Liste des comtes de Saint-Pol

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La liste des comtes de Saint-Pol répertorie les noms des titulaires héréditaires du comté de Saint-Pol du XIe au XVIIIe siècle. Le comté de Saint-Pol était situé dans le Ternois, région comprise dans le département du Pas-de-Calais entre le comté d'Artois et celui de Boulogne. Il tirait son nom de la ville de Saint-Pol-sur-Ternoise, qui était à son origine une forteresse composée de deux châteaux très élevés, séparés par un fossé large et profond.

Monnaie frappée par les comtes.

Maison de Campdavaine[modifier | modifier le code]

Blason Comtes Clermont Beauvaisis.svg
  • 1031-1067 : Roger de Campdavaine, dont l'origine est incertaine, est le premier comte de Saint-Pol. L'onomastique liée à la succession des prénoms Roger (assez courant à l'époque) et Manassès (rare d'origine biblique), ferait penser à une origine champenoise de Roger[1]. Marié à Hadwide, ils eurent deux fils : Manassès et Robert. Sa femme Hadwige et son fils Robert sont morts avant 1051. Manassès est mort entre 1051 et 1067. Roger est mort le 13 juin 1067. Son successeur fut Hugues Ier. La première trace de Roger remonte à 1023, lors d'une charte par laquelle Warin, évêque de Beauvais, établit une confraternité entre les chanoines de sa cathédrale et les moines de Saint-Wast d'Arras, où il est un des souscripteurs. Il ne s'y attribue pas le titre de comte. En 1031, il se nomme comte de Saint-Pol, dans une lettre donnant l'abbaye de Blangies à celle de Fécamp pour y mettre la réforme. Il avait usurpé sur l'abbaye Saint-Bertin, la terre de Heuchin, à deux lieux de Saint-Pol. Il y exerça la tyrannie. En 1051, l'abbaye lui accorda la jouissance de cette terre sa vie durant, à condition qu'après sa mort la terre retournât à l'abbaye.
  • 1067-†1070 : Hugues Ier de Campdavaine, dont l'existence n'est pas certaine. Il est seulement cité par Lambert d'Ardres[2]. Surnommé Candavène, Candens avena, par les uns et Champ-d'Avène, Campus avenae, par d'autres. Il a épousé Clémence en 1060, dont il eut trois fils : Guy, qui suit, Hugues et Eustache. Clémence se serait remarié avec Arnoul d'Ardres, qui aurait assuré la régence aux noms des fils mineurs de sa femme. Selon certains, Clémence pourrait être la fille de Roger ou son fils Manassès. Hugues serait alors, non pas le fils de Roger mais un déscendant de la famille de Ponthieu comme la quasi symétrie des prénoms employés dans les deux familles peuvent le laisser penser[3]. Le 25 novembre 1078, le pape Grégoire VII donna aux trois fils d'Hugues Ier de Campdavaine : Guy, Hugues et Eustache, le titre de « comtes de Saint-Pol ».
  • 1070-†1083 : Guy Ier de Campdavaine, fils du précédent. Son père étant mort en 1070, alors qu'il était mineur, son beau-père Arnoul, baron d'Ardres, assura la régence. En 1071, il assista à la première bataille de Cassel qui a vu la victoire de Robert le Frison près de Bavinche, au bas du Mont, sur la comtesse Richilde et le roi de France, Philippe Ier. Le jeune comte de Flandre, Arnoul, dit le Malheureux, y perdit la vie. Après la mort de Clémence, survenue en 1078, Arnoul partit s'occuper de sa baronnie et laissa le gouvernement du comté à Guy. Il mourut en 1083, sans avoir été marié. Son frère Hugues lui succéda.
  • 1070 ou 1083-†1118 ou 1130 : Hugues II de Campdavaine, frère du précédent. Marié à Élisende de Ponthieu puis à Marguerite de Clermont.
  • 1118 ou 1130-1141 : Hugues III, fils du précédent. Marié à Béatrice.
  • 1141-1150 : Enguerrand de Campdavaine ou Ingelram, fils du précédent. Peu après avoir épousé la fille de Nicolas d'Avesne, il décéda en 1150, le second dans la lignée, son frère Hugues, était mort quelques jours avant lui. Ce fut donc le troisième fils de Hugues III de Campdavaine, Anselme qui lui succéda.
  • 1150-1165 : Anselme de Campdavaine, frère du précédent. Il possédait héréditairement les prébendes de Saint-Gervais d'Encre (aujourd'hui la ville d'Albert dans la Somme). Averti de cet abus, il les remit[4] en 1154 à Thierry, l'évêque d'Amiens. Il épouse Eustachie du Perche-Gouët (fille de Guillaume IV Gouet ; plutôt que de Blois-Champagne-Angleterre-Boulogne). Ils eurent pour enfants :
  • Béatrix, femme de Jean, comte de Ponthieu.
  • 1165-1205 : Hugues IV de Campdavaine, fils d'Anselme Campdavaine. Marié à Yolande de Hainaut, fille de Baudouin IV de Hainaut;
  • Enguerand ;
  • Guy, sénéchal de Ponthieu ;
  • Élisabeth de Campdavaine, fille et héritière d'Hugues IV de Campdavaine (1180 † 1212) épousa Gaucher III de Châtillon.

