditeur au Conseil d'État, fut à son tour un homme de lettres distingué puis directeur et administrateur de la Compagnie française pour l'exploitation des procédés Thomson Houston. Il décèdera le 1er janvier 1910 à l'âge de 53 ans.

Celui-ci eut un fils, Louis de Loménie, qui se dirigeait, comme son grand-père, vers l'œuvre historique et littéraire. Attaché à la bibliothèque de l'Arsenal, il est mobilisé lors de la, Première Guerre mondiale, au 413e régiment d'infanterie. Grièvement blessé le 9 mai 1917 durant la bataille du Chemin des Dames, il est ensuite porté disparu[1].

Extinction du nom, relevé en 1924.

La sœur de Charles, Louise de Loménie, épousa Henri Beau et en eut quatre fils : Gérard Beau de Loménie, l'historien Emmanuel Beau de Loménie, Gilbert, fondateur du cabinet de conseils en propriété industrielle Beau de Loménie, et Louis Beau de Loménie, banquier. La descendance mâle des Loménie du Puyrenon étant éteinte, un jugement de 1924, homologuant un décret rendu après avis du Conseil d'État, autorisa les quatre fils de Louise à ajouter à leur patronyme celui de Loménie et à porter ainsi le nom de Beau de Loménie.

Henri Beau (1855-1937), officier de la Légion d'honneur, était issu de la famille Beau (banquiers), originaire de Saint-Vinnemer, dans l'Yonne[2].

Les Loménie de Brienne[modifier | modifier le code]

La branche des Loménie de Brienne est issue de la branche de Faye au début du XVIe siècle. Celle-ci parait avoir exploité le domaine et le moulin des Mingoux (paroisse de Flavignac). Cette dépendance ancienne du prieuré de Faye sur le ruisseau de l'Arthonnet était encore nommée du « Rodal » au XVe siècle. Le moulin et le domaine paraissent avoir changé de nom du fait que certains des tenanciers s'appelaient « Aymeric de Loménie » (ou « Deloménie ») (d'où le diminutif « Mingot »).

C'est la branche de Brienne qui connut le plus de réussite, par son implantation à Paris et son entrée au service du Roi. Martial de Loménie, son fondateur, fit carrière dans l'entourage de la famille d'Albret et acquit la seigneurie de Versailles (1561-1571). Par le mariage d'Henri-Auguste de Loménie avec Louise de Béon comtesse héritière du comté de Brienne en 1623, cette branche est entrée en possession du comté de Brienne dont elle prit le nom.

Louis-Marie-Athanase de Loménie, comte de Brienne, fut l'un des derniers secrétaires d'État à la Guerre sous l'ancien régime. Les membres de la famille marquèrent pourtant toujours un profond attachement pour le berceau familial : ainsi, le cardinal Étienne-Charles de Loménie de Brienne, fut le dernier prévôt du prieuré Saint-André de Faye, bénéfice qu'il avait reçu dans sa jeunesse.

Article connexe : Loménie de Brienne.

Autres branches[modifier | modifier le code]

On signale également d'autres branches comme les Loménie dits d'Aubagne, ou les Loménie dits de Saint-Domingue (« Loménie de Marmé »).

Loménie, Deloménie, Delhoménie, Delauménie, Lauménie…. Toutes les branches de ce nom, avec diverses orthographes, qu'elles prétendent ou non à la noblesse, paraissent issues de la même « terre de Loménie », dans la paroisse de Flavignac.

Les familles apparentées[modifier | modifier le code]

Les Villoutreix (ou Villoutreys) de Faye. En 1690, Pierre de Villoutreix, fils d'Anet de Villoutreix et de Marion de Loménie, hérite des biens de son oncle et parrain, Pierre de Loménie. Parmi ces biens, se trouve le domaine de Faye, où il s'établit. Ses descendants y demeurent jusqu'en 1810, sous le nom « Villoutreix de Faye ». C'est à cette famille que l'on doit la reconstruction du château sur les plans de l'architecte Joseph Brousseau et l'aménagement des jardins dans les années précédant la Révolution. En 1810, le dernier représentant, sans postérité, se suicide dans le château. Il avait alors un tuteur, l'abbé Louis Léonard de Loménie, apparenté à la branche de Puyrenon. Ce dernier parait pousser les sœurs du défunt à vendre le domaine aux enchères. L'abbé rachète alors le domaine en sous-main avec sa belle-sœur Marie d'Haubech, veuve de son jeune frère François. Peu après, il dote de sa part sa nièce Jeanne-Marie-Thérèse dite « Louise » de Loménie. Celle-ci épouse en 1813 Jean-François de Labrouhe de Laborderie. À la mort de sa mère, "Louise" hérite de l'autre moitié du domaine.

Les Labrouhe de Laborderie. Issue de Jeanne-Marie-Thérèse dite « Louise » de Loménie, la famille reste propriétaire du château et domaine de Faye jusque dans les années 1950. Les biens sont alors vendus aux enchères.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lemouzi no 205, p. 112
  2. Jean-Pierre et Eliane Beau, Notice sur la famille Beau, chronique d'une famille bourgeoise, Montsoult 2000

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • P. de Labrouhe de Laborderie, Monographie du château et de la terre de Faye (922-1958), Saint-Germain en Laye, s.d. [1958].
  • J. F. Boyer, « La terre et la famille de Loménie à Flavignac, main basse sur un prieuré de l'abbaye de Solignac », Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, t. 125, 1997, p. 331-346.
  • J. F. Boyer, « Ce ‘bon curé Louis Léonard de Loménie’, à propos d’un billet que lui adressa l’évêque de Limoges le 6 février 1811 », Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, t. 139, 2011, p. 237-256.
  • M. Gondinet, Histoire et Généalogie de la famille Gondinet 1400-1933, Paris, 1933.

Voir aussi[modifier | modifier le code]