Maison de Châtillon[modifier | modifier le code]

Blason de la maison de Châtillon.svg

Maison de Luxembourg[modifier | modifier le code]

Berg Arms.svg
Article détaillé : Maison de Luxembourg.

Maison de Bourbon-Vendôme[modifier | modifier le code]

  • Marie II (1539 † 1601), sœur du précédent :
mariée en premières noces en 1528 à son cousin germain Jean de Bourbon Vendôme, comte de Soissons, comte d'Enghien, fils de Charles de Vendôme et de Françoise d'Alençon, petit-fils de Marie de Luxembourg.
mariée en deuxièmes noces en 1560 à François de Clèves (1516 - † 1561), comte de Nevers.
mariée en troisièmes noces en 1563 à Léonor d'Orléans, souverain de Neuchâtel, duc de Longueville.

Maison d'Orléans-Longueville[modifier | modifier le code]

Marie d'Orléans-Longueville succéda, l'an 1694, à Jean-Louis Charles, son demi-frère, appelé l'abbé de Longueville, dans le comté de Saint-Pol et ses autres domaines qu'il avait hérités de Charles-Paris, son frère, et dont la régie avait été commise à des curateurs. Marie ne garda point le comté de Saint-Pol. Elle le vendit, par contrats des 15 et 17 novembre 1705, à Elisabeth de Lorraine-Elbeuf-Lillebonne (arrière-petite-fille d'Henri IV, lui-même arrière-petit-fils de Marie Ière de Luxembourg comtesse de Saint-Pol  ; aussi descendante de cette dernière par les Guise dont les Elbeuf sont le rameau cadet, Claude de Lorraine premier duc de Guise ayant épousé Antoinette de Bourbon-Vendôme fille de Marie de Luxembourg), veuve de Louis Ier de Melun, prince d'Épinoy dans l'Artois. Cette vente occasionna un long débat entre les fermiers des domaines du Boulonnais et ceux de l'Artois pour les droits de relief ; les uns soutenant que le comté de Saint-Pol relevait de Boulogne, les autres prétendant qu'il était mouvant de l'Artois, comme étant dans la gouvernance d'Arras. Le procès fut à la fin terminé, par arrêt du conseil du mois de , en faveur des derniers[5].

Maison de Melun et Rohan-Soubise[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • P. Feuchère, « Les origines du Comté de Saint-Pol (Xe Siècle-1205) », in Revue du Nord, Année 1953, Volume 35, numéro 138 pp. 125-149
  • G. Er. Sauvage, Histoire de Saint-Pol
  • Eugène François Joseph Tailliar, Recueil d'actes des XIIe. et XIIIe. siècles en langue romane wallonne du Nord de la France
  • Maur-François Dantine, Charles Clémencet, Saint-Allais (Nicolas Viton), Ursin Durand, François Clément, L'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens ...

Liens externes[modifier | modifier le code]